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Fig. 1. — Courbe thermique et tracé de pression artérielle au cours d’une variole régulière.
qu'elle s'affirme pour le malade par une sensation de véritable bien-être; le seul phénomène désagréable qui persiste étant la diaphorèse. :
La fièvre baisse à 389,5, 58°, ou même revient à la normale, de même le pouls; la rachialgie cesse, le sommeil revient el à moins de complication laryngée, la dyspnée disparait et cet élat va se prolonger en moyenne 4 jours jusqu’à l'apparition de la suppuration.
Cependant, et ce sont les deux éléments qui démontrent que ce n’est là qu'un répit apparent : la chute de la pression artérielle s’accentue, comme je l'ai signalé avec A. Vincent, et aussi l'hypertrophie de la rate comme j'ai. pu l’observer avec Geffroy. Par ailleurs, les urines tout en pouvant dépasser les 1000 grammes, gardent une acidité augmentée. Le taux d’accroissement de l’urée, de l'acide urique et des phosphates s’y maintient ainsi que le taux . d’abaissement des chlorures. La formule sanguine s’accuse : hyperleucocytose, mononucléose avec myélocytose et même hématies nucléées.
Exceptionnellement, l’évolution de la Variole discrète. peut subir une aggravalion dès cette période; il en va de même des complications. L'étude de ces faits séra mieux placée au chapitre des complications.
Période de suppuration ou de pustulation. —-- Elle commence vers le 7° ou 8° jour de la maladie. Du 4° au 5° jour de l’éruption (8° jour de la maladie) le contenu des vésicules devient louche, la vésicule prend une coloration jaunâtre, la pustule est formée. Elle reste entourée d’une collerette
DESCRIPTION CLINIQUE. Fasc. II. — 189
rouge, se gonfle, devient hémisphérique et subit une déformation en son centre, sorte d’ombilication secondaire qui, pour n'être point constante, est plus habituelle que l’ombilication initiale. La sensation veloutée persiste encore. Le processus inflammatoire ne tarde pas à s’accentuer autour de chaque élément; au niveau de l’aréole rose ou rouge un gonflement local se produit, et l'élément éruptif isolé émerge de cette tuméfaction inflammatoire variable, douloureuse (quand il s’agit d’une région à tissu cellulaire dense, cuir chevelu particulièrement), considérable quand ïl s’agit d’une région à tissu cellulaire lâche (paupières, région vaginale, grandes lèvres).
Si les éléments sont nombreux, comme le fait peut s’observer dans la forme discrète, au niveau de certaines parties du corps, la tuméfaction au lieu de rester limitée par des intervalles de peau saine et de rester localisée à chaque pustule se confond, au point que les éléments éruptifs s'élèvent d’un fond uniformément rouge.
La suppuration suit la même marche descendante; apparaissant à la face alors que les éléments éruptifs des membres sont encore à la phase papulovésiculeuse, elle gagne le reste du corps, n’atteignant les extrémités que vingt-quatre ou quarante-huit heures après le début. Parfois même, notamment dans les régions à épiderme épais, elle peut être retardée et il n’est pas rare de ne la voir apparaître sur la plante des pieds que vers Le 14° ou le 15° jour.
La phase de pustulation qui commence la phase de régression de l’exanthème et que va achever la phase de décrustalion est aussi caractérisée par la réapparition des phénomènes généraux : reprise de la fièvre, dont l'intensité et la durée dépendent de l'abondance de l’éruption. Cette fièvre dite secondaire est un peu différente de celle de la période d’invasion. Subcontinue avec rémissions matinales plus grandes (sans dépasser 39°,5, 40° maximum), elle s'accompagne d’une accélération nouvelle du pouls, mais il ne m'a pas paru, contrairement à l'opinion de MM. Reynaud et Cotte, que la chute de la pression artérielle soît plus marquée, à moins que né surviennent des complications.
La fièvre va d’ailleurs diminuer suivant les progrès de la dessiccation; elle cesse dès que celle-ci est devenue générale.
Avec la fièvre réapparaissent bien entendu des symptômes pénibles, céphalée, agitation, malaise, insomnie, parfois ‘délire auxquels s'ajoutent des douleurs multiples qui dépendent surtout du gonflement inflammatoire et s’affirment dès lors aux extrémités et là où le gonflement est le plus marqué. La diurèse garde à peu près les caractères qu'elle présente à la période précédente; cependant le chiffre des chlorures tend à augmenter alors que continue l'augmentation de l'élimination des éléments azotés.
C’est à cette période que peuvent surtout apparaître les complications, notamment les complications cutanées qui dépendent du processus de suppuration ou les complications viscérales.
Période de dessiccation ou de décrustation. — Elle commence vers
le 9e ou 10° jour, par la face, gagnant progressivement le reste du corps, souvent fort tardive à la paume des mains, à la plante des pieds.
P'-JCLTEISSIER:
Mécaniquement ou spontanément, les pustules se déchirent, laissant sourdre leur contenu, qui se dessèche sous forme de croûtes irrégulières dites mélicériques ou mélitagreuses, rappelant la croûte jaunâtre de l’herpès, prenant quelquefois une teinte plus foncée. D'autres pustules, sur le corps peut-être plus régulièrement qu'à la face, se dessèchent sans se rompre; leur contenu se concrète, se rétracte et prend l'aspect d’une croûte plus régulière, d’un Jaune brunâtre ou noirâtre. |
À la plante des pieds, à la paume des mains, où en raison de l'épaisseur de l’épiderme le clivage peut ne pas se faire, et où l'élément éruptif reste enfoui, se voyant plus ou moins bien par transparence, la suppuration s'affirme par la coloration jaunâtre du centre que limite nettement une collerette plus sombre; il n’y a bien entendu aucune rupture.de cet élément. Le pus se dessèche, durcit, devient noirâtre en même temps que la couche superficielle, revêt un état lisse et résistant qui rappelle une tête de clou.
La dessiccation est généralement achevée du 15 au 20° jour. Mais la décrustation, la chute spontanée des croûtes est beaucoup plus tardive, ne s’achevant que vers le 50° jour, à moins que la balnéation ne soit intervenue comme il convient. Bien entendu, l'élimination des croûtes est particulièrement lente au niveau de la surface plantaire, où souvent elle ne se produit que par l'intervention du malade.
La période de dessiccation marque le début de la convalescence qui peut être rapide, brève. Les malaises disparaissent, le sommeil et l'appétit reviennent, bien avant que les croûtes se détachent. À ce moment, la polyurie peut apparaître avec hypoazotémie (10 à 15 grammes au lieu des 30 grammes et plus de la période de suppuration), avec hvperchlorurie et réapparition de la toxicité urinaire (Auché et de Jonchères). |
L'augmentation du poids se produit et bien qu’à ce moment des complications soient encore possibles, la guérison reste, en l'absence de tares antérieures, la terminaison habituelle. Elle laisse seulement, si aucune intervention thérapeutique efficace ne s’est produite, des cicatrices dont limporlance et le nombre dépendent de l'intensité de l’éruption. A l'élimination spontanée des croûtes, succèdent, soit des taches d’un rouge brun qui ne disparaîtront qu’au bout de quelques mois, soit des cicatrices plus où moins déprimées, de coloration également rouge brun, qui prendront plus tard un aspect blanc luisant. Ces cicatrices représentent le véritable stigmate de la Variole. :
Parfois, surtout dans les régions riches en glandes sébacées (nez, front, : menton) s’observent des saillies papuleuses, comme bourgeonnantes, donnant l'aspect de l’acné sébacée. Ces saillies se rétractent par la suite et peuvent, si le malade les a maltraitées, déterminer des cicatrices plus ou moins marquées el irrégulières: Cette irrégularilé cicatricielle se trouve encore lorsque les croûtes sont prématurément détachées par un grattage continu, grattage que légitiment d’ailleurs les vives démangeaisons de là période de dessiccation. Le fonds de la pustule peut alors saigner, s’ulcérer, et lentement se forment des cicatrices profondes qui altèrent de façon pénible la physionomie.
[PLANCHE
Nouveau TRAITÉ pe MÉDECINE. FIÈVRES ÉRUPTIVES.
[. — Variole confluente (début). Les vésicu- Il. — Variole confluente, après traitement les sont confondues et en certains points la par le xylol. (Pigmentation). face n’est plus qu’une surface phlyctémateuse.
[III — Variole confluente (période de suppuration). La confluence des vésicules à la main est due à un traumatisme professionnel.