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Les sueurs sont très abondantes dans les cas graves

EVOLUTION GÉNÉRALE DU RHUMATISME. Fasc. II. — 73

la menstruation. Celle-ci se supprime quelquefois si le rhumatisme commence au moment des règles; quelquefois les règles apparaissent prématurément si l'attaque a lieu dans l'intervalle de deux époques (Hérard). La menstruation, en tout cas, n'a aucune action sur la marche de lamaladie :

on observe quelquefois quelques ménorrhagies sans importance.

La convalescence apparente du rhumatisme commence quand la fièvre est tombée et quand les douleurs articulaires ont disparu. Nous disons convalescence apparente, parce qu'il n’y pas de maladies où les rechutes soient plus fréquentes, même après plusieurs Jours d’accalmie. Ces rechutes surviennent quelquefois sans Causes bien nettes. On peut cependant citer, parmi celles qui les favorisent certainement, la cessation trop précoce du traitement salicylé, la reprise prématurée des occupations, la fatique, le surmenage, les refroidissements. Les rechutes se montrent tantôt dans le cours d'une convalescence parfaitement franche en apparence, tantôt dans ces convalescences bâtardes si fréquentes, notamment après les rhumatismes intenses ou prolongés, pendant lesquels les malades restent fatigués, anémiés, avec des mouvements articulaires douloureux et chez lesquels on observe une persistance d’un très léger mouvement fébrile. Elles ne sont pas toujours bénignes, et c'est à leur occasion qu'on peut voir apparaître des complications cardiaques qui ne s'étaient pas montrées pendant la première attaque.

La gravité de ces rechutes n’a aucun rapport non plus avec celle de l'attaque antérieure. On peut donc penser que la première atteinte de la maladie n'’immunise pas le sujet qui en a été atteint, et qu'elle semblerait même déterminer chez lui un état de prédisposition.

Les récidives non plus ne sont pas rares. Ellés se font à plusieurs mois, à plusieurs années de distance. On en compte le plus souvent deux ou trois pendant la vie de l'individu, quelquefois davantage; certains sujets pouvant avoir pendant leur existence Jusqu'à 7 à 8 attaques de rhumatisme authenique. , | |

En dehors de ces faits et surtout à la suite de rhumatismes sévères ou

prolongés, la convalescence est longues et pénible. Le rhumatisme laisse à

sa suite une anémie intense et tenace, des essoufflements, des palpitations, en dehors même de toute séquelle cardiaque. Les mouvements des membres restent lourds, pénibles, douloureux ; quelquefôis même de véritables phénomènes douloureux affectent passagèrement une articulation, sans qu’on puisse songer sérieusement à une rechute. On constate souvent de l’atrophie musculaire, et quelquefois on voit se développer des rétractions aponévrotiques et tendineuses qui amènent des déformations, des membres et des perturbations des mouvements. Ces faits n’ont d’ailleurs rien de commun avec les déformations de la maladie dite « rhumatisme chronique déformant ».

Chez les malades qui ont présenté des complications cérébrales graves, l’état de débilitation générale est encore plus marqué. Enfin chez ceux dont l’endopéricarde a été touché, on assiste au développement progressif d’une lésion orificielle ou d’une symphyse péricardique dont nous n’avons à exposer ici ni les symptômes mi les conséquences.

Ces faits nous montrent de la façon la plus évidente que si la mortalité

H. BARBIER

du rhumatisme — maladie aiguë — est faible par elle-même — d’après Bes-

nier, elle ne dépasserait pas 3 à # pour 100 des malades — ce serait une. grosse erreur de se représenter cette maladie'comme une affection bénigne

dans son ensemble. Ainsi que nous l'avons déjà dit, ce qu'il importe de savoir lorsqu'il s’agit d'apprécier le dommage causé par une maladie, c’est l'état dans lequel la maladie prend.un sujet et l’état dans lequelelle le laisse.

Or, les séquelles du rhumatisme sur le cœur sont assez fréquentes et assez.

graves pour qu'on mette à son passif les accidents et les ‘morts qui peuvent survenir plus ou moins longtemps après la guérison du rhumatisme. En réalité, bénin sur les articulations, le rhumatisme est grave par ailleurs, puisqu'il crée des estropiés du cœur dont les lésions peuvent être mortelles à plus où moins brève échéance ou empêcher toute occupation active, en pesant ainsi sur toute la vie.

La thérapeutique de la période aiguë du rhumatisme ne comporte pas d’autres indications que celles que nous avons exposées en parlant du tra tement des arthropathies et des diverses manifestations viscérales. Par contre, ce que nous venons de dire à propos de la convalescence demande quelques prescriplions supplémentaires. .

Pour éviter les rechutes, on maintiendra au lit le malade, toujours disposé à prendre pour une guérison une accalmie bienfaisante des douleurs artiéulaires, et cela pendant plusieurs jours; en même temps. on continuera à doses décroissantes le salicylate de soude. On ne permettra pas les sorties prématurées, à plus forte raison la reprise des occupations et les fatigues de la vie mondaine. On recommandera des vêtements de laine, et plus spécialement aux femmes de se couvrir suffisamment et d'éviter le décolletage, surtout dans la rue.

Dans certains cas, on devra conseiller le séjour dans un climat sec ‘et

chaud, surtout quand les malades habitent dans des conditions inverses, et

principalement pendant l'hiver ou pendant les saisons froides. On interdira

le séjour au bord de la mer, surtout sur les plages froides, humides, expo-

sées aux vents de terre et aux brusques variations météorologiques. Des

plages réalisant des conditions invêrses peuvent être tolérées, mais avec certaines précautions. Ces prescriptions seront d'autant plus sévères que le rhumatisme aura touché le cœur et qu’on soupçonnera des lésions endopéricardiques en évolution.

Certaines stations hydrominérales pourront être plus spécialement recommandées dans ce dernier cas. Ce sont : Bourbon-l' Archambault, Bourbon- Lancy, Royal. |

L'anémie sera combattue par les frictions, l'hydrothérapie mitigée et maniée prudemment, le repos, le fer et l'exercice. Le séjour à la campagne est ici tout indiqué; contre les raideurs articulaires et les atrophies, on aura recours au massage, à l'électricité, aux douches sulfureuses, etc.

Dans les mois qui suivent l'attaque et selon les indications, les cures hydrominérales rendent des services. Mais il ne faut pas manier cette médication à la légère, et si la cure hydrominérale agit par elle-même, on ne devra pas oublier que ses effets peuvent être aidés ou contrecarrés par le climat et aussi par le genre de vie que le malade entend y mener.

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Il y a des rhumatismes à demi endormis qui se réchauffent à la moindre

, anfluence perturbatrice; à ces formes, dites excitables, éréthiques, convien-

dront particulièrement Bagnères-de-Bigorre, Eaux-Chaudes, Chaudes-Aigues (Cantal), Luxeuil, Bains (Vosges), Lamalou, Néris, Plombières, en Krance : Ragatz, Bath, Wildbad, à l'étranger. Les malades, soumis à une vie calme, sans fatigue et sans sports, doivent éviter toutes les excitations du système nerveux, se coucher de bonne heure, etc.

Les rhumatisants plus atones, qui conservent des ARE articulaires, de l’anémie, de la dépression générale de l'organisme pourront, toujours dans les mêmes conditions de vie, s'adresser à des eaux plus agressives. Les stations chaudes, salées ou sulfureuses, leur sont tout indiquées : Aïx-les- Bains, Luchon, Barèges, Bourbonne-les-Bains, Ax, Saint-Honoré, les boues de Dax et de Saint-Amand, pour ne citer que quelques-unes de ces stations: car il existe de nombreuses stations thermales plus ou moins connues

mais qui possèdent une réputation régionale de guérir les rhumatismes :

en Algérie, Hammam-Moskoutine, eaux à 95°; Hammam-Rhira (Alger), eaux hyperthermales chlorurées-bicarbonatées. A l'étranger, on peut citer : Aix-la-Chapelle, eaux chaudes chloruro-sulfurées; Baden (Suisse), sulfureuses; Baden-Baden (duché de Bade), chlorurées chaudes; Bad-Gastein (Autriche), chaudes, très calmantes, très radioactives; Louache (Suisse), sulfatées calciques, etc. (1). |

Pathogénie et bactériologie du rhumatisme. — Depuis longtemps la recherche du parasite du rhumatisme a exercé la sagacité des observateurs, et,aujourd'hui encore, devant les affirmations des uns et la réserve des autres, on hésite à écrire définitivement que nous en possédons, isolé et cultivé, le microbe jhpetre Rosenthal (?) qui s’est attaché à la question, a résumé dans une revue, à laquelle nous renvoyons pour plus de détails, toutes les recherches faites dans ce sens depuis la période Hole tee

Devant le polymorphisme des microorganismes rencontrés-par les observaleurs qui s'occupèrent de la question, on avait estimé un moment que l'affection dite rhumatisme n’était pas une unité pathogénique, mais devait ètre considérée comme une réaction biologique particulière de certains organismes vis-à-vis les infections les plus diverses. Eltait-ce un dernier écho de la vieille diathèse rhumatismale? Ce qui est certain c’est que c'était le terrain qui créait le type morbide, quel que fût le microbe en cause.

Dans une période ultérieure, on trouva d'une façon assez constante des microbes septiques et plus particulièrement le staphylocoque blanc dans les humeurs et dans les végétations endocarditiques, et différents auteurs ()

. soutinrent une théorie staphylococcique du rhumatisme. Plus tard, sans

considérer ce microorganisme comme spécifique, d’autres observateurs (Triboulet, Lipmann, Rosenthal) virent dans la staphylococcie une associalion microbienne, pouvant jouer un rôle aggravant conjointement au microbe spécifique.

1. Voir Hygiène et thérap. thermales, G. Delfau, Masson, éditeur, et #bid., D' Maubau, Delagrave, éditeur.

9, Arch. de médec., 1909.

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