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FOIE

Lésions du foie. — Parmi les organes en rapport avec l'appareil digestif, le foie est un des plus fréquemment touché. Les faits isolés par un certain nombre d'auteurs, notamment par Santlus, Liebermeister, Ziemssen, Litten, Barlow, plus récemment Philips, les constatations anatomiques de Roger et Garnier tendraient à établir que les troubles fonctionnels ou les lésions du foie seraient plutôt exceptionnels. Il en est ainsi pour les lésions hépatiques sérieuses, mais nous avons déjà signalé (p. 22) que l’un de nous au cours de recherches faites avec R. Bénard avait été conduit à constater qu'une atteinte légère du foie était à peu près constante. L'évolution de la Scarlatine n’est donc pas de ce fait sensiblement modifiée ; les symptômes en sont limités et frustes au point d'échapper à l’examen, à moins d’une exploration attentive et méthodique : il ne s’agit pas, à proprement parler, de complication hépatique.

L'atteinte du foie se manifeste sans doute à un degré plus marqué chez les sujets dont cet organe pour une raison quelconque était déjà plus ou moins lésé; en pareil cas, l'augmentation douloureuse du foie, ne rétrocède pas entièrement: Mais cette hypertrophie peut s’observer chez les sujets en apparence les plus normaux et peut persister alors que la période active de la Scarlatine est depuis longtemps terminée. A l'hypertrophiede l'organe, à la sensibilité de la région hépatique provoquée par la pression ou la percussion, s'ajoute l’ictère, qui varie de la teinte cholémique légère, difficile à percevoir à moins d’une pression profonde et large sur la surface cutanée uniformément rouge ou à travers une lame de verre, à la teinte franche de l’ictère, d’ailleurs plus exceptionnelle. En pareil cas on retrouve le syndrome de l’ictère catarrhal.

La pathogénie de ces faits est mal précisée. Que la Scarlatine puisse être la cause efficiente et suffisante de certains de ces troubles fonctionnels hépatiques, c’est ce dont l'analyse des faits ne permet pas de douter: mais agit-elle toujours par son virus propre, ou par l'effet d’une infection secondaire, ou faut-il faire intervenir les troubles gastro-intestinaux : c’est ce qu’il est difficile de démontrer. S'agit-il d'une inflammation des voies et canalicules biliaires selon la théorie classique de l’ictère catarrhal, ou l’ictère

P.-J. Teissier et M. Duvorr.

est-il lié à une hépatite suivant la conception plus récente de Brulé et Ameuille; on ne saurait encore conclure ?

La mort par iclère grave el insuffisance hépatique a été signalée (Barlow).

Les classiques ne signalent aucune complication au niveau des voies biliaires extra-hépatiques. Celles-ci existent cependant ainsi que l'ont démontré Gouget et Dujarrier qui, en 1909, en ont réuni 9 observations. Ces auteurs font remarquer que sur les 8 observations qui accompagnent la leur, 3 seulement ont été publiées sous un titre pouvant attirer attention sur elles; les 5 autres ont été trouvées de façon absolument fortuite; aussi pensent-ils qu'en compulsant la littérature considérable consacrée à la Scarlatine, on trouverait encore des cas de ce genre. Depuis cette publication, d’autres cas ont en effet été rapportés qui tendent à confirmer l'opinion de Gouget et Dujarrier qu'il s'agirait d’une complication moins exceptionnelle que le silence des auteurs pourrait le faire penser. x

Ils classent les faits en trois eatégories : tantôt il s'agit d’hydropisié de la vésicule, Lantôt de cholécystite, tantôt enfin de distension bihaire de la vésicule.

Quant à la pathogénie de ces complications biliaires extra- hépatiques, il semble bien, que l'ictère bénin ou grave avec rétention biliaire, que l'hydropisie de la vésicule, doivent être considérés comme les anneaux d’une même chaine, représentant les diverses modalités de l'infection, sans doute descendante, des voies biliaires. Le streptocoque semble en effet pouvoir s’éliminer par la bile où Gouget, sur 6 cas de ATEN l’a trouvé une fois.

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