VU PACE
trouve arrêtée dans son évolution, soit au stade de la vésiculation, soit au :
stade à peine esquissé de la pustulation.
La réaction précoce répond, expérimentalement, au type de réaction qui se produit lorsque la revaccination a lieu après que l’aréole de la primo-vaceination est constituée; il n'y a plus de différenciation entre la papille et l’aréole. Une simple papule débute quelques heures. après l'inoculation, atteint son maximum de développement en 24 heures et évolue en deux ou quatre jours. En pratique vaccinale, celte réaction précoce représente le type le plus habituel des lésions revaccinales, lorsque la revaccination n’est pas trop éloignée de la primo-vaccination. Il est même possible que, réduite à son minimum elle se confonde avec la lésion traumatique.
Ces réactions revaccinales que v. Pirquet a appelées encore, les petites réactions et qui sans doute sont susceptibles de subir quelques variantes répondent à l’état d'hypersensibilité, d’anaphylaxie vaccinale créé dans l'organisme par la première insertion protectrice de virus vaccin, c’est-à-dire à l’état d'allergie (‘). Elles se différencient, en définitive, des lésions primovaccinales par leurs variations dans les caractères objectifs, par une évolution plus courte, par une réduction proportionnelle des signes généraux jusqu'à leur disparition. Elles se différencient surtout, comme l’a bien indiqué Kelsch, par leur polymorphisme qui s'oppose à. l’'immuabulité presque absolue de la lésion primo-vaccinale, et parce que, contrairement à ce qui se passe pour celle-ci, l'importance de la réaction, dépend en quelque mesure de la dose de vaccin insérée.
De ces lésions, les unes sont inoculables qui atteignent surtoul le stade papulo-vésiculeux, et évoluent en quelques jours; d’autres, qui entrent en régression rapide, ne le sont point. On tend cependant à admettre que toutes ces réactions allergiques sont valables. L'organisme qui a acquis le pouvoir de réagir plus rapidement à une nouvelle dose de virus vaceinal,
marquerait cet état d'allergie à un moment où 1l reçoit, semble-tl, un.
complément d’immunité de la réaction la plus dégradée. Il n’est pas en effet illogique de prétendre que ces divers modes de réaction revaccinale, plus précoces et plus écourtés, sont les degrés divers de réaction d’un organisme en état de persistance plus ou moins grande d'immunité. C'est ainsi qu'on admettait autrefois que la formation de la pustule devait être considérée comme correspondant à la perte totale d’immunité, les degrés intermédiaires, à une immunité plus ou moins affaiblie et l'absence de toute éruptiôn, à une immunité intacte; affirmation qu'il conviendrait de corriger aujourd’hui, en tenant compte des données de v. Pirquet qui témoignent
qu'il y a toujours réaction vis-à-vis d’une insertion vaccinale et que cette
réaction se présente avec les caractères des réactions allergiques.
1. C’est, étymologiquement («x scyewv), là propriété de l’organisme inoculé, de réagir
différemment. Nous avons déjà fait et ferons encore allusion à l’état d'allergie (voy. Rougeole, Variole). Le caractère imprécis de ce terme, montre que v. Pirquet n’a entendu en rien préjuger de sa nature. Il en est de l’ignorance dans laquelle nous sommes quant aux phénomènes intimes de l'allergie ce qu’il en est à l’égard de toutes les substances chimiques que nous pouvons imaginer, concernant les réactions humorales et tissulaires, et dont l'existence virtuelle ne s die que par les dénominations que nous leur Joons
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Ces modalités de la réaction vaccinale (') soulèvent, à vrai dire, comme il est facile de le comprendre, des problèmes d’un grand intérêt doctrinal et également pratique, dont on ne saurait prétendre que la solution soit aujourd'hui définitive. On discute notamment sur la valeur de leur pouvoir immunisant. Ces discussions trouveront mieux leur place au chapitre de la réceptivité et de l’immunité. -
Il n’est pas de fausse Vaccine, c’est entendu, et toutes les Vaccinoïdes ne diffèrent de la vraie Vaccine que par leur développeinent incomplet. Et en effet, Lemoine montre que l’inoculation à des génisses de la pulpe de quelques Vaccinoïdes, puisées à 48 sources différentes, donne 41 fois des pustules légitimes. Cassedebat montre que chez 55 sujets n'ayant répondu que de façon incertaine et par une prétendue fausse vaccine, étaient réfractaires à une autre inoculation.
Tel est l'avis de Voigt de Hambourg, de Chalybæus de Dresde, de
Stumpf de Munich, qui tous, sont en faveur de la spécificité de ces réactions contre lesquelles le D' Paul, directeur de l’Institut vaccinal officiel de Vienne, s'inscrivait en faux dès 1902. Tel est aussi, avons-nous dit, l'avis de Kelsch. Tel n’est pas, cependant, l'avis de tous les vaccinateurs, qui persistent à considérer comme des insuccès les Vaccinoïdes, et que le public suit, jusqu’à conclure que la revaccination est en réalité inutile. Ce que nous venons de dire de la revaccination, s'entend pour des sujets de santé en apparence normale mais ne saurait s'appliquer aux sujets atteints de maladies aiguës en évolution. Il en va ainsi notamment pour certaines fièvres éruptives, la Scarlatine, la Rougeole et la Rubéole. On trouvera dans les divers chapitres concernant ces maladies, des exemples de l'influence démontrée ou présumable qu'elles exercent à l'égard de la primô-vaccination ou revaccination, soit que cette influence. tende à empêcher l’état d'allergie vaccinale (Rougeole), soit qu’elle le permette (Rubéole), soit que, après une période d’anergie ou sans période d’anergie, le trouble apporté par la maladie aux réactions humorales, ou par l’exanthème cutané à la modalité de réaction cutanée, intensifie les réactions revaccinales.
Il n’est pas rare de voir survenir pour la Vaccine inoculée au cours de la Scarlatine, des réactions réellement anormales par leur intensité, et assimilables aux exanthèmes plus intenses de la Rougeole ou parfois de la Varicelle post-scarlatineuses. |
Pour la Rougeole, cette réaction intense peut également s'observer dès que la période d’'anergie est accomplie (), c'est-à-dire dès que le retard
1. Nous rappellerons dès maintenant que l'étude, parallèlement poursuivie des phases de la revaccination et des réactions humorales (P.-J. Teissier et P. Gastinel), montre que la réaction précoce s’observe chez un sujet dont le sérum est neutralisant, et fait défaut alors que la réaction du sérum est seulement complémentaire, témoignant ainsi non seulement d’un état d’allergie, mais d’un état de protection vaccinale.
2. Il ne nous paraît pas que le mot anergie, à tenir compte de l’étymologie, exprime suffisamment le fait opposé à celui d’allergie. La privation d’effet n’est pas absolument exacte ; il y a influence, puisqu'il y a retard et cette influence est inverse de la réaction accélérée.
P.-J: Trissrer et. L. TANON:
apporté à la formation des 'anlicorps a cessé |Netter, Porak} (1), d’où pourra résulter dès lors un retard dans l'immunisation (?)|[P. Teissieret P. Gastinel}.
Anomalies de la Vaccine. — On a signalé des cas où la Vaccine est r'etardée n’apparaissant que vers les 7°, 10, 14° jours après l'inoculalion, et, qui, pour d’Espine et Layet, s'observeraient surtout avec le Cow-pox provoqué.
On a cité également des cas de Vaccine accélérée, qui s’observeraient surtout en élé, el dans lesquels au 7e jour la suppuration serait complète.
Les considéralions qui ont été développées, rendent incertaine la réalité tout au moins de ce dernier ordre de faits. |
Il est des'cas de Vaccine généralisée, désignée autrefois sous le nom de Fièvre vaccinale.
La Vaccine est une infection locale qui comporte un retentissement général constant, plus ou moins marqué. Il peut y avoir, comme l'ont démontré les faits étudiés jadis par Chauveau, Raynaud, Hervieux, Dauchez, des Vaccines généralisées. I semble que la fréquence de ces Vaecines ait été plus grande au temps de Jenner. On peut se demander à cet égard si cette fréquence n'est pas simplement apparente, et ne relèverail pas du fait qu'à celle époque, variolisation et vaccination se faisaient encore indifféremment.
Ces Vaccines généralisées répondent à deux ordres de fails : Vaccines sénéralisées d stable e, Vaccines généralisées secondairement par aulo-imoculation.
Dans les Vaccines généralisées d'emblée, l’éruptüion apparaîtrait simultanément avec lx Vaccine primitive; le plus souvent elle ne se développerait que vers le 7° ou 8° jour, ses éléments évoluant plus rapidement, semble-Ll, et pouvant être aussi avancés que ceux de la Väccine locale. Leur complet développement serait atteint du 10° au 15° jour; au 16°, l’évolution serait arrêtée. Elle donne lieu à un état fébrile d'autant plus marqué que l'éruption est plus abondante. On a cité des observations d'enfants, ayant succombé à un élat seplicémique : des faits de Vaccine généralisée à type hémorragique et provoquant la mort. L’uniformité de l’exanthème distinguerail celte forme de Vaccine de la Vaccine généralisée par auto: inoculation. |
Ces Vaccines généralisées d'emblée semblent exceptionnelles. Pour cerlains même, les faits cliniques qui ont été rapportés seraient discutables Chauveau qui n’a pu les reproduire expérimentalement sur les bovidés, mais a réussi à les déterminer chez le cheval et l'âne, les a considérées comme possibles chez l’homme, la généralisation pouvant Lenir aux conditions de réceptivité de l'organisme inoculé. Telle est l'opinion de Jeanselme qui fait intervenir surtout ce qu'il appelle la constitution spéciale qe vaCciné el la qualité du virus inoculé ou du mode d’inoculation. |
. L'un de nous a montré avec ses élèves, qu’à l'égard de la réaction de Wasserte l’état d’anergie existait également el a confirmé le fait pour la cuti-réaction à la tuberculine.
2. L’un de nous a indiqué, se basant sur des faits cliniques, le bases que pouvait entrainer ce retard apporté au développement de l’immunité,. Il a rapporte des observations de Variole survenant chez des sujets rougeoleux malgré des vaccinations
faites à temps pour que la protection de la Variole eût été assurée si la Rougeole n’était intervenue en déterminant l’état dit d’anergie.
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I était réservé à L. Camus de donner sur les bovidés la démonstration expérimentale de la Vaccine généralisée, et de montrer (contrairement à Chauveau qui pensait que la seule présence du virus suffisait à provoquer la maladie) que la réussite dans la détermination de cette Vaccine dépendait avant tout d’une question de dose et du mode d’inoculation.
Nous verrons plus loin les conséquences pratiques de ces expériences intéressantes.
Les Vaccines généralisées par auto-inoculation, sont surtout réalisées quand il existe des lésions cutanées préexistantes, eczéma, intertrigo (!) En pareil cas, le grattage des éléments prurigineux peut disséminer le virus. La caractéristique de cette deuxième variété repose sur le développement au voisinage de la vaccination primitive de nombreuses vésicules filles, sur l’âge variable et le polymorphisme des éléments, sur l'absence de pustules aux régions inaccessibles au grattage.
Il faut, bien Sun s'assurer qu'il ne s’agit pas de Variole ou de Varicelle développées après vaccination; ou encore, comme chez les enfants, âgés de 2 à 4 mois de cette dermatose dite Lerpès vacciniforme ou vaccinosyphiloiïde (eu égard à sa similitude avec les syphilis papulo-érosives), caractérisée par une éruption de vésicules qui rappellent l’aspect des vésicules de vaccin au 6° jour, et qui occupent surtout la région génitale, le pourtour de l'anus, les deux tiers supérieurs de la cuisse, laissant après leur rupture, une papule exulcérée suintante, circulaire ou polyeyclique: