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? :4 l'urine. Fig. 2. — Auto-inoculation de chancre simple. Les chancres sim- Évolution de la lésion jour par jour.
plessontordinairement (D’après un moulage de l'hôpital Cochin-Ricord.)
multiples el successifs, par suite des auto-inoculations qui se font spontanément autour de lulcé ration principale; ils sont de dimension différente suivant leur âge; le chancre simple vit en famille entouré de ses enfants et petits-enfants (Ricord); on a pu en observer jusqu’à 30, 40, 60 et même 75 (Barié) chez la femme. La multiplicité peut aussi exister d'emblée, due à de nombreuses inoculations simultanées, à la faveur d’excoriations multiples, comme 1l arrive chez les sujets atteints de gale.
La chancrelle ne s'accompagne pas de pléiade ganglionnaire, et c’est là un élément de diagnostic fort important avec le chancre syphylitique ; mais
R. DEMANCHE.
6 CHANCRE SIMPEE"
il se développe parfois dans laine une adénite (monoganglionnaire) doulou reuse, inflammatoire, point de départ possible d'un bubon.
L'ulcération s'étend en surface, sans creuser en général en profondeur ; elle s'accroît par ses bords, et peut atteindre des dE considérables. Cependant sa virulence finit par s’atténuer sous lPinfluence du traitement. Le fond de l’ulcère perd sa teinte gris jaunâtre; 1l devient plus rouge, se déterge, prend un aspect net et luisant, le pus ayant fait place à de la sérosité ; les bords se rec cine el la plaie s'entoure d’un liséré de cicatrisation ;
c'est un chancre en
- « voie de réparation, par-
LÉ : fois difficile à recon- | naître sous cette forme
nouvelle. Après réparalion complète, :ül laisse une cicatrice, à contour irrégulier, net-
bord rouge et un peu tuméfiée, puis lisse el blanchâtre. On a signalé, exceptionnellement, la transformation scléreuse de cette cicatrice, pouvant provoquer, au | doigt, par exemple, une véritable ankylose Gaucher et Gougerot, . Balzer (1)].
La durée du chancre … simpleesttrès variable, M Suivant son siège, son étendue: dans les cas
Fig. 3. — Chancres simples typiques de la verge avec bubon. moyens, il faut prolon- (D'après un moulage du musée de l'hôpital Cochin-Ricord.)
dant 4 à à semaines.
Quelquefois lulc ete persiste beaucoup plus longtemps, plusieurs mois, un an même, ainsi que nous venons de le constater sur un chancre d’autoinoculation accidentelle; abandonné à lui-même, il n’a pas de tendances à la guérison. | Variétés. — La chancrelle ne se présente pas toujours sous cet aspect Lypique. Parfois l’ulcération peu profonde entame seulement le corps papillaire (chancre exulcéreux), ou bien, au lieu de creuser en profondeur, elle se forme au sommet d'une élevure qu’elle érode, de sorte que le fond en est surélevé et les bords éversés plutôt que décollés; c’est le chancre
1. GAUCHER et GOoUGEROT, BALZER. Société francaise de dermatologie el de syphiligraphie, 6 juin 1912.
tement marqué,’ d’a-
ger le traitement pen-
SYMPTOM.ITOLOGIE. Bec Vie
papuleux où hypertrophique (1) surtout fréquent sur les muqueuses. Sur les muqueuses aussi le fond du chancre peut se recouvrir d’un enduit diphtéroide. Quand la vésicule qui recouvre lulcération larde à se rompre, le chancre reste vésiculeux. Le chancre folliculaire qui se développe dans les follicules des grandes lèvres chez la femme, de la rainure du gland chez l’homme, à la face interne des cuisses, à la racine des poils, est caractérisé par la formation d'un bouton acnéiforme plus ou moins profondément ulcéreux.
Siège. — Les caractères du chancre simple varient aussi suivant son siège ;:11 se développe le plus fréquemment dans les régions génitales, mais on peut l'observer sur tous les points du revêtement cutanéo-muqueux. par inoculation primitive où par transport secondaire du pus.
1° Chancres génitaux. — Chez l’homme, dans le sillon.balano-préputial, ils s’indurent facilement et sont parfois hypertrophiques. Les chancres sousprépuliaux provoquent souvent un phénomène inflammatoire qui empèche de découvrir le gland et permet seulement de percevoir, à travers le prépuce œdématié, un empâtement plus ou moins limité; ils peuvent perforer le prépuce. Les chancres du frein se développent sur les deux faces de ce repli et, à la différence du chancre syphihlique, le perforent en tunnel sans le sectionner; mais la brèche ainsi formée est souvent rompue par des liraillements, ce qui peut amener une hémorragie; la plaie chancrelleuse s'étend le long de l'insertion du frein en forme de double raquette dont le manche fissuraire se prolonge vers le prépuce d’une part, vers le sommet du gland d'autre part. Les chancres du limbe sont fissuraires et disposés en couronne radiée autour de l'orifice prépulial. Ceux de Purètre s'accompagnent de vives douleurs et d’un écoulement purulent qui simulent la blennorragie: ils sont parfois cachés au fond de la fosse naviculaire.
Chez la femme, le chancre simple siège le’ plus souvent à la vulve, vers la° fourchette, parfois sur le clitoris, à lorifice de lurètre, sur la face interne des petites lèvres. Il est presque toujours multiple et peut envahir toute la vulve et la face interne des cuisses; l’ulcération primitive est parfois très étendue à bords épais et même végélants, el peut laisser une cicatrice chéloïdienne | Hallopeau () et Lemierre]; les inoculations secondaires ont l'aspect de folliculites. Balzer a observé un cas de chancres multiples, papuleux du vagin. Ceux du col utérin occupent la surface externe el pénètrent plus ou moins dans lorifice du col. Bernutz et de Molènes ont décrit des chancres intra-cervicaux compliqués de lésions destruclives du col et du vagin suivis d’atrésie.
2 Chancres extra-génitaux (°). — Celui de l'anus (‘) en est la variété la plus commune; il est beaucoup plus fréquent chez la femme que chez
4. E. Baupe. Contribution à l'étude du chanere simple. Th. de Lille, 1886.
2. HaLLoPEAU et LEMIiERRE. Contribution à l'étude du chancre simple chez la femme. Soc. de Dermatologie et de Syphiligraphie, 23 avril 1900.
3. A. Fournier. Les chancres extra-génitaux, Paris, Rueff, 1897. — JULLIEN. Traité des Maladies vénériennes, 2 édition, Paris, 1899, p. 332 el suiv.
4. LeRMoyez. Chancre mou et condylome de l'anus. Ann. de Dermatologie, 1882. — CRÉANGE. Les chancres mous de l'anus et du rectum. Th. de Paris, 1908. — P. RAvVAUT et B. Borp. L’anite chancrelleuse. La Presse Médicale, 5 mai 1909, n° 36, p. 515.
R. DEMANCHE.
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l'homme. Presque toujours multiple, il forme, parallèlement aux plis radiés, une-ulcération fissuraire, à bords saillants ; à l'extrémité externe la muqueuse s’épaissit en une petite tumeur qui n’est autre qu'un condylome ; l'extrémité interne-se prolonge souvent dans le canal anal, provoquant de vives douleurs et même des hémorragies au passage des matières; l'examen au spéculum après anesthésie montre une ulcération circulaire de la muqueuse qui entame parfois le bord de valvules de Morgagni mais ne gagne jamais la muqueuse rectale.
L’extrémité céphalique ne possède pas l’immunité que lui attribuaient les classiques. Le chancre simple de la lèvre, qui n'avait Jamais été vu par
SR
Fig. 4 — Chancres simples de lPanus.
(D'après un moulage du musée de l'hôpital Cochin-Ricord.)
Fournier, a été étudié par Jullien, Darier et Roussy, Balzer et François Dainville, Quevyrat et Pinard, Géraudel et P.-J. Ménard. Les chanceres de la cavilé bucco-pharyngée (1), très rares, siègent sur la langue, l'isthme du gosier, le voile du palais et coexistent presque toujours avec des chancres génitaux. M. Jeanselme (?) a observé un chancre simple du menton et M. Vignes (5) un de la conjonctive bulbaire. |
Les chancres mous sont beaucoup plus fréquents sur l'abdomen el les membres, ils résultent presque toujours d’auto-inoculations; au-dessus de lombilie, ils guérissent rapidement ; au-dessous, ils forment parfois de vastes
1. Druecze. Le chancre mou de la cavité bucco-pharyngée. Annales des Maladies vénériennes, t. V. n° 5, mai 1910, p. 356.
2. JEANSELME. Contribution à l’étude du chanere mou céphalique. Gaz. hebd. de médecine et de chirurgie, 1895, p. 581.
-3. L. Vies. Chancre mou de la conjonctive bulbaire. La Presse Médicale, 19 juillet 1899, p. 19.
COMPLICATIONS. Fasc. V. —9
ulcérations serpigineuses sans tendance à la réparation (1). Ceux des doigts (?), relativement fréquents, simulent un panaris péri-unguéal, une brûlure, une plaie simple.