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ÉPITHÉLIOMES

On donne le nom d'épithéliome à la tumeur maligne des lissus épithéaux. Suivant la nature de ceux-ci, 11 faut distinguer :

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER. Fasc. V. — 45!

lo Les épithéliomes des revêtements malpighiens (peau et muqueuses malpighiennes) :

2° Les épithéliomes des revêtements cylindro-cubiques ou glandulaires (estomac, Intestin, utérus, etc.);

9° Les épithéliomes des parenchymes (rein, foie, etc.).

A. — ÉPITHÉLIOMES DES REVÊËÉTEMENTS MALPIGHIENS

a. — ÉPITHÉLIOMES DE LA PEAU

Ils se divisent en deux grandes variétés (Darier) :

L'ÉPITHÉLIOMA MALPIGHIEN SPINO-CELLULAIRE OU LOBULÉ Caraclérisé par l'évolution complète de la cellule malpighienne depuis le stade de la cellule basale jusqu'au stade corné. Les amas néoplasiques forment des lobules surtout constitués par des cellules malpighiennes pourvues de ponts intercellulaires.

L'ÉPITHÉLIOMA MALPIGHIEN BASO-CELLULAIRE OU TUBULÉ caractérisé par le défaut d'évolution de la cellule malpighienne néoplasique qui se divise indéfiniment sans arriver à maturation, conservant ainsi le type de la cellule basale. Les amas néoplasiques forment des travées ou des tubes composés de cellules allongées sans filaments d'union.

Cette Que rente dans les cancers des muqueuses malpighiennes, est rare à l’état de pureté dans les cancers de la peau.

Entre ces deux types principaux, il existe des FORMES INTERMÉDHIRES, dans lesquelles l’évolution complète de la cellule malpighienne (kératose mono-cellulaire) n'intéresse que quelques éléments, alors que les cellules voisines restent indifférenciées.

z. — Épithéliome malpighien spino-cellulaire.

La tumeur est formée de travées épithéliales incluses dans les couches du derme, travées composées de cellules analogues à celles de lépiderme.

Les cellules qui se trouvent immédiatement au contact du tissu conjoncüf, c'est-à-dire à la périphérie des travées, sont légèrement basophiles el ne présentent pas de prolongements protoplasmiques extra-cellulaires ; elles rappellent les éléments de la couche basale.

Celles qui occupent la partie moyenne de la travée sont pourvues de filaments d'union volumineux, elles rappellent les éléments du corps muqueux de Malpighi. Celles qui en occupent le centre se transforment progressivement en substance cornée. Comme celle substance ne peut être éliminée par desquamation — la travée tout entière se trouvant enchâssée dans le issu conjonctif du derme — les cellules s’aplatissent réciproquement et s'imbriquent, formant une sphérule que l’on peut comparer à un bulbe d'oignon : c’est la perle ou le globe épidermique. Il en existe deux variétés

1° Les globes où la kératinisation se fait comme dans l’épiderme normal, les STE passant progressivement par les stades de cellules granuleuses (éléidine en grains); de cellules lucides (éléidine en flaques); de cellules

Gusrave Roussy et Maurice Wozr

cornées (kératine). Ce sont les globes kératosiques lrès fréquents dans les élats précancéreux comme le papillome, les radiodermites. Ils peuvent se rencontrer dans les cancers cutanés.

> Les globes où la kératinisation se fait comme dans l’épiderme pathologique du psoriasis, de l’eczéma, etc. (parakératose) ; les cellules passent directement au stade corné sans l'intermédiaire du stade granuleux, mais

couche.

cornée.

derme. corps muqueux de Malépithé- pighi.

lium.

globes boyaux épidercancé- miques.

l'eUX.

stroma.

infiltrat de cell.

néoplasiques.

vaisseau. conjonctif.

Fig. 13. — É‘pithélioma malpighien spino-cellulaire. Gross. : 40/1 (Roussy).

Fragment d’un épithélioma cutané prélevé par biopsie.

Sous l’épithélium à revêtement corné, on voit de nombreux boyaux cellulaires sans continuité avec la couche superficielle sur le point examiné, mais de structure analogue. On reconnait à la périphérie de ces boyaux des cellules rappelant les cellules basales épidermiques, et à leur centre, les cellules du corps muqueux de Malpighi. En de nombreux points, on voit des masses lamellaires plus ou moins arrondies, les « globes cornés ou globes épidermiques ». L'examen de la préparation à un plus fort grossissement montre les atypies cellulaires et les monstruosités signalant l’activité de la tumeur. :

en revanche les cellules cornées conservent leur noyau. Ces globes parakératosiques, sont de beaucoup les plus fréquents dans les cancers malpighiens (fig. 21).

CARACTÈRES DE MALIGNITÉ DES ÉPITHÉLIOMAS. — 1° Monstruosités cellulaires. — Rares dans certaines tumeurs, elles se retrouvent cependant dans

un certain nombre de cancers de ce type. Elles portent :

Sur le noyau qui est augmenté de volume, de forme bourgeonnante avec mitoses normales ou atypiques, non seulement au niveau des cellules de la couche basale périphérique des boyaux néoplasiques, mais encore en pleine travée ; augmentation de volume du nucléole.

Sur le protoplasme : exagération de l’ectoplasme (filaments d'union plus

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER. Fasc. V. — 453

marqués); inclusions de fragments de noyaux provenant des cellules voisines. ou même inclusions de cellules entières, kératinisées (pseudo-parasites). Sur le rôle physiologique : la cellule malpighienne cutanée normale Joue avant tout un rôle de protection pour l'organisme : — par les terminaisons nerveuses qui s'y épanouissent, elle est le point

cellule avecerains centre fragments lymphocytes. d'éléidine. corné. nucléaires.

plasmo- cellule figures pseudo: cell. à épine cytes. épithéliale parasitaires. du corps malpighienne. muqueux.

Fig. 14. — Globe épidermique duns un épithélioma inalpighien.

Gross. à l'immersion : 425,1 (Roussy).

I s’agit d’un point de la préparation précédente, vu à un plus fort grossissement. L'évolution cornée n’est ici qu'au début. A la périphérie, on reconnait les cellules épithéliales polyédriques, reliées par les ponts inter-cellulaires ou épines de Ranvier, qui donnent un aspect pointillé aux interstices. Les noyaux sont bien colorés, pourvus d’un nucléole net. Mais à mesure qu’on s'approche du centre du globe, les cellules s’aplatissent, deviennent effilées, chevauchent les unes sur les autres; bientôt leur masse protoplasmique devient plus claire; çà et là apparaissent de petites cavités avec, au centre, des masses chromatiques. Ces aspects sont des phénomènes de dyskératose, pris à tort pour des inclusions parasitaires et dus à des malformations nucléaires par fragmentation.

__ Plus en dedans, les cellules présentent des granulations foncées, les grains d’éléidine qui annoncent la transformation cornée prochaine de la cellule épithéliale. Bientôt, en effet, les cellules s’aplatissent de plus en plus, deviennent claires, presque acidophiles, le noyau disparaît, il ne reste plus qu’un bloc homogène de substance cornée, entouré par des cellules aplaties, disposées en bulbe d’oignon.

de départ des sensations de tact, de chaleur, de douleur qui provoquent les

réflexes défensifs ; — par sa transformation superficielle en couche cornée régulière (la

corne est une substance particulièrement résistante aux agents physicochimiques), elle protège l'organisme contre ces agents ;

GusTAvE Roussy et Maurice Wozr.

— par son engrenage exact avec les cellules voisines, el peut-être aussi par la qualité des liquides intercellulaires sécrétés, elle s'oppose à la pénétration dans le derme des microbes qui pullulent à la surface de la peau, el inversement rend très difficile la diapédèse des leucocytes à travers lépiderme.

Au contraire, la cellule cancéreuse est sans connexion avec les terminaisons nerveuses el tout Lissu cancéreux est par lui-même dépourvu de sensibililé ; .

— elle est facilement vulnérable par les agents physiques et chimiques (propriété utilisée dans tous les’traitements médicaux locaux) ;

— elle laisse pénétrer les microbes de dehors en dedans, et les leucocytes de dedans en dehors, de telle sorte que la surface d’un cancer de la peau est toujours plus ou moins suintante el purulente.

9% Envahissement destructif. — Les travées épithéliomateuses franchissent la basale; elles peuvent non seulement pénétrer le derme et l'hypoderme, mais encore s’enfoncer dans tous les tissus sous-jacents, muscles, os, etc.

Les lissus normaux, au contact d’une tumeur proliférante, ne présentent pas les réactions de défense (les métaplasies), qui existent dans les inflammations au voisinage de l'épine inflammatoire. Ils entrent en cytolyse et fondent en quelque sorte pour laisser place aux cellules cancéreuses intruses. | Cette cylolyse est probablement due à la sécrétion de ferments destructeurs du protoplasma (voir Biologie du cancer).

5° Métastases. —— Les métastases, c’est-à-dire les colonisations à distance des éléments cancéreux dans les divers organes, sont possibles mais plutôt rares dans les épithéliomas cutanés: c'est le principal facteur de leur bénignité relative, peut-être due à la pauvreté des Lissus en vaisseaux lymphaliques.

Elles sont, au contraire, de règle dans les épithéliomas des muqueuses malpighiennes où elles se font surtout par les vaisseaux Iymphatiques, ici très nombreux, avec prolifération dans les ganglions.

VARIÉTÉS DES ÉPITHÉLIOMES MALPIGHIENS SPINO-CELLULAIRES. — La corne cutanée, de calibre el de longueur variables, peut, à titre exceptionnel, atteindre le volume et la longueur d’une corne de bélier, dont elle présente lincurvalion.

Elle se développe presque toujours sur une kératose sénile, principalement à la face, sur le cuir chevelu, les organes génilaux externes, les points de frottement : coude, genou, talon. Son développement est très lent (plusieurs années), mais quand elle tombe ou qu'on l’extirpe, elle récidive.

L'épiderme présente, au voisinage de la corne, la structure de la kéraose sénile; mais, au lieu de quelques globes épidermiques superficiels, apparaissent d'énormes masses kératosiques agglutinées. Au-dessous, on voit, envahissant le derme, des travées d'épithélioma spino-cellulaire avec perles caractéristiques et quelques monstruosilés nucléaires. C’est du cancer, comme le montrent les récidives et même parfois l’évolution infiltrante.

L'épithélioma papillaire ou végétant se développe soit sur une kératose

sénile (cas le plus fréquent), soit sur des lésions inflammatoires chroniques (eczéma des blanchisseuses). Le revêtement corné manque quand il naît au niveau des muqueuses malpighiennes.

On le rencontre surtout à la face, sur le dos des mains, au niveau du

capsule conjonctive.

substance follicul.

mélastase cancéreuse.

métastase.

zone de dégénérescence.

axe conjonclif.

travée conjonctive.

substance follicul.

normale.

boyau cancéreux.

follicule clos :

boyau

épithélial.

ébauche d'acini.

substance

follicul.

Fig. 15. — FÆpithélioma secondaire d'un ganglion (Roussy).

A, Ganglion de la petite courbure de l'estomac dans un cas d’épithélioma du pylore. C’est à peine si l’on retrouve quelques traces de tissu Iymphoïde, toute Ia surface ganglionnaire est occupée par les amas néoplasiques (Gr. 25/1). — Un fort grossissement, (150/1)(B), montre dans ces cellules toutes les modifications cytologiques des tumeurs malignes : noyaux bourgeonnants, divisions nombreuses souvent atypiques, etc... L'ordination des cellules est ici anarchique et rien, à part quelques ébauches d’acini, ne rappelle l’organe d’où elles dérivent (épithélioma atypique). Seule leur nature épithéliale est encore reconnaissable.

cou; mais il peut apparaître, quoique rarement, dans toutes les autres parties de la surface du corps.

Il débute par une élevure verruqueuse qui reste longtemps telle; puis, presque toujours à la suite de traumatisme, elle s'étale en disque saillant, limité par un rebord relevé en ourlet. Le centre se hérisse de villosités

GusraAve Roussy et Maurice Wozr.

recouvertes de croûles cornées, la saillie de la tumeur peut atteindre le volume du poing et même davantage. Les sillons anfractueux laissent suinter un liquide purulent, chargé de débris de corne et même parfois de sang.

Les ganglions lymphatiques sont généralement indemnes et les tissus profonds sont longtemps respectés; toutefois cette variété, plus souvent que la précédente, peut subir une évolution infiltrante.

Au point de vue histologique, l’épithéliome papillaire a la structure du spino-cellulaire, pris comme type dans notre description d'ensemble. Cependant, il n’est pas rare de trouver dans les épithéliomes végélants, à côté des formations perlées nettes et volumineuses, des zones souvent étendues de dyskératoses mono-cellulaires.

Le cancroïde plongeant ou infiltrant, est la forme de beaucoup la plus maligne au niveau des muqueuses malpighiennes. Elle est relativement rare à la peau où elle apparaît surtout sur les inflammations chroniques : cicatrices de brûlures, de lupus, radiodermite chronique. Il offre, au début, le même aspect que l’épithélioma végétant. On constate la formation d’une verrue saillante à rebord induré, mais le centre, au lieu d'émettre des végétations villeuses, se creuse d’une ulcéralion à bords irréguliers, à fond sanieux el hémorragique. L’ulcération repose sur une base indurée, profondément enchâssée dans les tissus sous-jacents.

L'image histologique est la même que dans l’épithélloma végétant, mais les zones dyskératosiques sont plus fréquentes et plus étendues. En outre, les fusées néoplasiques envahissent et détruisent les tissus sous-jacents, muscles, glandes, os. Les lymphatiques sont thrombosés, les ganglions envahis par les cellules cancéreuses. C'est un des cancers cutanés les plus malins.

B. — Épithéliome malpighien baso-cellulaire.

L'épithélioma baso-cellulaire est formé de travées néoplasiques en forme de tubes et constituées par des cellules du type basal (cellules ovalaires ou fusiformes, sans épines). -

Il apparaît ordinairement chez le vieillard, au niveau de la crasse sénile. Mais tandis que dans la simple kératose sénile, les éléments les plus superficiels subissent l’évolution cornée et que les éléments des couches moyennes présentent encore quelques rudiments d'épines cellulaires, dans l'épithéhioma baso-cellulaire, au contraire, il n’y a plus du tout d'évolution cornée. Au centre des plus grosses travées, les cellules trop éloignées des apports nourriciers fournis par les vaisseaux du stroma peuvent dégénérer (pycnose du noyau, acidophilie du protoplasma), mais cette dégénérescence ne présente pas les réactions histochimiques de la kératose. Les cellules conservent le type des cellules basales et sont, par conséquent, dépourvues de prolongements inter-cellulaires. De plus, ces cellules, pressées les unes contre les autres, s'allongent souvent démesurément et, par pression mécanique, arrivent à simuler des cellules conjonctives fusiformes.

Aussi l'erreur de diagnostic entre un épithélioma baso-cellulaire (t. épithéliale) et un sarcome (t. conjonctive) est-elle souvent faite. Pour l’éviter

on se rappellera que les travées néoplasiques de l’épithéliome sont toujours distinctes du stroma conjonctif et que les cellules n’entrent jamais en contact direct avec les cavités sanguines, comme c'est le cas dans les tumeurs conjonctives malignes.

Les caractères de malignité des épithéliomes baso-cellulaires sont les mêmes que ceux des épithéliomas spino-cellulaires. Les monstruosités cellulaires sont

coupe per-

prolon- pendicul. COrps

gement d'un pro- muqueux

inter-pa- longement de couche boyaux pillaire. interpapil. Malpighi. cornée. cancéreux.

glande glande fibres stroma.

sébacée. sudoripare. muscul.

lisses.

Fig. 16. —: Épithélioma baso-cellulaire de la peau. Faible gross. : 59/1 (Roussy).

Cancroïde de la joue, appelé encore Épithélioma plan cicatriciel. — Biopsie.

Cet épithélioma s'oppose nettement à la forme précédente par l’absence de tout globe corné et la nature des cellules qui constituent les tubes néoplasiques : uniformité des éléments dont le protoplasma présente la même affinité tinctoriale, à la périphérie et au centre des traînées néoplasiques et dont l'aspect est celui des celules de la couche basale de lépithélium.

L’infiltration du tissu cellulaire sous-cutané par les boyaux néoformés signale la nature maligne de la lésion. |

moins accentuées dans les baso-cellulaires ; mais, sur une préparation de quelque étendue, on peut loujours en déceler quelques-unes. L'envahissement destructif varie avec la variété analomo-clinique considérée, mais 1l est peut-être encore plus prononcé que dans l’épithélioma spino-cellulaire. Les métastases ganglionnaires ou viscérales n'existent pas.

VARIÉTÉS DES ÉPITHÉLIOMES MALPIGHIENS BASO-CELLULAIRES. — L'épithéliome plan cicatriciel se développe, le plus souvent, sur une plaque de crasse sénile et siège ordinairement à la face. Au début, la crasse se recouvre de croûtes épaisses, qui desquament et se renouvellent sans

Gustave Roussy et Maurice Wozr.

cesse, puis finissent par faire place à une petite ulcération, dont les bords ne font point de saillie (épithéliome plan).

Cette ulcération tend, en certains points de sa périphérie, à l'extension superficielle en peau saine voisine ; en d’autres points, elle tend, au contraire, à la cicatrisation spontanée, laissant derrière elle une cicatrice déprimée, atrophique. La zone cicatricielle est généralement bordée par un chapelet de petites élevures grisâtres que l’on compare à des perles (Darier).

axe conjJoncelif.

milose.

cellule milose. épith.

Lype basal.

axe conjonctif.

Fig. 17. — Épithélioma baso-cellulaire de la peau. Fort gross. : 40/1 (Roussy).

Même préparation que la figure précédente.

En bas, les cellules dont on voit mal les limites sont rangées régulièrement: leurs noyaux assez volumineux sont disposés en palissade. Plus haut, elles sont disposées sans ordre; les noyaux sont arrondis ovalaires ou même fusiformes, fréquemment monstrueux. On ne retrouve pas la forme cellulaire polygonale du corps muqueux de Malpighi, absence de ponts protoplasmiques entre les éléments; enfin présence de fréquentes mitoses, souvent atypiques, signalant avec les formes nucléaires monstrueuses la malignité de la tumeur.

Il ne faut pas confondre ces perles macroscopiques avec les perles histologiques ou globes cornés, qui font précisément défaut dans cette variété de cancer, puisque c'est un épithélioma baso-cellulaire.

Cet épithélioma plan cicatriciel, très rebelle à la thérapeutique, a une évolution serpigineuse qui peut durer jusqu'à 20 et 50 ans; il finit par creuser en profondeur et envahir les muscles et les os.

Il est formé histologiquement d’épaisses travées de cellules atypiques, avec stroma grêle au centre de l’ulcération; de travées grèles avec stroma fibreux très dense à la périphérie dans les zones cicatricielles.

L'ulcus rodens est la forme la plus fréquente et la plus bénigne des cancers de la peau; il se développe toujours sur des sujets âgés, le plus sou-

ON APONTI ER PATIO POCIOUE DU CANCERANEas0 Ve 2109

vent sur des crasses séniles et siège, habituellement, à la face et au cou.

Il se présente comme une ulcéralion à base un peu indurée, souvent entourée d'un bourrelel, mais sans perles macroscopiques. L’ulcération peut durer des années sans s’accroître notablement, mais abandonnée à elle-même, elle finit presque toujours à la longue par s'étendre en superficie el profondeur. Cette variété peut même se transformer en variété infillrante à évolulion maligne rapide, qu'une action thérapeutique préventive peut permettre d'éviter.

Au point de vue histologique, c'est un épithélioma baso-cellulaire à lravées très grêles el à stroma scléreux très abondant. Les cellules néoplasiques sont souvent élirées, de manière à simuler des éléments conjonctifs.

L'épithéliome térébrant (forme infiltrante et mutilante) est la forme de beaucoup la plus maligne de tous ces cancers de la peau.

Elle est le plus souvent l’aboulissant d'une des deux variétés précédentes non soignée, mais elle peut apparaître d'emblée sans que l’on puisse, actuellement, en définir les causes déterminantes ; son évolution est alors rapide (Darier).

L'épithéliome térébrant est caractérisé par une ulcération qui progresse lentement en surface, mais creuse, par contre, rapidement en profondeur ; muscles, os, sont rapidement envahis et détruits. C’est dans cette variété que l’on voit parfois les extraordinaires mutilations de la face, dont nous donnons plus loin un exemple personnel (fig. 85; p. 565).

Au microscope il offre rarement l’image histologique d’un épithélioma baso-cellulaire pur et présente presque loujours des zones étendues de kératose mono-cellulaire, de nombreuses formes de divisions et de muliples monstruosités cellulaires.

Les diverses variélés de cancer de la peau que nous venons de décrire peuvent évoluer l’une dans l’autre. C’est ainsi que L'on voit un épithélioma papillaire devenir un cancroïde plongeant, un ulcus rodens aboutir à un épithélioma lérébrant.

Le CGylindrome est une variété un peu particulière de lépithélioma malpighien. Il est caractérisé essentiellement par la présence, au sein des masses néoplasiques, de cavités vides ou remplies d’une substance d'aspect mucoïde ; ce sont les corps oviformes de Malassez qui donnent à la tumeur son aspect particulier. La nature de ces tumeurs a été longtemps discutée ; on considère généralement aujourd'hui le cylindrome comme un épithélioma basocellulaire remanié par un processus de dégénérescence particulière.

Son siège d'élection est la région céphalique (orbite, maxillaires, région parotidienne, cuir chevelu, etc.); exceptionnellement, il se rencontre au niveau de la vulve ou de la région sacrée. Son volume est assez réduit, ne dépassant que très rarement la taille du poing. Sa surface extérieure est tantôt lisse et régulière, tantôt irrégulière, bosselée. Les téguments qui recouvrent la Lumeur sont, le plus souvent, abondamment vascularisés el parcourus par un réseau bleuître; l’ulcération superficielle est exceptionnelle. L'évolution du cylindrome est extrêmement lente; il s’accroit peu à peu, mais n'envahit pas les tissus avoisinants el ne fait jamais de métas-

GusraAve Roussy et Maurice Worr.

tases. En somme, cette tumeur se comporte généralement comme une tumeur bénigne.

A la coupe, on peut observer deux aspects différents, suivant que l’on a affaire à une tumeur petile, Jeune, ou, au contraire, à une lumeur ancienne, volumineuse, datant de plusieurs années. Tandis que, dans le premier cas,

épith. malpigh.

cutané. —

boyaux néoplasiques.

Corps oviformes.

axe conjonctif en voie de dégénérescence.

Fig. 48. — Cylindrome de l’angle externe de l'œil (Roussy).

La tumeur n’est autre qu’un épithélioma d'architecture baso-cellulaire, mais comportant des globes épidermiques ébauchés. Son origine malpighienne n’est pas contestable. Son action sur le tissu conjonetivo-vasculaire par contre est particulière et provoque la formation de ces plages amorphes qui correspondent aux axes conjonctifs dégénérés. Dans le cas présent, tumeur très jeune; on saisit nettement le mode de formalion de ces corps oviformes. Sur des tumeurs plus anciennes l’activité de la tumeur est ralentie par une transformation hyaline du stroma qui encercle les amas néoplasiques et provoque souvent alors leur dégénérescence (Gr. 25/1).

on constate une masse souvent mal limitée, gris blanchâtre, de consistance assez ferme, dans le second, par contre, la tumeur est généralement cerclée par une coque fibreuse et mêmé divisée par des cloisons fibro-hyalines secondaires. Les zones ramollies, d'aspect gélatineux, sont fréquentes dans ce Cas.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER. Fasc, V. — 461

Au microscope, la masse néoplasique est constituée par un bourgeonne-

épithélium malpighien de revêtement.

ulcération superficielle.

boyaux épithéliomateux.

stroma PERS , à : amas creuses conjonctif. dacatites contenant les corps oviformes.

boyaux épithélio-

mateux basocellulaires.

axe conjonclif dégénére.

ébauche de

globe épiderm.

globe épiderm.

stroma

vaisseau. à x ’ conjonctif.

Fig. 19. — Cylindrome (région temporo-pariétale). Aspect général (A. Gr. 10/1) et détails cellulaires (B. Gr. 50/1) (Roussy).

Tumeur de la taille d’une mandarine évoluant depuis 7 ans, chez une femme de 11 ans. La tranche de section montrait une série de petites logettes laissant sourdre par la pression des corps oviformes.

Un lobule de la tumeur se montre formé (fig. B) d’une masse compacte d'éléments cellulaires rappelant la morphologie de l’épithélioma baso-cellulaire. Cette masse présente des cavités contenant une substance granuleuse et où l’on retrouve souvent quelques cellules conjonctives et parfois même un capillaire surtout dans les tumeurs jeunes. On note de plus des masses pleines d'aspect tourbillonnant, véritables globes épidermiques, à des stades divers d'évolution. En somme, épithélioma malpighien de forme intermédiaire dans lequel la dégénérescence du stroma conjonctivo-vasculaire réalise l'aspect cylindromateux.

GusTAvE Roussy et Maurice Wozr.

ment épithéliomateux, dont l’activité cellulaire est en fonction inverse de l’âge de la tumeur et de l’importance de la gangue scléreuse périphérique.

Dans les cylindromes très jeunes, les bords des amas épithéliomateux principaux sont hérissés de bourgeons néoplasiques qui s'insinuent dans le issu conjonclif, le dissociant plus ou moins finement. Au contact de ces points d'expansion de la tumeur débute la dégénérescence du tissu conjoncUf.

Dans l'épaisseur des masses épithéliomateuses, on constate l’existence des corps oviformes, cavités de forme variable, contenant une substance amorphe, mucoïde, qui possède des affinités tincloriales métachromatiques. Ces corps oviformes contiennent parfois un capillaire dont on peut, dans quelques cas heureux, saisir les connexions intimes avec le tissu conjonctif dans lequel se développe la tumeur.

Ces zones dégénérées ne sont, en quelque sorte, que la séparation suivie de dégénérescence, d’ilots conjonclifs isolés par l’extension du néoplasme (Leroux).

Le cylindrome ancien présente un aspect qui semble à première vue très différent de celui du cylindrome jeune. Le tissu conjonctif a subi une dégénérescence hyaline. La masse néoplasique est encapsulée dans des bandes fibreuses souvent épaisses ; elle est cloisonnée à l’intérieur par un réseau hyalin plus ou moins serré. De la sorte, le tissu épithéliomateux peut se trouver réduit à son expres ssion la plus simple et l’on ne voit plus parfois que deux ou trois minces rangées épithéliales limiter de vastes plages anhistes (corps oviformes).

La dégénérescence initiale des axes conjonclifs intra-néoplasiques provoque à son tour des remaniements structuraux secondaires (Leroux); les bourgeons les plus éloignés du tissu conjonctif encore vasculaire dégénèrent à leur tour. Ainsi peuvent naître secondairement de nouvelles cavités par désintégration du tissu tumoral lui-même. |

En somme, le terme de cylindrome ne s'applique pas à une tumeur spéciale, mais bien à un aspect architectural revêtu par une tumeur épithéliale, dont le stroma conjoncüif subit une dégénérescence mucoïde pouvant entrainer secondairement la désintégration des boyaux épithéliaux. A ce titre on peut le rapprocher des épithéliomas colloïdes du sein ou du tube digestif, qui seront étudiés plus loin.

Il ya heu de noter, d’ailleurs, que l'aspect cylindromateux peut se rencontrer dans les tumeurs les plus diverses, d’une façon plus discrète et plus parlielle, 1l est vrai, que dans les épithéliomas næviques ou baso-cellulaires de la face qui ont servi ici de Lype de description du cylindrome.

y. —— Formes intermédiaires des épithéliomas malpighiens.

Au point de vue histologique, la délimitation entre les épithéliomas spino-cellulaires et les épithéliomas baso-cellulaires, si facile dans les cas tranchés, peut être parfois difficile. Les dyskératoses mono- ou pluricellulaires, l’ordination concentrique de quelques cellules constituant l’'ébauche d’un globe épidermique sont fréquemment rencontrées dans des

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tumeurs à cellules basales. Ce ne sont pas des épithéliomas spino-cellulaires, ni des baso-cellulaires purs mais bien un (ype spécial que nous ran-

muqueuse malpisghienne normale.

boyaux néoplasiques coupés en différents sens.

repli oblique de la muqueuse.

tissu cellulo- STraisseux.

boyau néoplasique.

couche cellulaire à tvpe basal.

ébauche de globe parakératosique.

stroma

conjonclif. mitose.

Fig. 20. — Épithélioma malpighien de la muqueuse anale. Forme intermédiaire (Roussy).

La figure A montre l’ensemble de la tumeur dont l'architecture rappelle celle d’un épithélioma baso-cellulaire (Gr. : 20/1). Cependant, à un plus fort grossissement (1:0/1) (fig. B), on distingue nettement la différence entre l’ordination assez régulière en palissade des cellules périphériques et le bouleversement des cellules centrales. Celles-ci, au centre de la figure, amorcent l’enroulement du globe épidermique, ici à peine ébauché, mais déjà suffisant pour justifier la place donnée à cette forme d’épithélioma qui se rapproche à la fois du spino et du baso-cellulaire.

geons dans le groupe des formes intermédiaires. Celles-ci, fréquentes dans

la peau, se rencontreront surtout au niveau des muqueuses malpighiennes, en parliculier au niveau du col de l'utérus.

GusTAveE Roussy et Maurice Worr.

b. — ÉPITHÉLIOMA DES MUQUEUSES MALPIGHIENNES

Les muqueuses malpighiennes sont celles qui servent de revêtement à la cavité buccale, à l’æœsophage, à l'anus, à la vulve, au vagin et à la portion vaginale du col de l'utérus, au gland. Leur structure est très sensiblement analogue à celle du revêtement cutané; elle s’en différencie, cependant, par certains caractères. La muqueuse malpighienne présente,

cellule malp.

e ponts inter-cellul.

cellule sans

éléidine.

noyau débris 9 nucléaire.

celluletmalp Fig. 21. — Globe épidermique parakératosique dans un épithélioma de la peau.

Gross. : 450/1 (Roussy).

On rencontre fréquemment dans certains épithéliomas d’origine malpighienne une simple tendance à l’ordination concentrique des cellules, qui permet de ranger ces tumeurs dans les formes intermédiaires entre les spino-cellulaires et les baso-cellulaires. Ces enroulements cellulaires se distinguent du globe kératosique par la persistance-des noyaux cellulaires au sein de la masse centrale. Phénomène analogue à ce qui se passe dans la parakératose de la peau (psoriasis) ou des muqueuses malpighiennes (leucoplasie) d’où son nom de globe parakératosique.

comme l’épithélium cutané, un derme ou chorion et un épithélilum de révèêtement. Celui-ci comprend, comme dans la peau, une couche de cellules basales et un corps muqueux de Malpighi formé de cellules cubiques à prolongements inter-cellulaires. Ces cellules du corps de Malpighi s’aplatissent légèrement en surface où elles sont constamment lubréfiées par les liquides sécrétés par les glandes muqueuses. Contrairement donc à la peau, la couche de cellules à éléidine (couche granuleuse) et la couche cornée manquent 1C1.

Mais, à l’état pathologique, au cours de l’inflammation ou à la suite d'irritation mécanique, la muqueuse malpighienne peut subir une kératinisation marquée par l'apparition d’une couche granuleuse (cellules à éléi-

dine) el des cellules cornées qui souvent conservent leurs noyaux (paralréralose). Cette épidermisation muqueuse correspond, en clinique, à la leucoplasie.

On comprend donc que les épithéliomas développés aux dépens des muqueuses malpighiennes présentent, au point de vue anatomique, des types très analogues à ceux des revêtements culanés.

Le cancer de la langue et celui du col de l'utérus sont parmi les épithéliomes muqueux les plus fréquents.

L'aspect macroscopique permet d'en décrire différentes formes objectives :

1° Une forme végélante, caractérisée par des proliférations papillaires

Fig. 29. — Épithélioma du col de l'ulérus. Forme végétante. (Coll. du Lab. d'Anatomie pathologique).

nombreuses, saignantes et suinlantes, reposant sur une base indurée.

2 Une forme ulcéreuse, à bord irrégulier, déchiqueté, à fond sanieux, sécrélant un liquide fétide, souvent hémorragique.

9° Une forme infiltrée, superficielle ou profonde, formant un nodule ou un placard induré qui, à un moment donné, aboutit à la surface el s’ulcère.

Les varietés histologiques sont les mêmes que celles décrites pour les épithéliomas eutanés.

L'épithélioma spino-cellulaire ow lobulé est le type le plus fréquent, au niveau de la langue. Les ponts inter-cellulaires y sont beaucoup parfois plus marqués que dans les cancers de la peau. L’envahissement destructif y est beaucoup plus précoce et rapide et se traduit par une infiltration profonde de la langue et du plancher de la bouche.

Contrairement aux cancers de la peau, où elles sont exceptionnelles, les métastases sont ici la règle ; elles se font presque exclusivement par les voies lymphatiques et intéressent, avant tout, les ganglions sous-angulomaxillaires el carotidiens. |

L'épithélioma baso-cellulaire vu tubulé des muqueuses diffère peu de

GusraAve Roussy et Maurice Wozr.

celui de la peau: les monstruosités cellulaires (noyaux bourgeonnants et miloses irrégulières) y sont beaucoup plus abondantes.

La forme intermédiaire (ou dyskératosique) est la forme la plus fréquemment rencontrée au niveau de la muqueuse buccale et du col de lutér'us.

C'est dans les cancers dyskératosiques de la langue qu'on a décrit les plus beaux exemples de pseudoparasites par monstruosités archoplasmiques (irrégularilé, sphères attractives) ou par kératose unicellulaire monstrueuse avec inclusion des cellules kéralinisées dans les cellules voisines.

Le plus souvent, les cancers de la cavité buccale ont une structure composite ; si l’on fait des coupes étendues des diverses parties d’une tumeur volumineuse, on est frappé de voir qu'à côté de zones riches en globes cornés existent des plages composées de cellules non différenciées, ou encore des travées épithéliales où pullulent les figures de dyskératose et les formes de transition.

c. — TUMEURS DES MUQUEUSES VOISINES DES MALPIGHIENNES PAR LEUR STRUCTURE ET LEURS RÉACTIONS PATHOLOGIQUES

Tumeurs des muqueuses urinaires.

Les calices et le bassinet du rein sont Lapissés par un épithélium prismatique stratifié, épais, dont les couches superficielles ne présentent pas l’aplatissement que l’on observe dansles muqueuses malpighiennes typiques. Les cellules ne sont pas unies entre elles par des prolongements apparents.

Cet épithélium prismatique donne naissance à des épithéliomes végétants qui peuvent oblitérer la lumière du bassinet, pénétrer et infiltrer le parenchyme rénal et se comporter comme les cancers du rein les plus malins. Les cellules qui forment la tumeur deviennent polygonales et rappellent la structure des éléments du corps muqueux des muqueuses malpighiennes vraies. Elles présentent des figures de dyskératose et forment souvent des globes épidermiques. Ce sont les épithéliomas malpighiens du bassinet.

L'épithéllum normal de la vessie est constitué par un épithélium pavimenteux stratifié, mais la couche superficielle est formée d’une assise de grosses cellules aplaties mullinueléées.

On trouve dans la vessie des papillomes à végétations très finement ramifiées dont le revêtement conserve le Lype vésical: avec présence fréquente de filaments d'union entre les cellules. Les papillomes enlevés chirurgicalement récidivent souvent, et il existe tous les intermédiaires entre ces tumeurs bénignes et les épithéliomes.

L’épithéliome de la vessie revèl habiluellement un aspect tubulé, identique par sa structure à l’épithélioma baso-cellulaire des revêtements malpighiens vrais. Il peut présenter des formes cellulaires dyskératosiques, et mème donner naissance à des formations concentriques rappelant très exactement la structure des globes épidermiques. Au point de vue histophysiologique, la kératine de ces globes paraît quelque peu différer de la

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER. Fasc. V. — 467

kératine vraie en travée. En toul cas on ne trouve jamais de substances analogues à l’éléidine.

L'urètre présente, à l’élat normal, le même revêtement épithélial que les voies urinaires supérieures, mais dans l'inflammation chronique (rétrécissement) les couches superficielles s’aplatissent el se kératinisent; on assiste à une transformation malpighienne cornée par mélaplasie comme dans la leucoplasie des muqueuses malpighiennes:

Les épithéliomes de l'urètre se développent presque toujours sur des rétrécissements anciens, et présentent la structure des épithéliomes malpighiens vrais: rarement baso-cellulaires purs, ils revêlent ordinairement le type intermédiaire, parfois celui à globes épidermiques. Dans ces deux dernières formes on peut mettre en évidence des épines inter-cellulaires souvent très nettes. |

Tumeurs des muqueuses respiratoires.

A l’état normal le larynx est lapissé par un épithélium cylindrique stratifié dont les cellules superficielles sont munies de cils vibratiles, sauf au niveau de la corde vocale inférieure tapissée par une muqueuse malpighienne.

A l’état pathologique, dans les inflammations chroniques, lépithélium cylindrique peut s’aplatir, perdre ses cils et se rapprocher plus ou moins de l’épithélium malpighien (mélaplasie inflammatoire).

Dans les tumeurs du larynx, papillomes et épithéliomes, 1l faut distinguer :

1° Les tumeurs de la corde vocale inférieure, tumeurs réellement malpighiennes;

2° Les lumeurs malpighiennes développées sur l’épithélium cylindrique métaplasié des autres parties du larynx.

Les premières sont plus fréquentes et peuvent donner naissance aux épithéliomes spino-cellulaires à globes épidermiques, les plus beaux qu'on puisse voir.

Mais les tumeurs nées en d’autres régions du larynx peuvent s’en rapprocher beaucoup par leur structure.

La trachée et les bronches à l’élat normal sont lapissées par une muqueuse cylindrique, de même structure que la portion respiratoire du larvnx. Dans les inflammalions chroniques, comme les bronchectasies anciennes, apparaissent Fig: %5.—Epithélioma primitif du pou-

x PR sARS : , | mon. Type malpighien.

1 aplatissement el une stralification (Coll. du Lab. d' Anatomie pathologique).

Gusrave Roussy et Maurice Worr.

AGS LE CANCER:

avec structure malpighienne de la muqueuse. Les tumeurs qui naissent aux dépens de ce revêtement métaplasié sont des épithéliomes végélants avec figures de dyskératose, et même globes épidermiques. |

Il est impossible le plus souvent de savoir si un cancer du poumon a eu pour point de départ les petites bronches ou les alvéoles, tapissées à létat normal par une seule assise de cellules épithéliales très aplaties.

Dans le cancer primitif du poumon, la forme malpighienne avec figures de dyskératose et globes épidermiques est de beaucoup la plus fréquente.

B. — ÉPITHÉLIOMES DES REVÉTEMENTS CYLINDRIQUES OU GLANDULAIRES

Ce sont les néoformalions épithéliales malignes développées aux dépens des muqueuses à revêlement cylindro-cubique. On sait que ces muqueuses

amas anthrac.

cloison inter-alvéol.

cell. type basal globe cornée | cell. monst.

à noy, bourg.

gl. corné en partie dégénéré

Fig, 24. — Épithélioma malpighien du poumon. Gross. : 250/1 (Roussy).

Il s’agit d’un cancer primitif du poumon chez un homme de 54 ans, cancer associé à une tuberculose cavitaire.

Les revêtements bronchiques ou alvéolaires ont subi une métaplasie du fait de inflammation chronique et ont pris le Lype malpighien. On reconnait, en bordure de l'axe conjonctif centrant la figure, une première assise cellulaire disposée en palissade et assez comparable à la couche basale de l’épithélium malpighien: elle est recouverte par une série de cellules polygonales à caractère nettement malpighien. Ces dernières, en plusieurs points, se disposent concentriquement et constituent de véritables globes épidermiques dont le centre apparait plus ou moins amorphe.

Tumeur à type nettement malpighien, mais dont l’origine bronchique ou alvéolaire ne peut pas être précisée. L'existence d’un épithélioma de ce genre, chez un tuberculeux pulmonaire chronique, mérite d’être soulignée étant donné l'intérêt qui se rattache à la question de l'association de la tuberculose et du cancer.

sont du {ype glandulaire et qu’elles envoient dans la profondeur du chorion des dépressions glandulaires dont l’épithélium n'est qu'une modification de celui de revêtement des conduits. Les épithéliomes de ces revêlements

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER. Fasc. V. — 469

reproduisent donc, d’une façon plus où moins typique, l'aspect cylindrique et glandulaire, Leur origine exacte est difficile à préciser et l’on ne sait s'ils parlent de lépithélium de revètement muqueux ou de celui des cryptes olandulaires: c’est pourquoi nous les désignons indifféremment sous le nom d'épithélioma cylindrique ou glandulaire.

On rencontrera ces tumeurs au niveau du tube digestif (du cardia à

Fig. 95. — Epithélioma cylindrique prépylorique de la petite courbure de l'eslomac (Coll. du Lab, d’'Anatomie pathologique).

l'anus), de l'utérus (corps et portion endo-cervicale du col), dans les voies biliaires (vésicule, canaux excréteurs, cholédoque et canaux biliaires intra hépatiques) ; enfin au niveau des fosses nasales, du larynx, de la trachée et des bronches ainsi que dans les canaux excréteurs des diverses glandes (salivaires, pancréas, etc.).

Dans la description qui suil, nous étudierons comme type d’épithélioma cylindrique celui de la muqueuse digestive, en ayant en vue surtout celui de l'estomac.

Gusrave Roussv et Maurice WoLr,.

ATO LE CANCER.

Au point de vue macroscopique, il se présente sous trois aspects principaux : ulcéreux, végétant el interstitiel, avec des modalités variables suivant l'organe intéressé. |

Au microscope, la structure est différente suivant qu'on étudie des épi-

glandes glandes néoplasiques.

gast. normales.

olandenormale.

gl. de

Brunner.

fibres musculaires lisses.

glande néoplasique.

olande normale.

novau £

monstrueux.

Fig. 26. — Épithélioma cylindrique du pylore (Roussy).

Le point est pris à la limite entre la zone saine et la zone néoplasique. Les éléments tumoraux ont gardé le type glandulaire, mais l'architecture générale, les affinités tinctoriales et la morphologie cellulaire sont considérablement bouleversées (B. Gr. 2201). On voit d'autre part, à un faible grossissement (A, gr. 14/1), lenvahissement des couches profondes musculaires par les boyaux néoplasiques.

théliomas muqueux jeunes ou anciens et l’on peut, pour la commodité de la description, décrire les deux formes suivantes, entre lesquelles il y aura tous les intermédiaires.

La forme glandulaire est caractérisée histologiquement par la proliféra-

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER. Fasc. V. — 471

lion de la muqueuse qui pénètre régulièrement et profondément dans ies couches sous-jacentes sous forme de boyaux pleins ou de tubes pourvus

bourgeon coupé obliquement.

axe conjonctif du polype

glandes de la muqueuse.

sous-mu.

musculeuse.

zone cancéreuse muqueuse.

sous-muq.

noyau néoplasique.

Fig. 27. — Polypose el épithélioma du rectum (RoussY).

Le centre de la figure A est occupé par un axe conjonctif recouvert par l’épithélium olandulaire. De chaque côté on aperçoit d’autres replis latéraux coupés obliquement ou tangentiellement. La prolifération est purement bénigne, tous les éléments sont typiques, l'architecture glandulaire est respectée : polype rectal(Gr. 14/1).

Un autre bourgeon montre (fig. B) un aspect histologique tout autre; à droite, on peut encore retrouver l’image normale de la muqueuse glandulaire. À gauche, bouleversement complet de toute organisation : au milieu d’un tissu fibreux dense on voit se dessiner des ilots épithéliaux pleins ou creusés de cavités irrégulières; la muqueuse a disparu ainsi que les couches musculaires; toute la paroi est infiltrée par les boyaux néoplasiques (Gr. 14/1).

Ici la tumeur est maligne et la coexistence, dans ce cas de polypose multiple du rectum, de polypes bénins et de bourgeons épithéliomateux, permet de penser qu'il s’agit de transformation maligne des premiers pour aboutir aux seconds.

Gusrave Roussy et Maurice Wozr.

d’une lumière centrale. Ces boyaux épithéliaux ou pseudo-glandes effondrent la muscularis mucosæ et pénètrent dans la celluleuse et dans les couches musculaires lisses jusque sous le périloine. Ils présentent des

muqueuse nécrotiq.

age colloïde.

plag

plage nécrotique.

épithél. en colloide. cellules épithéliales.

sous-

bourgeon muqueuse. néoplasique.

musculeuse. infiltration néoplasique des muscles.

substance colloide.

cavité pseudoolandulaire

iravée fibreuse. néoplasique.

amas néoplasique en dégénérescence.

sousmuqueuse.

Fig, 98, — FÉpithélioma colloïde de l'estomac (Roussy). L

A. L’épithélium glandulaire a disparu, il est remplacé par une masse exubérante où l’on distingue de larges zones claires lobulées pourvues de quelques amas cellulaires. Dans la sous-muqueuse et en pleine couche musculaire, on remarque quelques formations néoplasiques identiques; à gauche, une vaste nappe nécrotique.

À un plus fort grossissement (B), on voit que les amas de cellules épithéliomateuses sont disposées sans ordre, quelques-unes même paraissent isolées de toute connexion Conjonctivo-vasculaire ; elles nagent au sein d’une substance finement réticulée vacuolaire : dégénérescence colloïde. Ce type histologique correspond. à des cas de malignité clinique atténuée.

formes allongées, élirées en Lire bouchon ou bifurquées et sont limités en

dehors par une paroi ou membrane encore nelle pour la plus grande parte des tubes. |

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER. Fasc. V. — 415

Les cellules épithélhales qui tapissent ces tubes prolifèrent sur plusieurs couches et transforment souvent le tube en un cordon plein. Les cellules ont ordinairement perdu leur caractère de différenciation. Quelques cellules cependant sont volumineuses et contiennent encore de grosses boules arrondies de mucus colorables au muci-carmin; les réactions histo-chimiques du cytoplasme sont modifiées, ce qui donne à l’ensemble des masses tumorales une teinte différente et habituellement plus foncée que celle des tissus normaux. Les noyaux sont monstrueux ou hypertrophiés avec

Fig. 29. — Limite plastique de l'estomac et du colon transverse (Coll. du Lab, d'Anatomie pathologique).

plusieurs nucléoles et présentent les formes variables des divisions cellulaires directes ou indirectes (karyokinèse typique ou atypique).

Enfin dans les couches profondes de la muqueuse digestive, on rencontre déjà des amas de cellules cancéreuses dans les vaisseaux lymphatiques expliquant l'apparition des métastases.

En somme, l'architecture du tissu glandulaire, quoique considérablement modifiée, est encore reconnaissable, du moins dans la plupart des points de la tumeur. Les tubes épithéliomateux, pleins ou creux, ordinairement bien distincts du stroma rappellent encore, mais de loin, la structure des glandes des muqueuses. |

La forme infiltrée (alypique ou carcinome) correspond ordinairement à un stade plus avancé. Ici l’ordination et les rapports des tissus sont considérablement modifiés.

Les tubes glandulaires n’ont plus de paroi propre ; celle-ci rompue a laissé s’essaimer dans le stroma des cellules épithéliales qui forment soit des

Gusrave Roussy et Maurice Worr.

amas, soit des traînées et ne rappellent qu'exceptionnellement lordination

glandulaire.

Les cellules épithéliales ont perdu tout caractère originel. Leur forme

musc.

À. muqueuse. muc. sous-muqueuse. musculeuse.

amas de cellules néoplasiques.

cellules néoplasiques atypiques.

fibres muscul.

lisses.

Fig. 30. — Linite plastique de l'estomac (Roussy).

Linite plastique chez un homme de 65 ans. Épaississement de toute la paroi gastrique s'arrètant au pylore, épaississement du colon transverse, intégrité du reste de l'intestin; pas de métastase viscérale. |

En A (à lire de gauche à droite), la coupe de la paroi gastrique montre peu daltéralion appréciable de la muqueuse. Par contre la sous-muqueuse est parsemée d’une quantité d’amas cellulaires néoplasiques, se résolvant même en une infiltration diffuse gagnant les interstices musculaires et aboutissant à la couche sous-séreuse (Gr. 12/1).

À un fort grossissement (B), on distingue dans les interstices du tissu fibreux, qui dissocie les faisceaux musculaires, les cellules épithéliomateuses jetées sans ordre et dont l’irrégularité signale la nature maligne (Gr. 500/1).

n'est plus cylindrique ; leur protoplasma ne contient plus d’amas muqueux. Elles sont soit arrondies, rappelant les cellules rondes, indifférenciées du tissu conjonctif, soit polymorphes; d'où l'erreur de diagnostic fréquente entre les épithéliomas cylindriques infiltrés et les sarcomes. Il est très diffi-

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER. Fasc. V. — 47

cile, en effet, indépendamment de loute notion anatomique, de reconnaître une tumeur dérivée d’un épithélioma cylindrique ou glandulaire quand elle revêt le type infiltré.

Entre ces deux formes, coexistant le plus souvent dans une même tumeur en des points différents ou encore sur une même coupe, on peut retrouver tous les stades de transition.

La charpente conjonctivo-vasculaire, en corrélation intime avec le parenchyme, est constituée par des fibres collagènes, des fibres musculaires lisses et des éléments lympho-conjonctifs. Sa structure peut varier suivant le caractère (hislioïde ou organoïde) ou l'ancienneté (tissu conjonctif jeune ou sclérose) de la tumeur et suivant qu'il y a eu ou non infection consécutive à une ulcération. Dans ce dernier cas on retrouve des amas de cellules inflammatoires, lymphocytes ou polynucléaires, en proportion variable.

Les nélastases sont particulièrement fréquentes dans les épithéliomas cylindriques et se font: par voie lymphatique ou veineuse (ganglions, foie, pancréas), ou par greffe le long des conduits ou dans des cavités (péritoine, plèvres). La structure de ces métastases reproduit toujours le type de la tumeur primitive et souvent même revêt une forme plus typique que le cancer lui-même, d’où la possibilité de reconnaître l’origine et la forme histologique d’une tumeur en étudiant ses métastases.

VARIÉTÉS. — On peut en distinguer plusieurs.

L'épithélioma encéphaloïde, cancer mou, est fréquent au niveau de l’estomac; il est très vasculaire et hémorragique. Microscopiquement c’est un épithélioma dégénéré fortement remanié par les processus de nécrose et d'hémorragie ;

L'épilhélioma colloïde, fréquent également dans tout le tube digestif, est caractérisé histologiquement par la présence de grandes plages contenant une substance homogène et fibrillaire entre lesquelles sont essaimées 1e1 ou là quelques cellules épithéliales ou polymorphes :

Enfin la linite plastique. est une forme à évolution essentiellement rapide, si bien que pendant longtemps sa nature cancéreuse a été contestée. Elle siège surtout au niveau de l'estomac, mais peut envahir aussi une partie de l'intestin et se manifeste par un épaississement considérable de toutes les parois. Au microscope on voit une prolifération scléreuse intense du stroma conjonctif dans les mailles duquel sont comprises des cellules indifférenciées, épithéliales ou polymorphes, qui infiltrent toutes les parois de l'organe et sont disposées en traînées ou en petits amas.

B. — ÉPITHÉLIOMAS DES PARENCHYMES

Les tumeurs développées aux dépens des parenchymes viscéraux à structure glandulaire varient dans leur forme anatomique et histologique suivant l'organe considéré et la structure de cet organe. Dans une étude d'ensemble on peut les grouper en # grandes classes correspondant aux 4 types histologiques suivants :

Gusrave Roussyx et Maurice Worr.

Epithélioma des glandes acineuses (sein, prostate, pancréas. glandes salivaires).

Epithélioma des glandes tubulées (rein, testicule) :

Epithélioma des glandes trabéculées (foie) :

Epithélioma des glandes endocrines ({hyroïde, surrénale, hypophyse).

Dans chaque parenchyme glandulaire (sauf pour les glandes endocrines) il faut distinguer :

1° L'épithélioma développé aux dépens des parties excrétrices ou canaux excréteurs (voies biliaires, canal de Wirsung, canal de Warton) où l'aspect et la structure histologique de la tumeur sont ceux des épithéliomas cylindriques ci-dessus étudiés ;

2 L’épithélioma développé aux dépens des portions sécrétrices, éléments nobles du parenchyme: cellules hépatiques, acinus pancréalique ou salivaire par exemple. Seule cette deuxième variété doit nous arrêter 1c1.

a. — ÉPITHÉLIOMA DES PARENCHYMES À STRUCTURE ACINEUSE

Nous prendrons comme type de description l’épithélioma de la glande mammaire.

Il se développe surtout chez la femme adulte ; quelquefois chez les jeunes femmes, rarement chez les vierges. Chez l’homme, 1l est moins fréquent sans être cependant exceptionnel. Tantôt la tumeur apparaît dans une glande atteinte de mastite chronique ou présentant un adénome ; tantôt sur une glande apparemment saine.

Les variétés macroscopiques sont nombreuses, nous ne ferons que les rappeler : forme nodulaire, forme infiltrée, forme ulcéreuse ; squirrhe fréquent chez le vieillard ; forme de maslite carcinomateuse.

Histologiquement, suivant que la tumeur rappelle ou non la structure acineuse de la glande, on peut distinguer une forme acineuse et une forme infiltrée; la première répondant en général aux formes de début, peu malignes, la seconde aux cancers plus avancés ou essentiellement malins. Mais il faut faire 1c1 les mêmes remarques que pour les épithéliomas du tube digestif et se rappeler que certains épithéliomas mammaires peuvent dès le début et d'emblée revêtir la forme infiltrée.

La forme acineuse ou intra-canaliculaire (adéno-épithéliome) est une tumeur formée d’une série de cavités de dimensions variables, de cordons pleins ou de tubes rappelant l’origine de la tumeur aux dépens des acini ou des tubes galactophores modifiés. Ces acini devenus volumineux, déformés, présentent pour la plupart une paroi propre qui les délimite du stroma conjonctif. Ici ou là cependant quelques acini ont rompu leur paroi. L'épithélium de revêtement est disposé sur plusieurs couches et transforme souvent la cavité en un amas plein.

Les cellules épithéliales tendent à perdre leur forme et à devenir volumineuses. Les réactions histo-physiologiques du cytoplasme sont modifiées et se traduisent par des modifications tinctoriales (basophilie). Les noyaux souvent volumineux présentent des caractères de monstruosités nucléaires (karyokinèse atypique).

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER. Fasc. V. — 411

Dans l'intérieur des acini, on constate souvent la présence de produits de sécrélion lactée modifiés. C’est un signe important pour le diagnostic; il

LES nr on. “a sn pes L IA À S. 2 Â a ER on AE RS | épithel.

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malpigh.

axes con].

Peau et tissu vasculair.

cell. scléreux.

Tumeur. 2 OLNS lilat % GE canaux dilatés a à re . + AD S CAN. et bourgeon-.

D Le nants.

La fe

végétalion

intra-canal. canal dilalé.

axe conjonctif.

diverticule glandulaire,

Fig. 51. — FÉpithélioma dendritique du sein (Roussy).

Fumeur du sein bien encapsulée, mais légèrement adhérente à la peau (fig. A, gr. 18/1).

En haut, le revêtement cutané recouvre un derme très dense; dans la partie inférieure, la tumeur nettement circonscrite, encapsulée, est constituée par une masse de canaux glandulaires coupés sous des incidences variables et noyés dans un tissu conjonctif de soutien. Celui-ci pousse fréquemment dans Pintérieur des lumières centrales des bourgeons refoulant, au-devant d'eux, le revêlement épithélial.

A un fort grossissement (fig. B, gr. 220/1), on identifie le revètement épithélial qui tapisse les canaux : cellules cylindriques assez régulièrement disposées sur une seule couche et dont la base repose sur les ‘axes conjonctifs cloisonnant la tumeur. A droite, on est en présence d’un volumineux bourgeon, véritable végétation papillaire, dans l'intérieur duquel on aperçoit d’autres replis canaliculaires coupés perpendiculairement. Chacun de ceux-ci montre sa lumière centrale tapissée par une couche assez régulière de cellules épithéliales.

traduit une activité glandulaire anormale et n'existe pas dans la glande saine en dehors de la lactation.

La forme infiltrée (ou carcinome) est formée de travées ou d’amas épithéliaux en coulées dans lesquels 1l n’est plus possible de reconnaître une

Zone de mammite chronique.

cancer infiltré.

zone de transition.

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