TYPHUS EXANTHÉMATIQUE. D
en 1909, à 148 en 1910, 4180 en 1914, 99 en 1949, 6 en 1915, 3 (importés) en 1914. De nombreux exemples nous ont eut montré qu'on pouvait facilement empêcher l'introduction du typhus dans les prisons, même en plein centre épidémique, par le simple ébouillantement des vêtements de tous les nouveaux détenus à leur entrée. Les prisons, les pénitenciers de Tunisie, centres Loujours frappés et foyers menaçants pour le pays, ont élé ainsi purgés d’une maladie qui en semblait inséparable.
Bien que la théorie de la génération spontanée du typhus ne puisse plus être soutenue aujourd'hui par personne, il serait erroné de ne pas tenir compte du rôle important de la misère, de la famine, de la mauvaise hygiène et de toutes les causes d’encombrement. L'opposition sr remarquable, qui à été relevée au moment du siège de Sébastopol entre les armées anglaise et française, montre d’une façon frappante l'influence de ces facteurs généraux, auxquels il faut probablement adjoindre l'éducation et la propreté. La prophylaxie sociale est, en effet, d’une importance capi- tale dans le typhus ; la maladie s’évanouit d'elle-même ou s'arrête devant la civilisation sous l’influence du bien-être général et par l'habitude de simples soins corporels. |
Vaccination préventive. — Ch. Nicolle et ses collaborateurs, se basant sur le peu de virulence du sérum sanguin dépourvu de globules blanes chez l’homme atteint de typhus et les animaux infectés, ont réalisé sur l’homme, dans une centaine de cas, des inoculations répétées de sérum recueilli au cours de l'infection chez l'homme ou les animaux. La méthode n'a pu être encore jugée au point de vue de son efficacité. Elle est inoffensive et mérite d’être généralisée.
Dans une dizaine de cas, Ch. Nicolle et Conseïl ont obtenu récemment la non explosion du typhus sur des personnes ayant été piquées par des poux provenant de malades, en leur inoculant préventivement 10 €. c. de sérum de convalescents. La méthode est à suivre dans des conditions pare en milieu épidémique.
TRAITEMENT
De nombreuses médications ont été préconisées pour le traitement du typhus. Jadis, on discutait surtout l'utilité de la saignée. Elle fut complètement abandonnée par Murchison, Larrey, etc. L’émétique eut le même sort (Rasori). Les stimulants, employés déjà par -Graves-Stokes, sont encore couramment utilisés avec avantage comme médication symptomatique, surtout dans les cas qui s’accompagnent d’adynamie.
L'hydrothérapie, proposée par Currie, malgré les bons résultats annoncés par Combemale, en 1893, n’a pas, entre les mains de la plupart des médecins, donné d'avantages comparables à ceux qu’on observe dans la fièvre Lrphordé.
Le pyramidon, administré a toutes les 5 à 6 heures pendant la période d'état, a l'avantage de soulager beaucoup la céphalée si pénible du début et d'empêcher l'hyperthermie. Des statistiques favorables
TRAITEMENT. Fasc. II. — 425
à son emploi ont été apportées (Porot), mais on ne peut considérer ce trai- ‘tement que comme celui d'un symptôme. Les ferments métalliques, en particulier le collargol, ont été employés par plusieurs médecins ; leurs-statistiques ne sont pas convaincantes. Certains auteurs, qui placent le siège du virus exanthématique dans les capsules surrénales, ont essayé de démontrer indirectement cette théorie par l'application de l’adrénaline. Aucun résultat ne figure à l'actif de cette thérapeutique.
Les nouveaux composés arsenicaux, si actifs vis-à-vis de certaines infections à spirochètes, n’ont donné, par contre, que des échecs, ‘chaque fois qu'il s’est agi du typhus vrai. |
La Race pyogène de la maladie et l’amélioration qui succède à Ja formation d'abcès dans certains cas désespérés ont engagé Morsly à employer la méthode des abcès de fixation. Cette an than bHsée dans une centaine de cas, lui a fourni une statistique réellement remarquable. D’autres auteurs, dont nous-mêmes, ont pu constater les bénéfices de cette méthode, qui reste peut-être à l’heure actuelle la seule qu'on puisse préconiser.
Un moment, on avait pu espérer avoir trouvé dans le sérum des convalescents une médication spécifique, sinon pratique, du moins rationnelle. La découverte que nous avons faite des propriétés préventives très nettes du sérum semblait confirmer cet espoir. Déjà, Legrain avait traité par l’injection sous-cutanée de sérum des convalescents une vingtaime de cas avec des résultats encourageants, et Raynaud, d'Alger, avait obtenu des résultats analogues. Cette thérapeutique, reprise par Nicolle et Conseil sur un plus
grand nombre de cas, n’a point tenu ses promesses. Les faibles améliorations constatées ne portent que sur les symptômes nerveux; elles ne peuvent entrer en ligne avec les difficultés presque insurmontables d'application d’un traitement qui n’eût pu être qu'exceptionnel.
Ch. Nicolle et Blaizot ont préparé, par l'inoculation au cheval du produit de broyage des organes de cobayes infectés, un sérum curalif qui; entre les mains de PA médecins, en particulier de Potel (hôpital de la marine Sidi Abdallah, Bizerte), a donné des résultats favorables. I faut attendre la confirmation d’une expérience plus étendue avant de se prononcer sur la méthode.
Devant l'échec de la plupart des médicaments employés jusqu'à ce jour. le traitement du typhus demeure principalement symplomatique et hygiénique. L’aération de la chambre du malade, les purgatifs légers, les Hé sons stimulantes, les bains tièdes permettent au malade d° stharidée e avec les chances les meilleures la défervescence naturelle. Les soins minutieux de nettoyage de la bouche et de l'arrière-gorge écartent le danger des plus graves complications. Il importe surtout de soutenir le cœur.
Par P. LONDE
Ancien Interne des Hôpitaux de Paris.