‹ Nouveau traité de médicine (volume 5)Chapitre 207 sur 224 · Traité de Méd., Charcot, Bouchard, 1885, t. V, p · texte numérisé non relu

Traité de Méd., Charcot, Bouchard, 1885, t. V, p

RHUMA MAR NERVEUX. Fasc: IT SM

habituellement chez les hace ce que Bernheim a appelé une congestion pulmonaire latente que l’auscultation seule révèle, car les malades n’accusent aucun trouble fonctionnel. Submatité, respiration diminuée ou nulle, ronchus, râles crépitants disséminés, tels seraient les signes qu'on pourrait percevoir par J'oreille.

La pleurésie rhumatismale est beaucoup plus nettement établie; elle coïncide presque toujours avec l’endopéricardite et siège plus spécialement à gauche. Comme les autres localisations viscérales du rhumatisme, elle accompagne les arthropathies, mais peut aussi les précéder ou les suivre, ou même évoluer sans elles; du moins c'était l'opinion de Lasègue (Études méd., &. I, p. 577 et suiv.). D’après lui, la plèvre se comporterait comme une arliculation, et c’est surle üssu fibreux de la plèvre costale que la maladie se localiserait, du moins au début; ce n’est que secondairement que l'épanchement se produirait. C’est en raison de ce fait que le début de la pleurésie se ferait par une douleur thoracique diffuse, sans localisation névralgique au niveau des nerfs intercostaux; cette douleur, très aiguë, est exagérée par la pression, par les mouvements, et disparaît quand on immobilise la paroi au moyen d’un appareil très serré. L’épanchement ne vient qu'après, au bout de 6 à 24 heures, et c’est alors également que la fièvre s'allume. L’abondance de la fibrine dans le liquide exsudé limite le liquide et l’enkyste vers son point initial de formation, en général à la partie postérieure du thorax, où l’épanchement reste invariable, quelle que soit la posi- Uon du malade (pleurésie en galette).

A ce niveau, les signes des pleurésies — souffle voilé et égophonie — y sont des plus nets. L’épanchement séro-fibrineux est peu abondant, et ce qui le caractérise bien nettement, c’est son évolution : il disparaît au bout .de 3 à 8 jours, se distinguant ainsi, en plus de son début bruyant, des pleurésies tuberculeuses. Un autre caractère, non moins net, c'est qu’il est souvent bilatéral, soit en même temps, soit successivement. Il ne laisse pas d'adhérences à sa suite. Lasègue a noté cependant dela rétraction de la paroi et des atrophies musculaires des parois thoraciques, y compris les pectoraux et le trapèze.

Toutes les pleurésies rhumatismales ne sont pas aussi bénignes ni aussi courtes. Dans certains cas, comme j'en ài observé un cas, elles peuvent atteindre plus spécialement la plèvre diaphragmatique.

Le cytodiagnostic de ces épanchements permettrait d'en préciser la nature (Widal, Ravaud, etc., Thèse de Jarvis, 1902). On y trouve des placards de cellules endothéliales, des globules rouges, quelques lymphocytes.

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