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HISTOIRE NATURELLE GÉNÉRALE DU RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU

Etiologie générale du rhumatisme. — Climats. — Le rhumatisme semble de préférence s'observer dans le climat des zones dites tempérées, c’est-à-dire dans les climats où prédominent les temps brumeux et humides. Il serait rare dans les pays d’exfrême nord, et également à mesure qu'on se rapproche des zones chaudes. Les statistiques de morbidité dans l’armée française dressées par Léon Collin en 1865 donnaient pour 1000 malades

50 rhumatisants en France contre 12 en Algérie et 12 en [talie. Ces statis-

tiques seraient évidemment plus démonstratives si elles étaient rapportées non aux malades entrant dansles hôpitaux, mais à l’effeclif total de la troupe Cette opinion est cependant confirmée par des médecins ayant relevé des observations dans différents pays chauds: à la Martinique, en Tunisie. En

France, Besnier et Kelsch s'accordent pour admettre que la maladie est

uniformément répandue au nord et au midi : il en serait de même en Angleterre. En réalité il est très difficile d'apprécier les causes adjuvantes, telles

que le genre de vie, qui peuvent prédisposer ou non à des recrudescencesde

rhumatisme. C’est ce quiexplique sans doute les divergencesquiexistententre les différents auteurs à propos de l'influence des saisons. Se basant sur des

statistiques empruntées aux hôpitaux parisiens, Besnier avait admis la plus!

grande fréquence du rhumatisme pendant l'été et en particulier pendant le mois de juillet, c’est-à-dire pendant la saison chaude. La statistique des hôpitaux de Lyon dressée par Mayet en 1872 semblait jusqu’à un certain point lui donner raison. Mais les chiffres fournis par ces statistiques mêmes n'in-

diquent pas une différence telle qu'elles imposent l’idée d’une action parti-.

culièrement nocive de l'été: Besnier avait d’abord pris soin de préciser que celte influence des saisons sur la fréquence du rhumatisme ne s’exerçait que «dans une proportion restreinte», d'autre part Laveran avait dit justement que le rhumatisme est de toutes les saisons, et cela ressortait également

des relevés des hôpitaux anglais, avec cette différence que le maximum des

cas semblait se montrer en automne et en hiver.

Les statistiques de l’armée où tous les hommes sont soumis à une vie

réglée et déterminée sont peut-être plus instructives, elles ont conduit Kelsch à écrire que le moment de la plus grande fréquence du rhumatisme était les

premiers mois d'hiver et ceux du printemps. C’est l’époque de l’arrivée des.

recrues et de leur entraînement. D’après cet auteur ce serait donc la saison froide, humide, avec des variations brusques de température, qui serait dans tous les climats la saison par excellence du rhumatisme.

En résumé, à quelques unités près, on observe le rhumatisme dans toutes

les saisons. Restent à déterminer les causes adjuvantes qui peuvent expliquer les variations qu'on a cru observer. Parmi ces causes, l’action du froid a été invoquée de tout temps : bain froid, averse de pluie reçue sur le corps en sueur, action d’un courant d’air dans les mêmes conditions, ou bien encore chez des sujets qui se sont couchés sur le sol humide. Tous les auteurs s'accordent sur l'importance pathogénique du refroidissement brusque (Bouil-

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laud, Besnier) et sur l’état d'échauffement du corps, c'est-à-dire sur l'état qui suit un exercice violent. L'action du froid humide longtemps prolongé nest pas moins nette, mais sous certaines réserves d’adjuvances cependant, tenant à ce fait que les malades qui ont été pris de rhumatisme, après avoir couché dehors par éxemple, sont des soldats fatigués par des marches prolongées, ou des douaniers ou d’autres dans les mêmes condilions; et à cet autre fait qu'on a souvent appelé rhumatisme des douleurs, monoarticulaires ou non, frappant accidentellement les articulations découvertes de quelqu'un dormant la fenêtre ouverte ou qui se couche sur la terre humide, etc.; affections douloureuses qui n’ont souvent rien de commun avec le rhumatisme, tel qu’il nous occupe ici.

I faut attribuer au surmenage une influence beaucoup plus considérable. Ce surmenage agit à la fois localement sur les articulations, et plus particuhèrement sur celles des membres inférieurs et d'une façon plus générale sur la résistance organique en affaiblissant le système nerveux, et en intoxiquant l'organisme par les déchets du travail musculaire. Le livre de Kelsch contient ip preuves de ce fait. C’est à la suite de marches forcées que les troupes allemandes et françaises RÉERIERCRS en 1870 le plus grand nombre de cas de rhumatismes.

L'action prédisposante du surmenage, de l’abus fonctionnel selon l’heureuse expression de Besnier, n'avait pas échappé aux anciens auteurs, même à ceux qui faisaient jouer au froid un rôle important. À l'appui de cette opinion Besnier rapporte les expériences de Frerichs, qui montrent les modifications anatomiques de la synovie chez les grands animaux soumis à un exercice exagéré, et 1l rappelle les remarques de Trousseau à propos de la localisation élective du rhumatisme sur les régions les plus fatiguées; remarques que Peter défendit après lui. Ces faits sont d'observation courante chez les adolescents qui sont mis en apprentissage.

L'influence du é{raumatisme a surtout été mise en évidence par Verneuil el par Charcot. Bien qu’un certain nombre des cas invoqués par ce dernier concerne des rhumatismes chroniques déformants, on peut cependant retenir que le traumatisme ést capable ou de provoquer l'apparition du rhumalisme aigu, ou d'en amener le retour, ou de donner aus rhumatisme une forme plus grave que celle quil avait jusque-là. Dans un cerlain nombre de cas on a noté (Charcot) que c'était l'articulation voisine du traumatisme qui se prenait la première.

Le traumatisme, capable de réveiller la maladie, peut être ou une affection chirurgicale inflammatoire — phlegmon, panaris — ou un grand traumatisme accompagnant ou non une ou plusieurs fractures des os. Il est bien évident que dans ce dernier cas l’ébranlement du système nerveux ne doit pas être négligé, ainsi, par exemple, dans les accidents de voiture ou de chemin de fer.

Parmi les traumatismes capables de provoquer une attaque de rhumalisme, 11 convient de faire une place à part aux opéralions sur les muqueuses du nez et de la gorge. La maladie débute souvent en effet par une angine. Senator (!) atürait l'attention sur l'apparition du rhumatisme à la

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