Société de Biologie, 6 mai 1911. T. LXX, p
2. Le tétanos déclaré doit guérir. Soc. méd. des Hôp. de Paris, 31 décembre 1920, pp. 1674-1681.
J. Camus: el J.-J. GourNay.
même toxine et d'intervenir ensuite par des voies différentes au même moment de l’évolution du tétanos met les résultats à l'abri de toute critique:
Sérothérapie et anaphylaxie. — La crainte exagérée de la part qu 70 médecin, des accidents anaphylactiques pourraitètre préjudiciable au malade
ainsi que cela a été observé pendant la guerre (de Massary). Aïnsi que Pa montré une Commission de la Société médicale de Paris dont L: Martin fut
rapporteur, les accidents anaphylactiques sont rares et il suffit d'opérer avec. prudence pour les éviter chez les sujets qui y paraissent exposés: Pl. sieurs méthodes d'antianaphylaxie ont d’ailleurs été préconisées non pas
seulement dans le traitement du tétanos, mais dans la sérothérapie en
général.
Dans une observation fort instructive à plus d’un point de vue, Paul
Carnot (‘), ayant noté la guérison d’un blessé après un choc anaphylactique,
s’est demandé s’il n’avait pu avoir une action favorable sur l’évolution du
tétanos, résultat qui pourrait se concevoir à la lueur des recherches de
Widal et ses élèves. Dans le même ordre d'idée, Jean Camus (?), travaillant dans le laboratoire de Ch. Richet, avait tenté d'utiliser le choc anaphylac-
tique comme adjuvant de la thérapeutique expérimentale, les résullats de » ses recherches ont été inconstants et sans application pratique à l’homme. Dans quelques expériences inédites Jean Camus injecta sans succès à des
animaux télaniques une solution- de peptone intra-veineuse en même Lemps .
que du sérum antitétanique.
Il paraît indiqué de rechercher un procédé qui non seulement apporte
rapidement l’antitoxine au niveau des centres nerveux, mais encore permette
sa pénétration dans l'intimité des neurones; un choc analogue à celui de
l’anaphylaxie semble susceptible de remplir ces conditions. : Quel est le mécanisme d'action des doses énormes du sérum antitéles
nique injectées sous la peau et dans les reins et qui paraissent dans plusieurs
cas avoir éte efficaces? |
Il doit se produire dans cette thérapeutique autre chose qu’une action de ee à
l’antitoxine sur la toxine. Si l’on considère qu’in vitro une quantité infime d’antitoxine suffit à neutraliser des doses plusieurs fois mortelles de toxine (en expérimentation 1/100 000 de c. c. de sérum neutralise in vitro 100 doses mortelles), on peut penser que les quantités massives énormes qui ont été utilisées ont eu un effet vulnérant, toxique, à la faveur duquel l’action de l’'antitoxine a été plus pénétrante, plus intime. |
Les conclusions pratiques de.ce chapitre du traitement sont semblables à celles que nous avions résumées au milieu de la guerre (5): 1° obligation
1. Tétanos local et tardif après sérothérapie préventive. Traitement par de hautes
doses de sérum. Choc anaphylactique grave. Guérison, par PauLz CARNOT. Paris mé- .
dical, 1915. T. XVII, p. 541. + ; - Loc. cit. et Pari. médical, 6 janvier 1917, p. 27. ) . Considération sur le traitement du tétanos par JEAN Camus, Paris médical, 6 janvier 4917.
$ TRAITEMENT. FoS0 TT GE
d’une désinfection, d’un nettoyage soigneux des plaies, injection systématique du sérum antitétanique à titre préventif à la dose de 10 c. c. répétée de semaine en semaine suivant la nature des plaies: il est sage de porter celte dose à 20 c. c. dans le cas de plaie anfractueuse; 2% utilité d’une nouvelle injection préventive de sérum en cas d'intervention lardive sur un blessé susceplible d’avoir été infecté par les germes du tétanos; 3° dès l'apparition des symptômes, injection intra-rachidienne de 20 ‘€. c. de sérum antitétanique et injections sous-cutanées de grandes quantités du même sérum : de plus, calmer les symptômes par les fortes doses de chloral, 12 gr. et plus par 2% heures. En suivant ces prescriptions qui découlent des recherches précises de nombreux expérimentateurs et qui ont été appliquées par beaucoup de médecins et chirurgiens, le télanos sera évité dans l'immense majorité des cas. Malheureusement quand il apparaîtra ces prescriptions seront parfois insuffisantes à le guérir. Le problème de la thérapeutique du tétanos déclaré est l’un des plus passionnants ; voici une affection dont nous connaissons les causes, l’agent pathogène, la ltoxine, et contre laquelle nous possédons un antidote d'une puissance inouïe, mais quand la toxine est fixée sur les centres nerveux ou combinée avec leur substance nous ne savons plus opérer la dissociation nécessaire. Une lueur cependant nous vient des travaux de Roux qui nous montrent que la toxine peut être déplacée de ses combinaisons, en parliculier de celle qui résulte de l’union de Ia toxine et de l’anti- LoxXine, union qui nous apparaissait tout d’abord comme définilive.
Un résultat considérable est dès maintenant acquis grâce à l’expérimentation et à la clinique : la sérothérapie regardée il y a quelques années encore comme inefficace après le début des symptômes cliniques peut, bien maniée, fournir un nombre appréciable de guérisons.
J. Camus et J.-J. Gournaïy.
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Par H. BARBIER Médecin de l'Hôpital Herold.
Sous le nom générique de rhumatisme on a longtemps compris et on continue encore à comprendre parfois toutes les affections douloureuses des articulations, et plus spécialement, sous le nom de rhumatisme articulaire aigu, celles qui sont polyarticulaires et s’accompagnent de manifestations fébriles ou infectieuses. Les récentes acquisitions de la bactériologie avaient cependant permis de reconnaitre la complexité des causes capables de provoquer chez l’homme une pyrexie avec polyarthrites. Le démembrement commença par la distinction fondamentale entre les rhumatismes
dits infectieux et le rhumatisme vrai, médiocre terminologie, puisque ce
dernier lui aussi est dû à une infection. Par la suite, ces rhumatismes dits infectieux se disloquèrent à leur tour à mesure qu'on reconnaissait, un à un,
les agents pathogènes capables de les provoquer : on eut ainsi le rhumatisme
blennorrhagique, le rhumatisme scarlatineux, le rhumatisme pyohémique, . puis le rhumatisme tuberculeux, etc. Comme on le voit, le mot fondamental — rhumatisme — survivait à ce démembrement, et gardait son sens général de maladie à arthropathies multiples douloureuses. Et cependant, combien
l'évolution de ces prétendus rhumatismes était différente! L'appellation générale, qui semblait les réunir el n’en faire que des modalités d'un même. processus pathologique, n’assemblait plus dans la réalité que des formes.
morbides différant entre elles par la pathogénie, par l’évolution, par le traitement ; dont les caractères pathologiques étaient uniquement liés à la cause spécifique qui les provoquait et ne dépendaient en aucune façon d'une influence rhumatismale quelconque, diathésique ou non. C’est qu'il persis-
lait aussi une autre source d'erreur, non moins importante. Elle provénait
de ce fait, qu'on continuait à englober également dans le rhumatisme vrai les manifestations articulaires, vraisemblablement d'ordre toxique, qui caractérisent l'arthritisme, la goutte; et d'une façon générale les dystrophies douloureuses des articulations de l'âge mûr et de la vieillesse, dystrophies qu'on appelle encore rhwmatisme chronique, comme si elles représentaient une forme spéciale du rhumatisme articulaire aigu, alors que, au contraire, elles en diffèrent totalement. |
Le rhumatisme a été longtemps confondu en effet avec la goutte, et la confusion a duré jusqu'à la fin du xvi° siècle, époque à laquelle BarzLou la fit ces-
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ser. Mais 1l s’en faut qu’à partir de ce moment la maladie ait été nettement diffé-.
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EN TA CRE ME Er NN ET AE er Pat: Pl TT eo AE ÉTAPE a RAS SAN NN SRE
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DESCRIPTION. Fasc. II. — 691
renciée. En réalité, on la confond pendant longtemps avec une foule d’affections douloureuses, pourvu que celles-ci aient le caractère fluxionnaire (psvu2) ; et de nos jours encore, si la forme aiguë du rhumatisme est nettement spécialisée, combien, sur les confins du rhumatisme subaigu ou chronique, combien d'états douloureux, permanents ou par accès, sont encore étiquetés rhuma-
tisme. La notion du rhumatisme s’obscurcit par la suite sous l'influence d'idées
théoriques sur son siège qu'on plaçait de préférence dans le tissu musculaire
ou fibreux à l'exclusion des membranes synoviales (Chomel, 1813). C'est à Bouillaud (1834) qu'on doit, d’abord d’avoir montré la réalité des lésions articulaires, et ensuite d’avoir fait toucher du doigt les relations qui existent entre ces manifestations externes et les lésions viscérales. L'histoire du rhumatisme
cardiaque lui appartient.
Cependant, malgré ces travaux, le rhumatisme et la goutte restaient encore enchevêtrés au point que Charcot, qui cependant ne ed en aucune façon la distinction des deux maladies, créait pour certains cas d'interprétation délicate, le mot rhumalisme outleux; et pendant longtemps encore de nos jours, on ne se décida pas à séparer nettement la maladie infectieuse rhumatismale des manifestations douloureuses de l’état constitutionnel appelé « arthritisme ». On finit enfin par accorder à ce dernier la simple valeur d’un état constitutionnel prédisposant à la maladie infectieuse « rhumatisme ».
En réalité, l'expression rhumatisme, consacrée par l'usage, pourrait à la rigueur subsister dans son sens restricüif et général, c’est-à-dire « maladie à manifestations douloureuses articulaires et généralement polyarticulaires » s’il n'existait pas une maladie spécifique infectieuse, à laquelle on est convenu plus spécialement de donner le nom de rhumatisme articulaire aiqu. Ce nom, à lui seul, est compréhensif : il exclut toute épithète éclairant sa nature ; 1l représente une maladie infectieuse spécifique ayant un tableau clinique propre, une évolution, des complications classées, un. traitement particulier. C'est cette maladie et uniquement cette maladie que nous décri-.
-rons dans cet article.
Il semblerait donc, après cela, qu'il fût facile de donner une définition exacte du rhumatisme articulaire : «maladie infectieuse caractérisée par des manifestations douloureuses polyarticulaires ». Malheureusement cette définition, inexacte, ne serait pas générale; car 11 y a des cas, plus spécialement chez les enfants, dans lesquels’ le rhumatisme évolue sans polyarthrites, ou bien avec des polyarthrites extrêmement atténuées, pour se localiser sur d’autres Lissus et sur d'autres organes. Le sens que la tradition attribue au mot rhumatisme est donc ici en défaut, puisque nous appelons encore rhumalisme une maladie qui ne s'accompagne plus de douleurs articulaires.
À mon avis, si nous voulons conserver le mot rhumatisme pour désigner la maladie qui nous occupe aujourd'hui, il faut, contrairement à cette tradition et à l’usage, lui enlever le sens restrictif qu'on y attache « d'affection douloureuse articulaire », cesser d’attribuer le nom de rhumatisme aux arthropathies, aiguës ou autres, des maladies infectieuses ou dyscrasiques et définir le rhumatisme : wne maladie infectieuse, spécifique, frappant surtout les membranes séreuses et le tissu fibreux de voisinage, — articulations, péricarde, endocarde, plèvres, — inais ayant une tendance marquée, du moins chez l'adulte, à atteindre d'abord'et de préférence les articulations, plusieurs de celles-ci en même temps ou successivement, en y provoquant des arthrites ayant des caractères évolutifs parhculiers et qui lui sont propres.
H. Bargier.