Traité des Mal. de l'enfance, t. 1, 2 édition, p
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HISTOIRE GÉNÉRALE. Fasc. II. — 695
dents identiques dans 21 pour 100 des cas chez des malades atteints d'une maladie quelconque. Ces chiffres d’ailleurs ont été contestés par Lasègue (!) qui, sur 145 cas très soigneusement étudiés, n'en avait trouvé que 22 dans lesquels on relevait avec certitude le rhumatisme chezles parents. Cependant, on doit tenir compte de la prédilection certaine qu'on constate dans certaines familles pour les arthropathies douloureuses ou pour les congestions naso-pharyngées à l’occasion d’influences qui, chez d’autres, ne déterminent rien d’anormal; et aussi de la fréquence des cardiopathies observées dans ces mêmes conditions. L'interprétation de ces faits devient acceptable si on admet, comme pour la tuberculose par exemple, une prédisposition originelle de terrain qui expose les sujets à l'infection rhumatismale, c’està-dire aux manifestations anatomo-pathologiques caractéristiques du rhumaisme; avec l’évolution particulière que nous leur reconnaissons : brusques, mobiles, congestives, exsudatives, non suppuratives.
Faut-il, dans ces conditions, rattacher au rhumatisme ce qu'on a appelé la constitution arthritique et considérer celle-ci, à l'exemple de Besnier (?), comme un état non pas seulement prédisposant, mais Jusqu'à un certain point identique d'origine, comme peuvent lêtre entre elles la scrofule et la phtisie? À vrai dire, nous ne le pensons pas. La goutte, la gravelle, Puricémie, les auto-intoxications nutritives, tout le cortège pathologique qui caractérise l’arthritisme n’ont rien de commun du moins par l'origine avec le rhumatisme aigu. L'existence d’arthropathies douloureuses, si dissemblables d’ailleurs d'aspect et d'évolution dans l’un et l’autre cas, ne saurait réunir à nouveau deux affections que plusieurs siècles de travaux et d'efforts avaient réussi à différencier.
Cette hérédité pourrait-elle être envisagée comme une fragilité innée du système fibreux, comme nous reconnaissons une fragilité innée du système nerveux de certains viscères, cela est possible. Ainsi s'expliquerait l'apparition d’arthropathies, ou même du vrai rhumatisme, dans les fièvres, dans les maladies infectieuses, ou à la suite d’une intervention sérothérapique.
Quoi qu'il en soit la prédisposition reste un fait mdéniable, prouvée par la fréquence plus grande du rhumatisme dans certaines familles, et par celle des rechutes ou des récidives auxquelles sont exposés les sujets ayant eu une première attaque : uh tiers au moins. Besnier (5) faisait jouer un rôle prépondérant à lhérédité, mais il ajoutait que cette hérédité n’est pas fatale, du moins dans sa forme grave; que, selon l’état de santé des parents au moment de la fécondation ou par suite de l'influence favorable prépondérante de l’un des deux, ou enfin sous l'action d’une hygiène convenable après la naissance, l'enfant pouvait y échapper ou ne présenter que des formes atténuées ou bénignes.
Nous avons vu plus haut que le rhumatisme n'était pas forcément une polyarthrite douloureuse et que si celle-ci était très fréquente, elle ne représentait pas cependant toute la maladie, puisque, en même temps qu'elle et