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INFLAMMATION

Composition cellulaire complexe : éléments polynucléaires ou lymphocytaires,

plasmocytes et macrophages, groupés autour d’un corps étranger (amorphe,

bactéridie, champignon).

Structure nodulaire ou folliculaire centrée par le corps irritant. Néoformation vasculaire dans les parties périphériques, vaisseaux simples (capillaires bien caractérisés).

Fibrilles conjonctives du type adulte (longues et épaisses), pauvres en noyaux, souvent dissociées par de l’œdème et subissant souvent la dégénérescence hyaline ou scléreuse avec caleification secondaire.

Cellules géantes de corps étranger :

protoplasme éosinophile, accumulation nucléaire unipolaire, inclusions intraprotoplasmiques d'éléments de toute sorte.

SARCOME :

Composition cellulaire simple : éléments semblables et pour la plupart homogènes. Cellules inflammatoires dans les parties périphériques, le plus souvent clairsemées (à moins d'infection surajoutée ou ulcération en surface).

Structure tout à fait irrégulière ou disposition en travées fasciculaires ou en tourbillon par endroits. Vaisseaux se trouvant au hasard au sein de la tumeur et souvent sans paroi propre (lacunes vasculaires).

Fibrilles conjonctives rares et courtes, riches en noyaux, d'aspect irrégulier.

Hémorragies fréquentes avec zones de nécrose sans couronne inflammatoire.

Sclérose rare, parfois ossification secon-

daire.

Cellules géantes tumorales protoplasme foncé (légèrement basophile), disposition centrale ou irrégulièrement péri-

| phérique des noyaux.

De même, il arrive souvent que l’on soit appelé à faire le diagnostic

Gusrave Roussy et Maurice Wozr.

différentiel entre une tumeur bénigne, fibrome, et une tumeur maligne, sarcome fuso-cellulaire. On se basera pour cela sur les caractères suivants :

FIBROMES. SARCOMES.

Éléments cellulaires : absence de mons- Éléments cellulaires : cellules chromatruosités, divisions cellulaires rares et | tophiles, foncées irrégulières, souvent typiques. géantes. Nombreuses monstruosités nu-

cléaires, mitoses typiques et atypiques.

Fibres collagènes épaisses, nombreuses, Fibres collagènes rares et grèles, tousouvent pauvres en noyaux. jours riches-en noyaux.

Vaisseaux : rares et à paroi nette, par- Vaisseaux : lacs vasculaires fréquents, fois hyaline. formés par les fentes d’écartement dans

le tissu sarcomateux et sans revêtement propre.

Aspect macroscopique : encapsulation, Aspect macroscopique : inflammation refoulement lamellaire du tissu sain en- | périphérique fréquente, limites imprévironnant. Dans celui-ci aucune trace | cises, contours irréguliers, parfois bourd’inflammation, mais sclérose et atrophie. | geons dans les vaisseaux. Consistance Consistance dure. plutôt molle.

SARCOMES DU TISSU HÉMO-LYMPHOPOIÉTIQUE

Les tumeurs du sang sont difficiles à classer en raison de la diversité des opinions émises sur leur origine.

Cette difficulté relève de deux causes principales :

La première et la plus importante provient de la diversité d'opinions des auteurs sur l’origine embryologique des éléments figurés du sang : les uns, unicistes, admettant pour la cellule de la moelle osseuse (myéloblaste) el la cellule Iymphatique (lymphoblaste) une origine commune (école française) : les autres, dualistes, une origine différente à partir de la première différencialion de la cellule conjonctive en cellules hémopoïétiques (école allemande). À l'heure actuelle, on tend de plus en plus à se rallier à la théorie uniciste et c’est celle que nous adopterons ici.

La généalogie hématologique peut donc se comprendre à peu près comme sui :

cellule souche MR Se cellule endothéliale vasculaire cellule endothéliale réticulaire fe | leucoblaste

cellule intermédiaire (leucoblaste à réac-

mégalo- normo- micro- tion oxydasique blaste instable) normocyte lymphoblaste mvyéloblaste

2 | a | myélocyte

bre neutro- éosino- basophile

érythro- Iympho- mononucléaire lymphocyte plasmo- neutro- éosino- basophile cyte cyte {azurophile ounon) histioïde cyle polynueléaire

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER. Fasc. V. — 595

Ce tableau schématique représente l’évolution embryologique normale de l’'hémopoïèse, qu'un trouble pathologique quelconque peut venir modifier ; celui-ci peut déterminer l'apparition de formes cellulaires intermédiaires ou indifférenciées qui poseront des problèmes d'autant plus difficiles à résoudre que les distinctions morphologiques seront plus rigoureuses. C’est pourquoi, surtout du point de vue anatomo-pathologique, on ne doit pas tracer les limites trop précises, entre les différents cadres et admettre la possibilité de variations et de mutations des éléments entre eux. C’est ainsi que s'explique, par exemple, la présence de tumeurs d’origine sanœuine en des lieux apparemment paradoxaux comme le lymphocytome et le plasmocytome de la moelle osseuse, le myélocytome des ganglions ou encore la présence fréquente de cellules lymphatiques dans des tumeurs myélocyaires, ou de myélocytes dans des tumeurs ganglionnaires.

La deuxième question, qui a toujours divisé les auteurs, est celle de la place nosographique à donner aux leucémies. Appartiennent-elles aux maladies inflammatoires ou aux tumeurs? Il est d'autant plus difficile de répondre à cette question que l'étude des leucémies aiguës et de certaines septicémies de l'enfance, accompagnées parfois de purpura, montre qu'il existe un chaînon continu entre les deux affections placées aux pôles extrêmes : l'infection purpurique à réaction leucémique, d’une part, et la lymphosarcomatose à forme leucémique, d'autre part.

La théorie de la nature tumorale des leucémies est de plus en plus admise depuis les travaux de Marchand, Banti, Pappenheim, Sternberg et Fabiani.

Partant de ce point de vue, on peut à l’heure, actuelle, grouper les tumeurs sanguines en à catégories (Masson et Wolf) : fumeurs locales non envalhissantes; tumeurs locales envahissantes avec métastases viscérales ; tumeurs généralisées avec irruption dans le liquide sanguin.

Faisons remarquer à ce propos que l’irruption de cellules néoplasiques dans le sang est très rarement notée dans les tumeurs en général, car les éléments cellulaires y sont presque immédiatement détruits. (Schmidt et Lubarsch); dans les tumeurs d’origine sanguine, au contraire, ces éléments persistent en raison de leur adaptation physiologique première au milieu sanguin.

Les tumeurs sanguines peuvent donc être divisées comme suit : (Masson

etuWol).

Tumeur locale. Tumeur envahissante. [rruption sanguine. Lymphocytome. Lymphosarcome. Leucémie Iymphoïde. Plasmocytome. Plasmosarcome. Leucémie plasmoïde. Myélocytome. Myélosarcome. Leucémie myéloïde. Erythrocytome. — Erythrocythémie.

Tumeurs du tissu lymphoïde.

Le lymphocytome est une tumeur ganglionnaire de consistance rénitente régulière, souvent constituée par l'augmentation de volume en masse d’un

ganglion lymphatique. Plus ou moins limitée par une membrane d’enve-

loppe, elle ne présente habituellement pas d’adhérence à la peau ou aux

tissus avoisinants et ne s’ulcère pas. | À la coupe macroscopique, l'aspect du tissu tumoral, de teinte grisâtre

; ge a

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