Sociélé de Chirurgie, 1907, p
J. Camus et J.-J. GourNnay.
diminué à Paris depuis la découverte du sérum antilélanique et avait même augmenté. Vaillard répond que cela prouve uniquement que les cas de téta-
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nos sont devenus plus nombreux et que les mesures préventives ont été mal.
prises.
Reynier (!), se basant sur des observations dans lesquelles le sérum em-
ployé à titre préventif n'avait pas empêché le tétanos d’apparaître plus ou
moins longtemps après l'injection, refusait toute vertu prophylactique au sérum antitétanique. Vaillard fait remarquer que dans les cas invoqués le
sérum avait élé injecté soit trop tard, soit en quantité insuffisante et sur.
tout que les injections de sérum auraient dû ètre répétées, car l’antitoxine.
disparaît assez vite de l’organisme.
Delbet a encore objecté que le sérum antitélanique obtenu avec le cheval
pouvait être efficace en art vétérinaire contre le télanos de cet animal, maïs devait l'être moins pour l’homme. Vaillard pense que le point important est
de savoir si l’antitoxine injectée à l’homme persiste assez longtemps dans
son organisme pour pouvoir agir sur Ja toxine. Or ce fait est absolument démontré par les recherches de Dehne et Hamburger. :
Vaillard insiste encore sur ce fait que le sérum antitétanique n'est pas
bactéricide, mais seulement antitoxique; il neutralise la toxine quand il est
présent, il n'empêche pas, après sa disparition, le bacille tétanique et les
spores du foyer infecté de pulluler et de fabriquer à nouveau de la toxine.
Le chirurgien a donc l'obligation de supprimer le foyer dangereux qui contient le germe du tétanos et les microbes associés dont le rôle est si considérable.
Il y a d’autre part une absolue nécessité à répéter les injections de sérum.
antitétanique puisque lantitoxine s’élimine assez vite. Vaillard en résumé conseillait d’injecter 10 c. c. de sérum antitétanique
dans les cas de plaies peu profondes et régulières, mais dans le cas de
plaies anfractueuses, avec morlifications des tissus, il était d avis d’ injecter 20 à 50 c. c. |
La quantité d’antitoxine injectée restant stable dans l'organisme humain pendant environ une semaine pour baisser ensuile assez vite en 2 à 6 jours,
il y a lieu de pratiquer une nouvelle injection de 10 c. c. environ avant la fin. de la première semaine et même, suivant les cas, de recommencer hebdoma- |
dairement. :
Les multiples observations de la Grande Guerre n out rien ajouté à ces
règles basées sur une expérimentation rigoureuse et sur des statistiques.
nombreuses fournies par les vétérinaires, par les médecins et par les chirurgiens. ;
Si, dès le début des hostilités, le corps médical avait été pénétré de ces A fondamentaux, bien des discussions auraient élé évitées, Pre du temps économisé, et peut-être aussi bien des vies sauvées.
Walther () a Do de les faits suivants qui sont fort instructifs : 200 bles-.
sés au début de la guerre arrivent dans un hôpital, 100 d'entre eux reçoivent
aussitôt une injection de sérum antitétanique, mais le sérum est en.
1. Reynier. Société de Chirurgie, 1907, p. 589. 2. Société de Chirurgie, 14 mai 1919.
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TRAITEMENT. Fasc. II. — 685
* quantité insuffisante el les 100 autres ne peuvent en recevoir. Parmi les 100 premiers un seul cas de tétanos apparaît et encore le cas éclale-t-il le lendemain de l'injection prouvant seulement que l'injection prophylactique avait été faite un peu tard. Sur les cent autres blessés non injectés, on observa 19 cas de tétanos. pi
Des statistiques de Bruce sur les cas de tétanos de l’armée anglaise ont largement démontré l'influence de la sérothérapie préventive sur la durée de la période d’incubation. Alors que 6,4 pour 100 des cas de tétanos avaient eu plus de 22 jours d’incubation en août 1914, ce chiffre était passé à 64 pour 100 en 1917. Une autre statistique du même auteur, portant sur 1800 cas, note 26,6 pour 100 de morts chez les tétaniques ayant reçu une injection préventive et de 58,1 pour 100 chez les « non prophylactisés ».
Les injections préventives de sérum antitétanique sont non seulement indiquées après un traumatisme, une blessure infectée, mais encore en cas d'opération tardive sur le blessé qui a pu être infecté antérieurement par le œerme du tétanos. Un nombre important de cas de tétanos éclatant brusquement chez des blessés opérés une deuxième fois a été signalé pendant la ouerre. Ces cas comparativement au nombre énorme d'opérations pratiquées sans injection préventive de sérum sont très rares et la Commission de la Société de Chirurgie nommée pour étudier cette question (Broca, Sieur, Walther et Souligoux)(!), a conclu qu'il y avait lieu d'attirer l'attention des médecins sur la fréquence relative du ‘tétanos post-opératoire tardif, sur la possibilité d'accidents anaphylactiques après les réinjections de sérum et sur l'opportunité et non la nécessité de ces réinjections.
Fredet a rapporté des cas très démonstratifs de l'efficacité de la sérothérapie préventive : après la bataille de l'Ourcq, plusieurs blessés français el 12 blessés allemands étaient groupés dans un hôpital. Les blessés français reçurent tous une injection de sérum antitétanique. Le médecin allemand qui avait conservé la direction du traitement des blessés allemands refusa le sérum antitétanique qui lui était offert niant son efficacité. Peu de jours après 6 blessés allemands furent atteints de tétanos et moururent. Aucun des blessés français ne présenta de symptômes de tétanos (?).
Sérothérapie curative. — La sérothérapie curative doit être employée de façon précoce, c’est-à-dire, s’il est possible, dès l’apparition des spasmes localisés au membre blessé quand ils sont observés sans attendre le trismus.
C’est là une notion actuellement bien établie.
Bruce, dans une statistique portant sur 1000 cas de télanos déclaré, a vu la mortalité monter à 80 pour 100 lorsque la sérothérapie n’était pas employée alors qu'elle était de 58,8 pour 100 avec un usage intensif de sérum.
Toutes les voies possibles d'introduction du sérum antitétanique pour œuérir le tétanos déclaré ont été successivement recommandées : voies sous-cutanées, intra-veineuses, intra-rachidienne, intra-cérébrale.
Voie intra-cérébraie. — Cette dernière voie, imaginée par Roux et Borrel devant les insuccès des autres procédés, a fourni quelques résultats