‹ Nouveau traité de médicine (volume 5)Chapitre 206 sur 224 · Bull. méd., 1894. 2. Sem, méd., 1911, p · texte numérisé non relu

Bull. méd., 1894. 2. Sem, méd., 1911, p

RHUMATISME ABARTICULAIRE ET VISCÉRAL. Fasc. II. — 711

Un certain nombre de dérivés de l'acide salicylique ont été proposés mais sans grands avantages, certains même comme le salophène, qui en sont des dérivés phénolés (salols), peuvent avoir des inconvénients. Nous devons citer cependant le salicylate d'antipyrine ou salipyrine, qu’on preserit à la dose de 1 gr. à 4 gr., et l’aspirine, qui est un éther acétique de l'acide salicylique, mais qui s’absorbe plus lentement que ce dernier, dont elle n’a pas d'autre part l’action irritante sur les muqueuses : dose 2 à 5 gr. L’antipyrine a été vantée comme un excellent succédané du salicylate de soude. On la donne jusqu’à la dose de 4 gr. par jour, certains médecins auraient même dépassé sensiblement cette dose. On ne devra pas oublier que l’antipyrine peut avoir une action nocive sur les reins. On ne l’associera pas non plus dans les cachets au salicylate de soude, car elle donne avec les dérivés phénolés des mélanges déliquescents. On a employé, dans ces derniers temps, les injections intraveineuses ou.intramusculaires de soufre colloïdal. L'injec- Lion est faite tous les jours ou tous les deux jours; elle provoque généralement une réaction fébrile assez vive. On peut l’associer au salicylate de soude et l’employer aussi en pommades.

Les soins locaux à donner aux jointures douloureuses consistent ‘surtout dans l’immobilité et dans des enveloppements ouatés. On a renoncé aux émissions sanguines locales et aux vésicatoires. On pourra par contre recouvrir préalablement les articulations de mélanges à base d’opium, de camphre et de chloroforme, ou employer l’éther méthylique de l'acide salicylique. On badigeonne la jointure en employant par jour de 4 à 8 gr. du médicament, on recouvre ensuite de ouate et de taffetas gommé. On peut également l’incorporer à des pommades. ;

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I. — Le rhumatisme cardiaque. — Les localisations du rhumatisme sur les membranes séreusés du cœur constituent le principal danger de la maladie. |

Le rhumatisme crée des cardiopathies valvulaires. Voilà où gît le vrai pronostic du rhumatisme. Ces cardiopathies peuvent apparaître en dehors de toute localisation articulaire, avant les arthropathies, et quel que soit le degré d’acuité de celles-ci. C’est en vain qu'on invoquerait les lois formulées par Bouillaud. Sans vouloir contester à l’illustre médecin le mérite d’avoir reconnu la relation pathogénique qui unit ces deux manifestations d'un même et unique processus, on peut cependant reconnaître, avec Besnier, qu'elles n’expriment qu'une coïncidence de lésions endo ou péricarditiques, accessibles par nos moyens cliniques d'examen, de préférence avec telles ou telles formes articulaires du rhumatisme. A l’époque où Bouillaud a formulé ses lois, c’est par les bruits de souffle qu’on diagnostiquait les endocardites. Dans la réalité, ces souffles valvulaires indiquent non l'endocardite elle-même, mais une des conséquences mécaniques habituelles de celle-ci, c’est-à-dire l'insuffisance valuulaire. Depuis lors Potain a montré

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que l’assourdissement des bruits du cœur élait un signe précoce. de de cardite et indiquait l’existence d’endocardites cbr. que l’on ne diagnos-

tiquait pas au temps de Bouillaud, mais qui n’en existent pas moins bien.

que n'ayant pas provoqué encore des lésions orificielles proprement dites. Pour ces raisons, il faudrait admettre l’opinion de Besnier et modifier les lois de Bouillaud en disant plus exactement et en les synthétisant en une seule formule : les cardiopathies graves, capables de provoquer des lésions ori-

ficielles se voient surtout dans les rhumatismes intenses; les rhumatismes

légers s'accompagnant, plus souvent qu'on ne le suppose, de complications endocarditiques, mais qui peuvent ne pas donner lieu à des lésions orificrelles permanentes. |

Ainsi modifiées les lois formulées par Bouillaud expriment beaucoup mieux la réalité des choses. Il nous semble donc à présent assez oiseux de donner des chiffres représentant plus ou moins exactement la fréquence

snpposée du rhumatisme cardiaque. OEttinger avait admis 10 pour 100 de,

péricardites, 30 pour 100 d’endocardites, 15 pour 100 d’endopéricardites; en tout, »5 pour 100 de localisations cardiaques. Besnier en se guidant sur les statistiques dressées par Ball était arrivé à 50 pour 100, mais en spécifiant que ce chiffre élait certainement très au-dessous de la réalité, les autopsies faites par Charcot dans les rhumatismes subaigus ayant montré, en parteulier, des lésions endocardiliques parfaitement méconnues pendant la vie.

En somme ce qu'il faut retenir, c’est que le rhumatisme touche le cœur à des degrés divers, très souvent disent les uns, presque toujours disent les autres. La fréquence de ces cardiopathies varie un peu selon les moments: elle dépend sans doute de qualités plus ou moins virulentes du germe rhumalismal, ou de conditions agissant sur les organismes atteints.

Reste la question de savoir laquelle des deux membranes du cœur, endocarde ou péricarde, est le plus souvent frappée. La question a une réelle importance pratique el pronostique. Si en effet l’endocardite, dans les cas extrêmes, crée des insuffisances valvulaires, il s’agit présque toujours d’une insuffisance mitrale, compatible jusqu’à un certain point avec une prolongation plus ou moins longue de l'existence. La péricardite au contraire non seulement crée un tue unmédiat pour la vie par l’épanchèment qu'elle provoque; mais, en amenant la symphyse des deux feuillets du péricarde, elle est une menace pour l'avenir, en faisant du rhumatisant un infirme souvent condamné à une vie misérable et à une mort plus ou moins précoce. Nous

relrouverons ces fails en particulier dans le rhumatisme des enfants. Or, à

cet égardencore, lesstatistiques ne sont pas d'accord; et ces divergences sont d'autant plus difficiles à trancher, qu’elles reposent non pas sur des faits

d'anatomie pathologique, mais sur l'interprétation, par des médecins divers,

de phénomènes d’auscultation perçus pendant la vie. Besnier a justement

relevé ces contradictions des uns des autres admettant une plus grande fréquence tantôt de la péricardite tantôt de lendocardite. Tout en tenant compte cependant que beaucoup de péricardites peuvent être méconnues, parce que légères, partielles, ou inaccessibles à nos moyens d’ investigation clinique, et que, de ce chef, leur fréquence pourrait être plus grande que cerlains l'ont écrit, on peut avancer cependant que, chez l’adulte du moins,

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l’endocardite grave est plus fréquente que la péricardite, voulant entendre par là que les séquelles cardiaques, endocardiliques d’origine, sont plus fréquentes après le rhumatisme que les séquelles péricarditiques. D'ailleurs ce ne sont pas seulement les membranes du cœur qui sont atteintes, Besnier avait admis non sans raison que le lissu fibreux des muscles pouvait être alleint lui aussi, et l'expression de cardile rhumatismale mériterait mieux qu'un souvenir historique. Peut-être certaines myo-

cardiles scléreuses de la vieillesse ou de l’âge mûr ont-elles cette origine.

Le mode d'apparition des déterminations du rhumatisme cardiaque est très variable. Ce dernier n’est pas fatalement lié‘et subordonné au rhumatisme arüculaire. Il peut exister sans arthropathies ou avant que ces arthropathies se soient produites. Dans ces cas, il coïncide certainement avec les phéno-

mènes fébriles ou autres qui, en dehors de celles-ci, caractérisent le début

de la fièvre rhumatismale. Le plus souvent cependant, il coïncide avec elles. Nous nous sommes expliqué plus haut sur les relations qui existent entre les cardiopathies et le degré de ces arthropathies: et cette coïncidence doit être plus précoce qu'on ne l'écrit habituellement, quand on la place, avec son maximum, au deuxième seplénaire; parce qu'on a confondu longtemps le début de la cardiopathie avec la première constatation des signes physiques qui caractérisent la lésion orificielle, négligeant ainsi trop souvent les troubles fonctionnels qui les ont précédés, ou en interprétant ceux-ci mal à propos.

L'endocardite rhumatismale représente le type des endocardites végétantes, non ulcéreuses, et ne donnant heu qu'exceptionnellement aux embolies. Le danger n’est pas là. Il résulte du travail de sclérose valvulaire qui suit la période aiguë végétante, et qui, en amenant la rétraction du bord libre des valvules, détermine des lésions orificielles, la plupart du temps incurables. L’'endocardite siège de préférence sur la valvule mitrale au niveau de son bord libre, et du côté de la face auriculaire le long de la ligne de jonction des valvules, quand celles-ci sont fermées. On y trouve une série de petites végélalions rosées, peu volumineuses, et sessiles, recouvertes d'un léger dépôt fibrineux. Au microscope, on constate qu’elles sont formées de fibrine englobant des cellules rondes; c’est un tissu inflammatoire qui peut se résorber — et c’est [à un point très important pour le pronostic — ou bien, ainsi que nous l’avons vu, se rétracter en se sclérosant. Il en résulte que la lésion orificielle la plus fréquente est l'insuffisance mitrale. Ces lésions se rencontrent aussi sur les valvules sigmoïdes de l'aorte du côté du ventricule et sur la ligne de jonction des trois valvules, où elles présentent le même aspect et la même évolution que sur la valvule mitrale. Les valvules tricuspides peuvent en être le siège, mais le fait est rare.

Exceptionnellement l’endocardite prend une allure maligne, ses végétalions se détachent et déterminent des embolies multiples, j'en ai publié une observalion très démonstrative en 1900, avec Tollemer, chez une fillette de 11 ans (Soc. de pédiatrie, 1900). Dans ces cas l’endocardite complique véritablement le rhumatisme en raïson des accidents viscéraux qui peuvent être la conséquence des embolies.

H. BarBier.

L’endocardite fait donc partie du cortège habituel de l'attaque rhumatismale, son début et son évolution se font souvent sans grands signes révélateurs. Le médecin ne doit pas attendre l’apparition des signes cardiaques, palpitations, oppressions, etc... coïncidant ou non avec une persistance ou une aggravation de la fièvre en l'absence de symptômes articulaires, pour se préoccuper de la possibilité d’une endocardite. Il doit dans tout rhumatisme examiner el ausculter le cœur tous les jours et dès le début. Ea difficulté du diagnostic peut être augmentée du fait de l'existence d'un rhumatisme antérieur qui a pu déjà laisser une lésion orificielle.

Examinons d’abord l'hypothèse d’une première atteinte rhumatismale chez un sujet dont le cœur est sain.

Dans ce cas, le diagnostic précoce de l’endocardite repose, non pas sur l'existence de bruits de souffle, mais sur des modifications des bruits du cœur. Elles consistent dans un assourdissement des bruits normaux, qu'on surprendra d'autant mieux qu’on aura chaque jour ausculté avec som Île cœur. Du jour au lendemain parfois, on note que les bruits normaux du cœur ont perdu leur caractère, qu'ils sont comme ouatés, et cela aussi bien à l’orifice mitral qu’à l’aortique. À l’assowrdissement des bruits peut succéder à un moment donné le bruit de souffle, c’est le signe d’une lésion orificielle constituée; mais cela n’est pas fatal. L’assourdissement des bruits du cœur peut être le seul signe de l’endocardite, persister plus ou moins longtemps, et disparaître sans laisser aucun trouble à la suite. Dans ces cas, l’endocardite n’a pas produit de lésion ormficielle, et la cardiopathie passagère n'a pas de suites. Quelquefois aussi les bruits restent assourdis quelques jours et reprennent leur timbre normal, d’autres fois enfin le phénomène dure plus longtemps, jusqu’à 50 jours ou même davantage (Potain). Avant de revenir à leur timbre normal, les bruits du cœur prennent un éelat clangoreux, qui peut persister d’ailleurs et qu’on peut considéreravec Potaim comme un signe d’induration définitive de la valvule. Dens 1/5 des cas, l’assourdissement des bruits s’accompagnerait de bruits de souffles légers, superficiels, post-systoliques et qu’on entend dans les régions précordiales siège habituel des souffles inorganiques, en dehors du foyer d’auscultation des lésions orificielles. Ce n’est que beaucoup plus tard, du trentième au cinquantième jour que, par suite de l’évolution des lésions valvulaires, les lésions orificielles sont constituées et donnent lieu à des bruits de souffle. organique permanents et définitifs.

Tel a été l’enseignement de Potain. Il en résulterait qu’un souffle organique, constaté d’une façon certaine dans les premiers Jours d’un rhumatisme, indiquerait non une endocardite récente, mais une lésion ancienne. L'absence de symptômes cardiaques fonctionnels antérieurs à l'attaque actuelle, n’est pas une raison valable pour rejeter cètte hypothèse: car on a cité des exemples démonstratifs de cardiopathies, d’origine rhumatismale, absolument méconnues faute de se manifester par aucun symptôme (Besnier, L. c., 540). Cependant on pourra noter dans ces circonstances une légère hypertrophie du cœur, et plus particulièrement du ventricule gauche.

Cette notion de l'existence antérieure d’une endocardite ayant laissé à sa suite une lésion constituée, n’est pas sans rendre singulièrement délicate à

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trancher la question de savoir si, sur ce cœur déjà malade, une nouvelle endocardite s’est ou non développée. Elle est cependant importante à résoudre en raison de l’aggravation possible des lésions existantes, et de la malignité plus grande que peut avoir une nouvelle localisation rhumatismale sur un cœur déjà touché. On peut même affirmer que, en principe, il y a de ce chef une prédisposition certaine à une nouvelle endocardite. Or, précisément, Potain attachait dans ces circonstances une grande valeur à l’affaiblissement des bruits du cœur; les modifications du timbre du souffle, l'apparition de bruits anormaux, piaulants ou autres doivent être pris en sérieuse considération, ainsi que la constatation de l’existence d’une péricardite récente.

En somme, l’endocardite est très fréquente dans le cours du rhumatisme, plus fréquente même qu’on ne le suppose d’après les observations cliniques, quels que soient les caractères des arthropathies ; mais un certain nombre d'entre elles seulement (40 pour 100 d’après Besnier) laissent à leur suite des lésions orificielles; les autres (60 pour 100) guérissent, du moins fonctionnellement, sans laisser de traces.

Nous serons bref sur les péricardites rhumatismales. Comme pour les endocardites, le nombre des cas de péricardites paraît bien être plus considérable que les statistiques ne l’indiquent, celles-ci faisant de He état des péricardites plus ou moins graves.

La péricardite peut se montrer avant, pendant, ou après les arthropathies, et, comme le fait remarquer Besnier, lorsqu'on dit qu'elle apparaîl surtout au moment du deuxième septénaire, on entend par là que c’est à ce moment de préférence qu’on constate les signes physiques ou fonctionnels qui caractérisent les péricardites cliniquement appréciables.

La péricardite est le plus souvent sèche, elle est dangereuse alors par sa généralisation, qui expose le malade aux accidents d’une symphyse ultérieure; ceci n'est pas très fréquent, du moins chez l'adulte. La péricardite avec épanchement constitue un danger plus immédiat. L'épanchement peut se faire d'autre part dans un péricarde atteint déjà antérieurement de symphyse partielle ou totale, à la suite d’une péricardite antérieure: Dans ce cas 1l détermine une mort rapide avec des douleurs de pseudo-angine de poitrine. Ce qui augmente le danger de cet épanchement, c’est la rapidité avec laquelle il peut apparaître. L’épanchement est toujours séro-fibrineux.

La péricardite rhumatismale se complique aussi, très souvent, de pleurésie gauche, ce qui augmente singulièrement la dyspnée et la douleur.

En général cependant, la péricardite rhumatismale chez l'adulte évolue vite et favorablement. Dès la formation de l’épanchement, la fièvre tombe, et du »° au 7° jour la résorplion se fait. Malheureusement elle porte, comme les arthropathies, la marque de son origine, c’est-à-dire qu’elle peut présenter des poussées successives, avec réapparition de la’ fièvre et de l’'épanchement. De plus, c’est surtout dans ces formes qu'on peut redouter la formation d’une symphyse.

Ces formes graves de péricardites se verraient de préférence dans les rhumatismes sévères avec hyperpyrexie, néphrite et pleuropneumonie.

Le diagnostic devra toujours en être fait avec la péricardite tuberculeuse.

H. BARBIER

Au point de vue du pronostic, on ne devra pas non plus négliger les indices qui pérmettent de songer à la participation du médiastin : douleurs vives, angoisse, troubles de la déglutition, troubles du rythme cardiaque, etc.

Nous n'avons que des données bien incertaines sur les causes prédisposantes du rhumatisme cardiaque, el nos connaissances sur ce sujet se bornent à dire que les sujets fatigués ou déprimés moralement y sont plus prédisposés, peut-être parce que, chez eux et pour ces mêmes causes, le rhumatisme est plus sévère. Il semble cependant que les cardiopathies soient plus fréquentes à certains moments; est-ce aussi par suite de la malignité partculière de la maladie?

Nous n'avons rien à dire du trailement de ces cardiopathies en tant qu'endocardite et que La seule particularité à mettre en lumière, est celle qui est liée à ce fait que le rhumatisme crée des lésions valvulaires et que le médecin doit diriger tous ses efforts pour empêcher celles-ci de se produire ou de s’aggraver. Il n’est pas téméraire de penser que le salicylate de soude ait, an début du moins, sur l’endocarde malade la même action que sur les arthropathies. Sans doute il ne peut pas guérir une lésion valvulaire constituée, mais celle-ci est une complication réelle d’une endocardite qui, à ses débuts, peut être favorablement influencée par le médicament et guérir sans lésion orificielle. Nous pourrions faire les mêmes remarques à propos des symphyses péricardiques et des gros épanchements que le traitement peut prévenir en modérant le processus phlegmasique à son début et en empêchant les rechutes successives qui sont la cause de la symphyse. Il importe donc de tenir compte de ces remarques en formulant les règles de traitement suivantes : -

1° donner toujours le salicylate de soude de très bonne heure, le plus tôt possible:

2° Je donner à doses suffisantes dans tous les cas, sans trop se préoccuper de la violence des arthropathies avec lesquelles les cardiopathies ne sont pas … toujours en relation directe:

5° le continuer suffisamment longlemps après la disparition des arthropathies, surtout si les bruits du cœur sont sourds et restent sourds après la disparition de la fièvre.

On a conseillé d'y adjoindre dans ces cas une forte dose de bicarbonate de soude pour diminuer la tendance fibrmogène du sang.

Il. Rhumatisme des artères et des veines. — Nous n'avons aucun . document précis sur la possibilité de lésions d’'artériles dues au rhumatisme : la question mériterait qu'on l’étudiât, en raison des rapports possibles qu'elle pourrait avoir avec l'intégrité évolutive du système artériel — sclérose, qe rome (G. de Mussy). |

Les phlébites rhumatismales, par contre, semblent avoir acquis droit de cité. Bouillaud les avait signalées, mais beaucoup de ses observations n'appartenaient pas au rhumatisme, et en réalité elles sont très rares (!). On n'en possède guère qu'une quinzaine de cas authentiques, dans lesquels elle

1. VAQUEZ (Clinique de la Charité, Thèse Schmit, Th. Paris, 1884, et Gatay, 1895).

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revêt les formes les plus diverses. C’est dans le cours de rhumatismes généralisés ou, au contraire, dans des formes frustes qu'elle se montre. Tantôt elle prend laspect de la phlegmatia alba dolens, tantôt ce sont des poussées phlébitiques disséminées, sans oblitération définitive de la veine; mais le plus souvent 1l s’agit de périphlébites douloureuses, sans oblitération, frappant de préférence les veines superficielles et celles du membre inférieur. L'embolie, les troubles trophiques graves dans ces cas sont exceptionnels.

D'autres observateurs (!') pensent, au contraire, qu'on a trop restreint le cadre des phlébites rhumatismales et qu'il existe un véritable rhumatisme veineux « englobant un grand nombre de phlébites dites primitives, précédant le rhumatisme articulaire aigu ou subaigu, le suivant... ou évoluant pour leur propre compte ». Ce rhumatisme pourrait, d’après ces auteurs, frapper les veines profondes, les sinus craniens, et bien que la périphlébite sans coagulation soit la forme prédominante, on pourrait voir également des phlébites plus profondes avec toutes leurs conséquences.

* Le salicylate n’a pas d’action sur ces phlébites; l’antipyrine en calme les douleurs, mais n'en modifie pas l’évolution (Ed. Hirtz, /. c.).

III. Rhumatisme des voies respiratoires et pleuro-pulmonaires. — Nous n'avons rien à dire sur les coryzas avec écoulement plus où moins abondant, ni sur les laryngo-bronchiles qui précèdent, accompagnent ou suivent le rhumatisme, sinon pour constater que nous abordons l'étude de phénomènes dont la relation avec ce dernier n’est pas facile à démontrer. L'infection catarrhale. si fréquente de ces muqueuses que rien ne protège contre la contamination aérienne, et aussi peut-être la confusion avec le rhumatisme de certains états articulaires doulouréux dus à la grippe, à la tuberculose, à l’arthritisme, à la goutte, etc., laissent planer quelques doutes sur bien des manifestations dites rhumatismales de ces muqueuses.

La même réserve s'impose à propos des complications pulmonaires et surtout de certaines d’entre elles, lorsqu'elles se localisent au sommet et qu'elles y présentent certains caractères de fixité. Comme dans le cours de toutes maladies infectieuses — grippe, fièvre typhoïde — des lésions du poumon, antérieures et refroidies, peuvent se réchauffer et évoluer danse cours du rhumatisme, et il ne suffit pas qu'on constate une congestion localisée du poumon pour être en droit d’en affirmer la nature rhumatismale.

Et il est bien entendu aussi que nous excluons de ce chapitre les accidents congestifs ou emboliques qui peuvent être la conséquence des cardiopathies — endocardites et péricardites — et dont les symptômes et l’évolution ne présentent aucune particularité propre au rhumatisme. Éliminons également toutes les affections pulmonaires accidentelles pouvant compliquer le rhumatisme au sens absolu du mot et qui sont dues à des infections associées et accidentelles : pneamonie, bronchopneumonie.

Nous sommes ainsi amené à mentionner seulement certains accidents pulmonaires dont la mobilité, l’allernance avec les arthropathies font acCepter qu'elles soient bien dues au rhumatisme seul.

4. En. Harrz. Trait. de thérap. appliquée, fasc. 11. Art. Phiébile rhumat., p. 271. — CEnsier. Rhum. veineux, 1898.

H. BaRgBIER.

La plus intéressante et la plus typique de cés formes, bien que rare, est la congestion suraiquë du poumon, appelée aussi forme œædémateuse, et dont la physionomie rappelle tout à fait l’'œdème aigu du poumon des aortiques et des brightiques (Aran, Charcot, Besnier, Bernheim).

Brusquement dans le cours d'un te sans cause bien nette, un malade présente une dÿspnée qui prend rapidement un caractère alarmant, avec cyanose, angoisse, suffocalion : la toux est incessante et donne une expectoration caractéristique, filante, blanche, rosée et même sanglante, parfois extrêmement abondante et évacuée par le nez et par la bouche. Le malade, haletant, est assis sur son lit, le pouls pétit, rapide. Les signes d’auscultation du poumon ne sont pas en rapport avec cet état si grave : on n'entend guère que ses râles de bronchite disséminés. La mort peut survenir rapidement, et à l’autopsie on trouve des poumons gonflés, remplis de sérosité qui s'écoule à la coupe.

Un traitement énergique par la saignée, les véntouses scarifiées et sèches, les révulsifs, les injections d'huile camphrée, de caféine, d’éther, ne donnent le plus souvent aucun résultat.

Ces accidents surviennent inopinément dans le cours de rhumatismes aigus ou subaigus. Ils ne prennent pas toujours la forme généralisée d'emblée et grave; mais se montrent sous l'aspect de placards congestifs, mobiles, sujets à des alternatives d'amélioration et d’exacerbation, au cours desquelles ils peuvent prendre l'allure plus grave des formes généralisées. Bernheim les a décrites au sommet où elles ressemblent singulièrement à des poussées évolutives tuberculeuses; elles se voient d’ailleurs, dans cerlains rhumatismes subaigus dont la nature tuberculeuse est bien probable: certains de ces malades réagissent à l’intradermo-réaction à la tuberculine. Ce point de l’histoire du rhumatisme est à revoir en s'appuyant sur les nouveaux procédés d'examen que nous possédons, en particulier, chez les enfants. |

C'est par un abus de langage évident qu'on a décrit certaines de ces poussées congestives sous le nom de pneumonie rhumatismale, sous prétexte qu’on y constatait des signes d’induration pulmonaire que le salicylate amenderait repidement (Th. de Lebreton, 1884). OEttinger a donné (!) les signes distinctifs suivants avec la peumonie vraie : face non vultueuse, pâle, sueurs abondantes, fugacité et mobilité des signes d’auscultation, tantôt sur un poumon, tantôt sur les deux, disparition rapide des signes physiques et guérison. Malheureusement, faute d’autopsies et d'examens histologiques, la véritable nature de ces pneumonies nous échappe. Je conseille cependant, en pareille occurrence, de pratiquer chez les malades une intradermo-réaction à la tuberculine ou de recourir à tout autre moyen de contrôle analogue.

Quoi qu'on pense de ces manifestations pulmonaires, 1l reste cependant uue conclusion à tirer, c’est qu'il faut ausculter le poumon des rhumatisants avec autant de sollicitude que le cœur. Car en dehors de ces formes congestives qui attirent l'attention par des signes assez significatifs, il y aurait

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