APPAREIL RESPIRATOIRE. PASCAIIS ESS
Nous avons signalé les rapports de la rhinite avec l’angine nécrotique. Munchmeyer a montré qu'elle peut exister en dehors d'elle. Dans l’un el l’autre cas, elle est susceptible de se compliquer des propagations locales ou des infections à distance que nous avons étudiées à propos des angines précoces. Son pronostic est toujours sérieux puisque sur 59 cas étudiés par Chausserie-Laprée, 18 furent mortels; sur les 18 malades de Gouget, 9 moururent ; sur les 13 observations de Munchmeyer, 8 se terminèrent par la mort.
Le streptocoque, associé parfois à d’autres microbes, est l'agent ordinaire de ces infections. Le bacille de Lœæffler peut se rencontrer, mais alors la rhinite prend le caractère pseudo-membraneux.
L'ozène peut constituer un accident de la convalescence.
Laryngites. — La laryngite est rare. Dans certaines épidémies cependant, on a signalé des complications laryngées suivies même d’œdème de la glotte. Moure a décrit un cas d'abcès multiples du larynx qui se vidèrent spontanément et se terminèrent par la guérison.
Broncho-pneumonies. — L'examen systématique de l’appareil pulmonaire montre qu'au début de la Scarlatine existent des. manifestations respiratoires, ordinairement très légères, pouvant cependant exceptionnellement se traduire par des signes fonctionnels capables d'attirer l'attention. Ce sont des bronchites disséminées, discrètes et passagères ou le plus souvent des fluxions œdémateuses des deux bases. La broncho-pneumonie est ordinairement le fait d’une déglutition de produits toxiques au cours de
l'angine nécrotique. Cependant Henoch, Gouget ont parfois rencontré aux
autopsies (2,48 0/0 des cas) des foyers de broncho-pneumonie qui étaient passés Inaperçus.
Pleurésies. — La pleurésie a été assez fréquemment observée au cours de certaines épidémies de Scarlatine; elle semble la complication thoracique la plus fréquente et cela en dehors de toute tuberculose ; mais pour les plèvres comme pour les poumons, l'atteinte est si légère qu'à moins de la rechercher systématiquement, on ne la décèle pas(t). Il est classique d'admettre que la pleurésie de la Scarlatine survient pendant la convalescence, que l’'épanchement est abondant, se forme avec rapidité, peut suppurer de façon précoce et tend à se faire jour à l'extérieur, et aussi que la pleurésie purulente est plus fréquente que la pleurésie séreuse. C’est de la première que la proportion est rare, car pour Barlow comme pour nous la proportion ne dépasse guère 0,12 0/0 (0,14 QE chez l'adulte, 0,75 0/0 chez l'enfant).
Les complications pleurales sont précoces ou tardives; qu'elles soient avec épanchement séreux ou purulent, la majorité des cas répond à une description clinique où nombre de signes sont communs, à savoir : l’iden-
tité de la formule cytologique, l’insidiosité du début et de l’évolution
malgré un stade initial de complication pulmonaire, le degré modéré de l’'épanchement, sa bénignité et sa résolution habituelles. Les réactions pleurales précoces passent le plus souvent inaperçues. Lorsqu'un épanchement ns appréciable se collecte, ce qui est rare, il est séro-fibrineux, stérile et sa cytologie répond avant tout à une formule de polynucléose. 4. P.-J. Teissrer et M. Duvoir, C. R. de la Soc. Méd. des Hôpitaux, 19 mars 1909.
PieT: TerssiEeR et M: Duvorr:
La pleurésie purulente est surtout tardive; elle débute souvent insidieusement et évolue plus ou moins lentement. Quoique le streptocoque en soit l'agent pathogène ordinaire, elle peut évoluer vers la guérison par simple ponction évacuatrice et sans intervention chirurgicale. Celle-ci ne doit pas cependant être formellement exclue et l’on devra toujours envisager sa. possibilité.