‹ Nouveau traité de médicine (volume 5)Chapitre 168 sur 224 · H: Scnozs. Nederl. Tidjsch. vor Geneesk, 5 mars · texte numérisé non relu

H: Scnozs. Nederl. Tidjsch. vor Geneesk, 5 mars

CROUP. Fasc: IT: — 615

Dans la journée l'enfant était à peine enrhumé; en pleine nuit il s’éveille” avec une toux rauque, une respiration sifflante, pénible, en somme avec les signes d’un véritable accès de suffocation, mais la voix reste claire ou légèrement enrouée. Il suffit d'éclairer la chambre, de distraire l’enfant et de lui appliquer des compresses chaudes au-devant du cou pour voir peu à peu.les symptômes se dissiper. Au bout d’un temps variable, l'enfant finit par se rendormir et ne présente plus le lendemain que des signes de laryngite banale avec une température très peu modifiée. La prescription de quelques anti-spasmodiques suffit à éviter le retour de semblables accès la nuit suivante. Telle est la forme simple de la laryngite spasmodique dont la brusquerie de début, l'apparition nocturne, la disparition par des moyens très simples, permettent aisément de faire le diagnostic.

Quant aux laryngites spasmodiques graves qui se compliquent de dyspnée continue, le diagnostic en est beaucoup plus malaisé.

Les deux variétés principales en sont : la laryngite intense primitive et la laryngite rubéolique.

Il faut en rapprocher certains œdèmes aigus du larynx, autrefois décrits sous le nom d’œdème de la glotte, et dont l'étiologie peut être variable.

La tuméfaction des replis aryténo-épiglottiques, qui en est la, lésion dominante, peut être provoquée par l’ingestion de liquide bouillant, l’anasarque, l’urticaire (formes généralisées des accidents sériques), l'érysipèle primitif du larynx.

La laryngite intense primitive correspond plutôt à une imflammation aiguë du larynx et a été volontiers décrite sous le nom de laryngite sous-glottique. Normalement, elle se traduit par les mêmes symptômes que la laryngite morbilleuse grave non diphtérique. Dans les deux cas on observe les symptômes ordinaires des laryngites mais avec une intensité très prononcée, dyspnée continue avec accès de suffocation nécessilant le tubage et parfois même la trachéotomie d'emblée soit que l’intubation ne soit pas possible à cause du spasme lui-même, soit que la brusquerie des accidents impose au praticien un traitement d'urgence et qui ne lui permette pas le choix.

La gravité de ces laryngites, qui s'’accompagnent de lésions de la muqueuse, est liée à la difficulté de la suppression du tube ou de Ia canule, même au bout de plusieurs jours de traitement. Ce sont ces variétés de laryngite qui, bien plus souvent que le croup lui-même, sont l'origine de ces lésions du larynx nécessitant intubation ou trachéotomie prolongées.

Les enfants dits tubards ou canulards sont presque toujours des enfants qui ont été atteints de laryngite sous-glottique consécutive ou non à la rougeole.

Le diagnostic du croup d'emblée et de ces laryngites suffocantes doit se fonder sur l’absence des phénomènes dysphoniques spéciaux à la laryngite diphtérique et, en cas de rougeole, à la coexistence des éléments éruptifs concomitants ou antérieurs, mais l'intensité des accidents commande, dans ces cas, une réserve extrème et justifie toujours le traitement sérique, avant toute confirmation bactériologique.

E.-C. AviRAGNET, B. Weizz-HaLLé et P.-L. Marie.

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