‹ Nouveau traité de médicine (volume 5)Chapitre 136 sur 224 · ÉVOLUTION — FORMES · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION — FORMES

Le mode d'évolution générale et relativement simple, précédemment décrit, subit de nombreuses variations suivant l’état antérieur du sujet. C'est la prédisposition (acquise ou héréditaire) individuelle qui favorise les deux groupes de complications les plus redoutables, les complications broncho-pulmonaires et les complications nerveuses. Ces complications expriment, en somme, l'intensité de la maladie dans ses deux modes : le mode infectieux avec tendance à l'infection secondaire et le mode nerveux avec tendance convulsive. Mais ce sont là les formes compliquées de la coqueluche. Sans être compliquée, la coqueluche peut revêtir une forme légère, moyenne ou forte suivant son intensité, et le degré de retentissement sur l’état général. Il n’y a aucune altération de l’état général dans la forme légère ; il est peu atteint dans la forme moyenne ; il est mauvais dans la forme grave.

Les formes extrêmes, la coqueluchette et l’hypercoqueluche, de H. Roger, sont en réalité, l’une fruste incomplète, l’autre compliquée ; il faudrait y Joindre, croyons-nous, une forme abortive.

Forme fruste. — Complètement apyrétique, la coqueluchette, assez fréquente soit chez l'enfant, soit chez l'adulte et le vieillard, évolue comme la toux d’un rhume vulgaire, sans aucune atteinte de l’état général, avec une

P.: LONDE

allure bénigne qui la fait considérer comme insignifiante. Ce qui la caractérise, c’est la persistance même de la toux pendant 2 à 3 mois sous forme de quintes inopinées, ni très prolongées, ni très intenses, sans reprise, sans vomissement, sans expectoration, au nombre de 2 à 3 ou 5 seulement par 24 heures. Le diagnostic ne peut guère se baser, en l'absence de quinte typique, que sur la notion d’épidémicité ou de contagion. C’est la forme habituelle, dit H. Roger, des parents et ee grands-parents des enfants coquelucheux.

Forme abortive. — Nous croyons qu’il existe une forme abortive (non indiquée par les auteurs) qui s'annonce par quelques manifestations catarrhales des voies respiratoires supérieures (toux, coryza, signes physiques de bronchite) chez un enfant en milieu coquelucheux. Ces phénomènes disparaissent rapidement, si. le sujet atteint est soustrait au milieu nocif.

Forme grave compliquée. — L'hypercoqueluche est exactement le contraire de la coqueluchette. Début intense, fébrile et non plus insidieux, prolongation de la période prodromique, tendance de la maladie à se compliquer tôL ou tard d'infection secondaire ou de phénomènes convulsifs, intensité de l’atteinte coquelucheuse elle-même avec bronchite diffuse et profonde ; répétilion incessante des quintes qui épuisent l’enfant en se reproduisant tous les quarts d'heure ou toutes les demi-heures avec 15 à 20 reprises par quinte; dyspnée, cyanose et lachycardie dans l'intervalle des crises ; apnée pendant la quinte ; terminaison mortelle subite ou par convulsion, suffocation rapide ou asphyxie.

Les formes les plus trompeuses sont les formes, larvées, qui sont, d'ail leurs, bénignes ou graves. -

Formes larvées. — 1° F. bénignes. — La quinte est remplacée par des accès d’éternuements; la maladie prend la forme de cOryza convulsif. (F', nasale.) |

Ou bien les saccades expiratrices sont exclusivement pharyngées ; c'est ce que H. Roger appelle des coups de gorge. (F. pharyngée.)

Le même auteur cite un cas de forme buccale : « L’air chassé de la poitrme par une saccade expiratrice, distendait les joues et produisait au passage une sorte d'aboiement. » La contagion démontra qu'il s'agissait de coqueluche. |

9 FF. septicémique. — Elle se rencontrerait chez les nourrissons. Il pourrait n'y avoir aucune ébauche de quinte. L'hyperthermie avec ou sans complication broncho-pulmonaire, avec ou sans toux, avec où sans convulsion, serait le symptôme dominant. S'il existe de la diarrhée, on ne pense pas du tout à la coqueluche Lesage]. La coqueluche paraît encore iei masquée par l'infection secondaire. | |

Forme suivant l'âge. — 1° Chez le nourrisson. — A cet âge, la coqueluche est, avec la rougeole, la maladie d’origine externe la plus fréquente. Les enfants au biberon sont plus souvent et plus gravement atteints que les enfants au sein. Les enfants nourris copieusement sont bien plus sujets aux complications, surtout à la broncho-pneumonie el aux convulsions; la broncho- -pneumonie coquelucheuse est particulièrement grave et fruste des les nourrissons. Les enfants du premier âge peuvent aussi n'être atteints

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que légèrement, quand ils sont soumis à une diétélique sévère. On rencontre, en somme, chez eux toutes les formes, depuis la coqueluchette ou la forme abortive jusqu'aux plus graves ét aux plus prolongées. Les prodromes, dit-on, sont souvent écourtés ; mais c'est que la bronchite prémonitoire latente passe souvent inaperçue (').

On voit, chez eux, pendant l'accès de toux, les membres se raidir comme dans une convulsion, phénomène qui éveille l’idée de coqueluche, même si la quinte n’est qu'ébauchée. Le vomissement est fréquent ainsi que le laryngo-spasme qui peut accompagner la quinte ou la remplacer.

La coqueluche de la première enfance a à peu près les mêmes complicalions immédiates et lointaines que la rougeole : entérite, infection cutanée et broncho-pulmonaire, tuberculose (ganglionnaire, péritonéale, méningée). Une diététique sévère est le meilleur moyen d’atlénuer le pronostic de la coqueluche qui, à cet âge, doit toujours être surveillée, surtout s'il y a eu déjà des manifestations broncho-pulmonaires plus ou moins sévères (?).

2% Chez l'adulte, au contraire, et même chez le vieillard, la coqueluche est le plus souvent bénigne, bien que souvent méconnue, affectant souvent la forme de coqueluchette. Il arrive souvent que la quinte n'est pas typique et que le malade tousse, d’une toux banale, en dehors des paroxysmes. La durée en est longue. On à vu chez la femme le prolapsus utérin ou uréthral se produire ou du moins s’exagérer.

H. Roger décrit trois formes suivant la prédominance de l’état inflammaloire, de l’état nerveux ou de l'état gastrique, c’est-à-dire suivant la complicalion qui est venue s’adjoindre au type moyen de la maladie. Mais avant d'envisager ces trois ordres de complications, nous signalerons rapidement les complications mécaniques de la quinte. Il est certain que certains accidents sont d’une pathogénie complexe ; il y a des hémorragies, des accidents nerveux, des vomissements qui tout en se produisant à l’occasion de la quinte sont grandement favorisés par la toxi-infection coquelucheuse. Néanmoins la distinction est utile à relever.

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