‹ Nouveau traité de médicine (volume 5)Chapitre 91 sur 224 · L » TA 7 M OUT EN · texte numérisé non relu

L » TA 7 M OUT EN

VACCINE CLINIQUE ET EXPÉRIMENTALE. Fasc. II. — 267

2 Le plus communément : 20 ou 50 heures après l’inoculation, apparaît au point d'insertion du virus vaccin une papule accompagnée de vives démangeaisons ; au 5° jour, l’épiderme se soulève ; au 4° jour, ce soulèvement se couronne (d’une vésicule avec ou sans ombilication dont le contenu se trouble le lendemain. Aux 6°, 7° jours, l’élément en régression, se dessèche, se recouvre de croûtelettes qui tombent au bout de quelques jours sans laisser de cicatrices. ;

5° À un degré inférieur de réaction, les papules naissent aussitôt après : l'opération, suivies de démangeaisons dès le 1 jour. Le 2° et le 3° jour, au point culminant de la papule se développe une vésicule à peine appréciable, aplatie, dont le contenu se trouble rapidement. Au 4° jour, la régression

Œ CS Ce 7 ©

Reaction de La primo-vaccination 9

jo 4 2 3 à s 6e 7 te D “ # 101 Lo]

Reaction precoce

+ LA + Lai - #} we

2 La + L (Reaction de controle] » La æ 8 Le a.

Fig. 2. — Schéma des réactions vaccinales dans la primo-vaccination

et dans la revaccination (v. PIRQUET).

commence; les vésicules se dessèchent et se transforment en une croûte brunâtre qui témoigne que l’exsudation a eu lieu.

4 Très souvent, le plus souvent même, la réaction se manifeste par une seule papule rosée, arrondie ou plate, sans vésiculé, avec une aréole rouge à peine apparente.

0 Enfin, au degré extrême, il s’agit d’une simple macule apparaissant quelques heures après, el provoquant une vive démangeaison.

Quant au syndrome général, il marche le plus habituellement de pair avec l’intensité de la réaction locale.

Ces variations lésionnelles dont nous venons de décrire les formes prineipales, parce qu'il est intéressant de les connaître au seul point de vue de la pratique vaccinale, se résument done en définitive aux lypes progressivement dégradés, que l’on peut en premier lieu, brièvement, différencier de celte façon :

a) Réactions similaires de celles de la primo-vaccination.

b) Réaction vésiculo-pustuleuse débutant 20 à 30 heures après l’inoculation, et s’achevant en 7 jours au lieu de 17 jours.

c) Réaction papulo-vésiculeuse s’affirmant dans les premières heures, el régressant dans le 4° jour.

PLANCHE

d) Réaction papuleuse.

e) Réaction maculeuse.

f) L'inoculation spécifique a échoué; il n'y à qu'une simple réaction traumalique ;

que l’on peut, en second lieu, grouper selon les deux modes suivants :

le groupe : où se rangent les réactions qui accomplissent leur complet

développement du 5° au 7° jour, et renferment seules un liquide inoculable.

2e groupé : où se placent les réactions qui rentrent en régression le 5° Jour ou peu avant, répondent à des revaccines atténuées (!), certaines d’entre elles étant considérées comme pouvant faire un nouvel apport de substances défensives au vacciné que l’on suppose ne posséder qu’une immunilé incomplète.

Kelsch, en 1906 (à un moment où, à la suite d’une circulaire officielle dont les conséquences furent de ce fait bienfaisantes, se produisit dans la, population parisienne une véritable fièvre de vaccination), eut d’ailleurs Poccasion de se rendre compte à quel point les sujets revaccinés à plusieurs reprises répondaient positivement à une 3° et 4 revaccination, et le plus souvent sous la forme d’une éruption apparaissant 12 à 24 heures après son intervention; d'autant plus fruste, qu’il s'était écoulé moins de temps depuis la dernière inoculation. Ces faits tendraient à prouver que l'immu-

nité absolue, plus exactement l’insensibilité totale au virus vaccinal, ne se. manifeste qu’exceplionnellement dans les résultats donnés par la revacci-

nation.

On peut d’ailleurs avec v. Pirquet, ou avec P. Gastinel, qui l’a réalisé sur lui-même au moyen de revaccinations renouvelées d’une façon de plus en plus subintrante (se succédant par exemple chaque jour), observer toutes

les variations intermédiaires aux types ci-dessus, et se reliant à ces der-

niers par des transitions insensibles, Lémoins, peut-on dire, des atténua-

tions successives que la persistance d’un certain degré d’immunilé apporte.

aux réactions vaccinales ultérieures. C'est là, en eflet, le premier caractère de ces lésions revaccinales. Mais il est un Fe caractère sur lequel-v. Pirquet a insisté, que Kelsch a pu contrôler dans les recherches aude nous faisions allusion plus haut; c’est que la revaccination est presque toujours suivie d'effets spécifiques d'autant plus prompts qu’elle est plus souvent réitérée. La signification pratique de ce deuxième ordre de faits répond à ceci : qu'il n’est pas de fausse Vaccine, et que, comme le disait Hervieux en 1894, il n'y a pas plus de fausses Vaccines que de fausses Varioles. C’est en se basant sur ces données, que Kelsch a modifié les annotations des certificats de Vaccine et substitué aux seules dénominalions (positive, négative) les mentions : macule, papule, papulo-vésicule, pustule, voulant dire ainsi que l’action préventive est hors de cause, malgré la précocité, la durée éphémère ou le re apparemment fruste de la réinoculation vaccinale.

Il est toutefois un premier correctif à apporter, nous semble-t1l, à ces conclusions, correctif dont nous avons déjà indiqué les raisons multiples à

la fin de l'étude des réactions qui caractérisent la primo-vaccination. C’est:

1. Certaines de ces réactions ont été dites encore inoculables, comme en témoignent les expériences positives de Lemoine et de Cassedebat que nous rapportons plus loin.

VACCINE CLINIQUE ET EXPÉRIMENTALE. Fasc. II. — 969

que Lout ce que nous vénons de dire, d’après Kelsch, ne doit s'entendre, que d'un individu en élat de santé normale apparente, dans des conditions de virulence normale du vaccin, de technique parfaite, et, compte tenu dans une certaine mesure de la quantité du virus vaccinal inoculée.

V. Pirquet à pris soin de mettre en évidence les caractéristiques diftérentes de l’évolution des lésions revaccinales, en distinguant les cas où peut se produire, dans les revaccinations telles qu’elles se présentent dans la pratique vaccinale, ce qu'il appelle la réaction précoce, la réaction accélérée et ceux plus excep- | tionnels et expérimentalement provoqués où 1l s’agit d'une réaction qu'il appelle hyperergique.

La réaction hyperer

réacti 1 L \ gique se manifeste dans RNRURENAT IL URRR les cas où persiste un \ N degré maximum d'hyper-

sensibilité locale que dé

termine la pratique d’une HIHI série d'inserlions vacci- JOAnAUPHER nales sur un point donné

du revêtement cutané

En quelques heures, par- ANSE

fois 3 ou # heures, apparaît la papille qui, lors des primo-vaccinalions, ne se développe que vers

le 6 ou le 7° jour. 112/3l415/6/7|8l9lon 12 113 [14 115116) À À e One) LCL LE): Ons = em0 L CILI LL à Gosse D'une façon générale, RE PR] pe Primo- Vaccination Vaccination Vaccinalion Vaccinaet c'est le fait que mel vaccina- au ?° jour. au 4 jour. au, 9° jour. Lion après bien en évidence le sché- tion. le maximum ‘aréolaire.

ma ci-contre, l’aréole, à ; Fig. 3. — Schéma des revaccinations expérimentales dans les revaccinations : . (d’après la thèse de P. Gastinel).

expérimentales provo- |

quées entre le jour de l'insertion première et le 10° jour, apparaît au même moment, et atteint son acmé au moment même où se manifeste l’acmé de l’aréole de la primo-vaccination; dès lors ce dernier apparaissant au 11° jour, l’acmé de laréole pour les revaccinations successives se manifestera dans un laps de temps, qui décroit selon une progression régulière.

La réaction accélérée répond, en clinique, au cas où la revaccination est faite quelques années après la primo-vaccination; et, expérimentalement, au cas où la revaccination se fait entre le 1‘ et le 10° jour de la primovaccination. Dans cette réaction la différenciation en papille et aréole se produit. D'autre part, avant l'apparition de la réaction aréolaire, il existe une phase silencieuse, phase d’incubation raccourcie ; la papille se forme dès le 5° jour; l’aréole atteint son maximum plus vite que dans la lésion primo-vaccinale. À partir du moment où la papille se différencie, elle se

P.-J. Trissier et L. TANON.

Page 1