ÉTUDE CLINIQUE
Les formes de plusieurs maladies infectieuses ont subi des modifications profondes quand les vaccins, les sérums antitoxiques ou anti-bactériens ont fait leur entrée dans la thérapeutique. La diphtérie, la fièvre typhoïde nous sont apparues sous des aspects cliniques nouveaux; il en fut de même quand le sérum antitétanique fut largement employé dans la plupart des plaies accidentelles et des blessures de guerre.
Cette notion fondamentale domine l'étude de la symptomatologie du tétanos.
Conserver la distinction du Tétanos chirurgical et du Tétanos médical ou-spontané est actuellement injustifié. Une semblable division pouvait être admise à une époque où les notions étiologiques étaient confuses et l'agent microbien inconnu. Il est actuellement établi qu'une lésion minime de la peau ou des muqueuses peut servir de porte d'entrée au bacille et échapper à l'examen le plus minutieux. Des expériences de Vincent (!) ont largement démontré par ailleurs la part quifpeut revenir au microbisme latent soudain réveillé par le froid (tétanos a frigore des auteurs anciens), un traumatisme non ouvert, une infection banale, etc. Il est juste d'ajouter que jamais un symptôme différentiel précis n'avait ëté donné de ces deux formes.
Nous décrirons tout d'abord la forme aiguë typique, celle que connurent les médecins de tousles temps, celle qui n’était pas modifiée par l’antitoxine spécifique, ni à litre préventif, ni à titre curatif.
Forme aiguë, précoce, généralisée, non modifiée par l’antitoxine.
Après une incubation de 1 jour à une semaine quelques prodromes apparaissent, inconstants d'ailleurs, et qui passent souvent inaperçus. Le blessé triste et inquiet se plaint de céphalée ou de vertiges. Il ressent des douleurs fulgurantes ou des crampes dans le membre blessé. La plaie cesse de