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DIPHTÉRIE BUCCALE

C’est une localisation rare, qui coïncide presque toujours avec l’angine ou le croup et qui se montre surtout dans la diphtérie associée à la rougeole.

Dans l’angine commune, des fausses membranes plates, peu étendues, mais très adhérentes, assez rebelles à la sérothérapie, ne disparaissant que lentement par une sorte d'usure (Sevestreet Martin) peuvent se développer à la face postérieure des lèvres, sur leur bord libre fissuré, aux commissures qui deviennent saignantes, enfin sur la face interne des joues, respectant toujours les gencives. Cette forme se montre parfois primitivement au cours de certaines infections, la rougeole en particulier, où les lèvres se fendillent; elle a alors peu de tendance à s'étendre du pharynx et elle ne lire son pronostic grave que de l’état général du malade chez lequel elle se produit. TU

Dans l’angine maligne, les fausses membranes buccales sont bien plus extensives, Elles peuvent envahir les joues y formant des plaques épaisses surtout en regard de l’espace interdentaire, la face postérieure des lèvres et les commissures, la langue, dont les bords et la pointe principalement atteints, se recouvrent d’exsudats allongés. Il se forme des plaques épaisses, saillantes et molles, d’un gris sale, reposant sur une muqueuse boursouflée, enflammée et saignante. La langue gonflée, douloureuse, fait saillie entre les arcades dentaires et, par la bouche entr'ouverte, s’écoule une salive abondante et fétide, souvent teintée de sang. Les ganglions sous-maxillaires sont tuméfiés et douloureux.

La coexistence presque constante d’une angine de même nature facilite le diagnostic de cette localisation qu'il faudra distinguer de deux autres stomatites pseudo-membraneuses qui la simulent d’assez près. D'abord la labialite impétigineuse diphtéroïde (Marfan) ou stomatite impétigineuse de Sevestre et Gastou qui est caractérisée par des taches diphtéroïdes, d’un blanc jaunâtre, enchâssées dans l’épithélium, disséminées sur la muqueuse des lèvres, quelquefois sur celle des joues, de la langue et du palais, jamais sur la muqueuse pharyngée; l’exulcération habituelle du rebord gingival, la coexistence ordinaire d’impétigo de la face permettent le

E.-C. AvirAGNerT, B. Weizc-Hazzé et P=L. MAR.

diagnostic, même si elles accompagnent une-angine diphtérique comme la vu Marfan. La stomatite ulcéro-membraneuse se distinguera par son siège initial habituellement gingival, son exsudat putrilagineux, différent d’une vraie fausse membrane fibrineuse et qui n’est qu'accessoire, l’ulcération restant le caractère fondamental; la coexistence d'une angine de même . nature rend le diagnostic plus délicat, mais l’examen d’un frotls révèle l'association du bacille fusiforme et du Spirochaeta Vincenti. Plus aisées à différencier sont la stomatite aphteuse, lorsque ses éléments se sont recouverts de fausses membranes, le muguet et les plaques muqueuses buccales diphtéroïdes de Fournier.

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