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C.COMSTANTIN.É

Fig. 6. — Lésions histologiques de broncho-pneumonie au cours de la Rougeole. — Au pourtour de la bronche dont l’épithélium est en voie de desquamation existe une infiltration abondante de cellules embryonnaires. Les parois des capillaires alvéolaires sont très distendues et la lumière des alvéoles est remplie de leucocytes diapédisées et de cellules desquamées.

(nodule péribronchique de Charcot et Balzer), autour duquel, existent plus ou moins marquées, de la splénisation, de l'infiltration ou de l'atélectasie. Ce sont les mêmes lésions histologiques qui se retrouvent dans la forme pseudo lobulaire à foyer unique ou à foyers multiples uni ou bilatéraux, telles que les ont décrits Cornil et Babès, Grancher, Mosny. Leur seul caractère histologique différentiel est de ne pas comporter de topographie péribronchique. “ | Dans l’une ou dans l’autre forme peuvent se retrouver notamment de véri- Lables abcès, des lésions de gangrène qui auront provoqué de la pleurésie purulente ou gangréneuse. Dans tous les cas, les ganglions trachéo-bron-

chiques sont le siège d’une inflammation plus ou moins intense.

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ÉTIOLOGIE

De la Rougeole, maladie spécifique et contagieuse, nous ignorons le facteur déterminant de l'infection et de la contagion. Les recherches bactériologiques persévérantes n'ont pas, dans les divers pays où elles ont été tentées et poursuivies, provoqué la découverte capitale du germe de la Rougeole, bien que de nombreux chercheurs aient cru tour à tour le déceler. Mais si, sur ce terrain, la confusion est moindre que pour la Scarlatine, c'est que le streptocoque n'a jamais été considéré comme jouant dans la Rougeole le rôle spécifique qu’on lui attribue dans la Scarlatine. EL cependant Lorey qui en 1909, a fait des études bactériologiques méthodiques et précises de la gorge, du sang, des complications suppurées de la Rougeole et y a trouvé le streptocoque pur ou associé au pneumocoque ou au bacille de Lôüffler, reconnaît que le streptocoque de l’érysipèle est l'agent le plus fréquent des complications qui surviennent dans la Rougeole; que la gravité d’une épidémie de Rougeole est en rapport avec la fréquence des infections secondaires par le streptocoque.

Dès 1905, Garré, Picchi ont signalé la présence d’un b. hémophile. Armand-Delille a trouvé fréquemment (42 0/0 des cas) le b. pseudo-diphtérique ou diphtérique. Mais il s’agit là encore d'éléments d'infection secondaire et non d'agents spécifiques de la Rougeole.

Concernant l’agent spécifique de cette maladie, età se limiter aux recherches de ces quinze dernières années, il convient de mentionner deux ordres de recherches : celles qui ont abouti à la constatation d’un agent microbien (bacille ou microcoque), et celles qui ont trait à un parasite plus élevé et spécial.

Dans le premier ordre de recherches se rangent : celles de Zlatogorow (1904), qui dans l'examen de quarante cas de Rougeole, à l’époque de l’acmé de l’éruption, obtient un petit bacille de 4 à 7 u de longueur, de 2 à 3 y de largeur prenant quelquefois la forme sphéroïde, qui n’existerait, dit-il, ni dans la Scarlatine ni dans la Varicelle; celles de Bonne (1905), qui par culture et non par examen microscopique trouva dans les exsudats conjoncvaux, bronchiques et dans le sang un petit bacille qu'il cultiva en série et dont l’inoculation aux animaux détermina des troubles graves et mortels, ne ressemblant aucunement à la Rougeole. Il n'osa le considérer d’ailleurs comme le germe de la Rougeole, Du même ordre sont les conslatations de v.K. Menchikow qui, en 1904, examinant et cultivant sur milieux déterminés les sécrétions et le sang de rougeoleux trouva dans le sang 9 fois sur 61 cas un diplo-streptocoque court et un streptocoque plus long.

Toutes ces recherches n’ont abouti en définitive à rien de précis.

IL en est de même des recherches qui concernent la découverte de parasites spéciaux. Field retrouve dans la Rougeole et d’ailleurs dans d’autres maladies, les protozoaires désignés pour la Scarlatine sous le nom de corps de Mallory, de Dohle, de Pfeiffer, protozoaires qui ne seraient, de l'avis de Field Jui-même, que des débris cellulaires ou nucléaires.

P.-J. Tessier.

Rosenberger, en 1906, dil avoir décelé 39 fois sur #1 cas dans la sérosité recueillie chez des Rougeoleux par des vésications à l’ammoniaque, des corps hyalins sphériques du volume d’un globule rouge renfermant une granulation brune à la périphérie, mobiles, munis d’un cil ou deux, qui seraient voisins du cytorictes, mais il se garde de leur assigner un. rôle dans la Rougeole.

On a cherché enfin des arguments en pathologie comparée pour considérer que le virus rubéolique doit être rangé dans les virus filtrants ou invisibles. On a dit notamment que la « maladie des jeunes chiens »offrait de grands rapports avec la Rougeole; et Carré en 1906, a montré que le liquide pneumonique d’un chien mort de cette maladie, ne contenant aucun germe visible ou cultivable, est cependant infectant, de même le jetage, qui existe dans cette maladie comme dans la Rougeole. Et il est vrai qu’Anderson et Rothberger par les recherches auxquelles je fais allusion plus loin ont apporté de arguments sérieux à la nature filtrante du virus morbilleux en montrant que le filtrat du sérum garde des propriétés virulentes, et qu'il est tué par la chaleur et la dessiccation.

Mais ces expériences, ainsi que les recherches ultra-microscopiques que comme beaucoup d’autres, j'ai longtemps poursuivies, n’ont rien donné. Seules les tentatives d’inoculation et notamment les tentatives récentes, comme aussi dans une certaine mesure, l'efficacité thérapeutique des injec= tions de sérum tentées avec le sérum de rougeoleux guéris comportent un réel intérêt.

Il y a déjà longtemps (dès l’époque de la variolisation) que les tentatives de rubéolisation préventive ont été faites chez l’homme.

Horne en 1758, Speranga en 1822, Michael de Katona auraient réussi à communiquer la Rougeole à: l’homme par inoculation des larmes, de sérosités, ou du jetage, à la période pré-éruptive, du sang à la période érupüve. I semble qu'ils n'aient obtenu que des Rougeoles sans calarrhe et seulement un exanthème fugace.

En 1905, Haktoon reprenant ces tentatives essaya l'inoculation dote à homme par l'intermédiaire de cultures. Dans le premier de ses essais il recueille chez un enfant atteint de Rougeole discrète et arrivé au 4 jour de la maladie, 4 cc. de sang; il introduit 1 cc., 2 cc. de sang däns deux ballons de bouillon-ascite et inocule un étudiant en médecine avec 2 cc. de la culture du second ballon. Comme l'enfant fournisseur du sang, l’étudiant avait élé atteint récemment de la Scarlatine; le 13° jour une éruption papuleuse généralisée avec fièvre se produisit qui disparut en deux Jours.

Dans un deuxième essai, un homme de 28 ans reçoit sous la peau 5 cc: d'une culture âgée de vingt-quatre heures de sang de rougeoleux dans du bouillon-ascite. Après 11 jours l’hyperthermie apparaît et le 14° jour une éruption du type morbilleux.

Josias, dès 1898, communiqua à l'Académie de médecine les tentatives d'inoculation de Rougeole aux singes, tentatives qu'il réalisa après échec de ses expériences sur le porc. Il rapporta que le badigeonnage des fosses nasales ou du pharynx au moyen du mucus nasal provenant d'enfants atteints d’une Rougeole parvenue au 1 ou 2 jour de l’exanthème, détermina

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chez trois singes sur huit des symptômes généraux et locaux, rappelant la Rougeole.

Si en 1906, Grunbaum échoua sur le chimpanzé, en 1911, deux expérimentateurs américains Goldberger et J. F. Anderson, obtinrent des résultats positifs chez le macacus rhesus et le macacus cynomolqus, résultats que confirmèrent les recherches d’Anderson et de Rothberger: 50 ?/, des singes inoculés avec du sang prélevé, soit immédiatement avant l'apparition de l’exanthème (période d'élection), soit dans les 24 heures qui suivent l’exanthème, présentèrent, après une période d’incubation de 5 jours, de l’hyperthermie avec symptômes de catarrhe, de toux; d’éternuement, avec ou sans exanthème. Les singes ainsi inoculés furent immunisés à l'égard d'une 2e inoculation. Le simple contact, la cohabitation des singes suffit à déterminer-la contagion ().

Ces faits d’Anderson et de Rothberger sont assurément très intéressants. Is furent d’ailleurs confirmés la même année par les nouvelles recherches d'Hektoen et Eggers, par celles de Lucas’et Prizer. Ces auteurs considèrent avoir transmis la Rougeole à des singes (M. rhesus) par inoculation de sang de rougeoleux prélevé six heures avant l’éruption. Ils ont retrouvé sur ces singes la formule leucocytaire de la Rougeole. Lücas et Prizer auraient même constaté la présence du signe de. Koplik. Nicolle et E. Conseil chez le singe (VW. sinicus, bonnet chinois) ont obtenu un résultat positif et confirment que le virus morbilleux existe dans le sang des rougeoleux vingt-quatre heures avant l’éruption.

[1 serait encore prématuré de conclure. La éonstatation du virus pourra seule donner les précisions nécessaires, mais ces données sont intéressantes surtout en ce qu’elles sont la confirmation des faits que les notions d’épidémiologie et de contagiosité de la Rougeole avaient établis.

Contagion. — La Rougeole est la plus contagieuse des maladies éruptives. Le virus de la Rougeole paraît très diffusible et pénétrant, mais il semble, d’après les recherches de Bard, de Sevestre et de Grancher, que sa virulence soit éphémère et ne survive que quelques heures. Dopter a protesté contre cette opinion et considère que la caducité du virus rubéolique n’est pas aussi grande qu'on l’a prétendu.

Le virus (les expériences qui viennent d'être exposées en témoignent), existe dans de nombreuses humeurs de l'organisme, mais plus particulièrement dans les sécrétions catarrhales des muqueuses. Monro, il y a deux siècles, avait prévu cette virulence en inoculant les larmes et le mucus nasal. [Il semble, au contraire, que les squames furfuracées de la Rougeole soient avirulentes.

La source du contage se trouve donc plus particulièrement dans les sécrélions du malade; aussi doit-on considérer que la Rougeole, non contagieuse à la période d’incubalion, le devient surtout à la période de catarrhe. Le contage existe encore à la période d’éruption. Martin a signalé des cas où la contagion aurail pu se produire à la période de desquamation.

1. Chavigny avait signalé en 1898, le cas d’un singe contractant la Rougeole au contact d'un malade atleint de Rougeole.

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