British. med. Journ., 51 juillet
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sée, mais discrète, s'ensuivit. Le surlendemain la fièvre tombait et éruption s’effaçait. Pour Smallprice l'inoculation avait donné lieu à une forme bénigne abrégée, à période d’incubation écourtée, alors que la maladie spontanée du premier enfant avail été très forte.
Plus récemment Kling, dans le service de Médin, à l’hôpital des enfants de Stockholm, recueille de la lymphe varicelleuse et, avec une lancette, linocule à des enfants; au 8° jour des papules rouges apparaissent qui se transforment en vésicules typiques de Varicelle et rapidement se dessèchent; après deux semaines les croûtes ont disparu. Le plus souvent il ne se produit aucune réaction générale: l’éruption reste localisée et évolue en plusieurs
poussées. Sur 95 nourrissons 31 furent inoculés avec succès; un seul con-
tracta ultérieurement la Varicelle.
La varicellisation est donc possible; elle reste toutefois difficile et incerlaine, et l’absence de succès constants est à opposer à la constance de la variolisation.
Les arguments éliologiques sont ceux que J'ai déjà signalés (prédispositions de l’âge, conditions épidémiologiques). aussi céux .qui relèvent des rapports de la Vaccine et de la Varicelle. La Vaccine jennerienne ne modifie en rien le cours de la Varicelle qui est restée ni moins, ni plus fréquente.
Murray, en 1855, médecin au cap de Bonne-Espérance, expose que dans la ville du Cap tous les enfants sont inoculés dès le premier âge de la Variole ; or, depuis 350 ans, c’est à peine s’il s’est produit parmi eux un cas de Variole, alors que la Varicelle y est fréquente sporadiquement el épidémiquement. R
En Allemagne, où dès 1874 la Vaccine fut appliquée rigoureusement, la Varicelle a subsisté.
La Varicelle est sans action sur la Vaccine comme sur la Variole et n’est
pas influencée par elles. D'Espine, chez un enfant de 2 mois voit évoluer une Varicelle au 20e jour d’une Variole. Steiner a vu des enfants non vaccinés prendre la Variole vingt jours après avoir été atteints de Varicelle.
Senator, Tordeus ont vacciné avec succès des enfants qui venaient d’avoir la Varicelle. D’Espine, d'Heilly, d’autres médecins ont rapporté l'exemple de nourrissons qui ayant eu la Variole ou ayant élé vaccinés ont pris la Varicelle. OEttinger a publié (1894) l'histoire d’un enfant vacciné, qui atteint de Varicelle fut placé dans un service de varioleux où il contracta, pendant sa Varicelle, une Variole confluente à laquelle il succomba. La Vaccine pratiquée en même temps se développa sans modifier la Variole.
M. Talamon, un des rares partisans de l'identité de la Variole et de la Varicelle, a rapporté l'observation d’une enfant de dix mois non vaccinée, atteinte de Varicelle, mise à Aubervilliers pour entrer dans le pavillon des varioleux, qui vaccinée le jour de son entrée, et présentant des pustules vaccinales au moment ou la Varicelle cessait, contracta treize jours après une Variole dont les pustules avortèrent au bout de 6 jours.
Les exémples du même genre sont nombreux. Inversement la Vaccine et la Variole ne protègent pas contre la Varicelle. Tels les cas de développement simultané de Varicelle et de Variole (Delpech, 1845), tel le cas curieux de Czaker qui réussit à vacciner un enfant de 4 ans, ayant subi sans succès
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PROPHYLAXIE. — TRAITEMENT. Fasc. II. — 179
trois inoculations vaccinales antérieures, en inoculant la Vaccine dans les vésicules ouvertes de la Varicelle que cet enfant venait de contracter.
Les unicistes ont invoqué en faveur de leur thèse : la coïncidence fréquente des épidémies de Variole et de Varicelle, les analogies symptomatiques entre les deux maladies; ils ont voulu expliquer avec Talamon la possibilité de développement de la Varicelle chez les variolisés ou vaccinés ou de la Variole et de la Vaccine chez les varicelleux, en faisant intervenir l'insuffisance de l’immunité déterminée par la première infection en date. Ils insistent sur l'observation d'Hochsinger publiée en 1890, d'un écolier de 14 ans qui prend la Varicelle, alors que quatorze de ses camarades de classe étaient déjà alités pour cette maladie. Un de ses frères, âgé de 15 ans, sa mère âgée de 40 ans, quin’avaient pas quitté leur foyer, tombèrent 12 jours après, le premier atteint d’une Varicelle typique, la mère d'une Variole légitime grave. Or les enfants de cette famille avaient été vaccinés deux fois avec succès, la mère trois fois. Cette observation est à vrai dire discutable(!). Elle ne saurait en tout état de cause être opposée à tous les arguments de valeur sérieuse qui viennent d’être exposés et qui légitiment la différenciation généralement acceptée de la Varicelle et de la Variole.
PROPHYLAXIE — TRAITEMENT
La précocité de la contagion, le retard du diagnostic, font que la prophylaxie de la Varicelle peut ètre aussi décevante que celle de la Rougeole. Le varicelleux peut être contagieux avant d’avoir été reconnu et isolé.
En cas de doute, il ne faut pas craindre, pour les raisons qui viennent d’être développées, de vacciner le varicelleux.
Il peut être inutile vu la bénignité de la die d'envoyer les petits patients à l'hôpital, s'ils peuvent tout au moins recevoir chez eux les quelques soins d'hygiène et de traitement nécessaires. J'ai déjà dit que ceux qu'il nous arrive de recevoir à l'hôpital Claude-Bernard, nous sont envoyés le plus habituellement comme varioleux. C'est alors à l'hôpital d'isolement qu'il convient de reconnaître la Varicelle pour ne pas placer les sujets atteints de cette maladie avec les varioleux.
Il va sans dire que les enfants doivent momentanément el pour un délai habituellement de 25 jours (délai admis pour les établissements scolaires français) être exclus de l’école, et n'y rentrer qu'après avoir été l'objet de toutes les mesures de propreté utiles.
La Varicelle ne figure pas sur la liste des maladies dont la déclaration soitobligatoire de par la loi de 1902 (c’est dire également que la désinfection n'est pas obligatoire). Elle n’est même pas, vu sa bénignité, parmi celles , dont la déclaration soit facultative.
Le traitement pourrait être considéré comme inexistant (la Varicelle étant susceptible de guérir toute seule) ou ne comportant que les seules mesures
1. Même sans faire intervenir l’opinion de Thomas qui prétend qu'il s'agissait d’une épidémie de Variole, il manque trop d'arguments cliniques et techniques pour imposer la conviction.
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d'hygiène individuelle, notamment de propreté (onctions antiseptiques du tégument, balnéation répétée).
Toutefois, avec ou sans grattage, la Varicelle peut, quoique exceptionnellement, laisser des cicatrices disgracieuses. Ces cicatrices sontnombreuses si la Varicelle est confluente surtout lors de la première poussée (les éléments des poussées successives étant de moins en moins développés el comme avortés) (1).
C'est à ce titre que peuvent intervenir les attouchements locaux avec la teinture d’iode, la médication interne par le xylol (mais à doses plus faibles et moins prolongées que dans la Variole). Le xylol m'a paru avoir une influence préventive sur les processus ulcéreux qui peuvent modifier l’évolution de la Varicelle chez les enfants dont l'organisme est déficient.
1. I] semble que l’immunisation s’affirmant dès la fin de la première poussée se renforce progressivement à chacune des poussées successives.
Par M. P.-J. TEISSIER
Professeur de clinique des maladies contagieuses à la Faculté de Médecine de Paris. Membre de l’Académie de Médecine.
Définition. — La Variole (!) est une maladie épidémique, contagieuse et inoculable dont le type éruptif est caractérisé par un processus vésiculopustuleux. C’est la maladie exanthématique dont l'histoire semble avec celle de la Rougeole la plus ancienne.
HISTORIQUE
Connue de la plus haute antiquité en Orient et en Extrême-Orient la Variole semble avoir existé en Chine un millier d'années avant l'ère chrétienne (?).
On accepte généralement que les premières mentions en Europe de cette maladie appartiennent à Marais, évêque d’Avenches qui, en 570, se servit de l’épithète de Variole, et à Grégoire de Tours en 580, lorsque la maladie ravagea pour la seconde fois les Gaules. C’est lors de cette épidémie que les fils de Chilpéric et de Frédégonde, Dagobert et Clodobert, furent atteints d’une Variole qui devait être mortelle, qu'Aufregalde, femme de Gontran, roi de Bourgogne, atteinte de la maladie à l’âge de 32 ans et sur le point de mourir, demanda à son mari la mort de ses médecins Nicolès et Donat, qu’elle accusa d’avoir aggravé son état par leurs médicaments, et qui furent égorgés sur son tombeau.
C'est au 1x° siècle, Rhazëès, c’est-à-dire Aboubekr, né à Rhaï (ou Ray), ville la plus considérable de la Perse, el surnommé pour cette raison AI Rhazy, qui nous a laissé dans son traité « De Pestilentia » la première description. Il cite Ahroun comme l'ayant décrite au vif siècle, mais les pandectes d’Ahroun ne nous sont pas parvenus. Au xt siècle paraissent les traités intéressants d'Avicenne et d’Hali-Abbas. Les Grecs et les Latins sont durant tout ce temps silencieux sur cette maladie dont tls n’ont laissé aucune description et qui semble leur avoir été inconnue.
La Variole parait avoir fait son apparition chez les Arabes au temps de
1. Autres dénominations françaises : Petite Vérole, Picote; anciennement et d’après la langue latine : Variola, Febris variolosa: pays de langue anglaise : Smallpox: pays de langue italienne : Vajuolo; pays de langue espagnole: Viruela ; pays de langue allemande : Pocken.
2. L'étude historique, dont ici sont seulement esquissées les grandes lignes, est très complètement développée jusqu’au début.du xix° siècle dans un excellent article de Monfalcon, in Dict. des Sciences Médicales publié en 1821 par une Société de Médecins et de chirurgiens.
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Mahomet. Les sectateurs du prophète l’importèrent en Égypte d'où elle se répandit peu à peu en tous pays. / ,
Ce furent surtout les invasions successives des Sarrasins qui favorisèrent le développement des épidémies si meurtrières transmises jusqu’à nous par
les narrations de cette époque (celles de Constantin l’Africain, d'Arnaud de
Villeneuve, de Gaddesden).
Dès les x° et xr° siècles la petite vérole est déjà connue dans les parties méridionales de l'Europe; elle l’est moins dans les parties du Nord où les incursions sarrasines furent rares, et où il semble que le froid fut un élément protecteur. La propagation loutefois devait peu à peu se faire, au retour des Croisés qui la rapportaient dans leurs pays respectifs. :
Au xv* siècle la maladie se généralise et devient plus familière. C'ést de cette époque que datent les études plus précises , de Fracastor, Baillou, Schenk. |
Au xvi* siècle, en 4517, elle passe avec les Espagnols en Amérique (à pat DOME Elle respecte tout d’abord l'Amérique du Nord, et ce n'est guère qu'au xvir siècle avec les Anglais qu'elle se répand dans toutes les régions nord du continent américain.
Ainsi, dès le début, la Variole qui garde intacts ses caractères originels que, seules, la variolisalion et la Vaccine pourront modifier, reste attachée à la marche des hommes, se répandant à mesure que s'étendent les exodes humains, provoqués plus particulièrement par les guerres et les croisades.
51, dès le x° siècle, Rhazès s'efforce de différencier la Variole de la Rougeole dont ‘il mélange quelque peu les descriptions, les différentes fièvres éruptives se confondent, en réalité, jusqu’au xvn* siècle, sous la dénomination commune de Variole, et c'est durant le xvne siècle que la division s'opère ébauchée dans les études de Morton, de Huxham, de Boerhave, de Stoll, de Borsieri surtout et s'affirme avec une précision clinique admirable
dans le traité de l'illustre Sydenham. C’est Sydenham qui confère à la
Variole son individualité, telle que nous la concevons aujourd’hui encore, lui opposant sous le nom de « Morbilli » un ensemble clinique -qui englobe à la fois la Rougeole et la Scarlatine, maladies qui ne seront nettement différenciées que par Fothergill au cours du xix®° siècle. Les descriptions de Borsieri déjà, de Sydenham surtout, sont remarquables: c’est Trousseau qui écrira : (en changeant peu de chose à ce qu'a dit Sydenham, j'espère vous apprendre ce qu'il y a d’essentiel dans.cette pyrexie exanthématique. »
I sera fait mention des changements qu'a pu amener l’introduelion en 1721, par lady Montague, de la pratique de la variolisation utilisée dès les temps les plus anciens en Chine et en Perse, et surtout de la pratique de la vaccination introduite en 1798 par Jenner. L'une et l’autre, la seconde surtout, ont réussi à atténuer la gravité de cette maladie, qui dans les siècles passés fut la plus redoutable et la plus redoutée des maladies populaires et dont La Condamine disait au début du xvure siècle qu’elle détruit, mutile ou défigure plus du quart du genre humain. L'application de la Vaccine, qui eût dû faire de la Variole une maladie historique, devait toutefois l'exclure peu à peu des maladies infectieuses courantes et à proprement parler endémiques. Malgré ellé, cependant, des recrudescences épidémiques violentes
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apparaîtront au cours du xix° siècle en divers pays, notamment en 1822, 1854, 1846, aussi en 1870-1871, épidémie si meurtrière, que l'attention fut attirée particulièrement sur cette maladie dont l'étude en France fut poursuivie par de nombreux chercheurs, étude qui, en dépit de l'ignorance où elle nous laisse de la nature du virus variolique, devait être fertile au point de vue scientifique comme au point de vue pratique. Mais tout en reprenant à ces diverses époques sa place dans les maladies populaires, elle ne suscite plus la terreur que son nom évoqua jadis dans le monde.
DESCRIPTION CLINIQUE
Cette description se rapportera tout d’abord à un {ype réguler de Variole d’une forme de moyenne intensité, dégagée de toute complication et dans laquelle il est loisible d’étudier dans leur pureté les caractères objectifs de l’exanthème variolique aux diverses phases de son évolution.
S'il est des Varioles graves ou bénignes, qui ont une évolution normale, il en est qui ont une évolution anormale. Ces nombreuses modalités cliniques dont la fréquence varie selon les épidémies el aussi dans une même épidémie pour des raisons de virulence particulière ou de réceptivité organique spéciale devront être l’objet d’une analyse attentive. Mais ce qui domine les descriptions nosologiques de la Variole, c’est l'abondance, la morphologie, la marche de l’exanthème. C’est ainsi qu’on a distingué des Varioles discrètes, cohérentes ou confluentes, dont l’évolution, après une phase d'incubation, se pourra différencier en quatre périodes : invasion, éruption, suppuration ou pustulation, dessiccation, les trois dernières périodes servant à caractériser surtout l’exanthème. Cet exanthème passe par-trois phases principales : la phase maculeuse, plus exactement maculo-papuleuse, la phase vésiculeuse (phases d'évolution active et d’éruplion proprement dite), phase pustuleuse (phase de dégénérescence qui peut manquer), phase de dessiccation, plus exactement de décrustalion qui, sous des, formes variées, selon la gravité de la Variole ou le traitement appliqué, vient clore le cycle de l’exanthème et détermine la cicatrisation.