‹ Nouveau traité de médicine (volume 5)Chapitre 165 sur 224 · DIPHTÉRIE DE L'OREILLE · texte numérisé non relu

DIPHTÉRIE DE L'OREILLE

La diphtérie de l'oreille exlerne résulte d’une inoculation faite par les ongles souillés du malade ou de la propagation au pavillon: d’une lésion voisine de même nature. Primitive, ellea été signalée à la suite de la perforation du lobule de l'oreille (Pollak). Ses symptômes se confondent avec ceux de toute diphtérie cutanée. L'envahissement du conduit auditif parles fausses membranes se traduit par un gonflement considérable des tissus accompagné d’un écoulement sanieux. fétide, des douleurs très vives, des bourdonnements d'oreilles et de la surdité, de l’adénite préauriculaire et sous-maxillaire ; l’exsudat fibrineux reste d'ordinaire invisible. :

Fort rare, puisque Pugnat n'a pu en rassembler que huit cas, mais peutêtre méconnue faute d'examen bactériologique, la diphtérie, primitive de l'oreille moyenne s'annonce par de la céphalalgie, de la fièvre et des douleurs toujours vives et se caractérise par la triade symptomatique suivante : intensité et persistance des douleurs, voussure accentuée du tympan, écoulement séreux ou séro-hémorragique, contenant parfois des détritus fibrineux gris blanchâtre. Malgré la perforation du tympan, la voussure, qui répond sans doute à une fausse membrane développée à la face interne de la membrane, ne disparait pas. Toute adénopathie cervicale fait défaut. Fraitée par le sérum, cette otite guérit rapidement et l’audition redevient normale. En l'absence de sérothérapie, ces otites s’infectent secondairement et se confondent avec les otorrhéeschroniques banales. Elles se compliquent parlois de mastoïdite et de paralysie faciale. |

La voussure sans collection liquide pouvant se rencontrer dans quelques myringites tuberculeuses, l’otodynie fixe dans l’otite grippale, la fausse membrane elle-même dans certaines otites douloureuses à staphylocoques (Richou), le dernier mot dans le diagnostic reste au bactériologiste qui devra éviter de prendre pour des B. diphtériques les diphtérimorphes de certains pus otiques (B. auris) et du conduit auditif normal (B. ceruminis).

La diphtérie secondaire de l'oreille moyenne, plus fréquente, succède d'ordinaire à une diphtérie nasale ou pharyngée. Il s’agit presque toujours alors d’otite mixte où le bacille s'associe à des pyogènes vulgaires. Sasymptomatologie se confond avec celle des complications auriculaires banales

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de l’angine étudiées plus haut, avec cette différence qu’on trouve le bacille dans l'écoulement et parfois des fausses membranes dans le conduit auditif.

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