‹ Nouveau traité de médicine (volume 5)Chapitre 218 sur 224 · U REA A · texte numérisé non relu

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H. pe Brun.

Tracé IV. — Femme de 28 ans. (Épidémie de 1913.)

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Enfant de 15 ans (Épidémie de 1904.)

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Enfant de 45 ans (Épidémie de 1904.)

Enfant de 11 ans.

(Épidémie de 1904.)

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et, chez les femmes, des crises hystériformes peuvent constituer le premier symptôme de l’affection. On a signalé, au cours de certaines épidémies, des paralysies partielles. J'ai eu, en 1914, dans mon service un malade âgé de 20 ans qui, à la suite d’une dengue éruptive très nette, fut pris d’une impo- : tence fonctionnelle des membres supérieurs et inférieurs avec atrophie considérable, caractéristiques d’une polynévrite pour laquelle je l'ai soigné pendant 5 mois. L'amélioration commençait à se produire et le malade pouvait déjà se tenir debout quand il à quitté l'hôpital. En regard de ces faits, il est intéressant d'indiquer que dans certains cas la dengue semble améliorer les névralgies rebelles. Plusieurs personnes m'ont affirmé avoir été œuéries de leur sciatique par l’abou-rekabe et J'ai observé une malade de 48 ans, souffrant depuis quatre ans d’une névralgie faciale atrocement douloureuse rebelle à tout traitement, chez laquelle les douleurs disparurent comme par enchantement dès le début de la maladie. Malheureusement, l'amélioration ne fut que de courte durée et la névralgie se reproduisit insensiblement peu après la convalescence de la dengue. |

On a signalé des orchites, des engorgements des ganglions lymphatiques surtout dans la région cervicale, des conjonctivites, des Kkératites, des iridochoroïdiles, des amauroses, complications que je n'ai jamais observées.

Formes cliniques. — La dengue est une maladie protéiforme qui varie d'une épidémie à l’autre. Tous les malades sont donc loin de réaliser dans son ensemble la description précédente. Chez les uns l’éruption fait défaut : chez les autres les douleurs n'existent pas ou sont extrêmement atténuées et c'est l’éruplion ou le prurit qui passe au premier plan; quelques-uns, sidérés dès le début, sont obligés de s’aliter pendant toute la durée de l'affection ; d’autres, au tontraire, ne gardent pas la chambre et peuvent se livrer à leurs occupations malgré une abondante éruption généralisée. L’inconstance et la variabilité des symptômes permettent de décrire les formes suivantes :

La forme complète où tous les symptômes sont largement représentés.

La forme gastrique dans laquelle domine létal saburral s’accompagnant souvent de vertiges; la fièvre est moyenne; l’éruption n'existe pas ou passe au second plan. |

La forme rhumatismale caractérisée par la violence des douleurs.

La forme céphalalgique dont le mal de tête: peut faire craindre par sa violence une méningite. |

La forme éruptive qui peut être fébrile où apyrétique. J'ai observé des cas dans lesquels l’éruption, se produisant chez des sujets en parfaite santé apparente, a constitué le seul symptôme de la maladie.

La forme hémorragique (très rare). |

Marche, durée, terminaison. — Évolulion rapide, variable du reste selon les épidémies, de 3 jours (épidémie de Beyrouth en 1904) à 15 Jours (épidémie de 1902); moyenne de 5 à 8 jours. La maladie présente fréquemment, surtout dans les zones tropicales, une poussée fébrile initiale courte, une fièvre secondaire plus courte encore, et, entre les deux, une remittence très nette pendant laquelle la température s'abaisse généralement jusqu’à la normale. En Syrie et dans les zones tempérées, cette rémittence s’observe assez rarement. La maladie se termine par la guérison.

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Convalescence. — Elle est remarquable par sa longueur en quelque sorte indéfinie et par l’état de faiblesse dans lequel restent les sujets pendant très longtemps. Il n’est pas exceptionnel de voir des dengues légères ayant évolué en quatre à cinq jours laisser après elles pendant deux à trois semaines une faiblesse musculaire, un anéantissement des forces, un abattement moral, une incapacité de travail tels que vraiment je ne sais pas s'il. existe une seule affection qui puisse, après une durée aussi courte, s'accompagner d'une pareille débilité. Le dégoût des aliments peut PROS longtemps après que les autres symptômes ont disparu.

C'est pendant la convalescence que la desquamation s ae Furfuracée dans les formes légères, elle peut se faire, bien que rarement, en écailles comme dans la scarlatine. Durant en moyenne de une à deux semaines, elle peut laisser, très exceptionnellement, des traces visibles pendant deux mois après que l’éruption a disparu (Lafond). Elle s'accompagne de violentes démangeaisons qui ne durent, en général, que 48 heures, mais qui, dans certains cas, se prolongent davantage et peuvent provoquer des insomnies pendant plusieurs nuits.

La convalescence peut présenter quelques complications (furoncles, abcès, paralysie le plus souvent passagère, persistance des douleurs pendant un temps plus ou moins long, congestion du foie avec ictère, rappel d’impaludisme).

Les rechutes ne sont pas rares; elles ont, en général, moins d'intensité que la première manifestation et se produisent le plus souvent au milieu de la convalescence.

Les récidives sont fréquentes. Certains malades offrent à ce sujet une prédisposition toute spéciale et sont pris une ou deux fois à ‘chaque épidémie.

Pronostic. — Il est extrémement bénin. J'a1 pu assister à de nombreuses épidémies dans lesquelles les deux tiers de la population d’une ville de 150 000 habitants, comme, Beyrouth, onttété atteints sans qu'un seul cas de mort soit parvenu à ma connaissance. Ce sont surtout les enfants au moment de la dentition, les vieillards affaiblis, les gens atteints antérieurement d’affections gastriques, hépatiques, d’impaludisme qui sont exposés aux complications rarement sérieuses de la maladie. Ce n’est que dans des cas exceptionnels que les complications peuvent provoquer la mort.

Diagnostic. — La brusquerie de l’invasion, l’ensemble des phénomènes généraux, l’anorexie absolue, l’éruption distinguent la maladie du rhuwumahisme articulaire aigu, du rhumalisme musculaire et de la goutte avec lesquels les douleurs pourraient la faire confondre. La prédominance des douleurs lombaires pourrait faire croire à un l{ombago si la fièvre, Pétat gastrique et l’affaissement général n’en faisaient bientôt écarter l’idée.

La violence de la céphalalgie coïncidant parfois avec de la constipation et des vomissements, la haute élévation thermique, et parfois les convulsions au début, chez les enfants, pourraient faire craindre une méningite aiguë, mais l’amélioration rapide de l’état spasmodique, la sédation spontanée de la céphalalgie, la justification des vomissements et de la constipation par :

l’état gastrique, la notion d’épidémicité ne tarderont pas à rassurer le

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médecin. La ponction lombaire et l'examen du liquide céphalo-rachidien lèveraient les derniers doutes en cas de besoin.

La dengue qui peut emprunter au coup de chaleur la gravité apparente de son état, sa céphalalgie, son affaiblissement, son délire, sa brusque éléva-

Lion thermique, s’en distingue par l'absence de pâleur du visage, de dyspnée,

de sécheresse de la peau, de besoin incessant d’uriner. Les commémoratifs viendront, de plus, en aide au diagnostic. Il en sera de même pour l’érythème solaire qui, du reste, ne s'accompagne pas de la courbature et des phénomènes douloureux de la dengue. |

Celle-ci se distingue de lérysipèle de la face par l’absence de douleur vraie au niveau de l’éruption, ses symptômes généraux et sa marche.

L'éruption de la dengue peut simuler celle de la rougeole, mais ce qui différencie très nettement la première affection de la seconde, c’est la brusquerie de son invasion et la rapidité de son ascension thermique, c’est ce fait que l'éruption ne survient à aucune époque fixe, c’est surtout l'absence de toute manifestation de l'appareil respiratoire.

La dengue, dont l’éruption ressemble souvent singulièrement à celle de la subéole, se distingue de celte dernière par la violence de sa fièvre et de sa courbature et par l’absence de conjonctivite, de coryza, de laryngite et de tuméfaction ganglionnaire.

La violence de l'attaque et l'ascension brusque et considérable de la température appartiennent à la scarlatine et à la dengue, laquelle peut encore présenter une éruplion scarlatiniforme et très exceptionnellement de l’angine. Mais l’angine de la dengue est légère et reste toujours à l’état d'angine rouge, l’éruption se fait ou plus tôt (rash prémonitoire) ou plus lard (rash secondaire) que dans la scarlatine et se montre parfois quand les symptômes fébriles ou douloureux ont disparu. Ces symptômes douloureux eux-mêmes se distinguent le plus souvent très nettement du rhumatisme scarlatin qui est toujours une manifestation nettement articulaire ; enfin la convalescence n'est jamais assombrie par les complications rénales propres à la scarlatine.

Chez quelques malades l'agitation, la fièvre, la céphalalgie, les douleurs dorsales et épigastriques, les vomissements, l’injection des conjonctives, la congeslion du visage pourraient faire penser à la variole. Mais l'absence de vésicules sur le voile du palais, l’aspect de l’éruption, la marche de la température et la diminution rapide des symptômes généraux permettront d'affirmer l'existence de la dengue.

La grantle épidémicité de l'affection, l’anéantissement précoce du malade, léruption distingueront la dengue de l'embarras gastrique ainsi que de la fièvre typhoïde qui présente en plus une courbe spéciale, du météorisme, et dont l’éruption, relativement tardive, est très différente de celle de la dengue.

La fréquence de l’éruption, la desquamation et les démangeaisons qui l’accompagnent, l'absence de toute manifestation du côté de l'appareil respiratoire, la bénignité de la maladie distingueront la dengue de la grippe.

Les douleurs dorsales et épigastriques, la brusquerie d’invasion, la

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cénrlainie frontale, fes ous des globes oculaires et parfois les. vomisse- ; ments ont pu faire confondre la dengue avec certaines formes atténuées de fièvre jaune et avec la rémittente bilieuse des Antilles (qui m'est probable-.

ment qu’une variété de cette dernière); la confusion a été facilitée encore par la coexistence assez fréquente des deux épidémies. Mais la dengue n'a

ni le vomito negro ni l’hémaphéisme de la fièvre jaune et elle provoque une

prostration nes que l’on n’observe en général au même degré ni dans le typhus amaril ni dans la rémittente bikes

La gravité apparente de la dengue, son début brusque pourraient faire penser à un accès pernicieux ou lout au moins à une des formes graves de l'impaludisme, si l'épidémicité de l'affection et l'absence d eo

dans le sang ne rectifiaient le diagnostic.

La fréquence des bubons dans certaines épidémies de dengue pourrait

éveiller de légitimes craintes surtout dans les pays visités par la peste dont

les formes bénignes offrent plus d’un trait de ressemblance avec elle.

Grall a décrit une fièvre climatique, sorte de fausse dengue durant environ.

une semaine, pouvant présenter un rash initial inconstant et-très fugace, et jamais de rash secondaire, des douleurs musculaires sourdes réveillées surtout par les mouvements. Les symptômes ont une telle analogie avec ceux de la dengue qu'il paraît difficile de résoudre la question du diagnostic tant que la bac tériologie ne nous en aura pas donné le moyen.

La dengue se distingue de la fièvre de pappataci par sa durée plus longue, la fréquence de son éruption et souvent aussi par l’absence de plébotomes dans la région.

Traitement. — Dans les cas bénins, il suffit de conseiller un repos de deux ou trois jours, un purgalif doux et un régime alimentaire léger.

Dans les cas plus sérieux, on se trouve bien, quand létat gastrique est

très accusé, d’administrer un vomitif dès le début. Souvent, de ce fait, la céphalalgie, les vertiges, l'inappétence diminuent notablement. La courbature, les douleurs diverses, la céphalalgie sont très efficacement combattues par l’antipyrine et par l’aspirine. Je me trouve très bien d’une potion contenant 9 à 5 gr. d'antipyrine et 1 gr. de pyramidon que le malade prend par

cuillerées dans les 24 heures. Le plus souvent, tous les malaises dont ik se plaignait disparaissent rapidement, pendant que la température s’abaisse

brusquement aux environs de la normale et qu'une abondante de remplace la sécheresse désagréable de la peau. |

L'adrénaline a donné de bons résultats à Alfred Khoury dans les formes sévères, principalement quand l’asthénie très prononcée s'accompagne des

autres symptômes de l'insuffisance surrénale, vomissements, douleurs épi

Se

tage d'abréger la convalescence et de la rendre moims pénible (!).

La quinine ne m'a jamais donné de bons résultats: elle augmente en outre les bourdonnements d'oreille et les fatigues de l'estomac.

Le chloral, le sulfonal, le trional combattent efficacement linsomnie.

Pendant toute la durée de laffection, le malade doit boire des bouillons chauds ou froids, des grogs et des limonades gazeuses acidulées, de préfé-

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