N°*5: NOR
Zone d'épithélioma atypique.
Zone d’épithélioma intra:
canalicul.
stroma scléreux. conduit galactophore.
conduit galactophore.
acinus subnormal.
Fig. 59. — Épithélioma du sein (Roussy).
La coupe représentée dans son ensemble (fig. A) permet de suivre d’une façon méthodique la formation d’un épithélioma du sein (Gr. 5/1).
Dans l'angle supérieur et droit (N° 1) existent quelques rares acini glandulaires perdus dans une gangue fibreuse très dense et qui permettent de reconnaitre la glande mammaire atteinte de mammite chronique.
Dans l’angle inférieur droit de la préparation (N° 2), apparaissent de nombreuses formations Kkystiques plus ou moins volumineuses : épithélioma au début, intracanaliculaire.
Dans l’angle gauche de la coupe (N° 5) existe une vaste infiltration en amas, en travées ou en boyaux, formée de cellules prenant fortement les colorants : épithélioma infiltré.
La figure B représente, vue à un moyen grossissement (gr. 75/1), le point de la figure A. On voit des acini glandulaires perdus dans un stroma conjonctif dense, formé surtout de fibrilles collagènes, avec de rares noyaux et peu ou pas de vésicules graisseusés. Les acini sont dissociés, isolés où étouffés par la prolifération du tissu conjonctif (selérose). Au centre apparait la coupe parallèle de deux conduits galactophores. Si la structure des acini mammaires est encore reconnaissable, leur rareté coïncidant avec la densité du stroma constitue une lésion inflammatoire diffuse : mammite chronique.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER: Fasc. V. — 4179 Ce
stroma:
kyste
inlra-pariétal. exsudat cancér.
végétation épit.
avec axe conjonct.
exsudatcancér.
cavité kystique.
membr. basale
stroma. paroi épithéliale.
prolifération épithéliale intra-acineuse. stroma.
vésicule graisseuse.
cellules cancér.
isolées.
membr. basale rompue.
bovau
épithélial.
Fig. 35. — Epithélioma du sein (Roussy).
Mème préparation que la figure précédente, montrant les détails du point 2 de la figure A (Gr. 75/1).
Ce sont des kystes plus ou moins volumineux, à tontours extrêmement irréguliers : leur paroi est constituée par des cellules épithéliales superposées en plusieurs couches et limitées en dehors par la membrane basale. Les cellules, du type cubique ou cylindrique, ont des noyaux riches en chromatine, de volume variable, souvent monstrueux et présentant des figures de division active.
L’épithélium qui tapisse les kystes pousse, dans l’intérieur de la lumière, de nombreuses invaginations. Parfois munies d’un axe conjonctif qui vient faire saillie dans la lumière de la cavité, ces invaginations intra-canaliculaires peuvent prendre un développement considérable. Dans l'épaisseur même de la paroi épithéliale existent d'innombrables petits kystes secondaires intra-pariétaux.
La présence de bourgeons intra-canaliculaires, la stratification des couches épithé-. liales, les nombreuses atypies cellulaires rendent l’aspect de la tumeur plus que suspect au point de vue de sa nature maligne. On peut affirmer déjà qu'il s’agit d’un épithélioma intra-canalicuiaire.
Sur la figure D (N° 5 de la figure À, gr. 75/1) l’infiltration cancéreuse est constituée. C’est à peine si, en certains points (partie supérieure de la figure), existent de rares formations kystiques glandulaires. Partout ailleurs ce sont de petits amas, soit de fines trainées, soit de gros boyaux épithéliaux distribués dans le stroma. Seuls quelques groupements circulaires rappellent de loin l’origine glandulaire du néoplasme : épithélioma infiltré ou atypique.
En résumé, on peut suivre 1ci tous les stades d'évolution successifs d’une tumeur glandulaire, depuis l’état précancéreux [mammite chronique) jusqu’à la forme d’épithélioma infiltré, en passant par l’épithélioma intra-canaliculaire.
GusTAvE Roussy et Maurice Wozr.
480 ; LDESCANCER.
formalion acineuse avec paroi propre. Les cellules qui les constituent sont tantôt groupées en amas, tantôl essaimées dans le stroma de la tumeur : polymorphes, cubiques ou cylindriques, elles ne sécrètent plus de suc laiteux. Il y a bouleversement architectural complet de l'organe. Les cellules monslrueuses sont particulièrement nombreuses et traduisent la tendance prolifératrice et maligne de la tumeur, ce que soulignent encore la fréquence des métastases el l’envahissement des issus voisins, notamment du grand pectoral.
VARIÉTÉS. — Suivant l'aspect histologique ou le mode d'évolution, on peut distinguer diverses variétés d’épithéliomas du sein.
L'épithélioma papillaire ou dendritique est caractérisé par la présence de proliférations épithéliales papillaires pénétrant dans l'intérieur des tubes. Il semble plutôt prendre son origine au niveau des Lubes galaäctophores. Celle variété histologique rappelle un type clinique particulier : tumeur kyslique, encapsulée, peu maligne, à évolution lente faisant peu de mélastase.
L’épithélioma colloïde
Fig. 54.
La » . »°1° , . a Métastase pleuro-pulmonaire d'un épithélioma du sein droit. e HI épithélioma squir- (Collection du Lab. d'Anatomie pathologique). V'eUT présentent des as-
pects macroscopiques el histologiques très sensiblement analogues aux formes décrites à propos de l'estomac.
Le stroma des épithéliomas du sein est formé de cellules et de fibres conjonclives. Sa structure varie:
suivant l’état antérieur de la glande; lissu conjonctif scléreux et mam-
mite chronique ; suivant la présence d'un état adénomateux antérieur; adénofibrome
péri-canaliculaire avec fibres collagènes lâches autour des acini et enfin ; suivant la présence d'infection secondaire (ulcération) qui se traduit par l'apport en excès des éléments polymorphes des processus inflammatoires.
cellule monstr. cellule
binucléée.
type de mitose.
atypie proto-
plasmique. mitose.
débris nucléaires.
noyau vacuolaire.
boule protoplasmique.
inclusions protoplasmiques.
Fig. 35. — Différentes formes d'atypies cellulaires dans un épithélioma du sein (Roussy). (Gross. : 500/1.)
La figure montre un certain nombre de types cellulaires néoplasiques avec les différentes formes plus ou moins anormales qu’elles peuvent revêtir : cellules monstrueuses tant par l’étendue de leur protoplasma que par le volume du noyau; cellules à noyaux multiples, figures de mitose à des stades variables dans lesquels la division multipolaire est assez fréquente.
Certains noyaux présentent dans leur intérieur des inclusions anormales et des vacuoles. On peut enfin trouver des cellules anucléées avec résidus nucléaires pycnotiques dispersés dans un protoplasma lui-même en voie de dégénérescence.
Le cytoplasme est uniforme, granuleux, filamenteux ou réticulé. Ses contours sont plus ou moins réguliers. ,
Ces diverses inclusions intra-cellulaires correspondent à ce qui a été décrit anciennement par divers auteurs comme parasites intra-cellulaires ou intra-nucléaires.
En terminant, faisons remarquer que la division des épithéliomas du sein en forme acineuse ou infiltrée est forcément schématique; elle répond soit à des stades évolutifs variables suivant l’âge ou le degré d'activité de la
GusTAvE Roussy et Maurice Worr.
482 LENCANGEN.
tumeur soit à des états particuliers de ces tumeurs. Ordinairement, dans une tumeur, on peut trouver sur un même fragment examiné : des zones de mammile chronique fibreuse; des zones d'état adénomateux; des zones d'épithélioma acineux et enfin d’épithélioma infiltré. Ces différents aspects peuvent se retrouver sur une seule préparation microscopique. À noter enfin que dans le cas où plusieurs fragments examinés présentent un même type histologique, rien ne prouve qu’en d’autres points la tumeur n'ait pas déjà évolué et ne soit devenue atypique; d'où la nécessité d'examiner toujours un grand nombre de fragments d'une même tumeur et surtout d'être très réservé dans l'appréciation de la malignité de celle-ci lorsqu'un petit nombre de fragments seuls auront pu être coupés histologiquement.
Les épithéliomas des glandes salivaires sont en règle générale de structure très polymorphe. Ils sont beaucoup moins fréquents que les tumeurs mixtes qui se développent au niveau de ces glandes et dont nous parlerons plus loin à propos des embryomes.
Au point de vue anatomique, les tumeurs des glandes salivaires annexes de la bouche (parotide, sous-maæxillaire, sub-linquale) ne diffèrent pour ainsi dire pas de celles des glandes salivaires annexes de l'intestin (glandes de Brünner, pancréas). Il s'agit de tumeurs plus ou moins compactes, assez dures, de couleur blanchâtre et lentement envahissantes. Suivant la constitulion de leur trame conjonctive ou l’existence de processus dégénératifs, elles sont formées de masses lobulées plus ou moins irrégulières.
Histologiquement on constate des traînées ou des amas épithéliaux sans architecture reconnaissable et ne présentant que rarement une ordination canaliculaire ou acineuse nette.
L'épithéliona du type canaliculaire se rattache aux épithéliomes cylindriques étudiés précédemment ; il se présente surtout sous forme papillaire et végétante. Les dégénérescences cellulaires y sont fréquentes.
L'épithélioma du type acineux est ordinairement infiltré. A côté des formations tubulaires ou acineuses plus ou moins ébauchées, on peut trouver des travées pleines et des amas dont la structure se rapproche des épithéliomes atypiques cylindriques ou malpighiens et même du sarcome. Les monstruosités cellulaires sont assez fréquentes ainsi que les métastases ganglionnaires el viscérales.
On peut rapprocher de ces tumeurs celles des voies biliaires extra-hépatiques qui sont pour la plupart des épithéliomes glandulaires cylindriques.
Il existe enfin, au niveau des glandes salivaires comme d’ailleurs au niveau de toutes les glandes pourvues de conduits excréteurs, des tumeurs d'origine canaliculaire, mais à structure épithéliale malpighienne. Le fait est particulièrement fréquent au niveau du canal cholédoque et de la vésicule biliaire, dans la lithiase et les inflammations chroniques des voies biliaires, où l’épithélium de revêtement cylindro-cubique s'est transformé en épithélium malpighien par suile de processus inflammatoire et de métaplasie.