PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE DU PROCESSUS CANCÉREUX
Dans les chapitres précédents, en étudiant les propriétés biologiques du processus cancéreux, nous avons été amenés à signaler quelques-uns des effets réactionnels de l’organisme au cours du développement du cancer. Il est en effet impossible de séparer complètement l'étude d’une turneur de celle de l'organisme sur lequel elle se développe, à moins de recourir à l'étude de cultures de cancer in vitro qui ne reproduisent qu'imparfaitement les conditions telles qu'elles se présentent dans l'organisme animal et humain. |
Dans le présent chapitre, nous envisagerons la question du développement du cancer sous un autre angle, et nous nous demanderons comment se comporte l’organisme vis-à-vis du cancer et quelles sont les inter-actions qui en résultent. À ce point de vue, il y a lieu de distinguer, — d’une part, l'effet du cancer sur l'organisme en général, et inversement, celui de l'organisme sur le cancer — et, d'autre part, les réactions qui semblent propres à tel ou tel cancer en particulier. Ces dernières réactions ne sont que des modalités de l’action générale du cancer sur l'organisme, et dépendent plutôt du siège de la tumeur que de son type histo-pathologique; elles font donc partie de l’étude des tumeurs propres à chaque organe et ne rentrent pas dans le cadre de cet article.
La physiologie pathologique du processus cancéreux doit être étudiée dans les trois étapes que parcourt le cancer dans son évolution :
Dans la phase locale, phase de défense, l'organisme met en jeu les éléments de défense locale contre tout corps étranger indifférent ou nocif; cette phase peut être comparée à celle de l’abcès chaud dans la pathologie générale ;
Dans la phase générale, phase de défaite, le cancer se propage et se généralise dans un organisme qui ne peut plus se défendre efficacement. Le métabolisme est modifié, les fonctions physiologiques sont troublées, le sang et les humeurs présentent des altérations assez particulières ; cette phase peut être comparée à la phase seplicémique des maladies infectieuses ; |
Dans ta phase terminale, phase de déchéance, l'organisme succombe à « l’intoxication » progressive de la cachexie cancéreuse.
Du point de vue biologique, les deux dernières phases se confondent très sensiblement ; nous les étudierons donc en même temps.