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V. Pirquet fait imter

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veloppement de deux variélés d'anticorps : les uns, doués de propriétés.

anlitoxiques, qui, après la primo-vaccination, disparaissent très vite. Les autres, doués de propriétés bactériolytiques qui disparaissent lentement, et qui, se combinant avec loute nouvelle dose de substance inoculée, donneraient naissance à une nouvelle substance, l’apotoxine, agent de la

réaction clinique immédiate. Selon le moment, les deux substances exis-

teraient en proportions variées, et la différence de ces proportions expli-

querait les prédominances variables de l’un des pouvoirs, comme la

variation des réactions cliniques. C'est ainsi que v. Pirquet considère que dans les premiers jours, qui suivent l’insertion du virus-vaccin, les deux types d'anticorps existent én proportions égales, l’anlicorps anttoxique faisant obstacle au jeu de l’anticorps bactériolytique; il en résulte, si la

1. P.-J. TEISSIER, P. GASTINEL, communication à PAcadémie des Sciences, 27 juillet 1912 et Thèse de P. Gastinel, Paris 1913.

2, Dans le tableau ci-dessus qui répond au schéma des anticorps de v. Pirquet, on peut se rendre compte que lPaddition, telle que l'ont réalisée P. Teissier et P. Gastinel, du schéma des réactions humorales, témoigne de la superposition exacte de’ ces deux ordres de faits, notamment de leur apparition simultanée.

peuventirouver,comme

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revaccination succède rapidement à une primo-vaccination, une réaction minimum. Mais, lorsque, dans les jours suivants, la disparition de l’anticorps antitoxique rend possible l’action de l’anticorps bactériolytique, la réaction chnique devient plus vite apparente : réaction précoce, réaction accélérée. ou encore, quand les revaccinations se succèdent rapidement, qui favorisent la formation des anticorps lytiques : réaction hypérergique.

La réaction précoce, témoignage de l’état d'allergie propre à la revaccination, se produit donc quand la propriété antivirulente du sérum existe seule. Elle est la réaction clinique de l’état humoral second, l’état virulicide d’où dépend surtout l’immunité. Mais elle est également le témoignage de l’état de sensibilité qui caractérise l'infection revaccinale, l'immunité que confère la primo-vaccinalion, condilionnant, en dehors des propriétés neutralisantes, les propriétés de sensibilisation spéciale vis-à-vis de la nouvelle insertion vaccinale.

Il reste dès lors à déterminer (et c’est d’ailleurs à ce but que tendent les discussions précédentes et à propos de lui que les controverses subsistent), quel, est l'apport d’immunité que peuvent réaliser les réactions allergiques.

Pour Kelsch, toute réaction allergique caractéristique d’une réaction revaccinale, apporte à l'organisme le complément nécessaire pour combler le déficit qui, selon le temps écoulé, a pu se produire dans l'état de Pimmunité dû à la primo-vaccinalion:; l’apport plus ou moins marqué ou ébauché de cette réaction est en raison directe du degré plus ou moins grand de persistance de l’état d’immunité. C’est là une conception qui s'accorde avec ce que nous exposions chiniquement plus haut, concernant l'effet positif de toute revaccination et dès lors l’inexistence des fausses vaccines.

Il semble bien que cette conception s'applique exactement aux cas où la lésion revaccinale évolue en 5-7 jours suivant le type accéléré, et aboutit à des lésions réinoculables. L'inoculabilité est la preuve que lorganisme déficilaire dans son degré d’immunité, a permis l’évolution clinique d'une Vaccine modifiée, mais virulente. Il se produit en définitive une Vaccinoïde, comme une inoculation de Variole chez un sujet déjà vacciné et.encore protégé par celle vaccinalion aboulil à une Varioloïde générale ou partielle. Mais pour ce qui est des revaccinalions avec réaction précoce, encore plus pour lès revaccinations expérimentales caractérisées par la réaction hypérergique, c'est-à-dire par une lésion où apparait de plus en plus rapidement le phénomène de sensibilité (qui coïncide, comme nous l'avons dit, avec le pouvoir neulralisant du sérum), mais aussi par une lésion plus ou moins avortée el non réinoculable, il ne semble pas que lon puisse accepter la doctrine de Kelsch, tout au moins aussi absolument qu'il l’a présentée.

Il a raison de dire, et l’on ne saurait dire autrement, que le degré de dégradation de la réaction revaccinale est en raison directe du degré persistant d’immunité. Mais, dans la lésion revaccinale, il n’y a pas que la lésion plus ou moins avortée; il y a la réaction plus ou moins précoce (et tou- Jours précoce dans le cas où les revaccinations, répétées au même point, réalisent. l’'hypérergie. Or, cette précocité ne peut être le témoignage de l'apport d'immunité, mais seulement de la sensibilité de l'organisme déjà vacciné vis-à-vis d’une nouvelle inféction vaccinale. Cetle sensibilité de

P.-J:: Trtssrer et’EL. TANON.

l'organisme déjà vacciné vis-à-vis d’une nouvelle infection vaccinale est ellemême en rapport avec le degré persistant d’immunité de l'organisme, c'est-à-dire avec l’immunité déjà acquise, el non la preuve du complément d'immunité apporté par la nouvelle infection, c’est-à-dire de limmunité que l’organisme va acquérir. :

Sans doute nous ne saurions affirmer que la non-réinoculabilité de la réaction précoce implique la non-virulence de la lésion revaccinale, par conséquent l’inutilité de cette réaction quant à l’immunisation. Maïs il n'est pas défendu d'imaginer qu'un degré de cette lésion puisse se produire, qui, en dépit de l'intensité et de la précocité de la réaction de sensibihté, réponde à une neutralisation brutale et rapide de la nouvelle insertion, à une neutralisation si brutale et si rapide, qu'il ne se développe en réalité aucune nouvelle réaction spécifique (!).

Nous savons bien qu'on peut répondre qu'il est tout aussi logique d’admettre que toute: bactériolyse en pareil cas, si minime $soit-elle, aura des conséquences humorales qui ne seront pas inutiles pour l’immunité de l'organisme. L'organisme considéré comme parfaitement immunisé, et en même temps sensibilisé par la vaccinalion antérieure, détruit toute quantilé nouvelle de vaccin, mais l'acte lytique, dont témoigne la réaction précoce, peut cependant contribuer au renforcement de limmunité. Cela est possible, car l’hypersensibilité et le pouvoir antivirulent des humeurs sont des actes solidaires; mais ce que nous avons voulu témoigner, e’est la différence de signification des deux modalités de réaction dite allergique (?):

— réaction accélérée; vaccin évoluant vers des lésions réinoculables plus ou moins marquées; apport, par l'insertion revaccinale et la maladie abrégée que celle-ci entraîne, d’un complément d’immunité nécessaire à la protection de l'organisme; |

— réaction précoce; vaccin caractérisé par des lésions dégradées, non réinoculables, mais dont la précocité de plus en plus grande, répond à un état de sensibilisation de plus en plus marquée de lorganisme suffisamment immunisé; témoignage dès lors et surtout d’un état suffisant d’immunité, non d’un acte d'inmmunisation (), avec celle réserve

1. La vaccination était en réalité inutile au moment où elle a été pratiquée. Ce qui rend le problème difiicile, c’est que nous ignorons encore combien de temps elle restera inutile. Elle témoigne que l'individu est protégé suffisamment, elle ne nous dit pas notamment que cette protection persistera longtemps. Ce n’est pas à proprement parler une fausse vaccine : il n’y à pas en réalité Vaccine, c'est-à-dire évolution d’une maladie nouvelle, et il n’y a donc pas nouvel apport d’immunité, mais seulement témoignage, de par la réaction de sensibilité, d’une immunité suffisamment complète pour empêcher toute réinoculation positive dans le moment où celle-ci a été pratiquée. Selon les données de Nicolle on peut admettre que « l’anticorps », qui correspond à l’immunité antérieure, devient « antigène » à l'égard du nouveLanticorps qu’apportera l’inoculation nouvelle vaccinale. |

2. Ces hypothèses nous semblent se rapprocher, autant qu'il est possible actuellement, de l'interprétation logique du rôle de la revaccination en tant que cette interprétation puisse reposer exclusivement sur la doctrine de v. Pirquet. Mais il est permis de supposer que les faits ne sont pas aussi simples et que le phénomène d'hypersensibilité est non seulement la traduction d’un état humoral antivaccinal, mais aussi sans doute antisérique (lymphe vaccinale de bovidé), et qu'il s'agisse là, non d’une simple anaphylaxie vaccinale, mais probablement aussi d'une anaphylaxie sérique.

5. Eu égard aux conséquences doctrinales et pratiques qui peuvent résulter de cet

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additionnnelle du renforcement possible de limmunité par bactériolyse.

Il reste une troisième question que nous ne saurions passer sous silence, parce que la solution en serait précieuse pour la prophylaxie de la Variole, c’est celle des rapports de la Variole et de la Vaccine.

5° Rapports de la Variole et de la Vaccine. — Sur ce terrain, il nous paraît également nécessaire d'aborder lous les termes du problème. Il est, avons-nous dit, entre certaines Varioles animales et la Variole humaine, une affinité qui démontre la possibilité de leur transmission réciproque et de leur suppléance mutuelle.

Parmi les Varioles qui présentent entre elles Te plus d’affinité, se doivent placer la Variole et la Vaccine. Depuis l'époque où Jenner érigea en méthode scientifique la vaccination anlivariolique, on a tenté de déterminer cette parenté. C’est en eftet un problème dont la solution comporte un intérêt à la fois scientifique et pratique ; scientifique, parce que nous sommes, comme nous l'avons déjà rappelé, en présence de ce fait de limmunité d’une maladie conférée par l'inoculation d’une maladie différente; pratique, car s’il était possible comme on l’a dit et comme on a prétendu le réaliser, de transformer la Variole en Vaccine par passage sur l’animal, nous serions désormais en mesure de renouveler avec facilité les souches vaccinales affaiblies et, à la moindre menace, d’en créer par exemple de loutes pièces dans les pays tropicaux, où la température trop élevée rend tout au moins difficile la conservation du vaccin.

* La Vaccine animale, entrelenue à l'étranger comme en France, dans des Instituts spéciaux, où les cultures doivent être sévèrement contrôlées, n'échappe pas en effet à la possibilité de cet affaiblissement éventuel, affaiblissement qui, en dehors des conditions multiples auxquelles ont remédié les techniques perfectionnées récentes, peut résulter de causes que nous ignorons, communes à la Vaccine comme aux autres maladies infectieuses.

On a sans doute pu revivifier le vaccin par passages successifs sur des organismes animaux divers, l'âne, le buffle. On peut surtout avoir désormais recours aux procédés qui donnent lieu, dans les condilions réalisées par L. Camus, à la Vaccine généralisée.

Ce sont là autant de procédés dont la valeur reste indiscutable. Mais substituer à la Vaccine une Variolo-vaccine, c’est-à-dire une Variole transformée en Vaccine par son passage sur l'animal plus ou moins réfractaire, serait un procédé de choix en ce sens, qu'il mettrait à la disposition de la prophylaxie humaine une source de vaccin toujours permise, et d’un vaccin d'une virulence augmentée, donc d’une efficacité plus grande.

Dès le moment où la variolisation humaine a disparu de la prophylaxie anlivariolique, on s’est attaché à varioliser des animaux, pour avoir des souches vaccinales d'une activité. suffisante, el aussi pour éclairer les rapports nosologiques qui unissent la Variole et la Vaccine.

Parmi les vaccinateurs, vétérinaires ou médecins, certains ont prétendu

état, il nous a paru qu'il n'était pas inutile de poursuivre cette discussion, même dans un traité de pathologie destiné à ne recueillir que les notions définitives.

P.-J: TrerssiEr et L.'TaAnoN.

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