Loc cit. p
H. BARBIER
ecchymotiques, principalement au niveau des franges. Au microscope on Re peut constater une prolifération très active des cellules de cette membrane. ir Les noyaux en particulier se multiplient activement au point qu'on en
compte parfois 10 à 12 par cellule, autour d'eux s'accumulent des granula-
tions graisseuses ou de mucine.
Le tissu conjonctif et cellulo-adipeux de la synoviale ne présente qu'ulté- es rieurement des allérations inflammatoires, et dans les cas où l’arthrite a ae duré longtemps. |
5° Bouillaud avait déjà décrit, spécialement dans les formes a AR épaississements, tuméfactions, ramollissements et érosions des cartilages à et fibrocartilages articulaires; ces érosions, ces ulcérations pouvant même aller jusqu’à los. Dans les arthrites moins sévères, les cartilages sont dépolis, et leur consistance est modifiée en ce sens qu'ils se ice pénétrer par la pointe du scalpel. Ces modifications ne sont point étendues à ue tout le cartilage, mais se présentent par îlots, séparés par du cartilage sam en apparence. On voit alors à la surface de l'articulation des éresions ou des fentes, qui donnent au cartilage l'aspect de villosités pressées les unes contre les autres ; tandis que de véritables lambeaux de ce dernier flottent à sa surface. Ces lésions se voient même dans les fluxions rhumatismales les. plus légères. Elles ont pour origine une prolifération intense des cellules car-. lilagineuses.
Ce sont les cellules superficielles qui sont les premières atteintes, celles des couches profondes du cartilage ne s’altèrent que dans les formes intenses et prolongées. |
Les altérations histologiques du cartilage ont été décrites par Ollivier, Cornil et Ranvier. Elles existent même dans les formes les plus légères du rhumatisme, alors que lès phénomènes fluxionnaires paraissent avoir constitué la seule manifestation de la maladie. Elles consistent en des lésions. d’irritation et de prolifération des cellules cartilagineuses. Ce sont les capsules superficielles qui sont les premières atteintes. La cellule wnique qu’elles contiennent se gonfle, son noyau prolifère; elle se segmente de … facon que la capsule cartilagineuse finit par contenir plusieurs cellules; celles-ci à leur tour s’entourent d’une capsule secondaire. Ainsi, la Case primitive finit par contenir plusieurs capsules secondaires.
Lorsque, dans le cas d’arthrites intenses ou prolongées, les couches profondes du cartilage sont atteimtes, elles présentent les mêmes lésions. C’est alors que se montrent les érosions, les fentes, que nous signalions plus haut et qui vont jusqu’à produire l’ulcération de ce dernier. Dans ce cas, la substance fondamentale se liquéfie et laisse échapper dans larticulation les cellules qu’elle contenait. Les érosions, les incisures du cartilage résultent d’une segmentation de la substance fondamentale entre les cellules primitives. Elles déterminent la segmentation du cartilage et peuvent même en détacher des lambeaux, soit parallèlement à la surface (quand il s’agit des couches superficielles, où les cellules sont disposées parallèlement à la surface), soit obliquement (quand il s’agit des couches profondes où cette disposition est perpendiculaire à la ertice).
Ces lésions cartilagineuses sont contemporaines de celles de la Ho
HISTOIRE GÉNÉRALE. Fasc. II, — 699
Bien que Cornil et Ranvier aient subordonné pour ainsi dire aux lésions inflammatoires de la synoviale ces ulcérations du cartilage, en les faisant dépendre des exsudats intra-articulaires, opinion qui avait déjà paru contestable à Besnier, ces dernières n’en constituent pas moins/une preuve de Pactivité très grande du processus rhumatismal sur les cartilages : tissus privés de vaisseaux.
- D’après certains observateurs, les extrémités osseuses et le périoste voisin
ne seraient pas indemnes. On noterait une inflammation de l'os et du périoste, et une vascularisation avec prolifération des cellules de la moelle des extrémités osseuses.
Ces différentes lésions paraissent s'effectuer avec la plus grande rapidité, et dès les premiers jours de la localisation rhumatismale elles s’observent de préférence sur les grandes articulations. On les retrouve également - quand la fluxion aiguë est éteinte. Aussi ne doit-on pas considérer comme radicalement gquéries les articulations au niveau desquelles cette fluxion à disparu. Cette remarque de Besnier est très importante. En ménageant un peu plus les articulations des convalescents, en leur faisant garder un repos plus prolongé ‘on éviterait bien des rechutes.
En résumé, ce qu'il faut retenir, c’est que la fluxion articulaire, caracténistique clinique du rhumatisme sur les articulations, n'est pas toute la maladie. Les lésions articulaires ont une importance qu'on a un peu trop de tendance peut-être à négliger.
Altérations humorales. — Laissant de Côté les théories du rhumatisme qui ont eu pour point de départ des modifications physico-chimiques des humeurs de l'organisme, théories qui n'ont plus qu'un intérêt historique, nous pouvons cependant décrire un certain nombre de modifications survenues dans les humeurs sous l'influence de cette maladie.
Bien que Charcot ait fait justice des relations pathogéniques que certains observateurs avaient cru exister entre l'acidité des humeurs et le rhumalisme, 1l est intéressant cependant de noter, comme un phénomène assez constant, l’hyperacidité de la sueur, de l'urine, et ‘plus particulièrement des épanchements péricardiques et articulaires. Les uns attribuent cette hyperacidité à l'acide urique, les autres à l'acide lactique: mais aucune démonstration n’a été faite qu’elle puisse être envisagée autrement que comme un phénomène contingent dans le cours de la maladie. On a même dit qu'elle élait due à des fermentations post mortem et sans rapport avec le rhumausme.
Les altérations du sang présentent plus d'intérêt.
On a noté une awgmentation considérable de la fibrine, hyperinose qui peut attemdre le chiffre de 6 à 10 pour 1000 au lieu de la normale 3. Cette augmentation se traduit par une couenne épaisse sur le sang de la saignée et, pendant la vie, par une tendance plus grande à la production de thrombus. Ces thrombus siègent en général dans la veine saphène interne; on en a signalé dans les veines spermatiques, avec gangrène consécutive et mort(!). D'après Hayem, l'importance du reticulum fibreux est en rapport avec l’intensité du rhumatisme. |