‹ Nouveau traité de médicine (volume 5)Chapitre 149 sur 224 · I. — Réaction positive à l’épreuve intradermique de Schick · texte numérisé non relu

I. — Réaction positive à l’épreuve intradermique de Schick

Demoulin, Sc.

Il. — Coupe d’une fausse membrane de la luette.

La fausse membrane, déjà ancienne, présente une couche superficielle (A) composée de détritus granuleux divers (débris de cellules, de noyaux, de fibrine désintégrée se colorant mal), de microbes de toute espèce et de bacilles diphtériques ; une couche sous-jacente (B) où dominent les leucocytes et des cellules dégénérées, des noyaux pycnotyques et des travées fibrineuses en voie de dissociation ; une couche plus profonde (C) formée par un réticulum fibrineux, très net et très épais dans cette fausse membrane ancienne ; l'épithélium a complètement disparu. Au-dessous, se voit le tissu conjonctif de la luette présentant les lésions décrites dans le texte.

Masson ET Cie, ÉDITEURS.

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ETIOLOGÉEES Fasc. II. — 525

de 250 gr. Si l'injection est réussie, on doit voir une petite élevure blanche du tégument.

La réaction positive est caractérisée par une zone de rougeur de 1 à 2 centimètres de diamètre accompagnée d'infiltration légère des tissus, apparaissant dans les 24 ou 48 heures qui suivent l'injection et persistant de 7 à 10 jours. Lorsque la réaction s’affaiblit, il survient de la desquamation et une pigmentation brunâtre durable de la peau. En cas de réaction négative, on n’observe aucune modification du tégument.

Une injection de la même quantité de toxine, chauffée à 75° pendant 5 minutes est pratiquée à l’autre avant-bras, servant de témoin pour apprécier les pseudo-réactions, dues à un phénomène local de sensibilisation vis-à-vis des protéines. La toxine est détruite par le chauffage qui n’altère pas les protéines autolysées responsables des pseudo-réactions. Celles-ci. ne se rencontrent guère que chez les sujets déjà âgés et se différencient des vraies par leur apparition précoce, l'infiltration plus marquée, les limites moins tranchées de la rougeur, la disparition en 24 à 48 heures, la légèreté de la pigmentation et l'absence de squames.

Avec cette méthode, il devient très facile d'apprécier la quantité d’antitoxine dont sont porteurs les sujets éprouvés. Schick a établi expérimentalement qu'une réaction positive indique qu'il n'existe pas 1/30 d'unité antitoxique dans 1 c. ce. de sérum; inversement, une réaction négative témoigne de la présence d'une dose supérieure; or, cette quantité d’antitoxine constitue le minimum nécessaire pour ne pas contracter la diphtérie comme Schick, Park, Bundesen, Zingher s'en sont assurés. Ainsi, sur 800 enfants qu'étudia Bundesen, 60 pour 100 qui avaient donné une réaclon négative ne furent point ultérieurement atteints de diphtérie et, sur 1200 scarlatineux à réaction négative observés par Zingher qui ne reçurent aucune injection préventive de sérum, aucun ne contracta la diphtérie bien que 15 pour 100 soient devenus porteurs de bacillés virulents durant leur séjour à l'hôpital.

Un sujet présentant une réaction négative n'est donc pas réceptif à la maladie et les auteurs américains soutiennent qu'il est inutile de l'immuniser passivement par le sérum antitoxique s'il se trouve en milieu infecté, ce qui aurait l'avantage de restreindre de beaucoup les injections prévenlives dans les collectivités.

En procédant à la recherche de l’immunité chez des sujets d’âge différent, on constate que la réaction se montre négative chez 93 pour 100 des nouveau-nés. À partir de 6 mois, on obtient une forté proportion de résultats positifs (43 pour 100) qui de 1 à ÿ ans augmente encore, atteignant 64 pour 100. Après 6 ans, le pourcentage diminue d’abord lentement jusqu’à 10 ans, puis plus rapidement jusqu’à 15 ans; chez l'adulte on ne trouve plus que 12 pour 100 de réactions positives. Or, que nous apprennent les statistiques de morbidité et de léthalité? Que les nourrissons au-dessous de 6 mois sont exceptionnellement atteints de diphtérie (‘),que les enfants de 1 à 5 ans offrent la réceptivité la plus grande à la maladie et donnent de beaucoup la plus forte mortalité, qu'ensuite la diphtérie se raréfie.et devient moins grave, qu'enfin les adultes sont d'ordinaire épargnés et que parmi eux ce. sont les moins âgés qui sont surtout frappés. Il y a donc parallélisme complet entre les enseignements de la clinique et les résultats des recherches immunologiques. La réceptivité morbide est fonction du degré d’immunité dont témoigne la réaction intra-dermique à la toxine. |

1. Rocaz en a observé un cas à 3 semaines, Park à 17 jours, Wolkenstein à 7 jours.

E.-C. AviIRAGNET, B. Weizc-HALLÉ et P.-L. Marie.

Quelle est la raison de cette immunité? Chez le nouveau-né, elle relève de la présence d'anticorps empruntés à l'organisme maternel, créant une sorte d'immunité passive, donc fugitive. On connaît limmunité semblable disparaissant vers le sixième mois vis-à-vis de la rougeole. L'immunité des sujets plus âgés, qui devient de plus en plus fréquente à mesure qu'ils avancent en âge, est sans doute fonction d'une atteinte antérieure de diphtérie qui à déterminé Fimmunisation active, la vaccination du sujet. Connaissant la grande proportion des angines rouges d'aspect banal qui sont bactériologiquement diphtériques, on peut admettre avec L. Martin que les sujets qui donnent un résultal négatif ont été atteints d’une diphtérie bénigne. tellement légère qu'elle est restée insoupçonnée; porteurs de germes, ils. ont réagi en FR ie ce l’antitoxine. À ce propos. il est remarquable de constaler que tous les enfants d'une même famille donnent en général un, résultat de même signe (Bundesen, Johnson). e,

L'étude de Ja réaction chez les malades n'est pas moins instruc live.

En 1895, Escherich et Klemensiewicz avaient déjà trouvé une substance protectrice dans le sang des convalescents. L'épreuve intradermique permet de constater que chez le diphtérique, avant toute injection sérique; la réaction est positive, ce qui était à prévoir, le sujèt n'était pas immunmisé Frs a contracté la maladie. S'il s'agit d’une atteinte grave, l'épreuve reste d'ordinaire positive Dent longtemps, Fimmunité ne s'établit que péniblement. Par contre, elle apparaît rapidement lorsque là maladie est bénigne.

Cette méthode a permis d'apprécier la durée de Fimmunisation obtenue

par les injections d’antitoxine. Un mois après la sérothérapie, 24 pour 100.

des enfants réagissent positivement; en groupant les sujets de 2 à 6 ans, le pourcentage des réactions positives dépasse 90 pour 100 (Moody). Au bout d'un mois, nombre d'enfants ont donc déjà perdu leur immunité passive: D'autre part, chez des sujets jadis atteints de diphtérie, Bundesen ne trouve que 50 pour 100 de réactions négatives; la maladie ne détermine done pas très souvent la production d’une quantité suffisante d’antitoxine. Il semble que, tout comme certains chevaux qui ne deviennent jamais de bons producteurs d’antitoxine, certains individus réagissent peu contre la toxine (L. Martin). Par contre, il est remarquable qu'après une atteinte bémigne, la réaction devienne d'ordinaire négative et que chez 70 pour 100 des porteurs sains (!)}, qui sont pour la plupart des sujets légèrement atteints antérieurement, on trouve une réaction négative (Bundesen).

a »* es D : > La 4 Cette absence d’immunité solide chez d'assez nombreux malades explique

les rechutes et les récidives. Après une première atteinte, alors qu'il persiste des bacilles dans la gorge. une nouvelle poussée diphtérique peut survenir;

cest la rechute (), souvent provoquée par un affaiblissement de Forga-

1. P.-P. Lévy et pe LÉoBarpy. Annales de méd., VI, 1919, p. 138, ont mis en évidence

par une autre méthode le pouvoir immunisant du sérum fréquemment constaté chez les porteurs de baeilles ayant réagi par des signes d'infection légère à la a du bacille.

2. L. Concertri. Riv. di Clin. oo e 1905, mai: — H. Barsier. Bull. de la Soc. méd. des h5p., XV, 1898, P- 4).

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