Loc. cit., p
H. BarBier,.
1H Re LE RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU.
non comme une conséquence d'elle, des lésions viscérales plus où moins latentes et plus ou moins graves, pouvaient évoluer en même temps. Ges lésions viscérales ne doivent donc pas être considérées comme des complications, mais bien comme des localisations habituelles de la maladie.
Pour ces raisons nous étudierons successivement :
1° Les manifestations du rhumatisme sur les ar liculations, rhumatisme articulaire proprement dit:
20 Les manifestations du rhumatisme sur d'autres systèmes, la peau, et sur les viscères (rhumatisme abarticulaire et viscéral).
Anatomie pathologique. — Lasègue (!) a écrit ceci : « le rhumatisme aigu lèche les jointures, la plèvre, les méninges même, mais il mord le cœur ». Sous sa forme imagée cette phrase résume assez bien les manifes- Lations anatomiques fondamentales du rhumatisme : ici, à première vue, des lésions congestives, fugaces, sans séquelles; là, des lésions proliféraæ lives amenant des désordres profonds et durables. Il semblerait donc à première vue que le rhumatisme puisse préseñter des désordres anatomiques dissemblables, selon les régions atteintes : bénignes et transitoires ici, graves et permanentes ailleurs, selon les tissus qu'il frappe. En réalité, pour expliquer celle différence, 1l est indispensable d’abord de tenir compte des condilions bien différentes qui dominent dans l’un et l’autre cas Pévolution des localisations rhumatismales. Dès qu’une articulation est douloureuse, le malade l’immobilise et la laisse immobilisée tant que la douleur persisle el même quelque temps après; aucun traumatisme ne s'ajoute à. l’action du virus rhumalismal, c'est sans doute la raison pour laquelle les … lésions, en somme assez profondes, des cartilages articulaires évoluent d'une façon aussi favorable. Au contraire quand l’endocarde ou le péricarde sont touchés, les mouvements incessants du cœur et la pression du sang sur les valvules malades brassent sans cesse des lésions qui, peut-être, dans d'au : tres circonstances, n’atteindraient pas au même degré de gravité.
En dehors de ces conditions, la détermination exacte des lésions produites par le rhumatlisme n’est pas toujours facile après la mort. Pout d'abord, ainsi que Fa fait observer Besnier, on ne retrouve plus sur le cadavre un certain nombre de lésions qui sont cependant, pendant la vie, . caractéristiques de l'attaque rhumatismale. Telles sont, la rougeur de la peau, lœdème et la tuméfaction des parties molles périarticulaires, le gonflement des veines, ete. Il en résulte que ces désordres anatomiques doivent être constatés sur le vivant et font en somme partie des symptômes cardinaux de l’attaque rhumatismale.
De son côté Lasègue, faisant remarquer que les lésions décrites par Bouillaud, Lebert, Cornil et Ranvier comme caractéristiques du rhumaisme « n'ont été étudiées que sur des sujets cachectisés », ce qui « a transformé le rhumatisme en l’aggravant », conteslait que ces lésions trouvées