‹ Nouveau traité de médicine (volume 5)Chapitre 202 sur 224 · Études médicales, t. sp BD ES Aa · texte numérisé non relu

Études médicales, t. sp BD ES Aa

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HISTOIRE GÉNÉRALE. Fasc. II. — (697

à l’autopsie fussent « des expressions pures du rhumatisme ». Il est certain qu'on ne meurt que de rhumatismes graves et il est possible que la remarque de Lasègue renferme une part de vérité.

D'une facon générale, on peut dire cependant que les lésions rhumarlismales se localhisent avec une prédilection marquée sur les tissus peu vasculaires : le tissu conjonctif, les tissus fibreux, les tendons et leurs

gaines, les cartilages diarthrodiaux, l’endocarde valvulaire. C’est encore à

Lasègue (!) qu'on doit cette notion que, au début du moins, ce n’est pas l'articulation elle-même qui est le siège de la douleur, mais que celle-ci se manifeste presque exclusivement au niveau des tendons ou des lames lendineuses qui s’insèrent sur les extrémités osseuses. Cette localisation des lésions initiales du rhumatisme loin des anses vasculaires, c’est-à-dire en dehors de l’action de l'oxygène du sang; leur amélioration rapide sous l’action des phénomènes congestifs qui caractérisent lattaque de rhumaisme, ces particularités peuvent être invoquées en faveur de l’anaérobiose

du microbe du rhumatisme.

Les lésions étudiées par Bouillaud, Lebert, Ollivier, Cornil et Ranvier portent :

1° Sur Les tissus périarticulaires ; 2 Sur la synoviale ; 9° Sur les cartilages et les fibrocartilages articulaires.

1° Comme nous venons de le signaler, c’est pendant la vie qu'on peut Île mieux observer les phénomènes congestifs et exsudatifs dont les tissus articulaires sont le siège. Après la mort, ces phénomènes disparaissent en partie, bien qu'on puisse encore constater une infiltration œdémateuse du tissu conjonctif, parfois avec des ecchymoses: une vascularisation anormale des tendons, des ‘aponévroses, des ligaments, qui s'accompagne au niveau des gaines synoviales périarticulaires d’un épanchement analogue à celui que l’on trouvera dans l'articulation elle-même.

2° À l'ouverture de l'articulation, on trouve un épanchement filant, visqueux, ressemblant à la: synovie normale, quoique un peu plus fluide; Jamais très abondant (50 à 60 c. c. dans un genou), alcalin où quelquefois acide, se coagulant par l'acide acétique ; contenant de l’albumine et de la mucine. Abandonné à lui-même, il se coagule en masse comme le liquide pleural. Dans ce liquide nagent des flocons fibrino-muqueux, qu’on a comparés à des crachats, formés de lames granuleuses et de fibrilles emprisonnant dans leurs mailles des cellules de la synoviale et parfois du sang, ce qui leur donne ainsi l’aspect de crachats rouillés de pneumonie. Ces cellules sont souvent en dégénérescence graisseuse, et elles peuvent se rencontrer en dehors des flocons que nous venons de décrire; le liquide synovial prend alors un aspect louche, puriforme. Ces productions pathologiques se retrouvent, parfois avec une grande abondance, sur les surfaces arliculaires et dans les gaines tendineuses.

La synoviale est congestionnée, rouge, quelquefois avee des taches

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