‹ Nouveau traité de médicine (volume 5)Chapitre 37 sur 224 · P:-J: TEISSIER · texte numérisé non relu

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112 ROUGEULE.

la réunion de toute une série de pénicillations vasculaires; elle pourra s’allonger plus tard et se confondre avec les taches voisines.

La papule qui est la partie la plus caractéristique, est constiluée par un petit point blanc bleuâtre qui n'existe pas tout à fait au début, son aspect étant alors opalin est presque toujours transparent. Cette papule (et cela est avec la teinte spéciale son second caractère), est d’une petilesse extrême, de ? à 6 dixièmes de millimètre de diamètre en moyenne et non comme on l'a imprimé par erreur de 2 à 6 millimètres. On ne saurait mieux la comparer (Péhu, Rey) qu'au trou minuscule fait dans une étoffe par la pointe d'une épingle. Suivant l'expression même de Koplik la papule est juste assez grande pour être visible. Elle fait d’ailleurs sur la muqueuse une saillie appréciable à l'œil et au doigt et son adhérence est telle que seul un frottement assez vigoureux où un lavage énergique de la bouché parviennent à la détacher. C'est là un troisième caractère de grande importance. En dehors de la comparaison déjà donnée, on a dit que celle-ci pouvait ressembler à un grain de semoule, à une poussière de farine, de poudre de talc, à une éclaboussure de chaux.

Tels sont les principales caractéristiques du signe de Koplik. Le nombre de ces éléments peut varier de l'unité à un chiffre considérable, de telle sorte que toute la muqueuse jugo-labiale paraît comme saupoudrée d'une poussière blanchâtre. Un seul élément, pour Koplik, suffit à affirmer le diagnostic.

En pratique, c’est-à-dire dans la majorité des cas une 1/2 douzaine à 2 ou 3 douzaines de taches se peuvent rencontrer, auquel cas

Fig, 1. elles se rejoignent sans que jamais 11 y ait Rougeole. — Signe de Koplik. coalescence des points blancs bleuâtres qui. conservent toujours el rigoureusement leur

individualité, du commencement à la fin de leur existence.

Leur localisation a également une grande importance. Elles s’observent sur la muqueuse qui recouvre la face interne des joues et des lèvres. En sont toujours exemples, et cela est d’un intérêt primordial que Péhu et Rey ont confirmé, toutes les autres portions de la muqueuse buccale, de même que la muqueuse pituitaire et conjonctivale ('). Bing (?) affirme que les éléments qui ont été décrits comme « signe de Koplik » sur le voile du palais et principalement la langue ou les gencives, ne méritent aucunement ce nom.

Pour les régions muqueuses qui sont le siège habituel du signe de Kophik, il est des zones de prédilection : le voisinage du canal de Sténon qui se trouve plus ou moins entouré, la portion de la muqueuse placée en regard des dernières prémolaires ou molaires inférieures ou supérieures,

1. I y a lieu de noter cependant que Schick, à la Société de Pédiatrie de Vienne, a signalé avoir trouvé le signe de Koplik, 4 fois sur la muqueuse oculaire (conjonctive, caroncule lacrymale, pli semi-lunaire) au 4 jour de la période prodromique et durant 24 heures; qu'Escherich l'aurait également retrouvée sur la caroncule lacrymale.

2. BiNG. Thèse de Paris, 1905. Travail représentant un ensemble de recherches intéressantes et une mise au point très documentée.

DESCRIPTION CLINIQUE. Fasc. IT. — 115

parfois le fond du sillon vestibulaire, jugo-maxillaire où il faut une inspection soigneuse pour les découvrir, le quadrilatère de la muqueuse jugale qui, la bouche étant ouverte, comble l'intervalle des deux arcades dentaires, moins fréquemment la face interne de la muqueuse des lèvres, surtout de la lèvre inférieure. Leur disposition symétrique est en général remarquable, mais l’unilatéralité est possible sans qu’on puisse en donner la raison.

Le signe de Koplik présente, comme l'élément éruptif, une évolution cyclique. Au début et pendant une phase assez courte existe seulement un aspect dépoli spécial de la muqueuse, puis se montrent l’aréole rouge et la tache blanchâtre; à la période d'état, c'est sur un fonds uniformément rouge la dissémination des papules blanc bleuâtres; enfin, la teinte rouge s’alténuant puis disparaissant, les points blancs s’effacent et la muqueuse reprend son aspect dépoli. La durée de cette évolution est variable; très éphémère pour certains éléments, elle peut atteindre pour d’autres, plusieurs jours (5 à 6 jours). Le signe de Koplik disparaît alors, détergé par les sécrétions buccales, ne laissant tout au plus derrière lui, dans quelques cas, qu'une minuscule suffusion sanguine : à aucun moment el c’est là un caractère important, il ne s’ulcère. Le signe de Koplik apparaît 1, 2, 5 el même » jours avant l’exanthème, atteignant son maximum le jour où de petites macules cutanées se montrent autour du nez ou de la bouche. Il s’efface quand l’éruption morbilleuse se dévéloppe; il se rencontre plus habituellement l’avant-veille de l’éruption.

A condition d’être bien fixé sur la morphologie de ces éléments, sur leur topographie (et j'ai tenu à insister sur cette description, car l’on verra que la confusion est possible avec des éléments d'apparence similaire), on les trouve aisément, mais il faut les rechercher avec minutie ‘et avec persévérance, être aidé par un bon éclairage, obtenir que l'enfant ait la bouche grande ouverte (un ouvre-bouche est souvent nécessaire) et procéder avec l’aide de labaisse-langue à l'examen méthodique de toute la muqueuse Jjugo-labiale.

Période d'invasion. — Elle s'étend du début de la fièvre et de l’apparition des premiers signes généraux à l’exanthème. Sa durée moyenne est de quatre jours durant lesquels la maladie semble s'établir par poussées successives. Cette durée peut atteindre sept et-huit jours; elle peut être moindre de quatre jours chez l'enfant. Dans les cas bénins, elle peut être nulle ou passer inaperçue au point que l’énanthème, réserve faite du signe de Koplik, en sera la première manifestation apparente.

Deux ordres de phénomènes qui surviennent à peu près simultanément caractérisent cette période : la fièvre, le catarrhe des muqueuses où énanihème. |

Le début de la fièvre est moins brutal, moins brusque, moins soudain que dans la Scarlatine.

Cette fièvre qui s'inscrit en moyenne entre 38° et 389,5 se manifeste par de petits frissons qui peuvent se répéter plusieurs fois dans les vingtquatre heures.

La peau est sèche, mais non de cette chaleur mordicante de la Scarlatine ;

P'=ETrIsSiEn.

en même temps le catarrhe s’installe et, progressant dèsle % jour, la fièvre : s'accentue, s'accompagne d’un grand malaise, d’une soif intense, de perte d'appétit, d’une toux sèche, de pesanteur de la tête, des yeux, de propension au sommeil. L'enfant est maussade ou grognon. Ces signes ne témoignent pas habituellement d’une atteinte générale marquée de l’organisme, el la fièvre exceptée, s’effacent devant l'intensité des phénomènes de catarrhe. |

L’énanthème est à son complet au % jour de la période d’invasion. Il donne à la face un aspect particulier, 1l ajoute aux signes généraux tout un ensemble de troubles fonctionnels qui rentrent dans la symptomatologie de celte période.

Le faciès, en dehors de lirritation cutanée que peut provoquer l écoulement de sécrétions oculaires ou nasales, est caractérisé par!

Fevrier à Mars

poaPreee ERA EMENERQRE JS S ve ess AE RE PE la rougeur des yeux et par le

larmoiement, par la rougeur du nez d’où s'écoule incessamment un liquide muco-purulent(). Les yeux sont en effet fortement injectés, brillants, humides, les paupières gonflées; les larmes coulent continuellement, mêlées parfois à des sécrélions muqueuses ou muco-purulentes. La

Hronchite gene

Fig, 9. conjonclive oculaire est sil- Courbe thermique d’une Rougeole normale: lonnée par des capillaires dis-

{ tendus alors que la rougeur

se diffuse à toute la conjonctive palpébrale (J. Simon). Si la conjonctivite atteint un certain degré, la photoplhobie apparaît et l'enfant résiste pour ouvrir les paupières. Le catarrhe de la pituitaire se traduit par une sécrélion abondante de mucus ou de muco-pus, d’où la rougeur et l'irritation des narines et des lèvres supérieures, d’où aussi les éternuements incessants qui peuvent provoquer:de petites hémorragies nasales.

Mais en dehors des signes objectifs qui au niveau de la muqueuse oculaire et pituitaire contribuent à donner au rougeoleux une physionomie particulière, s'ajoutent les signes physiques et fonctionnels témoignant de la participation des autres muqueuses : muqueuse du larynx, dont l’inflammalion se traduira à l'examen laryngoscopique par la rougeur et le gonflement de l’épiglotte et des cordes vocales, et fonctionnellement par la raucité dela voix, une toux sèche, opiniâtre, une légère angoisse respiratoire et parfois même par le spasme de la laryngite striduleuse. La participation de la muqueuse trachéo-bronchique se révèle par une rudesse D et la dissémination de quelques râles secs.

I y a donc avant tout (réserve faite de la muqueuse oculaire), une inflammation catarrhale des muqueuses respiratoires, et cette localisation a sa

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