‹ Nouveau traité de médicine (volume 5)Chapitre 190 sur 224 · Académie de Médecine · texte numérisé non relu

Académie de Médecine

2. Deutsch. medicin. Wochenschrift, décembre 1890. Re 9. Archives Italiennes de Biologie, 1891. SNL von

EXPERIMENT A TION — PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. Fasc. II. — 679

vante reconnaissent l’action préventive du sérum, mais non son action Curalive. Behring et Kilasato, un peu plus tard, sont moins affirmatifs sur ce point et Roux et Vaillard en confirmant le pouvoir préventif du sérum contestaient sa propriété curalive.

Il fut bientôt établi dans l'esprit de la majorité des médecins que le sérum antitétanique pouvait empêcher le tétanos d’apparaître et encore cetle opimon fut-elle souvent discutée, mais qu'il était dépourvu d’action après les premières contractures. Quelques faits cependant s’opposaient à une conclusion aussi catégorique. Roux et Borrel(') ont traité par des injections de sérum dans la substance cérébrale des cobayes rendus tétaniques par la toxine et ont obtenu un nombre important de succès.

Sicard (?) est parvenu à guérir des chiens à l’aide d’ injection de sérum antitétanique à condition d'intervenir dès le début des accidents, d’injecter des doses énormes de sérum (50 à 60 c. c. chez des chiens de 8 à 10 kg) et de faire l'injection par voie lombaire. Sicard pose la question de ruptures possibles, par ces doses très élevées, de l'enveloppe arachnoïdo-pie-mérienne . et de passage direct de l’antitoxine dans les cellules cérébrales à la faveur de ces ruptures. Il note que les injections de sérum antitétanique sous l’arachnoïde cérébrale sont dépourvues d'effet curatif.

Les essais de cette méthode employée chez l’homme, particulièrement en Allemagne, furent peu encourageants ; une statistique accusait 64 pour 100 . de mortalité et en 1909 Vaillard déclarait cette technique abandonnée (5).

Jean Canus en 1910 confirme les résultats de Roux et Borrel, 1l montre ensuite que le mélange émulsion cérébrale et sérum antitétanique, injectés dans le liquide céphalo-rachidien de chien tétaniques au voisinage du bulbe, est capable de les guérir; les résultats qu'il obtient sont inconstants et la méthode par ailleurs présente des dangers qui empêchent de l'essayer chez l'homme. En 1910, en 1911 et en 1912, il montre expérimentalement la supériorité d'action de sérum antitétanique sur celle du sulfate de magnésie et de l'acide phénique. Il établit que même dans des tétanos rapides le sérum antitétanique injecté sous la peau ou dans les veines quand il ne guérit pas les animaux leur donne une survie notablement plus longue que les témoins ou que les animaux traités par d’autres procédés. Enfin Jean Camus comparant les voies d'introduction du sérum antitétanique prouve la supériorité de la voie intra-rachidienne. Il recommande d'injecter chez l’homme de fortes quantités de sérum par voie lombaire pour que les centres supérieurs baignent dans l’antitoxine.

Il est important dans ces recherches expérimentales de se servir de grands animaux résistants tels que le chien et non pas de petits animaux de laboratoire tels que le cobaye, le rat, la souris blanche. Un chien dont les centres bulbaires ont été impressionnés par la toxine tétanique peut vivre en réglant suffisamment sa température et s’il ne peut mastiquer ses aliments en raison du trismus, ou s’ila des troubles graves de la déglutition,

.4. Annales de l'Institut Pasteur, 1898.

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