OzzarD. Brit. Guiana Med. Ann. X
4. P. Mansox. À note of ulcerating granuloma of the pudenda. Journal of tropical medicin Janv. 1899, p. 156.
R. DEMANCHE.
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nalure infectieuse en ait été de suite admise. Le Dantec (!), ayant tubercu-
lisé un cobaye par l'inoculation d'un fragment d’ulcération, en fit une affec-
Lion tuberculeuse voisine du lupus érythémateux. D'autres auteurs rapprochèrent au contraire le granulome de la syphilis ou du pian : Wise constala dans les lésions un spirochète pallida associé au spirochète refringens, Mac Leman un spirochèle analogue au refringens; Burton Cleland (?),
en 1909, décrivit minutieusement un spirochèle surtout abondant dans la zone des plasmazellen el dans les parois des vaisseaux, parfois disposé en amas dans les couches superficielles de lépithélium comme dans le pran.
Pour Siebert (5), le granulome n’est pas une infection spécifique, mais une lumeur inflammaloire infectieuse, voisine du rhinoseclérome, dans laquelle
on ne conslale que des amas de cocci. L'origine staphylococcique, leishmanique, mycosique du granulome a été également soutenue.
En 1905, Donovan(‘) découvrit dans les ulcérations du granulome un bacille qui fut isolé et identifié, en 1912, par Aragas et Viasma sous le nom de Calymmats bacterium granulomatis et qui semble bien être l'agent spécifique de cette dermatose dont de Souza ArauJo (*), de Rio-de-Janeiro, a fail récemment une étude d'ensemble.
Le calymmato bacterium granulomatlis est un bacille encapsulé appartenant au groupe du bacille du rhino-sclérome et du bacille de Friedländer. l'est court, gros, souvent disposé en diplo-bacille. C’est un microbe immobile. Il ne prend pas le gram: par le Giemsa, 1l se colore en violet et sa capsule en rose. Il se développe facilement sur les milieux de culture usuels; sur gélose il donne des colonies abondantes el visqueuses; 1l ne liquéfie pas la gélatine; en bouillon, il produit un trouble uniforme en 24 heures. Il ne coagule pas le lait, ne rougit pas les milieux tournesolés, n'hémolyse pas le sang. Il est pathogène pour les animaux de laboratoire : le rat, le cobaye, le lapin, meurent de septicémie en 24 à 4S heures; des fragments de granulome inoculés directement sont également pathogènes dans les mêmes conditions. On n’'observe pas d’immunisation expérimenlale et le bacille n’est pas agglutiné par le sang des malades. D'après de Souza Araujo, le calymmato bacterium existe constamment à la surface des ulcérations; il faut pour le découvrir laver l’ulcère à l’eau et au savon, puis au sérum arlificiel, sécher à la gaze stérilisée et colorer le produit de raclage au Giemsa.
Histologiquement le granulome est un plasmone voisin du rhinoselérome. Il débute par une infiltration pavi-cellulaire du chorion. Les papilles s’allongent; leurs vaisseaux se dilatent, et elles s’infiltrent, ainsi que tout le chorion, de plasmazellen. L'épithélium de revêtement est très alrophié. On n'observe aucune tendance à la suppuration, ni à la caséifica-
. LE DanTEc. Précis de pathologie exotique. Paris 1900, p. 729. BURTON CLELAND. Rapport annuel sur les affections constatées en Australie en Fee résumé in Annales d'hygiène et de médecine colonïale. A9, n° 2, p. 455. . W. SIEBERT. Zur Ætiologie des venerischem granuloms. Arch. f. S:hiffs und or Hygiene. Bd. IX, 1907, p. 580.
4. C. Donovan. Ulcerating granuloma of the pudenda. Indian Med. Gaz. Calcutta ue XL, 414 . DE Souza \ ARAUVO. Le Granulome vénérien. Rio-de-Janeiro 1917.
ne
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tion ; il n'y à jamais de cellules géantes. Mais il se produit, comme dans le rhinosclérome, un processus de sclérose aboutissant à la formation d’un issu cicatriciel. Sur des coupes colorées au Giemsa ou au bieu polychrome, on constate la présence du calymmato bacterium sous forme de cocei plus ou moins allongés ou de diplocoques intra ou extra-cellulaires.
L'apparilion des premiers symptômes est précédée par une période d'incubation variable suivant les observations de 8 jours à 1 mois. L'accident initial consiste en un simple épaississement circonserit et nodulaire, en une sorte de papule qui s’excorie en saignant facilement el s'étend peu à peu par sa périphérie.
Chez l'homme, le granulome débute en général sur le gland par des nodules isolés ou réunis par groupe de deux; ces nodules s’accroissent et finissent par recouvrir complètement le gland, qui prend un aspect de chou-fleur. Ils s’ulcèrent rapidement surtout lorsqu'ils sont recouverts par un prépuce à orifice étroit, et arrivent à détruire partiellement le gland. Ils envahissent peu à peu les deux faces du prépuce, la peau de la verge el du scrotum.
Chez la femme, les premières lésions consistent en un ou plusieurs condylomes qui siègent sur la marge de l'anus ou les grandes lèvres et qui s ulcèrent el s'étendent.
À la période d’élat on constate un large placard serpigineux, constitué par une nappe de granulations inégales d’un rouge vif, suintantes, quelquefois hypertrophiques, surtout à la périphérie. Ce placard est semé d'ulcérations plus ou moins étendues, sécrélant un liquide fétide. En même lemps apparaissent des zones de cicatrisation formant pont entre les surfaces ulcérées. De la combinaison variable de ces trois processus granulations, ulcération, cicatrisation, dépend l'aspect différent des lésions dars chaque cas. Ainsi constitué, le granulome s'étend peu à peu et peut envahir toute la vulve et la face interne des cuisses chez la femme, le périnée et les aines chez l'homme, et s'étendre d’une épine iliaque à l’autre. La lésion reste indolente et ne s'accompagne pas d'adénopathie, sauf si elle se complique d'infection secondaire. Il peut se former dans ce cas des abcès superficiels le long de la face dorsale de la verge el des adénites inguinales suppurées. |
L'évolution est très lente, se prolongeant pendant des années. L'élal général n’est pas altéré, sauf dans les cas graves.
* Dans les formes étendues, le processus ulcéreux peut atteindre et ouvrir les cavités du petit bassin, provoquer des hémorragies; parfois, au contraire, des brides cicatricielles obturent plus où moins lurètre, l'anus. Dans les cas graves, l’état général finit par être atteint; le malade s'anémie, se cachectise el peut être emporté par une infection Imtercurrente.
Ce n’est guère qu'avec le pian en lésions agglomérées qu'on pourrait confondre le granulome; mais celui-ci s’en distingue par sa localisation presque exclusive aux organes génitaux, par l'absence d'éruplions généralisées, enfin par l'inefficacité de l’iodure.
Le traitement est resté longtemps très incertain. Le traitement général par le mercure et l’iodure est complètement inefficace. On a tenté la des-
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lrucüon du issu de granulations par des caustiques : camphre et acide phénique, onguent créosoté el acide salicylique (Conyers et Daniels); mais des récidives se produisent presque toujours : l’excision large est préférable (Jeanselme). Burton Cleland pratique à la fois l’excision, le curettage et la cautérisalion chimique ou ignée suivis de lavages au permanganate et de lamponnements à la poudre de calomel; 11 répète fréquemment ces inter-
ventions, poursuivant chaque récidive, chaque nodule nouvellement formé.
On a eu recours aussi à la radiothérapie.
A la suite des recherches bactériologiques récentes, De. Souza Araujo, Bonne (!) ont expérimenté avec succès l’émétique; ils pratiquent des injeclions inlra-veineuses avec une solution à 1 pour 100, en sérum physiologique, stérilisée par filtration à la bougie de porcelaine. Les injections sont faites tous les deux jours. On commence par injecter à ec. €. et on augmente progressivement jusqu'à 10 c. ce. Le traitement est en général bien supporté; quelquefois surviennent des malaises, fièvre, céphalée, nausée, douleurs musculaires, qui n'obligent pas d’ailleurs à linterrompre. On constalerail une amélioration dès la 6° injection; il faut en faire 20 à 50 pour obtenir la cicatrisation complète; il est bon de les prolonger encore quelques jours après la guérison. En même temps que ce traitement général l’auteur recommande de faire localement des applications de compresses imprégnées de la même solution d'émétique, mais celles-ci sont souvent irrilantes et provoquent une vive réaction locale.
1. C. BonxE. Trois cas de granulome vénérien traités par l’émétique. J: Trop: M. Londres, 1917, XX, 109.