HAE
lymphocytes.
capillaires. Comet capillaire.
. Mu chorion. DEA buccale.
épithél.
malpigh.
capillaire. — - caryocinèse.
lymphocytes a noyau bourgeonnant.
lymphocytes
réticulum. normaux.
caryocinèses.
Fig. 66. — Lymphocytome ae l’amygdale (Roussy).
En (A) vue d'ensemble montrant la tumeur directement située sous la muqueuse malpighienne. (Gr. : 25/1.)
A un fort grossissement (B, gr. : 220/1), on retrouve la charpente conjonctive qui constitue un réseau grèle à mailles lâches très inégales formé de fibroblastes typiques. Dans les intervalles on voit des éléments cellulaires de formes très variées : lymphocytes normaux, mononucléaires ou gros lymphocytes à noyaux plus pâles et dont le protoplasma est plus abondant; formes de transition où le noyau devient énorme, avec nucléole très visible; en somme, véritables monstruosités. Enfin, certaines figures de mitose soulignent le processus de prolifération.
En somme : tumeur constituée par du tissu lymphoïde prenant tous les caractères d’une tumeur maligne.
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uniforme, est très sensiblement analogue à celui du ganglion normal.
Au microscope le tissu néoplasique offre une structure homogène, avec disparition complète des centres clairs germinatifs. Il est formé uniquement de Iymphocytes normaux ou atypiques avec gros noyaux plus clairs, nombreuses caryocinèses anormales et protoplasma parfois abondant. Le stroma, rare, est formé de fines fibrilles réticulaires.
Le lymphosarcome, contrairement à la précédente, est une lumeur de consistance dure, volumineuse, formée souvent de plusieurs masses ganglionnaires hypertrophiées qui rapidement adhèrent au plan voisin et à la peau el s’ulcèrent; les métastases des Iymphosarcomes sont relativementrares.
Histologiquement le Iymphosarcome est caractérisé par la prolifération lymphatique, avec disparition du reticulum et pullulation de cellules très petites et très foncées el presque sans protoplasme, par des miloses particulièrement nombreuses lypiques el atypiques, et par de rares cellules géantes. Le stroma est peu visible et présente des éléments fusiformes alypiques souvent monstrueux. j
Place nosographique des lymphomatoses. — Ce sont des tumeurs qui peuvent siéger partout où l’on trouve normalement des cellules lymphatiques, principalement dans les ganglions, l'appareil olliculaire du tube digestif et la rate ; plus rarement dans la moelle osseuse et les différents viscères.
Elles se présentent soit sous la forme de tumeurs circonscrites, non envehissantes el isolées : lymphocytome bénin; soit de tumeurs non envahissantes circonscriles et localisées à tout un système : lymphadénie aleucémique (avec adénopathie généralisée, el splénomégalie); soit enfin de tumeurs envahissantes avec extension locale (/{ymphosarcome) ou générale (leucémie lyniphatique).
Variétés plasmocytaires des lymphomaloses. — Les plasmocytes peuvent constituer des tumeurs sensiblement analogues, au point de vue macroscopique, aux lymphocytomes (Masson et Wolf). Le plasmocytome diffère anatomiquement du lymphocytome par la plus grande fréquence des hémorragies et par son siège. On le rencontre en effet dans le pharynx, le médiastin, la plèvre, la moelle osseuse et les différents viscères.
Histologiquement, il est formé de plasmocytes plus où moins typiques avec noyaux excentriques unipolaires, dont l'aspect étoilé manque souvent et avec vacuole protoplasmique central.
Le plasmosarcome est une tumeur rare dont on ne connaît à l'heure actuelle qu'une douzaine d'observations et dont les premières, en France, ont été publiées, en 1920, par Masson et Wolf et par Martin et Colrat.
Macroscopiquement elle diffère peu des lymphosarcomes, si ce n'est par sa localisation plus fréquente dans la moelle osseuse. Au microscope, elle est constituée par des plasmocytes souvent très atypiques dans lesquels on retrouve cependant toujours la vacuole centrale et la métachromasie du protoplasma à la pyronine.
Les leucémies plasmocytaires sont tout à fait exceptionnelles. On ne connaît à l'heure actuelle que deux cas certains (Gluszinski et Reichenstein, Ghon et Roman) et quelques cas discutables.
GusrTaAve Roussx et Maurice Wozr.
Tumeurs du tissu myéloïde.
Le myélocytome est une tumeur plutôt molle qui siège ordinairement dans la moelle osseuse des os longs, des os du crâne ou des vertèbres. On le rencontre aussi dans les ganglions du tissu folliculaire intestinal et les viscères comme le rein, le foie, la rate, l'ovaire, le corps thyroïde. Dans son évolution expansive habituelle cette tumeur détruit souvent l'os par ostéite raréfiante, et refoule les tissus avoisinants; elle ne forme ni métastase ganglionnaire, ni métastase viscérale. Rarement unique, le myélocytome forme habituellement des tumeurs mulliples disséminées dans la moelle osseuse. Son aspect est blanc verdàtre, souvent hémorragique.
Structure histologique assez homogène : myélocytes basophiles ou neutrophiles avec protoplasme dépourvu de granulations et noyaux plus ou moins clairs, souvent volumineux. Présence fréquente de lacs sanguins hémorragiques. |
Le myélosarcome présente un aspect macroscopique identique au précédent mais avec infiltration dans les tissus voisins et métastase ganglionnaire sanguine et viscérale.
Le myélosarcome est presque toujours accompagné de leucémie; 1l est souvent hémorragique et nécrosé.
Sa structure histologique est très semblable aux myélocytomes avec celte différence que l’on y trouve de nombreux myélocyles atypiques se rapprochant de gros Iymphoblastes, avec cette différence que leur protoplasma est plus abondant et nettement basophile ou orthophile.
Certains myélosarcomes, du crâne et de la face (orbite) en particulier, présentent une couleur jaune verdâtre prononcée; aussi les anciens auteurs (Aran, 1874) l’avaient-ils décrit comme tumeur spéciale : le cancer vert ow chlorome. Celle couleur verte serait due, pour les uns, à la présence de granulations intracellulaires, de lipochrome; pour d’autres, à des combinaisons chimiques de sulfates avec le fer de l’hémoglobine. Quoi qu'il en soit cette coloration n'a rien de spécifique et peut se retrouver par places dans presque toutes les tumeurs riches en myélocytes.
Le chlorome n’est donc pas une tumeur propre.
Place nosographique des myélomatoses. — Comme les Iymphocytomes, les myélocytomes peuvent siéger dans toutes les régions de l'organisme. Le terme de myélome appliqué depuis Kahler, aux tumeurs primitives de la moelle osseuse est donc inexact, parce qu'il comprend à la fois les Iymphocytomes, les plasmocytomes et les myélocytomes; il ne doit être employé que dans un sens clinique pour désigner les tumeurs médullaires s’accompagnant d’albumosurie, d’anémie progressive, de cachexie et de fièvre. (Masson et Wolf.)
Tumeurs du tissu érythrocytaire.
L'érythrocytome est une tumeur. de couleur rouge brunâtre, de consistance assez ferme, mal délimitée qui siège habituellement dans la moelle osseuse. Son volume ne dépasse guère celui d'une orange; les hémorragies y sont rares.
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Elle est formée de cellules assez volumineuses, à noyaux fortement colorés avec parfois disposition radiaire de la chromatine et à protoplasma abondant basophile ou orthochronfatique. On peut y distinguer des cellules de différents types : mégaloblastes et normoblastes et formes de transition.
Ce sont des tumeurs extrêmement rares dont on ne connaît à l'heure actuelle que trois exemples (Ribbert, Schridde, Froboese), toutes bénignes.
Les érythrocytémies correspondent, pour la série rouge, à ce que sont les leucémies pour la série blanche. Les observations de Hirschfeld, Hutchinson, Hamilton, Muller, Furth, Naegeli permettent de penser qu'il s'agit
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Fig. 67. — Surcome du sein à cellules rondes et polymorphes, chez une femme de 65 ans. (Coll. du Lab. d'Anatomie pathologique.)
d’une véritable pullulafion érythroblastique, surtout médullo-osseuse, tout à fait parallèle à ce qui se passe dans les leucémies.
Sarcome dit globo-cellulaire (!).
Alors que dans le sarcome fuso-cellulaire l’élément néoplasique était une cellule allongée fusiforme (fibroblaste néoplasique), 1ei l’élément néoplasique est arrondi avec noyau sphérique plus ou moins volumineux; c’est pourquoi les classiques l’ont opposé, comme type morphologique parallèle, au sarcome fuso-cellulaire et l'ont dénommé : sarcome à cellules rondes ou globo-cellulaire.
1. Nous avions. dans le Diagnostic histologique des Tumeurs de Roussy et LEROUX (Masson, édit., 1920), consacré un chapitre à part au sarcome globo-cellulaire pour ne pas trop nous éloigner de la conception classique, mais nous préférons aujourd’hui,
avec les auteurs modernes, ranger ces tumeurs dans la classe des néoplasies des tissus Iymphopoïétiques.
GusTaAve Roussy et MAURICE Worr.
On peut considérer que le sarcome à cellules rondes est une tumeur conjonctive dont l'élément fondamental a déjà subi une certaine différenciation dans le sens vaso-sanguinaire. Il naît des éléfnents hémo-endothéliaux lymphoïdes (ganglions, rate, follicules clos), myéloïdes (moelle, osseuse) et histioïdes (stroma des parenchymes et issu de granulation).
Le sarcome à cellules rondes, tumeur souvent très volumineuse, siège dans la moelle osseuse, les ganglions Iymphatiques, la rate ou le thymus. D’aspect blanc jaunâtre, de consistance ferme, il évolue très rapidement et détermine habituellement la mort par complications locales avant d’avoir eu le temps de faire des mélastases.
Il peut présenter deux aspects histologiques suivant la prolifération réticulaire ou folliculaire :
Dans le premier cas, la tumeur est formée de grosses cellules à noyaux un peu plus clairs, et protoplasme net, avec des formations plasmodiales (cellules géantes) assez nombreuses, et de forme polyédrique, ellipsoïdeæou même fusiforme.
Dans le deuxième cas, la tumeur est très semblable au lymphosarcome avec lequel il est, et à juste Uitre, identifié par certains auteurs, de même que le fibro-sarcome et le sarcome fuso-cellulaire sont considérés comme un seul type de tumeur.
La place nosographique à donner au sarcome globo-cellulaire est encore discutable et varie suivant les auteurs ;
Les classiques ont considéré longtemps cette tumeur comme l’analogue du sarcome fuso-cellulaire et comme dérivée de la cellule jeune embryonnaire du tissu conjonctif commun.
On tend à revenir sur celle opinion et, en se basant sur l’analogie intime des petites cellules rondes du sarcome globo-cellulaire avec le Iymphocyte, on le range dans le groupe des lymphocytomes; si bien que beaucoup d'auteurs modernes ne font même plus une place à part au sarcome à cellules rondes dans le chapitre des sarcomes.
SARCOMES ATYPIQUES ET DÉGÉNÉRESCENCE DANS LES SARCOMES
Sarcomes atypiques. — On peut comprendre dans cette catégorie certaines formes de sarcomes ressemblant macroscopiquement aux sarcomes fuso ou globo-cellulaires, et dans lesquelles la forme générale des cellules, le grand nombre de cellules géantes, la présence d'éléments de type très différent peut faire douter si l’on se trouve en présence d’un cancer ou d’une inflammation uñ peu spéciale.
Certaines tumeurs d’origine réticulo-endothéliale formées de lymphocytes volumineux et de nombreux plasmodes ont été décrites par les auteurs américains sous le nom de Hodgkin sarcomes en raison de ce qu’elles peuvent être parfois l'aboutissant de la maladie de Hodgkin. Si celle-ci est bien individualisée par son caractère inflammaloire subaigu, la présence de cellules de Sternberg et de nombreux éosinophiles dans le sang, il n’en est pas de même pour le /fodgkin sarcome qui ne diffère en rien d’un Iymphosarcome banal.
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Les dégénérescences dans les sarcomes. — (CHOLÉSTÉATOME, PSAMMOME, MYXOME, PÉRITHÉLIOME. — La surcharge pigmentaire caractérise le sarcome
mélanique. I s’agit là de fibrosarcomes plus ou moins atypiques qui sont imprégnés d'un pigment noir, la mélanine, et dont nous parlerons plus loin. À part leur surcharge pigmentaire, ces tumeurs évoluent comme le sarcome banal et se distinguent ainsi des vrais cancers mélaniques.
La dégénérescence cholestérinique est caractérisée par la présence de cristaux d'acides gras ou de cholestérine.
Elle s’observe aussi bien dans les pseudo-tumeurs inflammatoires que dans les sarcomes ou les épithéliomes, principalement au niveau du cerveau (Roussy). Il s’agit d’aspects choléstéatomateux plutôt que de choléstéatomes dans le sens de tumeur propre.
Macroscopiquement, les tumeurs à surcharge cholestérinique présentent à la coupe une teinte jaunâtre, dures à sectionner, par association fréquente de calcification. Leur siège est éminemment variable. Les sarcomes qui réaliseront l'aspect choléstéatomateux sont surtout des fibro-sarcomes à marche très lente, notamment au niveau des méninges, des ventricules (fréquents chez le cheval).
Histologiquement, au sein d’une masse tumorale formée de tissu fibroblastique apparaissent des cristaux, dont il ne persiste que les fentes losangiques sur les préparations ordinaires par suite de la dissolution de la graisse par les réactifs. Ces cristaux, véritables corps étrangers, provoquent autour d'eux une réaction macrophagique giganto-cellulaire qui leur donne un aspect très caractéristique, el souvent une réaction inflammatoire.
L'aspect mucoïde ou myxomaleux se rencontre dans certains sarcomes qui se présentent macroscopiquement en totalité ou en partie, avec une consistance gélatineuse.
A la coupe macroscopique, ils ont l’aspect translucide du verre dépoli ou de la gélatine, avec suc de raclage assez abondant. On l'appelle classiquement #ycome pur malin quand la tumeur présente partout le même aspect; fibro-sarco-myxome quand l’aspect gélatiniforme est parcellaire. Son siège le plus fréquent est au niveau des muscles, des aponévroses et des ganglions.
Histologiquement cet aspect est dû à la présence d’une substance amorphe interstiliélle, présentant plus ou moins nettement les réactions colorantes métachromasiques du tissu muqueux du fœtus (d’où son nom de myxome). Ce tissu mucoïde dissocie plus ou moins les cellules sarcomateuses qui prennent souvent l'aspect étoilé, ainsi que les vaisseaux dont les parois paraissent parfois bourgeonnantes, et se ramifient dans la substance fondamentale. Ces parois très grèles, non soutenues par le Lissu voisin, se rompent facilement, provoquant des hémorragies fréquentes.
L'aspect myxomateux précède ou accompagne parfois la différenciation du sarcome en tissu cartilagineux ou même osseux : fibro-myxo-chondroostéo-sarcome. Mais il ne s’agit là que d’un aspect que l’on retrouve d’une facon plus ou moins diffuse dans des tumeurs conjonctives diverses. C'est une modification structurale qui reconnaît vraisemblablement des origines multiples. Il n'y a donc pas lieu d’individualiser les tumeurs d'aspect myxoïde en un groupe spécial de néoplasies.
GusTAVE Roussy et Maurice Wozr.
Cependant dans les tumeurs embryonnaires, on peut rencontrer du myxome vrai, c'est-à-dire une néoplasie développée aux dépens de vestiges du tissu muqueux embryonnaire et reproduisant un tissu très lâche, riche
vaisseaux entourés de cellules sarcomateuses et de zones nécrotiq.
plage nécrotique.
zone nécrotique.
noyau en voie de dégénérescence
cellules sarcomateuses,.
de se
vaisseau central.
Fig. 68. — Surcome de la hanche remanié par dégénérescence : aspect périthélial. (Roussy.)
A. — La tumeur vue à un faible grossissement (Gr. : 25/1) se caractérise de prime abord [par des plages foncées cellulaires centrées par des vaisseaux nageant au milieu d'une masse grisâtre, sans constitution reconnaissable, d'aspect nécrotique.
On a ici une image schématique de ce qu’on a décrit à tort sous le nom de périthéliome, c'est-à-dire d’une tumeur développée aux dépens de cellules périthéliales vasculaires hypothétiques, dont l'existence n’est pas prouvée.
B. — Un fort grossissement (Gr. : 20/1) montre la couronne de cellules néoplasiques intactes autour du vaisseau, tandis qu'à une certaine distance, l'insuffisance nutritive a provoqué une nécrose ischémique avec perte d’affinité tinctoriale. Aspect qui n’a rien de spécial aux tumeurs conjonctives et que l’on peut rencontrer aussi bien: dans les tumeurs épithéliales,
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en substance fondamentale gélatiniforme parsemé de cellules étoilées à prolongements anastomotiques.
Par suite de troubles circulatoires ou de compression intra-tumorales, on peut distinguer différentes formes de dégénérescence par ischémie avec nécrose secondaire ou par nécrose primitive d'origine hémorragique.
Dans la nécrose par ischémie, on note macroscopiquement des zones molles et diffluentes, ou des zones d'aspect caséeux jaunâtre qui sont fréquentes dans les tumeurs volumineuses. Au microscope, on constate l’acidophilie des protoplasmas, la pycnose des noyaux et des figures diverses de caryolyse. Les infections secondaires très fréquentes viennent encore contribuer à modifier la structure primitive.
Dans les hémoriragies récentes la tumeur prend un aspect rouge ou violacé; dans les cas anciens c'est une masse pigmentée de couleur ocre fréquemment trouée de kystes (sarcomes kystiques). Au point de vue histologique, on assiste à une diffusion des globules rouges, une dislocation du issu néoplasique avec compression des vaisseaux voisins du foyer hémorragique, d’où nécrose ischémique secondaire. La fibrine qui se dépose dans les espaces intercellulaires a pu être prise par certains auteurs pour des parasites en raison de ses affinités positives pour le Gram. On rencontre naturellement une accumulation intra- et extra-cellulaire de pigment ocre, présentant les réactions du fer. |
Dans les sarcomes à marche rapide, et relativement peu vasculaires, les nécroses sont souvent abondantes, les éléments restés vivants se groupent autour des vaisseaux et paraissent s'implanter sur leurs parois mêmes, réalisant ainsi l'aspect du Périthéliome.
Il s'agit d’un aspect architectural dû à des troubles circulatoires, aspect que peuvent affecter, par remaniements secondaires, les sarcomes comme les épithéliomes. Le périthéliome n’est pas une tumeur spécifique, dérivée comme on l’a prétendu, d'éléments particuliers, c’est-à-dire des cellules périthéliales d'Eberth, que rien dans leur morphologie ni leur histogénèse ne différencie des éléments conjonctifs fixes voisins (Roussy et Ameuille).
On rencontre l’aspect périthélial partout où existent des tumeurs conjonctives ou épithéliales. Ce n’est qu'une simple apparence due à des remaniements parnécrose ou hémorragies (choroïde, rein, ovaire, sein, testicule). Au niveau des glandes endocrines (hypophyse, surrénale), où les cellules sont en contact intime avec les vaisseaux, les néoplasies revêtent souvent l'aspect périthélal.
L'examen histologique montre l’ordination péri-vasculaire des éléments néoplasiques; les capillaires plus ou moins ectasiés sont entourés d’un manchon de cellules de morphologie variable suivant la tumeur : plates, fusiformes, cubiques ou cylindriques. Dans l'intervalle des formations centrées par les vaisseaux existent des zones vides, ou remplies de débris nécrotiques ou hémorragiques.
L'infiltration calcaire est parfois très accentuée dans les sarcomes. Ce sont des tumeurs contenant des grains durs qui ébrèchent couteaux et rasoirs.
Histologiquement on constate dans un tissu polymorphe où domine le plus souvent le type fibroblastique, la présence de corps concentriques pre-
nant très fortement les couleurs d’aniline, principalement les couleurs basiques (corps de formation récente), quelquefois les couleurs acides (corps calcaires très anciens):
Ces formations se constituent aux dépens des vaisseaux qui subissent la transformalion hyaline, puis calcaire.
Les sels calcaires sont contenus le plus souvent dans des plasmodes appartenant au néoplasme ou formés aux dépens de l’endothélium de vaisseaux thrombosés. On donne à ces tumeurs le nom de Psammomes, fréquents au niveau des méninges.
Suivant le caractère des cellules conjonctives, on a affaire soit à -un fibrome, soit à un fibro-sarcome psammomateux.
ENDOTHÉLIOME
La question des endothéliomes est complexe, parce qu’on désigne sous ce lerme des tumeurs différentes, suivant les auteurs et les pays. C’est aimsi que la plupart des tumeurs étiquetées endothéliomes à l'étranger sont classées en France, soit dans les épithéliomes, soit dans les sarcomes.
On trouve en effet dans la classe des tumeurs décrites sous le nom d’endothéliome :
1° des tumeurs développées aux dépens des revêtements endothéliaux des séreuses : Endothéliomes vrais:
2 es tumeurs d’origine discutable (rate, méninges) : Endothéliomes discutables:
5° des tumeurs dont l'aspect histologique rappelle celui de l’endothéliome, mais qui ne dérivent pas d’un endothélium : Faux endothéliomes comme par ex. : l’épithélioma baso-cellulaire, les nævi, les tumeurs mixtes qui ne rentrent pas dans ce chapitre.
Nous limiterons le cadre des endothéliomes aux seules tumeurs dérivées du revêtement endothélial séreux (plèvre, péritoine, péricarde, synoviale) et nous dirons quelques mots des endothéliomes discutables.
ENDOTHÉLIOMES VRAIS. — Suivant la définition que nous avons adoptée, l'endothéliome peut siéger au niveau du péritoine, de la plèvre, du péricarde, des séreuses articulaires. Nous prendrons comme type de description l’endothéliome du péritoine.
Des noyaux innombrables en laches de bougie couvrent le péritoine pariétal et viscéral. Leurs dimensions varient d’une tête d’épingle à une pièce d’un franc. Ils peuvent être plans et lisses, ou tubéreux, papillaires, en crêle de coq.
La lymphangite cancéreuse est souvent apparente avec injection des réseaux sous-séreux de l'intestin, des viscères et des puits diaphragmaliques. L’envahissement des plèvres, el plus rarement du péricarde par les puits diaphragmatiques peut s'observer.
Les mélastases ganglionnaires et la thrombose des gros troncs lymphaliques comme le canal thoracique sont fréquentes. Les métastases viscérales dans le foie ou le rein sont possibles.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER. Fasc. V. — 535
Histologiquement on peut distinguer deux formes :
Forme papillaire : aspect banal et caractéristique du cancer papillaire tel qu'il existe par exemple au niveau de l'ovaire.
Forme solide : travées irrégulières de grosses cellules d'aspect épithélial à protoplasma très abondant, à noyaux volumineux chromophiles, à stroma grèle. Ces travées peuvent se disposer en cordons pleins, en tubes ou en cavités.
À côté de ce type d'aspect épithéliomateux, on trouve parfois dans la même tumeur, des plages tourbillonnantes composées de cellules allongées. ellipsoïdes ou fusiformes absolument identiques à celles du fibrosarcome. Il existe entre ces deux types extrèmes toutes les formes de transition.
Dans les lymphatiques la prolifération endothéliale séreuse est souvent impossible à distinguer d’une hyperplasie néoplasique des endothéliums lymphatiques. Ceci explique pourquoi certains auteurs font de ces endothéliomes des séreuses des sarcomes Iÿmphangitiques primitifs.
ENDOTHÉLIOMES DISCUTABLES. — Nous rangeons dans ce groupe les Psammomes, parce que, tout en ayant le même aspect histologique que les tumeurs du groupe précédent, leur origine endothéliale est discutable. En effet, la théorie des trois feuillets méningés de Bichat est aujourd’hui battue en brèche et l'existence d’un endothélium vrai au niveau de l’arachnoïde n’est plus admise par beaucoup d'auteurs. Il nous paraît donc plus exact de considérer les tumeurs méningées comme des fibromes ou des fibro-sarcomes, c'est-à-dire des tumeurs nées aux dépens du tissu conjonctif qui forme les feuillets méningés.
Leurs sièges d'élection est la face interne des méninges cérébrale ou médullaire. Ce sont des tumeurs sessiles ou pédiculées, de teinte grisâtre ou rosâtre, de consistance molle, mais prenant souvent la consistance sablonneuse, d’où leur nom de psammome (loauuos; — sable), tumeurs essentiellement bénignes, qui constituent souvent une simple trouvaille d’autopsie. |
L'aspect histologique en est assez variable. D'une façon générale on distingue un tissu conjonctif jeune (fibroblastes ou cellules fixes), des vaisseaux du type adulte ou embryonnaire, et surtout des formations spéciales caractéristiques de la tumeur : les corps concentriques calcaires ou hyalins. Ceux-ci sont constitués soit par un enroulement en bulbe d’oignon de cellules conjonctives, encore reconnaissables soit par des amas d'aspect homogène et anhistes (corps hyalins) qui peuvent se charger de substances calcaires.
L'origine de ces corps concentriques semble se faire aux dépens des vaisseaux dont la paroi endothéliale prolifère à l’intérieur ou à l'extérieur pour donner naissance à un bourgeon conjonctivo-hyalin au centre duquel peut se constituer un dépôt calcaire ; d’où l’ancien nom de sarcome angiolithique ou endothéliome à corps concentriques donné à cette variété de tumeurs (Roussy).
GusrTaAve Roussy et Maurice Wozr.
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Il. — TUMEURS DES TISSUS SPÉCIAUX