CL
GOUNDOU
Par Ch. JOYEUX
: Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris.
Les traités classiques décrivent, sous le nom de goundow ou «nakré, une
ostéile du maxillaire supérieur, observée surtout en Afrique occidentale,
essentiellement caractérisée par le développement de deux lumeurs symétriques de chaque côté du nez. D'après divers auteurs, le goundou n'est qu'une manifestalion isolée de lésions pouvant affecter tout le système
osseux, qui seraient à ratlacher au pian.
Historique.— Celle affection a été signalée pour la première fois en 1882, par Mac Alister, dans un nus à l’Académie royale d'Irlande : il désignait les malades sous le nom d’ « Hommes à cornes » de lAfrique. Quelques
années après, Lamprey, puis Strachan en donnaient une nouvelle descrip-
Lion. Ch. Maclaud en fit une excellente étude à la Côte d’'Ivoire(!), généralement reproduite dans les ouvrages didactiques. Il constata également la maladie chez le singe. En 1900, À. J. Chalmers émil l'hypothèse que le goundou élail une manifestation du pian (?). Cette opinion fut admise assez difficilement. Plus tard. divers auteurs observèrent, Lant chez l'homme que chez le singe, les lésions des os longs coexistant avec le goundou. Botreau-
Roussel qui à pu examiner un grand nombre de malades à la Côte d'Ivoire,
a repris récemment lhypothèse de Chalmers et admet qu'il s’agit de lésions pianiques tertiaires (5). Clapier arrive à des conclusions à peu près analogues
«ans lOubangui (*).
Répartition géographique. — Les principaux foyers de goundou se
{rouvent en Afrique occidentale, surtout à la Côte d'Ivoire el à la Gold Coast. Il existe également, mais moins fréquent, au Congo, dans l'Est afri-
can, le Soudan anglo-égyptien. Enfin il est aussi connu, quoique rarement
observé, en Chine méridionale, à Sumatra, au Brésil, au Venezuela, en Aus- {ralie, aux Philippines et dans diverses îles de l'Océanie. Nous aurons occa-
sion de revenir sur cette répartition en disceutant léliologie. Etude clinique. — Le goundou proprement dit (nous désignons ainsi
Lumeurs symétriques du maxillaire supérieur) commence souvent dans l'enfance, c’est-à-dire, si on admet l’origine pianique, après une poussée de celle maladie qui n’est pas rare dans les premières années de la vie. Géné- ralement le début s'accompagne de céphalée intense. Les tumeurs, d'abord
très petites, s’accroissent à mesure que l'individu avance en âge. Elles peuvent alteindre un volume énorme, devenir aussi grosses que le poing. Elles gênent alors la vision et, dans les cas extrêmes, peuvent entraîner la
1. Arch. de Méd. navale, 1895. — 2, Lancel, vol. I, 1900. 9. Soc, de Path. exot., 1917, p. 480. Article « Pian » du frailé de AUS médicale, 1921.