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QUATRIÈME MALADIE

ne protège pas contre la Scarlatine qui ne protège pas contre elle. Enfin, au cours d’une troisième épidémie, constatant que la Rougeole figure dans les antécédents de 42 pour 0/0 des enfants qu’il soigne, il affirme lexistence de cette nouvelle entité. |

DESCRIPTION CLINIQUE

De ces études successives, Dukes dégage l’ensemble clinique suivant.

Après une période d'incubation dont les varialions extrêmes vont de 9 à 21 jours, l’exanthème apparaît comme première manifestation et se généralise en quelques heures. Les prodromes font habituellement défaut : ils n'apparaissent que dans les formes d’une certaine intensité et sous l'aspect d’un syndrome général de caractère infectieux : frisson initial, céphalée, courbature douloureuse, anorexie.

L’exanthème débute à la face, respectant le nez et le pourtour des lèvres, par l’éclosion de petites taches puncliformes, confluentes, d’un rose pâle, peu saillantes et de type nettement scarlatiniforme.

Simultanément se produit l’énanthème caractérisé plus particulièrement, par la rougeur des conjonctives, la tuméfaction et la rougeur des amygdales, et sans que la langue soit de couleur framboisée.

La fièvre est modérée, 58-39, exceptionnellement 40°, le pouls variant en proportion de la température ; les ganglions augmentent de facon modérée, mais plus que dans la Rougeole; l’albuminurie est légère.

Dukes. note n'avoir relevé aucune complication et notamment aucun: signe de néphrite. |

Contrairement à ce que l’on observe pour la Rubéole, la desquamation est nette, abondante, succède immédiatement à l’exanthème en voie de disparition et se termine en 15 jours. :

Dès le 6° jour, les malades peuvent quitter le lit, bien que Dukes pense que le caractère contagieux de la quatrième maladie, qui atteint son maximum à la période d’éruption, puisse persister 2 à 3 semaines après la disparition de l’exanthème et considère qu'un isolement de 15 jours suffit.

Tel est le schéma clinique du type dont Dukes propose l'autonomie.

Au cours des premiers mois qui suivent la publication de Dukes, de nombreuses discussions se firent Jour en Angleterre, les uns acceptant comme Broadbent, Kidd, Rômer, Weaver surtout, les idées de Dukes, d’autres, s'inscrivant en faux contre elles, comme Kiüllick Millard pour qui la quatrième maladie est une Scarlatine fruste; comme Carger, pour qui elle n'est qu'une rechute de Scarlatine; comme Ruther qui la considère comme l’érythème scarlatiniforme dau de Brocq.

La polémique, à l'étranger, ne commence que plus tard. C’est d id Trammer qui, en 1901, publie lx relation d’une épidémie de fièvre exanthématique qu'il.considère comme répondant au type de Filatow-Dukes, quoique avec quelques particularités; elle sera ultérieurement invoquée comme appartenant à la cinquième maladie; puis c’est Bokai en 1904, Ruhemann en 1905, dont les observations sont loin d’étre: suffisantes, ou

DESCRIPTION CLINIQUE. Fasc. II. — 105

démonstratives. Seule la description d'Unruh, en 1909, paraît répondre à celle de Dukes. |

En France, jusqu'à l’article de Cheinisse (‘), on ne se préoccupe guère de la quatrième maladie; les traités classiques n’en font qu’une brève mention, où apparaissent déjà des divergences qui se limitent d’ailleurs au problème de nosographie. Ù

Les uns avec Cheinisse rattachent la Rubéole scarlatineuse à la 4 maladie, et la différencient de la Rubéole morbilleuse, les autres comme Comby, Durau (?), Defong (*) concluent que la 4 maladie n’est que la variété scarlatiniforme de la Rubéole.

Seul Ardin-Delteil (1907), qui fut à même d'étudier, dans le service du Pr Carrieu de Montpellier, plusieurs épidémies de Rubéole de 1901 à 1904, incline à séparer la 4 maladie de la Rubéole et de la Scarlatine et à la considérer comme un érythème scarlatiniforme infectieux primitif. |

La descriplion qu'il en donne, est à vrai dire la plus conforme à celle de Dukes : elle accorde toutefois une plus grande importance aux adénopathies. On y trouve aussi une étude de la formule leucocytaire qui, dans la phase active se traduirait par une mononucléose avec leucopénie. Cette formule diffère de celle de la Scarlatine, mais Lend à rejeter la 4 maladie dans Île même groupe hématologique que la Rubéole et la Rougeole, plus près de celle-c1 que de celle-là; elle s’en différencierait il est vrai, par l'existence d’une éosinophilie très accentuée, comme il peut s’en trouver dans certains érythèmes scarlaliniformes, éosinophilie qui apparaît soit en pleine période active, soit lors de la convalescence.

Tel est le bilan de nos connaissances sur la quatrième maladie, el des discussions auxquelles elle a donné lieu. Que conclure, sinon que ces connaissances sont encore rudimentaires et que tout débat ne peut que rester stérile tant que l'agent de la Rougeole, de la Rubéole comme de la Scarlatine restera inconnu. Une telle conclusion s'impose, à se rendre compte combien sont légitimes les hésitations du praticien et du dermatologiste, en présence d’une réaction cutanée ayant les allures d’une dermatose aiguë, fébrile, lorsqu'il s’agit de la définir cliniquement au milieu de la multiplicité et du polymorphisme des érythèmes infeclieux, ou de déceler, parmi les conditions complexes, celle qui aura pu avoir une action délerminante.

L'analyse des observations recueillies de divers côtés et où se trouvent tant de divergences quand il ne s’agit pas de contradictions, ne donne pas l'impression d’un ensemble homogène. El même à ne vouloir retenir que la description de Filatow-Dukes, il reste difficile d’écarter loujours lhypothèse d’une forme fruste ou anormale de Scarlaline ou d’une forme insolite de Rubéole. Les récidives possibles de Scarlatine ou de Rubéole ne permettent pas à mon avis d'accepter avee Filatow et Dukes que l’apparilion de la 4 maladie chez des Rubéoleux ou des Scarlalineux ou l'apparition mverse soient un élément suffisant de diagnostic différentiel. La question doit donc rester encore en suspens.

CHEINISSE. Semaine Médicale, 1905.

. Durau. Thèse de Paris, 1905-1906.

. DEFONG. Archives de médecine et de pharmacie militaires, 1907.

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