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EXPÉRIMENTATION — PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE

À. Injections de bacilles ou de spores tétaniques aux animaux.

Tous les animaux domestiques, tous les animaux de laboratoire sont sen

sibles aux injections de bacilles tétaniques, que ces injections soient faites. sous la peau, dans les muscles, dans les veines, dans le péritoine. Si les voies digestives sont intactes l’ingestion est inoffensive.

La Duibile d’incubation varie de 2 jours à une semaine: d’une facon

générale si l’incubation est courte le tétanos est rapide et Ro, L. elle |

est longue le tétanos peul être chronique et guérit. 7 Les contractures débutent par la région injectée puis se TE La souris, le cobaye, le rat sont très sensibles à ces injections; le ne

un peu moins. Le chien est plus résistant. Le cheval est particulièrement

sensible.

Le bacille ne passe pas dans le sang, 1l reste au lieu de l'inoculation et

agit par sa toxine; au moment de la mort de l’animal on peut avec un pré. lèvement dans la région injectée du pus ou de la sérosité tétaniser un autre animal et en opérant de même avec ce dernier en tétaniser un troisième: . mais en général le passage en série s'arrête là contrairement à ce qui se. passe pour d’autres infections pour lesquelles au contraire les eu

s'exaltent par les passages successifs.

NA

Rôle des associations microbiennes. — La disparition de fa virulence qui est observée dans les conditions précédentes est un phénomène assez imprévu, car au moment du 5° au 4° passage l’examen de la sérosité prélevée

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contient des bacilles tétaniques à l’état de pureté. C’est précisément à cette circonstance qu'est liée l'absence de virulence. Le germe du tétanos pour être virulent a besoin d’être associé à d’autres germes. Les passages successifs font disparaître ces derniers et laissent le bacille tétanique seul. Vaillard et Vincent, Vaillard et Rouget ont établi les conditions de l'infection tétanique.

Les spores tétaniques à l’état de pureté. débarrassées de toxine ne provoquent pas de tétanos quand elles sont injectées à un animal même en très grand nombre. Les phagocytes les saisisseñt et les détruisent. Par contre elles se développent et donnent le tétanos si elles sont protégées contre les phagocytes par de la toxine ou des germes associés. Les produits de désintégration des tissus de l’animal injecté jouent le même rôle et des spores pures introduites dans des tissus écrasés, brûlés, mortifiés infiltrés de sang occasionnent le tétanos.

Les spores imbibées d’une solution d’acide lactique donnent le tétanos, associées à de la poudre de charbon ou introduites dans l’organisme d’un animal dans un sac de collodion ou de papier-filtre elles déterminent le tétanos. Associées à d’autres microbes, à condition que ceux-ci soient pathosœènes, les spores pullulent et rendent l’animal tétanique : parmi les associations favorables au développement du tétanos celle qui se fait avec le micrococcus prodigiosus est l’une des plus typiques.

De la terre tétanigène ou du pus quand on les stérilise assez pour détruire les différents germes mais insuffisamment pour tuer les spores qui sont d’ailleurs très résistantes ne donnent plus le tétanos, mais quand on rend à ces produits les germes qui leur ont été enlevés ils redeviennent tétanigènes.

Cette constatation expérimentale comporte une application pratique capitale, c’est la désinfection des plaies souillées, des plaies anfractueuses non pas dans l'espoir de détruire les spores tétaniques qui résistent aux antiseptiques, mais de supprimer les germes associés qui sont plus vulnérables.

B. Injections expérimentales de toxine tétanique. — La souris, le cobaye sont des animaux très sensibles à la toxine, le lapin l’est moins, le chien relativement peu, tandis que le cheval et l’âne présentent une grande sensibilité à ce poison. | «

La poule passait pour réfractaire à la toxine. J. Courmont et Doyon (!) ont montré qu'elle peut cependant être tétanisée par ce poison.

La tortue, le caïman sont complètement réfractaires (Metchnikoff).

La grenouille a permis à J. Courmont et Doyon de faire de très belles études de physiologie pathologique sur la toxine tétanique. L'hiver elle est réfractaire, l’été elle est facilement tétanisée. D’après ces auteurs une toxine donnée tuera la souris à 1/1 000 000 de c. c., le cobaye à 1/10 000, le lapin à 1/4, la grenouille à 1/2 c. c., le chien à 4 c. c., la poule à 10 c. c. Le préparateur de ces deux auteurs, M. J. Nicolas (?), s'étant au cours d’une expérience piqué l’éminence thénar avec une aiguille mouillée simplement de toxine, eut un tétanos d’abord local puis général qui guérit. Ce fait indique

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