Société de Chirurgie, 26 juin
J, Camus et J.-J. GourNnay.
heureux chez l’homme (Chauffard et Quénu, Garnier, Ombrédanne, Ledoux, Maunoury, Nimer), mais les échecs ont été fort nombreux et la mortalité a. ‘été environ de 63 pour 100.
Il est surprenant que la méthode de Roux et Borrel qui guérit le me au début du tétanos donne des résultats très inférieurs chez l’homme. L’explication de cette discordance est difficile à fournir, car le cobaye est un. animal très sensible à la toxine chez lequel les accidents évoluent vite:
Jean Camus (!) avait pensé que l’antitoxine doit agir sur des zones spéciales du cerveau et que l’antitoxine injectée sera toujours près de ces. zones si le cerveau est pelit (cobaye) et qu'elle pourra en être très loin sile cerveau est volumineux (homme). Partant de cette hypothèse 1l avait traité par la méthode intra-cérébrale de très petits et de très gros chiens supposant que les pelits guériraient plus AAPRTRS que les gros. Or, tous guérirent.
La méthode de Roux et Borrel nous apparaît aujourd bis comme très. intéressante au point de vue expérimental, mais sans utilisation chez … l'homme. |
Voie sous-cutanée et voie intra-veineuse. — Un nombre important de guérisons paraissent nettement attribuables à l'introduction du sérum antitétanique sous la peau. Celte voie ne comporte aucune difficulté technique, de aussi a-t-elle été très souvent employée. |
La voie intraveineuse a été fréquemment recommandée comme plus rapide et plus efficace, opinion basée sur les recherches d’'Arloing, de Nocard. Elle expose davantage aux accidents anaphylactiques.
Dans bien des cas les médecins pour procurer aux malades le maximum de chances de guérison ont à la fois injecté le sérum antitétanique sous la peau et dans les veines. :
Les auteurs sont d'accord pour employer des doses très élevées de sérum. 60, 80 à 100 c.c. par jour et même plus; ces doses répétées quotidiennement
one un total de plusieurs centaines de centimètres cubes pour un traités 0
ment. Des quantités atteignant 2 à 5 5 litres de sérum ont ainsi été injectées en quelques semaines (Etionné et Benech) (?).
À plusieurs reprises depuis 20 ans, Etienne a montré la possibilité de guérir le tétanos par le sérum antitétanique.
Les injections sous-cutanées ou intraveineuses de sérum peuvent être poursuivies en même temps que l'administration du chloral, ainsi i que l'ont fait Spillmann et Sartory, Barnsby et Mercier.
Bacri affirme la propriété curative du sérum employé seul en injections sous-cutanées à la dose quotidienne de 50 à 60 c. e. répétées pendant 6 jours.
Injections intra-artérielles, intra-nerveuses, para-nerveuses, ele. — Heddaus, puis Gauthier et:Chattot ont injecté du sérum antitétanique par
une aiguille piquée dans l'artère carotide espérant envoyer par ce moyen or
l’antitoxine plus directement aux centres nerveux encéphaliques.
1. Société de Biologie, 12 mars 1910, T. LXVIII, p. 460. 2. Soc. méd. des Hôp. de Paris, 31 décembre 1920.
TRAITEMENT. Fasc. II. — 687
Le sérum a été injecté aussi dans les gros troncs nerveux.
Sicard a pratiqué des injections desérum au voisinage des nerfs. Appert et Lhermite l’ont employé par injections épidurales dans le canal sacré.
Voie intra-rachidienne. — Les injections sous-arachnoïdiennes du sérum n'avaient pas donné de bons résultats puisque 64 pour 100 des cas ainsi traités se terminèrent, suivant Vaillard, par la mort. Et cependant nous avons noté plus haut les avantages certains de cette voie d’introduction chez les animaux tétaniques.
Les cas traités avant la guerre par cette méthode étaient peu nombreux et il est possible qu’elle ait été utilisée seulement dans des formes très graves.
La statistique de Rollin était cependant très favorable.
Les résultats obtenus pendant la guerre ont été instructifs : d'Hôtel injecte après ponction lombaire 40 à 60 cc. de sérum et le malade est placé la tête en position déelive pour que le sérum parvienne bien au bulbe.
Cette technique est en concordance avec les indications qui avaient été données par Jean Camus après des recherches expérimentales (!). Les faits apportés par d'Hôtel, Doyen, Brisset, Le Monnier impressionnent fortement en faveur de cette technique (80 pour 100 environ de guérison).
Dans la technique de cette méthode, en raison de la raideur de la colonne vertébrale, il peut être nécessaire de pratiquer la chloroformisation pour pouvoir exécuter la ponction lombaire.
Castuel et O. Ferrier ont traité 15 malades par les injections de sérum intra-rachidiennes associées au traitement habituel par le chloral et le bromure et ils ont obtenu 11 guérisons.
Andrewes (Lancet, à mai 1917), après une série d'observations, conclut d’une facon ferme à la supériorité de la voie intra-rachidienne.
Les observations de William Turner, de David Bruce, de John Gow conduisent aux mêmes conclusions.
Dans sa dernière publication faite en collaboration avec J. Benech, Étienne, partisan convaincu de l’action curative de l’antiloxine, rapporte une série d'observations de tétaniques guéris par le sérum ; le détail de ces observations montre qus la voie intra-rachidienne concurremment avec les voies sous-cutanée et intra-veineuse ont été largement employées (?).
Les faits expérimentaux et les observations cliniques sont pour nous nettement favorables à la méthode des injections intra-rachidiennes de sérum antitélanique.
L’expérimentation apporte dans le débat relatif à la valeur du traitement, des arguments d’une rigueur scientifique que ne possèdent pas les cas cliniques. Ces derniers, en effet, sont dissemblables : la nature de la blessure, l’état du blessé, la virulence des germes, leur association, le moment du traitement par rapport au degré et à la rapidité de l’intoxication sont autant de facteurs variables. Au contraire en expérimentation la possibilité d’injecter aûu même moment, la même quantité par kilogramme d'animal de la