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tion courante, il fallait faire des réserves sur la possibilité de la guérison totale spontanée.

Quant à la guérison provoquée des tumeurs malignes, elle ne fait à l'heure actuelle plus de doute pour personne, surtout depuis qu’on a pu suivre au microscope les réactions des tissus néoplasiques et les phénomènes de défense de l’organisme notés au cours du traitement par les rayonnements. Nous reviendrons sur ce point à propos du traitement du cancer.

Le pronostic des maladies cancéreuses reste encore aujourd’hui particulièrement sombre, malgré les progrès apportés dans le diagnostic et dans la thérapeutique. |

Ceci tient surtout aux difficultés de diagnostiquer le cancer à la phase de début, phase de maladie locale durant laquelle seule une thérapeutique a chance de succès. C’est pourquoi le pronostic des cancers viscéraux internes est beaucoup plus grave que celui des cancers externes.

Cela tient aussi à ce que, souvent encore, on a tendance à appliquer systématiquement tel ou tel traitement à n'importe quel cancer sans se préoccuper de sa nature et de sa forme histologique. NET

Cependant on peut dire qu'à l'heure actuelle, grâce aux récents progrès apportés dans la thérapeutique du cancer, le pronostic de cette maladie est certainement moins grave qu'il ne l'était 1l y a peu de temps encore. Et puis, il n’y a pas un pronostic global du cancer, mais bien un pronostic propre à chacune de ses grandes familles.

Recherches de laboratoire pour le diagnostic du cancer.

Les renseignements cliniques sont souvent insuffisants pour permettre de dépister un cancer au début; aussi s’est-on adressé au laboratoire dans le but d'y trouver des éléments susceptibles d’étayer le diagnostic clinique. Ces recherches de laboratoire peuvent être groupées en méthodes microscopiques, endoscopiques, chimiques, urologiques et sérologiques.

Les méthodes microscopiques comprennent le GytochaBnene du cancer et la biopsie.

Le cyto-diagnostic s'adresse à l'examen des liquides d’épanchement de la plèvre, du péritoine ou du liquide céphalo-rachidien. On peut trouver dans le culot de centrifugation de ces liquides, de grandes cellules à noyaux irréguliers, bourgeonnants, présenter parfois des figures mitotiques pluripolaires et un cytoplasme vacuolaire. On a donné à ces cellules, à tort à notre avis, le nom de « cellules cancéreuses ». En effet, nous l’avons vu ailleurs, il est bien difficile de reconnaître les caractères spécifiques du cancer dans une cellule isolée, complètement séparée des autres éléments du même tissu. Les allérations nucléaires ou protoplasmiques, voire le bourgeonnement ou les divisions du noyau, peuvent parfaitement appartenir à 1 placards endothéliaux en réaction inflammatoire ou nécrotique.

Ainsi la valeur du cyto-diagnostic du cancer nous paraît à l'heure actuelle très sujette à caution. |

La biopsie présente par contre une valeur indiscutable dans le diagnostic

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du cancer. Sans entrer ici dans les détails que comporte cette question, il nous semble néanmoins utile d’insister sur la nécessité de la biopsie à laquelle malheureusement beaucoup de chirurgiens ou de médecins ne recourent encore que d’une façon trop exceptionnelle. A notre avis le prélèvement d’un petit fragment d’une tumeur au début ne comporte guère de contre-indications et doit être fait chaque fois que la lésion est abordable par le bistouri. Nous dirons même que certaines opérations préalables (petite laparatomie exploratrice, prélèvement provisoire d’un lobe aberrant d’une tumeur) doivent être souvent conseillées.

Mais il faut bien savoir que pour qu’une biopsie apporte le plus de renseignements utiles, le prélèvement du fragment doit être fait dans des conditions déterminées : prélèvement du fragment dans les portions les plus actives de la tumeur, en dehors des zones nécrotiques, au niveau des zones d’accroissement, comprenant si possible une portion de tissu sain. Lorsque c'est possible, il est préférable que le prélèvement de ce fragment soit fait par celui qui sera chargé de l'examen histologique, ou du moins en sa présence. On ne saurait trop insister sur l'importance capitale de ces données en matière d'examens biopsiques, importance que malheureusement médecins et chirurgiens ignorent totalement, exception faite pour ceux qui ont quelque pratique du microscope. Une erreur d'orientation ou de prélèvement d’un fragment peut être la cause de graves erreurs de diagnostic.

Il faut savoir enfin que la biopsie n’acquière, en matière de diagnostic du

cancer, qu'une valeur positive. Si le fragment est suffisamment grand et prélevé dans les conditions nécessaires, on peut faire au microscope le diagnostic d’une tumeur, à condition que la pièce ‘comprenne des éléments de celle-ci. Mais la biopsie n’a pas de valeur négative, en ce sens qu'il est impossible, en présence d’un aspect de réaction inflammatoire ou de tumeur bénigne, d'affirmer qu'en un autre point de la même néoformation on ne trouvera pas des éléments cancéreux. Dans ces condilions, l’anatomopathologiste ne peut conclure qu’à, l'absence de cancer dans le fragment examiné et rien de plus; il doit réclamer du clinicien des examens complémentaires, et surtout insister sur la nécessité d’un nouveau prélèvement. . Nous ne ferons qu'indiquer en passant les méthodes optiques telles que l’endoscopie utilisée à l'heure actuelle dans le diagnostic des tuméurs des voies urinaires, des voies digestives supérieures el des voies respiratoires ; la radiographie et la radioscopie sur l'importance et la valeur desquelles il est inutile d’insister. Ces dernières méthodes sont devenues âujourd’hui un complément nécessaire et indispensable des investigations cliniques. Au moyen d'insufflation d'air dans le péritoine (pneumopéritoine) ou même dans les ventricules du cerveau (ventriculographie), les radiologistes sont arrivés récemment à perfectionner la technique radiographique et radioscopique des tumeurs et à en fixer parfois la localisation dans des cas extrèmement difficiles.

Les réactions chimiques susceptibles d'éclairer le diagnostic du cancer sont avant tout celles qui sont fournies par l'examen du suc gastrique.

L'anachlorhydrie dans le suc gastrique est un signe de cancer de l’estomac connu de longue date, et sur lequel avait insisté tout particulièrement

GusTaAve RoussyY et Maurice Wozr.

Hayem ; on est même allé plus loin et certains auteurs ont prétendu que l'acide chlorhydrique pouvait manquer dans le suc gastrique, dans les cancers siégeant ailieurs qu’à l'estomac. La valeur de l’anachlorhydrie, comme signe de cancer de l’estomac, est donc très discutable.

et net du suc gastrique, c’est-à-dire la recherche de l’albumine en excès, la recherche d’un ferment hémolytique ou d’une hydrolase capable de fragmenter les polypeptiques comme le glycyl-tryptophane sont également des méthodes qui, prises isolément, n’ont que très peu de valeur (Fischer); groupées, elles acquièrent quelque valeur dans le diagnostic d’un cancer. Des méthodes analogues ont été appliquées aux cancers des voies biliaires ou du pancréas.

L'examen chimique des urines fournit une foule de documents sur lesquels d’ailleurs nous avons eu l’occasion d’insister à propos de l'étude du métabolisme chez les cancéreux. Nous rappellerons ici que dans ces dernières années À. Robin a repris, dans une série de recherches, l’étude analytique très complète de l'élimination urinaire chez les cancéreux et a: montré qu’en réalité aucun élément retrouvé dans ces urines ne pouvait être considéré comme ayant une valeur pathognomonique.

Les recherches sérologiques dans le sérum des cancéreux sont beaucoup plus intéressantes et méritent, quoique encore très imparfaites, de nous arrêter plus longuement. Les troubles considérables du métabolisme chez les cancéreux, la surcharge de sang en déchets protéiques, le passage dans la circulation sanguine de cellules hétérogènes et enfin l’accoutumance du milieu ambiant aux éléments mêmes du cancer, telles sont quelques-unes des causes qui font apparaître dans le sérum cancéreux des ferments en plus grande quantité qu’à l’état normal et y créent des réactions diastasiques à caractères particuliers. On peut noter une augmentation des diastases lysantes ou au contraire des diastases précipitantes ; de même les ferments inversés, antilysines et anticoagulines, peuvent devenir plus évidents. -

RÉACTIONS HÉMOLYTIQUES

A. RÉACTIONS 4 BASE DE LYSINE. — La propriété hémolytique du sérum des cancéreux fut mise en évidence pour la première fois par Maragliano en 1890. Cette propriété a été utilisée dans le diagnostic du cancer; elle comporte l’hétérolyse et l’isolyse. s

L'hétérolyse a été particulièrement étudiée par Kelling qui mit en présence d’un sérum cancéreux des globules rouges de poule, et constata après un séjour à l’étuve de 6 à 24 heures une dissolution de ces globules. Cette recherche peut donner des résultats positifs dans environ 50 pour 100 des cas; elle semble être particulièrement nette dans les cancers du tube digestif, et ne donne que 5 pour 100 de résultats positifs chez les non-cancéreux.

Weinberg et Millo ont proposé de remplacer les globules de poule par des globules de mouton, mais il semble que les résultats soient de beaucoup inférieurs à ceux qui sont fournis par la première méthode.

L’isolyse, c'est-à-dire la dissolution de globules humains normaux par un sérum cancéreux, a été utilisée par Alessandri et Crile.

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. Crile fit l'épreuve de l’hémolyse sur un nombre considérable de malades et la trouva positive dans 80 pour 100 des cas. Les résultats, qui semblaient d’abord si brillants, ne furent cependant pas pleinement confirmés dans la suite. Crile lui-même a publié de nombreux cas négatifs, et l’on a noté une réaction isolytique positive dans le sang de maladies chroniques comme la tuberculose et autres. |

Pour Weinberg la réaction hémolytique présente un certain intérèt diagnostic en ce sens qu'elle est rare chez les sujets non cancéreux.

La cutiréaction du cancer, qui n’est qu’une application de l’hémolyse cancéreuse, a été proposée par Elsberg. On injecte sous la peau de l’avant-bras d’un sujet suspect de cancer une dilution de globules rouges normaux à 10 pour 100. En cas de réaction positive, on constate au bout de 6 heures une tuméfaction nodulaire, douloureuse, colorée en brun rouge, qui disparaît après 6 ou 10 heures. D’après les auteurs qui ont utilisé cette méthode, elle donne comme résultats positifs dans le cancer une proportion de 75 à 100 pour 100.

La réaction de la déviation du complément de Bordet et Gengou a été recherchée par nombre d'auteurs chez les cancéreux. On s’est tout d’abord servi d'extraits aqueux et alcooliques de tumeurs humaines, ce qui donna des résultats inconstants. Puis von Dungern modifia la méthode en employant du sérum non inactivé, alcalinisé à l’aide de solutions de carbonate de soude à n/0 et comme antigène d’abord des extraits alcooliques, puis des extraits à l’acétone de tumeurs humaines et enfin des extraits de globules rouges de malades atteints de paralysie générale progressive; enfin il se servit de solutions et d’émulsions d’hydro-carbones (surtout de maltose) et de la phénolphtaléime (Hara). Ainsi von Dungern obtint 100 pour 100 de résultats positifs dans le cancer; mais les recherches de contrôle faites dans une série de laboratoire n’ont pas confirmé ces résultats quoique la modification de Hara ait donné un chiffre vraiment exceptionnel de cas positifs chez les cancéreux. ;

B. RÉACTION A BASE DE PRÉCIPITINES. — La présence de corps ou fragments albumineux différant qualitativement ou quantitativement de ceux du sérum normal a été l’objet d’un grand nombre de réactions précipitantes dans lesquelles on a employé tour à tour des acides, des alcalins, des combi-

- naisons d'halogènes, de métaux ou métalloïdes.

La réaction de l’épiphanine de Weichardt est basée sur linfluence qu'exerce sur une réaction physique la combinaison d’antigènes et anticorps. La diffusion entre deux liquides colorés, l’un alcalin, l’autre acide est influencée à l’œil nu en présence d’extraits et de sérums cancéreux. La technique de cette réaction est très délicate et encore mal mise au point. | :

Dans un sérum à examiner, on cherche le point neutre à la phénolphtaléine au moyen de Ba(OH}? et H? SO‘. En ajoutant ensuite de l’antigène on observe, par formation du complexe antigène-anticorps cancéreux, un déplacement de la réaction chimique du milieu précédemment neutre. La phénolphtaléine sert à mettre en évidence cette modification de la teinte chimique du milieu : c’est la réaction de lépiphanine.

GusrTave Roussy et Maurice Wozr.

La réaction fermentative d'Abderhalden a été également appliquée à l'étude du cancer. Mais la technique extrêmement compliquée comporte des temps nombreux qui sont autant de sources d'erreurs possibles, malgré les modifications que lui a apportées son auteur. Elle ne constitue donc pas une méthode susceptible d’être employée journellement dans les laboratoires. De plus, on sait que la réaction d’Abderhalden est loin d’être spécifique du cancer, puisqu'elle se retrouve fréquemment dans le sérum des femmes enceintes (t). Enfin on peut l'obtenir non seulement avec du tissu cancéreux ou du placenta, mais encore avec tout autre tissu.

Plus récemment Abderhalden a proposé de se servir de fragments d’organes cuits et colorés dont la décoloration permettrait d'apprécier d’une façon très simple la présence d’un ferment. Cette modification ne rend pas la réaction meilleure.

La réaction de Botellho consiste en une précipitation que l’on obtient en mélangeant un centimètre cube de sérum cancéreux à un centimètre cube de solution de gélatine à 1 pour 100, en présence de 3 dixièmes de centimètre cube de solution de Gram ; l'étude de cette réaction ést encore trop récente pour qu'il soit possible d'en juger la valeur d’une façon définitive.

RÉACTIONS À BASE D'ANTIFERMENTS. — Elles sont basées sur l’absence dans le sérum des cancéreux de réactions diastatiques normales que l’on attribue à l'intensification des antiréactions correspondantes. 3

RÉACTIONS ANTI-CYTOLYTIQUES. — On sait que le sérum sanguin a un pouvoir cytolytique sur les éléments cellulaires hétérogènes qu'il détruit plus où moins rapidement. |

C'est sur &e principe qu'est basée la réaction de Freund-Kaminer. Ces auteurs, ayant constaté que les cellules cancéreuses n'étaient pas dissoutes par le sérum cancéreux comme elles l’élaient par le sérum normal, ont proposé d'utiliser ce phénomène dans le diagnostic du cancer. Voici leur technique :

On se sert de fragments cancéreux riches en cellules que l’on émulsionne et dilue de façon à ne plus avoir qu’un certain nombre de cellules par millimètre carré (20 cellules dans le grand carré de l'appareil de Thoma-Zeiss). On recherche ensuite l'action, sur ce mélange, du sérum à examiner. On compte le nombre de cellules avant et après l'introduction d’une sauts

1, La technique est la suivante : des fragments de tissus cancéreux aussi Mae que possible en cellules cancéreuses sont lavés à l’eau courante, puis portés à l’ébul-. lition dans de l’eau avec une trace d’acide acétique pendant cinq minutes, ét enfin pressés. On répète cela plusieurs fois de suite, puis on fait bouillir les fragments dans cinq fois leur volume d’eau. Le filtrat est alors examiné, quant à sa teneur en fragments protéiques, par le procédé du biuret ou par la réaction de ninhydrine (plus sensible d’après Abderhalden). Si on trouve encore des fragments biurétiques, on recommence la même série de lavages jusqu’à ce que les deux réactions du biuret et de la ninhydrine soient négatives, c’est-à-dire que les fragments tissulaires soient sûrement débarassés de tout fragment protéique. Ensuite on met 1/2 à 1 centimètre cube de ce tissu mélangé à un centimètre cube de sérum à examiner dans une douille à dialyse perméable pour les peptones, etnon pour les albuminesnon digérées, et l’on place le tout dans un ballon d’ Erlenméyer contenant 20 centimètres cubes d’eau pendant 16 heures à l’étuve. La réaction est positive, si 10 centimètres cubes de dialysat donnent, avec 0,2 centimètre cube d’une solution d’hydrate des tricetohydrindène (Ninhydrine) après ébullition d'une minute une coloration bleue, tandis que le tube de contrôle avec sérum sans fragment reste incolore.

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de sérum à examiner (après 24 heures à l’étuve à 57). Dans le cas de sérum normal la destruction des cellules cancéreuses est prononcée et il n’en existe plus que 6 ou 8.

Une autre réaction basée sur la précipitation d'extraits cancéreux par le sérum cancéreux est encore plus simple et consiste à mélanger 3 centimètres cubes d'extrait cancéreux avec 10 gouttes du sérum douteux pour obtenir, dans le cas de spécificité cancéreuse, une légère opalescence du mélange.

Ces réactions anticytolytiques ne donnent de résultats positifs que dans les cahcers très avancés: au début elles sont négatives (Monakow, Ischiwara).

La réaction antitryptique consiste à apprécier et mesurer le pouvoir antitryptique du sérum cancéreux.

Quand on met en présence un sérum cancéreux en dilution: de 1/2 à 1/10 avec un liquide à action tryptique et qu’on fait agir ce mélange, à l’étuve, sur des plaques de gélatine, de caséine ou des cubes de Mett, on peut constater une inhibition de la digestion tryptique. Si celle-ci se fait encore à une dilution de 1 : 7 à 1 : 10, on peut considérer qu’elle est positive.

Le pouvoir anttrypüique fait rarement défaut dans le sérum des cancéreux où il est habituellement augmenté; mais l’augmentation de l’index anlitryptique s’observe également dans une foule de maladies chroniques accompagnées de désintégration tissulaire, comme la tuberculose parexemple. D’après Petrow on pourrait attribuer une certaine valeur aux résultats négatifs, l’absence de l'index antitryptique du sérum parlant contre le diagnostic de cancer; et encore ceci ne se vérifie qu'au début de la maladie. L'index antitryptique augmente en effet quand il y a destruction marquée de cellules dont les ferments protéolytiques sont résorbés par le sang el provoquent l'apparition d’anti-ferments.

Pour Delbet, Weinberg et Slavtcheff, le pouvoir antitryptique du sérum des cancéreux n’a pas de valeur spécifique. Les grandes augmentations de l'index antitryptique seules ou surtout associées à l'augmentation de l'index hémolytique (index hémolytique dépassant 12, index antitryptique dépassant 17) sont assez fréquentes à la phase cachectique du cancer. Joltrain et d’autres auteurs ont montré d’ailleurs que l'index antitryptique pouvait être élevé dans d’autres maladies, comme la pneumonie et la bronchopneumonie par exemple.

Les modifications physico-chimiques du sang, notamment de la tension superficielle, ont été étudiées chez les cancéreux par Ascoli, Izar; et sont connues sous le nom de réaction méiostagmique (usros — plus petit sruyua — goutte). Celle-ci est basée sur le principe physique suivant : un antigène et un anticorps mis en contact font baisser.la tension superficielle du sérum, c’est-à-dire qu'ils augmentent le nombre de gouttes qui s’écoulent par l’orifice de l’appareil compte-gouttes dit « stalagmomètre ». On a tout d’abord utilisé comme antigène des extraits de tumeurs et d'organes qui sont difficiles à préparer, essentiellement labiles et n'ont donné que des résultats inutilisables; puis Kohler et Luger ont proposé de remplacer lextrait de tumeur par des extraits de lécithine, beaucoup

Gusrave Roussy et Maurice Worr.

plus stables ; enfin Izar a utilisé une solution à 1 pour 100 de deux acides gras (acide ricinolique et acide linoléique), dans de lalcool éthyhique absolu. Par ce procédé la réaction donne 10 pour 100 de résultats positifs chez les cancéreux et 11 pour 100 chez les non cancéreux. Entre les mains de Petrow et Mlle Kagane la recherche de eette réaction a donné des résultats positifs dans une cinquantaine de cas.

Les résultats fournis par cette méthode sont encore très variables ; aussi mériterait-elle d’être reprise et vérifiée sur une grande échelle.

En résumé, nous voyons qu’à l'heure actuelle, on ne: dispose d'aucune réaction sérologique qui puisse être considérée comme spécifique du cancer et qui soit susceptible d’en guider le diagnostic; le champ des recherches dans le domaine de la sérologie du cancer reste donc entièrement ouvert.

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