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Trerssier et I: TANON

cinations et qu'il convient de savoir que chez le nourrisson la vaccination précoce, qui reste légitime en lemps d’épidémie, peut échouer. L’augmentation de la virulence du vaccin peut d'autre part triompher de cette diminution de réceptivité. Et, contrairement à ce que l’on a dit ou fait, il ne faut pas avoir recours chez le nouveau-né à des vaccins sets mais à des vaccins plus actifs. |

On peut également rencontrer l'état réfractaire chez des adultes. Où a rapporté que Meynard, médecin de colonisation, à Port-Gueydon (Algérie), a ‘cilé le fait de dix adultes non variolisés, ni vaccinés, qui soumis chaque année à deux inoculations vaccinales, résistèrent lant qu'il les put suivre.

La réceptivilté à la primo-vaccination ne s'éteint jamais complètement, même dans l’extrême vieillesse, bien que les résultats positifs semblent diminuer avec les progrès de l’âge : 70 à 80 °/, de succès durant la période scolaire ; 60 à 65 °}, après 20 ans. On a admis une proportion moindre pour Pâge avancé sans pouvoir s'entendre sur le degré de cette proportion. Cette réceptivité n’est pas supprimée définitivement par la primo-vaccimation, ni par la revaccination. Sans doute le bénéfice de l’inoculation première est exceptionnellement perdu entièrement, comme le prouve ce que nous avons dit à propos des revaccinations. |

La réceptivilé vaccinale, comme en témoignent de nombreuses observations et expériences, peut s'affirmer par plusieurs voies. Elle peut même se manifester avec plus d’intensilé par certaines voies. L'acte épidermique n'est pas, comme on à voulu le considérer à un moment donné, le seul moyen d'obtenir la réceplivité, et aussi de déterminer l’immunité. Dès 1866, Chauveau avait montré que les vaccinations positives non tégumentaires étaient possibles ; de même ultérieurement les recherches de Straus, Chambon, Sant-Yves Ménard, celles de Nobl, Krauss et Volk, celles plus récentes que nous avons poursuivies avec Kelsch, Camus, Duvoir et Gastinel. Il en est ainsi : de l’inoculation par la voie sous-cutanée (Knopfelmacher) : par la voie digestive (plus lente et exigeant des doses plus massives, P.Teissier et Duvoir); de l'injection dans le péritoine en sac de collodion, comme dans les recherches de P. Teissier, de Duvoir et de Gastinel, qui entraîne aussi une immumisalion plus lente; de l'injection par la voie endo-veineuse par laquelle Chauveau put réaliser un certain nombre de fois des lésions vaccinales culanées, et L. Camus déterminer de facon certaine la Vaccine généralisée avec une dose suffisante de vaccin (Vaccine généralisée qu’on peul reproduire chez le singe, la génisse, le lapin, le cobaye, etc). Ces dernières expériences prouvent que le virus-vaccin, qui ne peut guère être mis en évE dence dans le sang à la suite d’insertions épidermiques, peut cependant y circuler (Calmette et Guérin). | |

I reste toutefois que ces voies intéressantes au point de vue expérimental, le sont moins au point de vue de la pratique vaccinale, parce que plus délicales et difficiles à utiliser, et parce qu'exigeant g généralement, pour être efficaces, des doses plus grandes de vaccin. Toutes ces D témoignent en définitive que le broc lé d’inoculation épidermique garde toute sa valeur.

2 Immunité vaccinale. — Elle peut être naturelle. Ce que nous venons

CE

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de dire montre que le fail est exceptionnel. Elle peut êlre acquise et créée par la Vaccine comme par la Variole.

Les inoculations pratiquées en série ont démontré que, pour une primovaccination, l’action préservatrice de la Vaccine commence à se manifester entre le 5° et le 7° jour, pour atteindre son maximum au 11°, 12%, 13° jour. suivant les sujets.

A l’époque où la variolisation et la Vaccination se pratiquaient parallèlement, on a variolisé des sujets, soit en même lemps que l’inoculation vaccinale, soit successivement, et à des intervalles déterminés. Tant que le délai de 4 jours n’était pas dépassé, les deux éruptions se développaient successivement avec leurs caractères propres. Lorsque l’inoculation variolique n’était praliquée qu'au d°, 6° Jour de l’inoculation vaccinale, ilse faisait une ébauche de réaction au niveau de l'insertion du virus variolique, mais la Variole s’arrêtait, alors que la Vaccine suivait son cours.

L'immunité déterminée par une primo-vaccination contre la revaccinalion, ne s'éteint pas plus tôt que celle conférée vis-à-vis de la Variole. On peut considérer que le sujet réceplf vis-à-vis du vaccin aurait pris également la Variole s’il s’élait agi d’une Variole inoculée.

Cette immunité acquise n'a pas, comme on l'a cru autrefois, une durée indéfinie, en dépit des exemples de. persistance absolue. Si elle peut se prolonger jusqu'à Ia 20° ou 30° année, elle dure en moyenne 7 à 10 ans, mais elle peut s’éteindre prématurément dans un délai de 1 à 5 ans. Le nombre, la profondeur des cicatrices vaccinales anciennes ne sauraient renseigner sur la puissance de cette immunisalion.

Les exemples sont nombreux d'enfants de 2 à 5 ans, qui ont été revaccinés avec succès (Roger, Sevestre, Belin). Au congrés de Carlsbad, le docteur Paul (de Vienne, Autriche) citait le cas d’une personne se faisant revacciner tous les 2 ans avec succès. C’est en moyenne entre la 5€ et la 10: année que l’immunité acquise cède la place à la réceptivité.

On à prétendu que limmunité acquise par la Variole antérieure était indéfinie et rendait toute vaccination inutile. Cest là une grande erreur. S'il est vrai que l’immunité anlivariolique est plus durable que limmunité d’origine vaccinale, elle cesse également et-elle explique les récidives de Variole. |

Heim, d’après des documents statistiques portant sur les vaccinations des

variolisés, a relevé une proportion notable de succès HoRe ou incomplets (Vaccinoïdes).

Dur des soldats vaccinés à lincorporalion et ayant subi la Variole antérieurement, Vaillard à observé un résultat positif dans 42 0/0 des cas.

Toutes les notions que nous venons de rappeler concernant la réceplivité et limmunité, nous enseignent en définitive :

a) que lé nouveau-né est parfois réceplif à la Vaccine (et ainsi se pourra justifier sa vaccination précoce, qui d'ailleurs ne provoque guère chez lui de réactions inflammatoires dangereuses). Cependant la vaccination retardée, après 3 mois. par exemple, comme il est classique de le faire, donne un déchet moins important. Si avant 3 mois, la proportion d’insuccès est de 4,45 0/0, elle est seulement, après 5 mois. de 0,14 0/0.

P:-J. Trissier et EL: TANON.

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b) Que la revaccination est absolument nécessaire. La loi de 1902, en France, prescrit l'obligation de la revaccination à 11 ans et à 21 ans, sous peine de sanctions (!). La nécessité des revaccinations plus fréquentes est cependant justifiée, notamment en temps d’épidémie, pour les enfants chez qui l’immunité est moins durable; et dans les pays chauds, en raison de latténuation du virus par la chaleur; en pareil cas, le délai admis est de 5 à 5 ans. :

Quand la Variole se manifeste chez des sujets en pleine éruption vaceinale (ce qui peut s’observer surtout en temps d’épidémie et après le premier septénaire qui suit la vaccination) elle est plus ou moins modifiée et atténuée. L’incubation de la Variole étant de 10 à 15 jours, la Vaccine pouvant préserver entre le 5° et le 7° jour, loute contagion postérieure à ce délai, restera négalive ; toute Variole qui se déclarera durant Pévolution de la Vaccine sera déterminée par une contagion antérieure à lPinoculation vaccinale. L’intensité respective des deux maladies variera en sens inverse, et la Variole sera d'autant moins influencée par la Vaccine qu'elle se sera montrée plus tôt après l'insertion du virus.

La conclusion est encore que devant tout danger d'infection variolique, la vaccination immédiate s'impose, et que l’ajournement peut compromettre les résultats. Celle vaccination peut en effet suffire à rendre la lariole bénigne; elle peut, la Variole étant en incubation, arrêter celle-ci, réserve faite qu'il n’y a pas eu retard dans l’immunisation par le fait d'une maladie intercurrente (voir p. 272). Alors que son influence générale peut être atténuée ou retardée, le virus vaccin exerce encore une influence locale sur les éléments varioliques du voisinage, qui est des plus intéressante. L’un de nous a rapporté des observations de personnes âgées ou jeunes, qui, pour de multiples raisons, ne s'étaient pas fait vacciner dans le moment où elles avaient élé exposées à la contagion variolique et n'avaient pu être vaccinées que tardivement, chez lesquelles la Variole s'étant déclarée, Péruption s’affirma tout d’abord de façon prédominante autour de la zone vaccinale pour avorter rapidement en ce point et y présenter le caractère de la Varioloïde, durant que la Variole poursuivait son évolution régulière en d’autres points. |

51 donc la vaccination peut ne point toujours empêcher la Variole de naître, si elle ne s'oppose pas toujours au développement des Varioles graves, notamment des Varioles hémorragiques, qu'on lui a reproché à Lort de favoriser, elle peut exercer une action abortive dont l'efficacité n'est pas douteuse.

Sur les phénomènes intimes qui répondent à l’acte d’immunisation, ilest un certain nombre de points que l’on peut considérer comme acquis ; il en est d’autres, disions-nous plus haut, sur lesquels les controverses sont encore permises.

Les points acquis concernent les actes organiques dont dépend l’état réfractaire, les conditions etles délais dans lesquels apparaît cet état réfrac-

1. En France, la loi du 7 septembre 1915 a apporté déjà d’heureuses modifications pour les périodes de guerre, de calamité publique. La loi de protection de la santé publique, en préparation, imposera vraisemblablement des revaecinations plus fréquentes.

er”

VACCINE CLINIQUE ET EXPÉRIMENTALE. Fasc. II. — 981

taire; les points controversés résultent de l'interprétation des réactions allergiques, notamment de la‘contribulion que ces réactions, lorsqu'elles aboutissent à des lésions non inoculables, peuvent apporter à l’immunisation de l'organisme.

L'état réfractaire n'est pas déterminé par la lésion épidermique. Si nous savons de façon indiscutable que, dans la pratique vaccinale, la méthode de l'insertion intra-épidermique du virus reste la méthode de choix, nous savons également que d’autres modes de pénétration du virus peuvent aboutir à l’immunisation de l'organisme.

L'état réfractaire est réalisé par les conditions nouvelles qu'acquièrent les humeurs du sujet, notamment le sérum (expériences de M. Raynaud, de Straus, Chambon et Saint-Yves-Ménard, expériences de Beclère, Chambon, et Saint-Yves-Ménard). Tous ces travaux, remarquables à plus d’un titre, ont démontré : a) que la transfusion du sérum provenant d’un animal antérieurement vacciné ou en pleine éruption vaecinale, confère passivement aux bovidés l’immunité vis-à-vis de la Vaccine ; b) que le sérum de lanimal vacciné neutralise le vaccin frais et lui enlève loute virulence (Béclère, Chambon et Saint-Yves-Ménard).

Le pouvoir neutralisant du sérum peut être acquis en dehors de tout acte éruptif, et apparait, dans les conditions normales, vers le 12°°ou 1% jour, son apparition concordant sensiblement avec la disparition de la virulence du vaccin inoculé dans l’épiderme. Le pouvoir antivirulent qui paraît lié à la présence de matières albuminoïdes et dont on à discuté pour savoir s'il pouvait exister dans un milieu privé d’alexine, répond à une substance ou à un ensemble de substances créant un nouvel équilibre humoral, substances encore inconnues, mais thermostabiles (L. Camus).

Dans les conditions déterminées par la vaccination habituelle, le pouvoir antivirulent est inégalement réparti dans l'organisme ; L. Camus a bien précisé l’étendue et surtout l'inégalité de cette répartition dans les humeurs. Il à ainsi établi que l'humeur aqueuse, le liquide céphalo-rachidien ne sont que peu ou pas virulicides, et que la cornée d’un lapin immunisé contre la Vaccine peut répondre à l'insertion du virus à moins qu'on ne rende artificiellement l'humeur aqueuse antivirulente.

Ces recherches ont également montré qne le pouvoir antivirulent est fonction de l’état humoral nouveau, cet état humoral dépendant de conditions nouvelles des tissus, qui acquièrent comme les humeurs un élal réfractaire. 11 y a, autrement dit, pouvoir antivirulent humoral et tissulaire ; un lapin saigné à blanc el recevant du sang entièrement nouveau d’un animal neuf conserve son immunité vaccinale, de même que le sang de chaque saignée demeure virulicide. L'acte cellulaire cède ainsi à la nouvelle humeur les propriétés antivirulentes que l'acte humoral antérieur contribuait à entretenir.

Le pouvoir antivirulent du sérum peut persister très longtemps, bien que celte durée soit délicate à apprécier; on a pu le constater vingt-cinq ans après une première inoculation vaccinale.

Mais l’équilibre humoral nouveau qui aboutit à l’état réfractaire n’est pas le seul dont les travaux modernes ont pu affirmer l'existence ; ilen est d’ail-

P.-J: Treissier et-[, TANON.

leurs résulté une troisième nolion dont la conséquence pratique est la réae- Lion de co-fixation dans la Variole et la Vacéine (v. p. 276). II en est résulté aussi la démonstration: que pouvaient apparaître dans le sérum du vacciné,

et avant le pouvoir antivirulent, des substances sensibilisatrices ou un pou-

voir sensibilisateur déviant le complément vis-à-vis de l’antigène contenu dans la Iymphe variolique ou vaccinale, pouvoir sensibilisateur dont la durée est limitée el qui disparait chez les animaux vaccinés par voie cutanée ou non tégumentaire, vers le 15° ou 20€ jour (*). Ainsi existeraient deux types de réaction humorale : lun on de l'infection vaccinale, créant l’hypersensibilité vis-à-vis de linsertion du virus, et de durée limioo f É de sk Ltée; l’autre créant l’im- À munité el apparaissant a 2 /noculstion plus tardivement.

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Or, dans l’existence de ces deux états comme dans leur succession, se

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| nous allons le voir, de

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Fig. 4. — Schémas associés des anticorps (v. PIRQUET) En li u et des réactions humorales (P. Teissrer et P. Gasriner). YODIF, POUTL, CXPAQUET l'état d'allergie, le dé-

Maladie laccinale

lions primo-vaccinales:

autrement dit, de l’état d'allergie (?).

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