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Telle est la forme simple des Oreillons, variété la plus bénigne de la forme commune. La forme avec orchile ne saurait être considérée autrement que comme une seconde variété de la forme commune dont la description doit venir immédiatement après.
L'orchite ne saurait être, en effet, considérée comme une complicalion, mais seulement comme une localisation fréquente et dont la fréquence dépend des épidémies. Si dans certaines épidémies la proportion des fluxions testiculaires a pu varier de 1 0/0 à 75 0/0 elle oscille en moyenne dans les proportions de ! sur 5 ou de 1 sur ».
Elle s’observe presque exclusivement chez l'adulte; elle ne se développe pas chez l'enfant dont la glande génitale est en quelque sorte en sommeil, bien qu'on en ait rapporté quelques exemples, acceptables pour ceux qui concernent des jeunes garçons approchant de la puberté, mais qui sont d’une interprétation plus difficile quand il s'agit, comme le fait a été signalé, d'un enfant de 4 ans ou d’un enfant de 9 ans.
C’est en général chez les adultes jeunes que la tuméfaction testiculaire est la plus habituelle.
Forme commune avec orchite. — Le début en est variable : le plus souvent c’est quand la fluxion parotidienne est à son apogée pour l’une des
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glandes ou pour les deux, parfois quand la fluxion est déjà en voie de régres-. sion, que l’orchite fait son apparition. Elle se développe ainsi, généralement vers le 6° jour ou au début de la deuxième semaine, mais elle peut se développer plus tard. Plus rarement, l’orchite ourlienne apparaît de façon précoce : parfois même 24 à 48 heures avant que la localisation parotidienne soit appréciable. Plus exceptionnellement, la fièvre ourlienne respecte les glandes salivaires et ne touche que le testicule, justifiant alors l’épithète de « febris testicularis » par laquelle on la désignait autrefois. Il semble que de tels cas s’observent plus fréquemment au cours de certaines épidémies (!). L'orchite peut apparaître sans qu'aucun signe général annonce son début ; elle se révèle seulement au malade par la douleur. Le plus habituellement une nouvelle poussée fébrile, ou une recrudescence thermique, se produit, accompagnant la douleur; la fièvre peut alors atteindre 39° ou 40°.
1. On à voulu attribuer à la Fièvre ourlienne l'apparition d’orchites aiguës,en apparence idiopathiques, susceptibles de s'accompagner d’atrophie testiculaire, qui furent observées chez de jeunes sujets (orchites dites rhumatismales, ou orchites amygdaliennes de Joal). L'interprétation de ces faits reste difficile.
P.-J. Trissrer et G. ESMEIN.
Parfois, et il ne peut s’agh en pareil cas de la variété commune, c’eslau milieu d'un syndrome général véritablement alarmant et tout d’abord mystérieux dont Trousseau nous a laissé une remarquable description que la localisation testiculaire se développe: syndrome affectant l'allure typhoïde avec état adynamique, ou la forme du collapsus.
Dans le premier cas, avec une fièvre intense à 40-41, une diarrhée profuse, des vomissements apparaissent, aussi des épistaxis ; le malade est agité, subdélirant, privé de sommeil. Dans le second cas avec la même hyperthermie, le facies anxieux devient pâle et grippé, le pouls misérable, inégal ; les extrémités se refroidissent et se cyanosent. Puis, le plus habituellement, dès que l’orchite ourlienne a atteint son développement complet, tout s'apaise. Les appréhensions que l’on a pu avoir cessent durant que très simplement la tuméfaction testiculaire s'affirme plus ou moins douloureuse et impose de ce seul fait au malade une immobilité qu'il a eu le tort auparavant de ne pas toujours observer.
Cette douleur est d’ailleurs d'une intensité variable qui est en en avec le degré de la tuméfaction testiculaire. Ce peut être une simple gêne que révèle le mouvement et qu’accentue la pression; ce peut être une souffrance aiguë incessante que la palpation et que le mouvement exasperent et rendent’ intolérable. Elle est surtout marquée au niveau du testicule, mais elle peut s'irradier le long du cordon, vers le périnée el jusque vers la région lombaire.
La glande génitale est plus volumineuse, mais cette augmentation de volume peut être modérée et limitée quand la fluxion se localise sur lPépididyme seulement (Catrin). Le plus souvent, lorsque l'orchite est intense, le scrotum est en grande partie rouge, dur, œdémateux; la vaginale est le siège d’un exsudat séro-fibrineux riche en leucocytes; testicule et épididyme sont alors considérablement tuméfiés ; le cordon seul paraît rester indemne.
L'état typhoïde, ou le syndrome de collapsus cèdent, avons-nous dit, rapidement, mais durant 5 ou 4 jours la fièvre persiste ; sa disparition marque la décroissance de la fluxion testiculaire qui en 7 ou 10 jours pourra être complète. Le second testicule peut se prendre à son tour (orchite à bascule), el sans que les signes généraux revêlent de nouveau une allure intense, la douleur s’affirmant des deux côtés devient moins tolérable encore. Il en est ainsi quand la seconde orchite apparaît alors que la première subsiste. Mais quand la seconde se produit tardivement (15 jours au plus après la première localisation) les phénomènes g généraux réapparaissent sans prendre le caractère critique de ceux qui ont marqué le débul de a précédente atteinte et l’épisode se trouve prolongé d'autant.
L'orchite simple peut comporter des conséquences sérieuses ; l’orchite double, qui peut se produire dans une proportion de 1 sur 8, des conséquences graves; l'avenir de la fonction testiculaire peut être définitivement compromis. Fréquemment l'atrophie testiculaire succède à l’orchite ourlienne; Laveran a admis une proportion de 75 0/0, Catrin de 50 0/0. Ce dernier auteur pense que chez les jeunes sujets une fluxion modérée des testicules permet encore le retour à l'intégrité des fonctions. $
C’est un mois ou deux après la guérison apparente de l'orchite que la
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glande génitale commence à présenter des signes évidents de dégénérescence : d'abord diminution de consistance ou mollesse particulière, puis diminution rapide de volume et abolition du reflexe crémastérien (Catrin).
Lorsque l’orchite est unilatérale, aucune répercussion générale ne se pro-: duit grâce à la persistance des fonctions normales de l’autre testicule qui maintient l’équilibre antérieur; il n'en est pas de même lorsque l’atrophie testiculaire est bilatérale. Si le sujet est jeune, des modifications imporlantes se peuvent produire qui répondent au développement du féminisme: la frigidité et lazoospermie sont complètes.
Des localisations plus rares peuvent s’observer au cours des Oreillons. C’est ainsi qu'on a signalé l’ovarite qui serait chez la femme la localisation homologue de l’orchite chez l'homme. Cette ovarite pourrait donner lieu à une petite tumeur douloureuse passagère ou simplement à des douleurs spontanées ou provoquées de la région ovarienne, soit dans une des fosses iliaques, soit dans la région hypogastrique.
Chez la femme également on a signalé la éuméfaction des glandes de Bartholin, des grandes lèvres, la mammite, cette dernière qui pourrait également s’observer chez l’homme. Aucune de ces localisations, d’ailleurs exceptionnelles, n’est capable de modifier l’allule générale des Oreillons. aucune n'est susceptible d'entraîner des conséquences fâcheuses.
Les Oreillons dont les modalités que nous venons de décrire répondent avec quelques variantes au type le plus commun peuvent comme toutes les maladies infectieuses, bien qu'à un degré moindre eu égard à leur bénignité habituelle, présenter des anomalies d'évolution. Ces anomalies seront caractérisées par une atténuation de l’ensemble des phénomènes cliniques, au contraire par une aggravation qui peut revêtir des modalités variables, ou par une modification dans l’évolution de la fièvre ourlienne.
Dans le premier ordre de faits se rangent les formes frustes ou aborlives et aussi les formes dites à poussées successives. Dans le deuxième
ordre de faits, les formes dites nerveuses et les formes typhoïdes.
Formes frustes. — Elles se caractérisent par l'absence apparente des fluxions parotidiennes ou testiculaires ; toute la maladie paraît se bôrner, eu égard sans doute à l'insignifiance des réactions glandulaires, qui passent dès lors inaperçues du malade comme du médecin, à un syndrome général d'allure banale, que l’on pourra considérer logiquement comme un embar-
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ras gastrique ou une fièvre saisonnière, à moins qu'il n'y ait coexistence
d'épidémie ourlienne ou que l’on observe la transmission d'une forme typique d’'Oreillons par le malade ainsi atteint.
Il est exact de dire que ces formes torpides souvent ignorées jouent un rôle important dans la dissémination des Oreillons.
Dans la forme abortive, la fluxion parotidienne se développe au milieu du syndrome général habituel, puis assez brusquement tout s'apaise. L'évolution Lotale a duré 5 ou 4 jours, tout parait fini... à moins que ne survienne la complication testiculaire, car cette forme ne met pas à l'abri de l’orchite ;
P::J. Trissier et G. ESMEIN.
et celle-ci souvent peut même être favorisée par la reprise trop hâtive du retour à la vie normale.
On a signalé des formes à rechutes, des formes récidivantes. Il ne s'agit pas à vrai dire de formes spéciales. Nous avons déjà indiqué que si l'immunité conférée par une première atteinte d'Oreillons est d'ordinaire définitive, la rechute ou la récidive ne sont pas impossibles.
On a décrit des formes prolongées ou des formes à poussées successives, ces dernières caractérisées par des phases d’augment ou de retrait de la tuméfaction parodidienne avant la régression iotile.
Formes graves. — Elles sont A plus rares que les formes * atténuées ; elles peuvent faire défaut totalement au cours de certaines épidémies alors que dans d’autres, pour des raisons difficiles à préciser, elles sont d'observation plus fréquente. |
La forme nerveuse, qui s'affirme en dehors de l’hyperthermie par du délire, un état éclamptique ou des convulsions du type choréiforme alternant avec des phénomènes syncopaux ou aboutissant au coma, peut être mortelle — quelques observations en ont été signalées, — mais 1l semble bien qu'un certain nombre des faits qui ont servi à édifier son histoire clinique, tout en nous laissant dans l'ignorance quant à sa pathogénie, relèvent plutôt d’une localisation méningée, c’est-à-dire de l’une de ces localisations que l’on'a coutume de ranger parmi les complications, sans plus d'arguments, 1} est vrai.
La forme typhoïde peut répondre à l’exagération de l’ensemble des phénomènes par lesquels nous avons vu que s'affirme parfois la localisation testiculaire. Elle peut aussi se manifester assez rapidement après la fluxion parotidienne, c’est-à-dire précéder notablement l’orchite; elle peut également persister après celle dernière. L'ensemble clinique rappelle l’état typhoïde de certaines septicémies. Le pronostic peut être grave et, ici encore, on a pu rapporter quelques observations suivies de mort. |
Forme nerveuse et forme typhoïde peuvent s'accompagner de modifi= cations des urines, notamment d’albuminurie. La bradycardie y est moins habituelle ou moins prononcée; la pression artérielle est plus âbaissée. La rate peut être augmentée de volume.
Complications. — Plus que les anomalies, les complications sont susceptiblés de modifier l’évolution des Oreillons et d'en aggraver le pronostic. On a signalé, au cours d’épidémies anciennes, la suppuration limitée ou étendue de la parotidite et de l’orchite ourliennes. L'exemple le plus typique est celui rapporté par Kelsch de l'épidémie d'Oreillons suppurés qui, ‘au commencement du xvi siècle, jeta l'alarme parmi les jeunes filles de Saint-Cyr et dont Dionis nous a conservé le souvenir. Par contre, le fait consigné par Ferrand en 1888 ne nous paraît pas démonstratif, non plus que l'observation d’Angel Mossey (1885). Demme rapporte toutefois l’histoire d'un cas d’Oreillons avec abcédation, perforation du tympan et manifeslalions graves. On peut admettre que des agents d'infection secondaire aient été ou puissent être sur un lerrain organique médiocre l’origine de cetle suppuration. Ainsi se pourraient expliquer les parotidites ourliennes
DESCRIPTION CLINIQUE. Fos cr FI NET
suppurées survenant au cours d'infections, notamment de la Fièvre typhoïde.
Il est certain que dans les formes prolongées d'Oreillons des suppurations cutanées ou sous-culanées peuvent se produire auxquelles 1l est permis de supposer que le virus ourlien n’est pas étranger. Cliniquement, il importe de retenir que la parotidite et l’orchite ourliennes ne suppurent pas.
On a rapporté deux faits de gangrène parotidienne suivis de mort. Le Gendre et Legroux ont publié une observation d'induration persistante de la parotide et de'la sous-maxillaire sous la forme d’une tuméfaction non douloureuse et élastique. |
Les ganglions du cou ou de la région sous-maxillaire sont en général intéressés au Cours des oreillons, mais d’une façon modérée; il peut se faire que les adénopathies soient volumineuses et puissent même suppurer: il s'agit en pareil cas d'enfants scrofuleux chez lesquels il n’est pas rare de voir persister durant longtemps des adénopathies indolentes et dures, siégeant surtout dans la région pré-auriculaire ou sous-maxillaire.
Les adénopathies des Oreillons peuvent n'être point limitées à la région cervicale ; on peut les rencontrer au niveau des groupes axillaires où inguinaux ; elles sont en général peu volumineuses, disparaissant sans conséquences fâcheuses. Là encore la prédisposition organique joue un rôle plus important que l'infection ourlienne.
La pharyngite, l'amygdalite peuvent augmenter d'intensité, s’accompagner parfois d'une desquamation endothéliale intense que Jourdan a signalée comme pouvant prêter à erreur. On a également signalé l’atrophie possible des amygdales.
Complications nerveuses. — Elles s'imposent à l'attention par leur fréquence et aussi par la gravité qu'elles peuvent revêlir dans certains cas. Leur cause resta longtemps mystérieuse et on se contentait de les désigner par leur symptôme dominant. Sous la dénomination d’«Oreillon cérébral» on décrivit longtemps l'ensemble des troubles nerveux d'ordre cérébral, aussi d'ordre médullaire, périphérique ou névrosique qui furent observés au cours de la Fièvre ourlienne.
Nous savons aujourd’hui que le système nerveux, particulièrement les méninges encéphalo-médullaires peuvent participer plus fréquemment qu’on ne le supposait autrefois au processus d'infection ourlienne.
Les recherches que nous avons déjà signalées ont montré la fréquence de la méningite ourlienne, qui n'avait guère jusque-là été étudiée que dans ses formes graves. Les formes légères échappaient à l'attention, les signes fonctionnels étant assez faibles ou assez peu caractérisés pour se confondre dans le syndrome général habituel; la ponction lombaire seule permit de les découvrir, et témoigna en même temps à quel point la réaction méningée éphémère est un phénomène fréquent. | f
C’est presque toujours, du 2° au 10° jour de la maladie, en évolution active, mais parfois après la défervescence, que les méninges se prennent, la méningite se manifestant lantôl sous sa forme atténuée, tantôt sous sa forme grave.
Dans le premier cas, les signes fonctionnels ou généraux sont réduits à leur minimum, le plus important étant la bradycardie. Le malade accuse un
P.-J. Teissier et G. ESsMEIx.
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peu de céphalée, des nausées, du malaise, de l'anxiété ou de l’excitabihité nerveuse, plus rarement des vomissements. La fièvre oscille entre 38-59°; la raideur de la nuque, le signe de Kernig sont à peine ébauchés.
La bradycardie par contre se prononce nettement, même avee persistance de la fièvre; elle est plus marquée alors que la courbe thermique est rede-
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