BACTÉRIOLOGIE
Jusqu'en 1906, de nombreux microbes ont été décrits dans l’expectoration des coquelucheux, sans qu’on puisse attribuer à aucun d’eux un rôle spécifique. (V. Cavasse, Th. de Paris, 1898-99 et Porcelli.)
Application à la coqueluche de la réaction de Bordet. — J. Bordet el O. Gengou, après plusieurs années de recherches, arrivèrent, en 1906, à isoler et à cultiver une petite bactérie ovoïde trouvée dans l’exsudat blanc et épais, venu de la profondeur des bronches, au début de la période des quintes. De plus, ils prouvaient, dans le même mémoire — conformément à la loi générale qu'ils avaient antérieurement posée (!) —— que le sérum des coquelucheux possédait, à un haut degré, la propriété spécifique de sensibiliser le microbe découvert (bacille où cocco-bacille de la coqueluche), même à des doses minimes (0,1 c.c.). Cette propriété sensibilisatrice, toujours réciproquement spécifique (sauf exceptions), confère à l'élément impressionné le pouvoir, qu'il ne possédait pas auparavant, d’absorber l’alexine ou complément avec une grande énergie. Il s'ensuit que le microbe sensibilisé absorbe l’alexine d'un sérum neuf, et que le mélange ne produit plus Fhémolyse dont la condition nécessaire est la présence d’alexine. Au contraire, l'hémolyse se produit quand le microbe, n'ayant pas été mélangé à du sérum coquelucheux et, par conséquent, pas sensibilisé, n’a pu absorber l’alexine du sérum neuf; les globules rouges, pris comme témoins (sensibilisés de leur côté), ont pu absorber l’alexine inutilisée et être détruits (hémolyse). :
Cette réaction, qui a pris en biologie une importance capitale, permet le diagnostic d’une maladie en dehors de la recherche de l’agglutination et de tout examen microbien. Elle permet, en particulier, le re relativement précoce de la coqueluche (?).
1. J. BorDer et O. GENGOU. Annales de l'Institut Pasteur, 1901, p.289; Acad. de méd. de Belgique, 2 juillet 1906, et Annales de l'Institut Pasteur, 1906, où se trouve le mémoire fondamental sur le microbe de la coqueluche que nous résumons ci-dessous.
2. Voici l'expérience fondamentale de Bordet et Gengou en ce qui concerne la coqueluche. Ils expérimentèrent sur le sérum de 6 personnes, 3 enfants guéris de coqueluche depuis 15 jours à 1 mois et 5 personnes normales.
Chauffés à 569, ces sérums furent respectivement mélangés, à doses variant de 0,1 à 0,5 €. c., à 0,5 ou à 0,1 c. c. de sérum neuf frais (alexine) d'homme ou de cobaye (l’alexine de cobaye étant plus favorable à l’hémolyse), et à 0,2 c. c. d’émulsion de microbes coquelucheux (culture sur milieu solide, délayée dans la solution physiologique de NaCI). Quatre heures plus tard, les mélanges ayant séjourné à la température du laboratoire, on ajoute à tous les tubes un peu de sang de chèvre sensibilisé par 2 vol. de sérum de lapin immunisé contre le sang de chèvre). L’hémolyse se fit en quelques minutes dans les tubes contenant les sérums de personnes normales : les globules de sang de chèvre furent encore intacts les jours suivants dans ceux qui
P.: LONDE
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Conditions de prélèvement nécessaires à la réussite d'une culture. — La recherche du bacille est incertaine pour plusieurs raisons. Il se développe lentement dans les cultures les mieux appropriées; et les microbes associés prédominent, surtout si le sujet a déjà eu une infection bronchique préalable, ou si les quintes sont installées depuis un certain temps déjà. Il faut éviter que le prélèvement soil souillé de salive et même des mucosilés filantes, transparentes, que rejette l'enfant à la fin des quintes et qui sont peuplées d'espèces variées et nombreuses. Au contraire, l'exsudat bronchique blanc et épais, riche en leucocytes, contient le bacille de la coqueluche en culture presque pure au début de la maladie (avant les quintes), soit libre, soit phagocyté. Plus tard, la phagocylose est plus intense et le bacille devient plus clairsemé ; il se prête moins bien à la cuk ture et se mêle à des microbes étrangers, surtout dans les hôpitaux. En cäs d'infection secondaire caractérisée, la recherche en est presque impos-. sible. (Planche : Fig. 4, 1 et 2.) ire |
Morphologie. — Il se présente sur la lamelle après coloration par le bleu phéniqué de Kühne ou de toluidine en petites bactéries ovoïdes, lantôt un peu plus allongées, tantôt un peu plus courtes. Le bâtonnet n’a ni Spore, ni capsule. La coloration est pâle au centre, plus intense au contour; les extrémités apparaissent comme des points plus foncés; et, dans les formes les plus longues, un point bleu central révèle l’apparition d’un cloisonnement Ces éléments sont isolés ou quelquefois bout à bout. Le Gram est négatif. La forme en chaînette est ‘exceptionnelle. Ce microbe n’est pas acidorésistant. Aérobie relatif, il se développe le mieux à 36° ou 37°; lPacide carbonique et l’oxyde de carbone ne sont pas décomposés par lui.
Ce bacille ou cocco-bacille n’est pas cultivable sur les milieux usuels, bouillon, gélatine, gélose. Il ne vient, pour ainsi dire pas, si on le cultive d'emblée sur gélose sang (contrairement au microbe de Pfeiffer) ou sur gélose ascile. | ie renfermaient le sérum coquelucheux. — L'avantage de l'épreuve de l’hémolysé est de pouvoir se reconnaître très rapidement à l’œil nu.— Le chauffage à 56, nous le rappe-
lons, a pour but la destruction de lalexine (thermolabile) des sérums expérimentés; la sensibilisatrice est au contraire thermostabile.