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PLANCHE

Nouveau TRAITÉ pe MÉDECINE. CANCER.

Fig. 1. — EpiTHELioma Du Rein. (Type dit Hypernéphrome). (Musée d'Anatomie pathologique de la Faculté de Médecine de Paris).

Fig. 2. — EPITHELIOMA DU COLON ASCENDANT.

(Musée d'Anatomie pathologique de la Faculté de Médecine de Paris).

Masson ET Cie, ÉDITEURS.

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ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER. Fasc. V. — 483

B. — ÉPITHÉLIOMA DES PARENCHYMES À STRUCTURE TUBULÉE

Épithélioma du rein. — On en distingue deux variétés :

L'ÉPITHÉLIOMA À CELLULES FONCÉES (Ou à TYPE RÉNAL) dont la couleur et l'aspect rappellent plus ou moins le parenchyme rénal proprement dit.

Il comporte deux formes histologiques principales :

La forme tubulée, dans laquelle le néoplasme est constitué par une série de tubes coupés parallèlement ou perpendiculairement et présentant pour la plupart une lumière centrale. Ces tubes orientés en tous sens, plus volumineux, plus irréguliers que les tubes du rein normal, envahissent le parenchyme rénal et étouffent complètement les glomérules, qui, en pleine tumeur, ont disparu ou ne subsistent plus que sous forme d’amas arrondis, sclérosés (pains à cacheter).

Ces tubes néoplasiques ont pour la plupee, dans les formes au début, une paroi propre qui les délimite plus ou moins nettement du stroma conjonctif; ils sont tapissés par des cellules cubiques, disposées sur plusieurs couches, et présentant les caractères des cellules cancéreuses communs à tous les épithéliomas glandulaires. Le cytoplasme est finement granuleux, ordinairement plus coloré (basophihe):que l’épithélium normal : d’où leur nom d’épithélioma à cellules foncées. Il est à noter cependant que l’on retrouve souvent des zones où les cellules épithéliales ont un protoplasma clair. Nous reviendrons sur ce point en discutant la pathogénie des épithéliomas du rein.

Dans les formes plus avancées, nfiltrées, l'ordination tubulaire s’estompe pour disparaître complètement, et ce ne sont plus que des travées ou coulées épithéliales formées de cellules polymorphes.

Le stroma, toujours indépendant de l'élément néoplasique, est formé de faisceaux fibreux ou de fibroblastes jeunes.

La forme papillaire ou végétante est caractérisée par une prolifération néoplasique du type papillaire : axes conjonctivo-vasculaires sur lesquels sont agencées des cellules cylindro-cubiques disposées en une ou plusieurs couches. Leur protoplama est ordinairement granuleux, fortement teinté par les colorants (cellules sombres), mais très souvent il apparaît clair ou même creusé de vacuoles graisseuses (cellules claires).

L'ÉPITHÉLIOMA À CELLULES CLAIRES (TYPE SURRÉNAL OU HYPERNÉPHROME) esl une tumeur d'aspect caractéristique, facile à reconnaître à l'examen macroscopique grâce à la présence de zones Jaune soufre et à la fréquence des foyers hémorragiques. Cette forme de tumeur du rein paraît plus fréquente que la précédente.

Elle est constituée histologiquement par des travées pleines, quelquefois creuses, rappelant l'aspect canaliculaire, plus ou moins bien limitées par une membrane périphérique. Ce qui distingue cette tumeur du point de vue morphologique et lui donne un type très particulier, ce sont les caractères des cellules qui la composent : cellules à contour bien défini, à protoplasma à peine coloré, renfermant une série de vésicules graisseuses que les colorations électives montrent être des graisses neutres et des lipoïdes phos-

GusTAvE Roussy et Maurice Worr.

phorés (lécithine). Le noyau, assez richement chromatique, est placé au centre de la cellule et peut présenter les différentes atypies nucléaires communes aux épithéliomas. |

Le stroma conjoncetif, formé de tissu collagène en faisceaux ou en fines fibrilles, est très richement vascularisé. Les travées épithéliales viennent

végétations coupées dans

Tumeur. iffé différ. sens.

cellules claires.

Rein et Coque

conjonctive. L a glomérule

de Malpig.

amas néoplasique.

cellules foncées.

cellules claires.

- cellule claire.

Fig. 56. — Fpithélioma papillaire du rein à cellules claires et foncées (Roussy).

La tumeur d'aspect papillaire (fig. A) est séparée du rein par une gangue fibreuse dans l'épaisseur de laquelle on note quelques inclusions néoplasiques. Déjà à ce grossissement on peut se rendre compte que certains axes conjonctifs sont bordés de deux types de cellules, claires et foncées (Gr. 88/1).

Au fort grossissement (220/1, fig. B) une papille conjonctive apparait revêtue sur toute sa surface par des cellules épithéliales de type variable; à droite, petits éléments à protoplasma peu abondant donnant au groupement des cellules un aspect foncé; à gauche, au contraire, les protoplasmas sont chargés d’une sécrétion endocellulaire graisseuse qui a disparu par les réactifs d’inclusion et qui donne par opposition un aspect clair. Tous les stades intermédiaires entre ces deux formes de cellules peuvent être retrouvés sur la figure.

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souvent se mellre en contact intime avec les néo-vaisseaux; ce qui explique la fréquence des hémorragies et les remaniements par les processus de dégénérescence.

Discussion sur la nature et l'origine des hypernephromes. — On a soutenu

capsule fibreuse.

travées cellul.

tumorales

nappe sanguine.

axes con). en contact avec les cellules

néoplasiques.

Fig. 57. — Epithélioma du rein; type hypernéphrome. Faible grossissement. Gr. : 25/1 (Roussy).

Le point représenté est pris au sein d’une volumineuse tumeur qui, macroscopiquement, montrait à la coupe une tranche jaune soufre parsemée de multiples plages rouges dues à des hémorragies; le tout était lobulé par des travées conjonctives émanant de la coque périphérique. Une petite portion du rein était encore reconnaissable au niveau du pôle inférieur. Ici, le point porte en pleine tumeur.

On reconnaît en haut une capsule fibreuse épaisse; au-dessous, de fines cloisons conjonctives isolent les unes des autres des travées cellulaires remarquables par l’aspect clair de leurs cellules. Par endroits, les éléments cellulaires sont largement écartés et laissent place à de vastes logettes remplies de sang. On ne retrouve sur cette figure aucune disposition canaliculaire ; les cellules sont tassées les unes contre les autres et leur disposition fasciculée offre quelques points de ressemblance avec la couche corticale de la surrénale normale.

Il faut cependant remarquer que si la ressemblance avec une glande vasculaire sanguine peut être évoquée sur la préparation ci-jointe, on peut, en multipliant les points examinés, trouver des endroits où apparaît une architecture canaliculaire ou papillaire qui permet, au contraire, de reconnaitre la disposition habituelle des tumeurs épithéliales d’origine rénale.

que les tumeurs épithéliales à cellules claires du rein n'étaient pas développées aux dépens du tissu rénal proprement dit, mais bien aux dépens de

Gusrave Roussy et Maurice Worr.

186 BESCANCER

germes embryonnaires surrénaux inclus dans le rein au cours de la vie fœtale. C’est la théorie de Graivilz, admise généralement à l'étranger, et par beaucoup d'auteurs en France.

Cette théorie repose sur les faits suivants :

Fréquence de surrénales aberrantes incluses dans le rein à l’élat normal

(surtout chez l’animal); Aspect morphologique des travées épithéliales qui rappellent l'ordination

LAS GED NET Se M ro Ve “ SES ee Less RTL é F4, Pate 2. < Le z

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acinus avec globules rouges.

cellules claires de la tumeur.

nappe sanguine avec globules rouges.

axe conjonc.

- PR PAR fs SE Cr TA AARMANSA

Fig. 58. — Épithélioma du rein à type hypernéphrome. (Fort gr. : 175/1) (Roussy.)

Au fort grossissement, la trame conjonctivo-vasculaire assez importante est constituée par des masses principales fibrillaires denses, desquelles partent une série de ramifications secondaires. L'ensemble forme un réseau entre les mailles duquel les éléments cellulaires de la tumeur sont enserrés par groupes d'importance variable.

Les cellules sont de grands éléments à protoplasma clair et à noyau arrondi central. L'aspect du protoplasma n’est qu'artificiel et dù seulement à la dissolution de graisses intracellulaires, graisses colorables par les méthodes électives.

Cette particularité n’a fait que renforcer la théorie de Grawitz qui assimile les cellules de cette tumeur aux cellules spongiocytes de la corticale surrénale. Cette analogie, jointe à la disposition fasciculée avec relations intimes entre axes vasculaires et cellules, a permis d’édifier la théorie de l'hypernéphrome, tumeur du rein à cellules claires d’origine surrénale. Il y a lieu de réagir actuellement contre cette hypothèse et de faire rentrer ces tumeurs dans le cadre des néoplasies d’origine rénale.

des travées à cellules spongiocytaires de la corticale de la surrénale : travées séparées par de fins et nombreux axes conjonctivo-vasculaires et rapports fréquents et intimes des cellules avec les vaisseaux ;

Structure histo-chimique particulière de ces cellules qui, comme dans la surrénale, renferment des graisses neutres et des graisses phosphorées.

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C'est là ce qui leur a fait donner le nom d’Aypernéphrome ou d'épinéplirome.

Les faits sur lesquels repose la théorie de Grawitz sont très sujets à caution, el la conception de l’hypernéphrome mérite d’être revisée, ainsi que l'ont montré Roussy et Leroux. En effet :

Chez l’homme, les surrénales aberrantes trouvées dans le rein sont tout à fait exceptionnelles, au cours des autopsies ;

On note très souvent dans un épithélioma du rein l’association, suivant les points examinés, de zones à cellules claires et de zones à cellules foncées, et l’on peut saisir entre elles toutes les formes de transition. Il ne s’agit donc pas d’un type cellulaire distinct, mais d’un stade évolutif différent d’une même cellule;

La présence de graisses phosphorées n’est pas l'apanage propre des spon-

Fig. 59. — Épithélioma primitif du foie. Type adéno-cancer avec cirrhose. (Coll. du Labor. d'Anatomie pathologique.)

giocyles de la surrénale ; mais 1l en existe dans les cellules des tubes du rein au cours des néphrites et aussi dans les épithéliomes d’autres tissus glandulaires, comme le foie, le corps thyroïde, l’hypophyse, l'ovaire, etc...

Les épithéliomes primitifs de la surrénale ne naissent pas des cellules spongiocylaires, mais bien des cellules indifférenciées de la corticale. Ils reproduisent donc un type de tumeur à cellules foncées et non à cellules claires. Celles-ci, tout au moins dans les épithéliomes primitifs de la surrénale que nous connaissons, ne s'agencent pas en formations canaliculaires, disposition au contraire fréquente dans les soi-disant hypernéphromes du rein. Il nous semble donc difficile d'expliquer cette différence entre les néoplasmes développés aux dépens de la surrénale elle-même, et ceux qui prendraient origine dans un noyau aberrant de cette glande; aussi pensons-nous qu'il faut à l'heure actuelle considérer les épithéliomes à cellules foncées, et à cellules claires du rein, comme des stades différents d’un même (ype originel, que l’on retrouve d’ailleurs souvent réunis dans une seule et même tumeur. Il en est de même pour les tumeurs bénignes du rein, adénomes à cellules claires et à cellules foncées dont nous avons parlé ailleurs.

Gusrave Roussy et MauricE WoLr.

C.— ÉPITHÉLIOMA DES PARENCHYMES GLANDULAIRES A STRUCTURE TRABÉCULÉE

Épithélioma du foie. — Nous décrirons ici à litre d'exemple lépith hors primitif du foie, qui estle plus souvent une tumeur unique, volumineuse, née

veine sushépatiq.

travées conjon.

sclér. | en travées hépatiq.

épithélioma. .

adénome

type acineux.

adénome type trabécul.

épithél.

Fig. 40. — Adéno-cancer avec cirrhose du foie (Roussy). Gro te

A. Petit adénome avec éléments cellulaires plus gros et plus foncés que la cellule hépatique normale. On peut établir ici le diagnostic d’adénome trabéculaire, toute réserve faite pour la malignité possible, celle-ci ne sera révélée qu’au fort grossissement par l’examen de la morphologie cellulaire.

B. Petit adénome avec formations acineuses. Au milieu d’un lobule hépatique subnormal une masse arrondie circonscrite par une bande fibreuse dépendante des travées principales. On y note des cavités plus ou moins inégales tapissées par une couche régulière de cellules qui, à première vue, ne diffèrent pas sensiblement des cellules hépatiques normales.

C. Adénome en transformation maligne probable; aucune organisation n’est reconnaissable. On est vraisemblablement en présence d’une zone épithéliomateuse, ce qu'il y a lieu de vérifier à un plus fort grossissement.

dans un foie apparemment normal; c’est le cancer massif du foie. Mais il peut être aussi une tumeur à noyaux multiples, disséminés dans un foie cirrhotique et adénomateux : c’est l’adéno-cancer avec cirrhose. On sait qu'à côté de ces deux formes, le foie est souvent le siège d’épithéliomes secondaires, notamment dans les cancers du tube digestif dont les colonies cellulaires néoplasiques sont apportées au foie par les veines splé-

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER. Fasc. V. — 489

stroma.

travées.

hépatiques.

cellules RENE

hépatiques.

acinus.

cellules formant un acinus.

capillaire.

acinus avec cell. cubocylindriques et contenu de sécrétion.

acinus en voie de développem.

Be

concrétion biliaire.

travées hépatiques irrégul.

et atypiques.

axe conjonclif.

Fig. 41. — Adéno-cancer avec cirrhose du foie (Roussy). Fort gross. : 250/1, de la préparation précédente.

Fig. A. Zone d’adénome trabéculaire. — Disposition trabéculaire nette surtout à droite. La multiplication cellulaire a provoqué, dans la partie gauche, la formation de pelotons dans lesquels on peut assister à une ébauche d’ordination acineuse contenant même quelques concrétions biliaires au centre. Les cellules, plus volumineuses qu’à l’état normal, montrent un protoplasma foncé assez homogène, granuleux en général, sans surcharge graisseuse.

Fig. B. Zone d’adénome acineux. — Un volumineux acinus occupe le centre de ‘la figure : les cellules qui en tapissent les parois sont assez régulièrement rangées, mais marquent une tendance à la stratification, dans la partie gauche ; à cet endroit, on remarque leur protoplasma homogène, foncé, sans sécrétion, alors qu’à droite, où elles forment une couche unique, leur morphologie, taille mise à part, les rapproche de la cellule hépatique normale. Dans la cavité quelques concrétions biliaires.

Fig. C. Zone épithéliomateuse. — C'est ici le bouleversement qui domine tout en rappelant par endroits une formation acineuse. Les cellules sans ordination régulière peuvent présenter quelques inégalités nucléaires qui marquent l’évolution maligne.

GusTaAve Roussy et Maurice Wozr.

niques, mésaraïques et gastriques, branches de la veine-porte. L'épithélioma secondaire du foie revêt le plus souvent la forme nodulaire. L'examen histologique permet de distinguer deux types d'épithélioma primitif :

Dans la forme trabéculée, la néoplasie est constituée par des travées rappelant celles du tissu hépatique, mais non régulièrement disposées en rayons

Tumeur. - Foie.

travées hépat.

normal.

CS AE re.

es

rs da LA 2] es ra

v. sus-hépat.

espace porte.

lravées néoplasiques.

v.sus-hépat.

RE ven ist

L ÉATNENESE A HARMANSAI

Fig. 49. — Épithélioma trabéculaire du foie (Roussy). Faible grossissement 15/1),

Dans l’angle droit, image de foie cardiaque. Dans la partie gauche de la figure, de bas en haut, tissu normal qui se transforme peu à peu en boyaux d'aspect différent, convergeant vers la veine sus-hépatique située à gauche. Ces boyaux sont assez largement dissociés par une sclérose prononcée. Au lieu des éléments normaux, on remarque les cellules nettes et foncées qui constituent des trabécules.

Tout plaide en faveur d’une transformation épithéliomateuse primitive, diagnostic qui se vérifie au fort grossissement.

de roue comme dans l'organe normal. Ces travées sont de taille et d’épaisseur très diverses; elles comprennent des cellules plus volumineuses que la cellule hépatique, dont les réactions histochimiques sont différentes et dont les noyaux sont souvent alypiques et monstrueux. Ces travées néoplasiques alternent avec des travées saines et l’on peut saisir entre elles toutes les formes de transition. Souvent le bouleversement architectural de l'organe est plus avancé et la désorientation plus complète. Le stroma conjonctif est tantôt grêle, non hyperplasié, tantôt dense et sclérosé suivant l'ancienneté et la forme de la tumeur.

Dans la forme acineuse, les trabécules hépatiques ont tendance à prendre une forme concentrique et à s'orienter autour d’une lumière centrale qui contient des produits de sécrétion biliaire, représentée par de gros amas

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homogènes fortement teintés par les colorants (signe important pour le diagnostic. Les cellules ont encore l’aspect de la cellule hépatique d’où elles dérivent et se présentent avec les mêmes modifications pathologiques que dans la forme précédente. Mais on peut voir souvent, à côté de plages à cellules foncées, hypercolorées, des zones à cellules claires, spongiocytaires.

Le stroma conjonctif abondant est représenté par des fibres collagènes

cellule binucléée.

travée cellul.

enroulée.

noyau monstr.

travée enroulée avec cell.

atypiques.

cellule hépat. $

normale.

À. HARMAN SAT

Fig. 43. — Épithélioma trabéculaire du foie (Roussy). Fort grossissement : 250/1, de la figure 42.

On saisit ici le développement de la tumeur aux dépens des travées cellulaires hépatiques.

Le point est pris au niveau d’une zone de passage entre le tissu encore reconnaissable du foie et la portion cancéreuse.

A gauche et en bas, on aperçoit deux travées de cellules ayant tous les caractères de la cellule hépatique : grande cellule polygonale à protoplasma clair et granuleux, pourvue d’un petit noyau arrondi. Quelques-uns de ces éléments déjà montrent un protoplasma clair, à limites imprécises; dans d’autres, c’est le noyau qui devient irrégulier. En somme, figures histologiques de profonde altération de la cellule hépatique.

Des bandes de sclérose entourent cette région. Si l’on suit ces deux travées hépatiques on voit que les éléments cellulaires sont bientôt dissociés par des fibrilles collagènes. L’'hypertrophie de certains noyaux, hyperchromatiques, avec nucléoles monstrueux, la présence de cellules binucléées sont la signature de la malignité de la tumeur.

adultes souvent riches en cellules jeunes et encerclant dans leurs mailles de nombreux pseudo-canalicules.

Souvent on note les altérations caractéristiques de la cirrhose hépatique. Dans ce cas, le néoplasme a pris naissance dans un foie cirrhotique souvent adénomateux; c’est ce qui donne à cette forme son image histologique parüculière. |

Les caractères des cellules à type prismatique hépatique, l'abondance de la sécrétion biliaire permettent de différencier l’épithélioma à forme acineuse du foie de l’épithélioma canaliculaire à cellules cylindriques développé

GusTaAve Roussy et Maurice Wozr.

aux dépens des éléments excréleurs (canaux biliaires de la glande). Cette dernière forme, rare du reste, se rattache aux épithéliomas des revêtements

Corps

acini thyroïde.

colloïdes.

boyaux néoplasiq.

Tumeur.

nappes hémorragiques.

cell. à noy.

volumineux.

travées de cell.

néoplasiq.

capillaire.

Fig. 44. — EÉpithélioma du corps thyroïde (Roussy).

A. — Rapport de la thyroïde et de la tumeur. Gr. : 45/1.

B. — Détails de structure de la tumeur. Gr. : 220/1. |

Tumeur thyroïdienne compacte ayant débuté 4 ans 1/2 avant l’opération, chez une femme de 55 ans. Son volume atteignait celui d’une petite orange, elle était entourée d'une capsule mince; à la coupe, aspect charnu de couleur brun rougeâtre. Les éléments constituants de la tumeur se groupent en boyaux minces, circonscrits par une fine lame conjonctive ; ils gardent des rapports intimes avec les nombreux capillaires qui courent dans le stroma. La limite avec le corps thyroïde est nettement tranchée. i

L'étude au fort grossissement montre que tous ces boyaux néoplasiques sont sensiblement identiques; mais la présence de quelques noyaux atypiques, monstrueux même, en signalent la nature épithéliomateuse.

cylindriques el à ceux des voies biliaires extra-hépatiques étudiés antérieuremenL.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER. Fasc. V. — 493

D. — ÉPITHÉLIOMA DES GLANDES ENDOCRINES

Epithélioma du corps thyroïde. — L’épithélioma thyroïdien apparaît dans la majorité des cas sur un goitre antérieur. Cependant il peut être primitif el l’on peut même constater cliniquement l'apparition de métastases dont l'examen histologique révèle la nature cancéreuse avant que la tumeur thyroïdienne soit appréciable. Le point de départ de l’évolution maligne se fait généralement au niveau du corps thyroïde lui-même, plus rarement au niveau de lobules aberrants.

Macroscopiquement, il se présente sous la forme d’une tumeur bosselée, irrégulière, adhérente aux organes voisins (envahissement de la carotide, compression du récurrent) ; les métastases qui sont fréquentes ont une électivité spéciale pour le système osseux.

L'aspect histologique de l’épithélioma thyroïdien est variable suivant les cas. Depuis la tumeur cliniquement maligne qui se présente au microscope avec une structure presque semblable à un simple adénome jusqu'à l’épithélioma où toute constitution normale thyroïdienne a entièrement disparu, on peut compter tous les intermédiaires : type acineux à cellules cubiques ou cubo-cylindriques, type papillaire végétant avec proliférations intra-kystiques plus ou moins riches, offrant certains points de ressemblance avec l’'hyperplasie basedowienne ; enfin type à structure entièrement bouleversée ou épithélioma infiltré dans lequel il est impossible de reconnaître l'origine thyroïdienne. Citons enfin une forme un peu spéciale par ses caractères cellulaires, l’épithélioma à cellules claires et foncées, ou plutôt à cellules baso- et éosinophiles. On sait en effet que l’on peut rencontrer dans certains corps thyroïdes des îlots de cellules acidophiles, plus grandes et plus irrégulières que les basophiles ; certains cancers, rares à la vérité, se sont montrés au microscope composés en parties à peu près égales des deux types de cellules.

La reproduction dans les métastases d’une structure rappelant de plus près l’organe d’origine que dans la tumeur primitive, propriété commune à tout cancer, se retrouve avec une fréquence toute particulière dans le cancer thyroïdien, surtout au niveau des os.

Epithélioma de l’hypophyse. — Les tumeurs épithéliales de l’hypophyse n'intéressent bien entendu que le lobe antérieur, glandulaire de cet organe; ils sont assez fréquents. Pour l’hypophyse, comme du reste pour les autres glandes vasculaires sanguines, le critérium histologique permettant de distinguer l’épithélioma de l’adénome est souvent très difficile à retrouver sur les préparations, et ceci d'autant plus que l’un des principaux caractères de malignité, les métastases, manque ordinairement.

Avec Roussy et Clunet (Congrès de Neurologie, Amiens, août 1911), on peut décrire les formes suivantes :

1° L'épithélioma acineux (adéno-épithéliome), forme de transition, comprend les tumeurs qui, macroscopiquement et histologiquement, paraissent à la limite de la tumeur bénigne encapsulée, non envahissante et non destruc-

GusTaAve Roussy et MaurIcE Worr.

plage nécrotique.

amas de cristaux, acides gras ou cholest.

logette d'un cristal d'acide

gras.

cellule géante.

logette d'un cristal.

ne cellule atypique.

fibroblaste. monstruosité.

cell.

Fig. 45. — Epithélioma de l'hypophyse (acromégalie) (Roussy).

A l’autopsie d’un sujet! acromégalique avec cécité, on trouva une tumeur ayant déformé la selle turcique et détruit entièrement l’hypophyse. Elle atteignait la taille d'une mandarine et poussait des prolongements dans les hémisphères cérébraux de chaque côté. Étant donnée la diversité d'aspect macroscopique suivant les régions de la tumeur, on dut prélever plusieurs fragments. Trois d’entre eux sont représentés Cr L A. Plage de nécrose importante, entourée d’une zone inflammatoire et dans laquelle on {reconnait les logettes lancéolées vides de cristaux de cholestérine ou d'acides

gras : aspect de cholestéatome. Gr. : 20,1.

B. Un point de la figure A au fort grossissement permet de se rendre compte que les logettes des cristaux sont entourées par une gangue de tissu inflammatoire, et en contact même avec elles, on reconnait des plasmodes géants multinucléés. Gr. : 100/1.

C. Les éléments de la tumeur où rien ne rappelle le tissu hypophysaire; on constate seulement une accumulation de cellules à noyaux volumineux finement réticulés par un réseau de chromatine, pourvus de nucléoles bien visibles. D’énormes monstruosités cellulaires caractérisent la néoformation maligne. Le stroma conjonctif est à peu près inexistant et les éléments tumoraux sont parfois dissociés par des globules

rouges. Gr. : 900/1.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER. Fasc. V. — 4%

tive, et de la tumeur maligne rompant la capsule d'enveloppe pour envahir les tissus avoisinants. De volume pouvant atteindre une cerise, bombant sous la tente piluitaire, la tumeur se présente au microscope sous le {ype papil-

infiltrat.

néoplas. dans capsule fibreuse.

zone où les cellules deviennent

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