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CHaRRIN. Soc. biol

H. BARBIER

Enfin, dans ces dernières années, on isole et on décrit un diplocoque (Friboulet et Coyon) que d’autres observateurs assimilent au streptocoque intestinal (entérocoque). Ce microbe retrouvé et étudié à Pétranger, un peu partout, fut considéré de différents côtés comme le microbe spécifique du rhumatisme. À l’appui de cetle opinion, on ne peut guère faire état des observations où on l'avait retrouvé uniquement dans le pharynx des rhumatisants (!), mais seulement de celles où les éléments de culture et d’examen avaient été recueillis dans les humeurs ou dans les produits pathologiques internes. On aurait reproduit avec ce microbe des maladies expérimentales analogues au rhumatisme (Wassermann, 1899, Meyer, 1901, Pr. Payntown, Paine, 1900, etc.) avec arthrites, endocardite, chorée même. En somme, l'opinion générale à ce moment, dans les publications comme

dans les congrès, semble être que le diplocoque en question est bien le

microbe spécifique du rhumatisme, el que les autres microbes pyogènes, qui lui sont souvent associés, ne peuvent que dénaturer la maladie et produire des seplicémies ou des formes malignes. Cependant tous les observateurs n’acceptent pas cette manière de voir. Au début Triboulet estime que l’entérococcie n’est qu'une associalion microbienne avéc le microbe X du rhumatisme; et d’autres médecins continuent à penser que le rhumatisme n'est pas autre chose qu'une pyohémie atténuée, due à l’entérocoque, au streptocoque (?) ou au staphylocoque.

Enfin, en 1891, Achalme décrivait un bacille qu'il avait réussi à isoler et à cultiver, bacille anaérobie, retrouvé plus tard par Thiroloix, Papillon, Riva, etc.; et considéré par eux comme le microorganisme définitivement classé du rhumatisme. Celte spécificité est fort contestée encore. On commença par assimiler ce bacille à un microorganisme, parasite banal de l'in- Lestin, le bac. perfringens; et Achalme lui-même admit qu'il n’est en effet autre chose qu'un germe banal, #ais adapté à la vie pathogène, appartenant à la classe des anaérobies tryptobulyriques.

Cependant G. Rosenthal prétendit le retrouver dans Lous les cas de rhu malisme simples ou compliqués, et le présenta, avec Thiroloix, comme le microbe spécifique du rhumatisme, en acceptant d’ailleurs, qu'il ne représente qu'une variété anaérobie du bacillus perfringens. Enfin, en soumettant les’ cultures à une aérobisation progressive, et c'est là que serait l'intérêt de la question, Thiroloix et Rosenthal auraient vu la trans-, formation du bacille d’Achalme en formes diplostreptococciques, de telle façon que ces auteurs considèrent le rhumatisme comme une maladie due au bacille d’'Achalme, variété rhumatismale (anhémobacille) du b. perfringens,

avec infections secondaires fréquentes, dues à l’entérocoque, lequel serait:

dû au transformisme secondaire du bacille (?).

Le bacille a été retrouvé pendant la vie et après la mort même dans les cas limités aux arthropathies, bien qu’au niveau des articulations les recherches positives soient rares. Mais c'est surtout dans les formes viscé-

1. ALLARIA. Riv. di cl. med., 191. \ 2. BEATTIE (Brit. M. J., 1907) isole par la raclure des articulations un streptocoque

qui provoque des arthrites non suppurées. D’après lui, il n° y a aucun microbe dans le sang et dans les sérosités.

nee Ed ts ES D Co)

EVOLUTION GÉNÉRALE DU RHUMATISME., Fasc. II. — 739

rales qu on l’a mis en évidence : dans les endopéricardites où Achalme l'a observé, dans le myocarde, dans la valvule mitrale, dans le péricarde; dans la congestion pulmonaire, dans la pleurésie, dans le sang, dans le liquide céphalo-rachidien en cas de rhumatisme cérébral; dans les tissus périarticulaires. R

Il est prématuré aujourd'hui de porter un jugement définitif sur la bactériologie du rhumatisme, et encore davantage sur l’action du sérum ou du Wright-vaccin qui auraient pu être préparés avec le bacille que nous venons de mentionner. Ce sérum (‘) aurait une action élective sur les viscéropathies (endocardite, péricardite, albuminurie, 1ritis, chorée) et amènerait la régression des arthropathies.

La notion d'infection, appliquée à l’étiologie du rhumatisme, a fait naître l’idée d’épidémie et celle de contagion. Les médecins qui ont observé des faits de ce genre ont été évidemment frappés par des coïncidences de cas de rhumatismes, plus ou moins nombreux, dans le temps et dans le lieu.

C’est ainsi qu'Edlefsen, à Kiel, a cru remarquer que le rhumatisme, comme la tuberculose, affectionnait certaines maisons; de même Fiessinger à Oyonnax. D’autres auraient observé de véritables cas de contagion, soil en ville, soit à l'hôpital (Thoresen, Friedlander, etc.) ou de véritables éclosions épidémiques (?).

Le rhumatisme dans l'enfance. — Je pense qu'il est utile de donner quelques indications sur le rhumatisme chez les enfants. Il revêt, en effet, - assez souvent chez eux des formes anormales; 1l est souvent méconnu, et il provoque même dans les formes articulaires les plus légères en apparence, des complications cardiaques redoutables. On à dit que le rhumatisme était une affection bénigne chez les enfants. Rien n’est plus inexact, Il faut voir une fois de plus dans cette erreur, la confusion si longtemps faite entre la maladie dite « rnumatisme » et les arthropathies. Sans doute, on voit rarement chez les enfants des rhumatismes généralisés polyarticulaires: et à cet égard, on peut dire avec plus de raison que le rhumatisme est bénin, fugace sur les jointures, mais c'est tout. J'ajoute qu'il est souvent anormal dans son siège, eten particulier qu'il se localise souvent sur les articulations des vertèbres cervicales. Combien de cas de ce genre ont été éliquetés torticolis pur et simple, torticolis qui s’accompagnent d’endopéricardites, et dont on aurait pu dépister la nature par la simple pression sur les articulations cervicales.

Je renvoie d’ailleurs le lecteur au « Traité des maladies de l'enfance » où j'ai longuement étudié cette question, avec plus de détails qu'ici.

Le rhumatisme abarticulaire parait plus fréquent chez les enfants que chez l'adulte; en particulier, sous l'aspect d'œdèmes rhumatismaux, œdèmes rouges, souvent très douloureux, siégeant soit au niveau des membres, des parois thoraciques, soil au niveau des pieds et des mains. Dans ce dernier cas, ces tuméfactions douloureuses se développent sur la face dorsale des extrémités des membres; la peau y est tendue, luisante, rouge vif. Les

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