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BACTÉRIOLOGIE. Fasc. II. -- 671
Bacille du tétanos. — Nicolaïer a comparé le bacille du tétanos à une épingle. Il se présente aussi sous forme d’un bâtonnet mince à bouts arrondis, c’est ainsi qu'il se trouve dans les cultures jeunes en bouillon, il est même dans ce cas filamenteux et mobile. |
Il est long de 4 u. et large de 0 &. 4. Il est muni sur ses parties latérales de cils vibratiles. )
Au deuxième ou troisième jour de cette culture apparaissent les formes en épingle, c’est qu’une spore s’est formée à l’une des extrémités du bâtonnet.
Dans les cultures plus anciennes on trouve à la fois des bâtonnets, des bacilles sporulés, des spores isolées. On les retrouve avec ces différentes formesdanslies plaies des blessés atteimts de tétanos, la forme sporulée y fait défaut asséz fréquemment et l’on ne voit qu'un bâtonnet grêle dont les bouts ne sont pas arrondis.
On a signalé la présence du bacille de Nicolaïer chez des sujetssains, porteurs de germes (Colom-
bino).
Le bacille téta- C.ConsrAn TI nique dans les mi- Fig. 1. — Bacilles du tétanos. lieux extérieurs à l'organisme humain. — Le bacille télanique est peu exigeant et s’accom-
mode de tousles milieux. On le rencontre dans les poussières de nos habitaions, dans des fentes des planchers où 1l est apporté par les chaussures souillées de terre. On a décelé sa présence dans les loiles d'araignées. Chantemesse et Widal l'ont mis en évidence par inoculation dans les poussières des planchers des salles des hôpitaux.
C'est surtout dans la terre végétale, dans la Lerre des champs, des rues, des Jardins, dans les fumiers qu'il séjourne. Il existe principalement dans les couches superficielles de la terre.
Les spores tétaniques se trouvent à la surface des herbes desséchées, dans la poussière du foin. Peyraud a observé le tétanos chez 50 pour 100 des animaux inoculés avec ces dernières poussières.
On conçoit que les spores avalées par les herbivores puissent dans leur tube digestif se développer et reparaître multiphées à linfini dans leurs | excréments. C’est pourquoi, la terre des jardins et des champs fumés est particulièrement lélanigène.
La vase des marais contient le bacille du tétanos, l’eau le véhicule, et on le retrouve dans les détritus laissés par les eaux dans les filtres ou après sédimentalion (Vaillard, Roux). |
J. Camus et J.-J}: -GourNay.
Cultures. — Le bacille de Nicolaïer doit être cultivé en milieux anaéro- ; ci bies ou en contact avec un gaz inerte. Une petite quantité d'oxygène ne … s'oppose cependant pas à son développement. Les milieux à “ alcalins lui sont plus favorables. | |
La température optima est au voisinage de 38°, mais il Dose entre + 14 et + 43. La culture s'arrête à 449. Le
En bouillon un trouble est déjà net après 24heures, ce trouble s’accentue peu à peu, des bulles de gaz apparaissent. Vers le 14 jour, le bouillon s’éclaircit, les germes tombant au fond du tube.
Dans la gélose on voit un nuage apparaître et des bulles de. gaz font éclater la masse. »
Le lait est un bon milieu de culture; le bacille ne le fait pas coaguler. de
Dans la gélatine l’ensemencement doit être oi: en. piqûres profondes et des nuages apparaissent à 20° ou 25° au 5° ou 4° jour. La gélatine contient bientôt de petites bulles ruse elle se liquéfie vers le 10° jour.
Tous ces milieux de culture doivent être fraîchement préparés.
Le microbe en se he fait apparaître dans les milieux une odeur désagréable qui se rapproche de celle de la corne brûlée. Us
Spores du bacille tétanique. — Vers la 56° heure deta culture sur bouillon les spores commencent à apparaître, et le bacille qui était mobile devient immobile.
Les spores conservent leur vitalité d’une façon remarquable dans les conditions les plus variées et les plus défavorables. On. les a retrouvées virulentes dans du sang et du pus desséché depuis 18 mois (Nocard). Elles peuvent rester vivantes pendant des années à l’abri de l’air et de la lumière. |
Elles peuvent résister 4 et 5 minutes à l’ébullition el 15 minutes à 1100 à l'état sec. Rs
On les a vues conserver leur vitalité après plusieurs jours ans Nr une solution de sublimé à 1 pour 1000 et après 10 heures dans une solution d'acide phénique à 5 pour 100. +
Coloration. — Le bacille du tétanos se colore à l’aide des È Fig: ”. couleurs basiques d'aniline. 11 prend le gram. pores du as sa Les spores par ces procédés restent incolores ou prennent
tétanique. seulement sur leurs contours un peu de matière colorante. Pour la coloration des spores il faut employer un procédé analogue à celui qui est usité pour la coloration des bacilles acido-résistants, tels que . le bacille tuberculeux, c’est-à-dire chauffer la préparation dans la fuchsine phéniquée et la décolorer ensuite avec l’aniline chlorhydrique, les solutions faibles d'acides forts et l'alcool absolu. Le fond de la préparation est ensuite recoloré au bleu de Kühne. Poisons du bacille tétanique. — Les cultures du bacille tétanique,
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nous l'avons signalé, ont une odeur fétide, elles contiennent des gaz, des carbures d'hydrogène, de l'azote, de l'hydrogène, elles sont riches en indol. |
Ebrlich et Madsen ont découvert dans les bouillons de culture une hémolysine ou tétanolysine qui est globulicide pour les hématies et met leur hémoglobine en liberté. Ce poison est détruit par le chauffage à 50, il est précipité par le sulfate d'ammoniaque.
Toxine tétanique. — En 1890 Knud Faber a montré que le bacille du tétanos cultivé en milieu liquide sécrète une toxine soluble qui persiste après filtration dans le liquide. Cette toxine injectée aux animaux à très faibles doses reproduit le tableau typique du tétanos.
Knud Faber observe que l'injection de toxine n’est pas immédiatement suivie de contractures comme cela s’observe avec la strychnine, mais après une période d’incubation,
L'ingestion de toxine est inoffensive, son injection intra-veineuse détermine un télanos généralisé.
Knud Faber regarde la toxine tétanique comme une toxalbumine voisine du poison tétanique. Il remarque qu’elle est détruite en 5 minutes par le chauffage à 65°. En réalité elle n'est que très atténuée à cette température.
Ces études ont été reprises et complétées par Tizzoni et Cattani, par Vaillard et Vincent. |
La toxine tétanique s'obtient en cultivant le bacille tétanique dans de grands ballons de bouillon peptoné dans lesquels on fait le vide. Les ballons sont maintenus trois semaines à l’étuve, puis leur contenu est agité et filtré sur bougie avec pression. |
L'activité de la toxine diminue au contact de l'air. Desséchée dans le vide et conservée dans le vide la toxine garde son activité. La toxine peut être précipitée par l'alcool, puis redissoute dans l’eau en conservant son pouvoir tétanisant. Les différents caractères de la toxine permettent de la rapprocher de la toxine diphtérique, des venins et aussi dans une certaine mesure des diastases.
Antitoxine. — Une première atteinte du tétanos ne confère pas l’immunité, mais les injections répétées de très faibles doses d’abord, de fortes pe ensuite de toxine font apparaître dans le sang des animaux ainsi injectés une propriété nouvelle. Le sang et le sérum privé de tout élément cellulaire devient capable de neutraliser la toxine et de supprimer ses effets. Ce sérum devient antiloxique, il agit sur la toxine, mais il n’est pas bactéricide, il ne détruit pas le bacille du tétanos. |
Pour obtenir l’antitoxine plusieurs procédés ont été indiqués. Knud Faber qui avait découvert l’antitoxine ne put immuniser les animaux. Behring et Kitasato réussirent, à l’aide d’injections, des cultures totales du bacille tétanique et de trichlorure d’iode.
Vaillard employa la toxine chauffée. Roux et Vaillard se servirent de toxine additionnée de liqueur iodo-iodurée. On injecte d'abord tous les 4 ou
\ 5 jours sous la peau d’un cheval 1/3 ou 1/4, etc., de ce mélange, puis de très faibles doses de toxine pure que l’on augmente progressivement jusqu’à
J. Camus et J.-J. Gournay.
des injections massives de 200 et 250 c. c. de toxine pure. Si ces injections sont arrêtées le sérum du cheval perd assez rapidement de sa pisse antitoxique.
Le sérum ainsi obtenu mélangé en petite quantité 0 €. c., 003 à des on. He considérables de Loxine (5 €. c. | neutralise cette dernière à l'injection pré-
ventive de ce sérum à un animal l'empêche d'être tétanisé si on lui injecte des doses sûrement mortelles de toxine. Ce sérum a donc conféré à P dé une immunilé passive, celle-ci est d’ailleurs très temporaire.
La nalure de l’antitoxine esl mal connue, Metchnikoff est d'avis. qu ‘elle est produite par les PAR ORES Elle n’est pas un produit de transformation
in vivo de la toxine. Elle n’a pas été isolée à l’état pur, elle est intimement liée aux albumines du sérum, elle est précipitable avec elles, elle n’est pas cristallisable. Elle n’est modifiée qu'aux températures de 609 à 650. A l’état
sec et à l'abri de la lumière et de l'air elle se conserve pendant fort long- | temps. Le sérum garde son activité un an et plus. Ce sérum antitoxique |
n'est pas bat mais aggluline fortement le bacille du tétanos.
Behring a proposé de doser l’activité antitoxique du sérum en caleulant.
ce qu'un gramme de sérum peut immuniser de grammes de souris. On. obtient des sérums tels que un gramme de sérum immunise un milliou de grammes de souris. Pour vérifier ce'fait on injecte à la souris d'abord le
sérum et 12 heures après la toxine. | ue