‹ Nouveau traité de médicine (volume 5)Chapitre 58 sur 224 · PET TEISSIER · texte numérisé non relu

PET TEISSIER

176 FARICELLE

Plus récemment (1911), les D'° Magnan et de la Riboisière ont signalé à la Société de Biologie la présence d’un bacille de 1 à 2 uw de long, qui serait très abondant, dans les heures qui suivent l’éruption; les essais de culture ont échoué. | :

Toutes les recherches faites à l'hôpital Claude-Bernard sont restées absolument négatives, et je viens de rappeler que la Iymphe varicelleuse injectée dans la cornée ne permet pas de reproduire les corps de Guarnieri.

Si nous ignorons le virus, nous connaissons sa conlagiosité.

La contagiosité de la Varicelle est moindre que celle de la Variole; des faits d'inoculalion positive de la Iymphe des vésicules varicelleuses, témoignent (en dépit des insuccès fréquents) que le contage se {rouve dans cette lymphe. On ne connaît pas la porte d'entrée du contage. Ilest possible, que malgré sa faible diffusibilité la contagion puisse se faire par l'air.

À vrai dire la transmission doit être assurée par un contact direct, ou un. contact indirect à faible distance. La sphère d'action’ d’une épidémie se limite à une famille, une maison, un établissement scolaire.

On ne sait rien de précis quant: à la période de contagiosité, cependant il semble bien que la contagion puisse S’observer de façon précoce. Apert, Carrel-Billaut l’'acceptent pour la période pré-éruptive.

La Varicelle est une maladie que l’on. disait être exclusive à l'enfance. Dans une stalistique faite dans les hôpitaux de Vienne de 1891 à 1900, Genzer a relevé 522 cas de Varicelle chez des sujets âgés de plus de 95 ans, soit une proportion de 1,78 0/1 pour le nombre de cas relevés.

Il est en réalité exceptionnel de la rencontrer après dix ans. Contrairement à ce que l’on a dit, on ne saurait prélendre qu'elle soit réellement plus sérieuse chez l'adulte que chez l'enfant.

Elle est exceptionnelle chez le nouveau-né. Guinon a signalé des cas chez des nouveau-nés âgés de 6 mois; Sanné, chez des enfants de moins de ? mois. Mery relate le fait d’un nouveau-né qui fut contagionné 14 jours après sa venue au monde, en raison de ce que la salle de l'accouchement avait reçu des enfants varicelleux. Dans une épidémie suivie par Apert en. 1895, à la Maternité, dix-huit enfants âgés de moins de 6 mois furent atteints de Varicelle, et trois d’entre eux semblaient avoir été contaminés dès leur naissance. Le maximum de réceptivité est entre 2 à 7 ans, la Varicelle est une maladie des crèches, des hôpitaux d'enfants.

La Varicelle peut se manifester selon le mode sporadique et épidémique.

Les épidémies de Varicelle sont souvent associées à celles de la Variole, et lui survivent(!). Ces éclosions épidémiques ont une aire peu étendue, ne se disséminent pas au loin et restent parcellaires, c’est-à-dire que dans une

1. Cela signifie que la Varicelle comme la Variole est une maladie à épidémie hivernale. A l’hôpital Claude-Bernard, nous voyons le maximum de cas en hiver et en. dehors de toute épidémie de Variole. Si au moment des épidémies de Variole le nombre de cas qu’il nous est donné d'observer augmente cela tient surtout à ce que les Varicelles nous sont envoyées pour des Varioles. De nombreuses conditions peuvent bien entendu faire varier l’époque d’apparition des épidémies : c’est ce qui a permis de‘dire que la Varicelle était peu saisonnière.

ÉTIOLOGIE. as ITU AT

aire donnée elles n’atteignent pas un grand nombre d'habitants : la contagion n’est pas massive comme dans la Variole.

Les phases d’accroissement, d'état, de déclin d’une épidémie, sont moins faciles à apprécier que pour les autres maladies éruptives, car nombre de cas peuvent rester méconnus.

La durée des épidémies est courte, mais des cas sporadiques peuvent servir de traits d'union entre les éclosions épidémiques d’où peut résulter dans les grands centres une véritable endémicité.

Les discussions qui subsistent en quelque mesure quant à la nature de la Varicelle, comportent non seulement un intérêt nosographique, mais aussi des conséquences pratiques.

Il n’est pas indifférent de savoir si la Varicelle doit être identifiée avec la Variole, car placer dans les mêmes locaux varicelleux et varioleux, c’est s’exposer à des infections réciproques. Les preuves sont suffisamment évidentes : telle, l'observation relatée par Comby, d'une mère et de son enfant affligés d’une affection varioliforme prise pour la Variole et soignés dans le pavillon des varioleux, qui, n'ayant que la Varicelle, contractèrent la Variole dont l'enfant non vacciné mourut. OEttinger, d’autres encore, ont observé des faits de ce genre.

Les arguments à invoquer contre l'identité des deux maladies peuvent être d’ailleurs multiples; ils appartiennent (à défaut d'arguments bactériologiques) à la clinique, à l’expérimentation, à la notion éliologique.

Trousseau a exposé magistralement les enseignements que l’on peut tirer de la clinique et des caractères distinctifs de la Varicelle que nous avons analysés. À ces données doivent s’ajouter celles que l’on peut légitimement lirer de la différence des réactions de fixation, des résultats des inoculations. 51 celles effectuées par Heberden, Dinisdale, Hesse furent absolument infructueuses et si plus tard celles de Trousseau, Dumontpallier, Netter, Fleishmam, Thomas furent négatives, quelques faits nettement positifs furent signalés qui servirent d'arguments expérimentaux : tels les huit succès sur 10 de Steiner en 1875, les trois succès de d'Heilly en 1885 sur 10 inoculations.

Il est vrai que ces expériences exécutées en milieu épidémique sont passibles de l’objection faite : que l'infection cutanée a pu se produire spontanément. Une autre objection peut également être invoquée, üirée des écarts de délais d’incubation admis par d’Heilly et Steiner, de 5 à 17 jours (d'Heilly) 8 jours (Steiner), De telles divergences sont en contradiction avec la régularité d’incubation des maladies exanthématiques dont l’inoculation a été positive. Ces objections ne sauraient toutefois être invoquées pour des expériences plus récentes qui montrent que la Varicelle est inoculable; expériences dont ont découlé des tentatives de varicellisation préventive.

Smallprice () a inoculé la Varicelle à l’un de ses fils au moyen d’une lymphe varicellique tirée d’un fils cadet, dont l’éruption datait de deux jours. Au bout de 9 jours apparut au point inoculé une petite papule, le soir l’enfant fut courbaturé, le lendemain la fièvre survint el une éruption générali-

Page 1