TRAITEMENT LOCAL
Depuis l'application de la sérothérapie le traitement local de cette affection a été très réduit. Longtemps on s’est préoccupé d'associer à la médicalion antiloxique des lavages ou gargarismes antiseptiques. Quant aux badigeonnages de la gorge ils sont à peu près généralement proscrits, la difficulté d'application, leur efficacité illusoire en rendant l'usage superflu. Le grand Javage de gorge avec des solutions faiblement antiseptiques permet un nettoyage mécanique du pharynx. Il y a lieu d’y recourir dans les diphtéries accompagnées de sécrétions purulentes, de fétidité de l'haleine. Toutefois, lorsqu'il s’agit d'enfants indociles, d'enfants atteints de croup et menacés d'accidents de suffocation ou lorsque le malade offre des phénomènes d'intoxication graves et qui font redouter toute fatigue supplémentaire, il vaut mieux s’en abstenir. Dans ce cas on pourra avoir recours à des imstllations nasales antiseptiques faciles à appliquer et peu traumalisantes. Chez les adullés, on recommandera volontiers le gargarisme pratiqué avec l’une des solutions habituellement usitées :
1° Eau oxygénée à 50 pour 1000, neutralisée au borate de soude ;
2 Liqueur de Labarraque à 50 pour 1000:
5° Eau phéniquée à 2 pour 1000 ou mieux encore sérum artificiel addilionné extémporanément de 15 gouttes de teinture d'iode fraîche par verre.
Ces gargarismes seront répélés toutes les 2 heures environ pendant le jour. Les grands lavages utiliseront de préférence l’eau oxygénée diluée ou la liqueur de Labarraque, particulièrement dans les formes fétides. Chez les enfants jeunes qui souvent effectuent des déglutitions au cours du lavage, on se contentera volontiers d’eau bouillie. Au surplus, dans les angines diphtériques pures nous avons l'habitude, et sans aucun inconvénient, de nous abstenir de toute intervention de cet ordre.
Dans ces dernières années le traitement local a retrouvé quelque faveur, en particulier lorsqu'il s’est agi d'exercer, chez les porteurs de germes ou dans la convalescence de la diphtérie, une action bactéricide.
Parmi les divers traitements préconisés il convient de faire une mention loute spéciale des poudres et des pastilles préparées à laide d’un sérum bactéricide par Louis Martin. La démonstration de l'efficacité de ces remèdes est souvent délicate à produire. Dans le plus grand nombre de cas en effet, à la suite du traitement sérique les bacilles disparaissent de la gorge dans un délai relativement court et qui n'excède pas 3 semaines. Mais chez les porteurs chroniques on a pu faire la preuve de l'utilité de ces applications. Paul Ravaut et Magné (!) recommandent des pulvérisations, dans la gorge et le pharynx nasal, de la poudre suivante :
Pastilles Martin pulvérisées . . . . . . . . ... . . . . . 50 grammes PR DEAN EN PENUR . N aTe MESNC sTe OT DT 90 PADArE DUIVÉTISS A léther : 73 3.0 AR SN DNEAO er PMU PP at Q 1 ME © RES Se TS À
Pulvériser 2 fois par jour à l’aide de cette poudre: on obtient la désinfecion du pharynx en 17 jours en moyenne.
1. P. RavaUT et MAGNÉ. Arch. de méd. et de Pharm. mil., 1915.
E.-C. AvirAGNET, B. Wercc-Hazzé et P.-L. Marie.
Marcel Labbé et Canat (1) rappellent la statistique de Bouché suivant qui 50 pour 100 des malades hébergent des bacilles plus d’un mois. Is étudient la disparition des bacilles par les moyens habituels et par les pulvérisalions de sérum sec.
Dans le 1° cas, 29 malades sont A en 40 jours en moyenne, dans le second, 24 jours suffisent à faire disparaître les bacilles chez 55 malades.
Indiquons pour mémoire, car nous n'en avons pas l'expérience, un traite-
ment recommandé par le D'Liachtchenko (de Kharkov) qui préconise pen.
dant l’évolution même de la maladie des instillations nasales d’une solution glycéro-aqueuse d'iodure de mercure. Cette solution est de composition variable suivant l’âge de l'enfant. Pour les enfants de 1 à 5 ans la solution offre la composition suivante : ; Iodure de mercure . NE EN PTE EN ERREUR ul Te KE re OC re RS, ER PR Glycérine pure. et DO VEN Eau distillée ) grammes
Au-dessus de 5 ans les proportions respectives sont de 0,02 —0,50 — 10 — 40 -— des mêmes composants.
On pratiquera une insüllation nasale de 3 à 5 gouttes, suivant la gravité, toutes les 2 ou 5 heures. L'auteur à obtenu des résultats excellents de cette. médicalion dans les formes graves sepliques. JS
L'usage des instillations nasales, d'huile iodée notammant, surtout dans: les cas d’adénoïdes si fréquemment liées à langine diphtérique, nous paraît très légitime et Marfan a même tenté de tirer parti de Paction anti-toxique de l’iode à l’aide d’injections sous-cutanées d'huile iodée à
5 pour 100. Les fumigalions, pratiquées avec la solution à 1/4— 1 pour 100,
de la solution usuelle à 4 pour 100 de formaldéhyde, ont donné à H. R. Miller d'excellents résultats dans le traitement des porteurs de bacilles diphtériques: » à 6 Jours suffiraient pour faire disparaitre les bacilles, mais 11 Ya avantage à prolonger le traitement une dizaine de jours. Ces inhalalions se font 1 heure ou ? heures après les repas, 35 ou .4 fois dans la journée. Outre ces traitements antisepliques d'ordre mécanique ou chimique, il est intéressant de signaler la méthode préconisée par R. Rendu, de Lyon:
Cet auteur, se fondant sur la destruction rapide du bacille diphtérique à
l'aide de la chaleur humide, a utilisé la douche pharyngée d'air chaud comme moyen thérapeulique dans la diphlérie. Ces inhalations auraient déterminé, selon cet auteur, la disparition des fausses membranes dans un délai plus court que par la sérothérapie. Ces résultats extrêmement intéressants n'ont pas encore reçu, Jusqu à ce jour, la confirmation d’autres auteurs (?), mais récemment L. Martin a préconisé celle méthode PEU faire
disparaître les bacilles de la gorge des porteurs.
Toutes ces médications locales trouvent leur application plus parliculiérement encore chez les porleurs de germes diphtériques, et peuvent à bon droit réclamer une part dans les mesures prophylactiques destinées à empêcher la propagation de la maladie. |
1. M. LABBé et CANAT. Soc. Méd. Hôp. Paris, T juillet 1916. 2. R. Renpu. Lyon médical, 12 janv. 1915.
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