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Annoles de méd. el de pharm. coloniales, p

GOUNDOU.

cécité. Elles sont indurées, indolores, le plus souvent symétriques, rarement unilatérales; plus rarement encore, on note des tumeurs, supplémentaires. Cette infirmité donne au malade un aspect repoussant. Bien entendu, on observe tous les degrés dans le développement de ces tumeurs qui peuvent évoluer Foro rester stationnaires, etc.

Mais le goundou peut s'observer à d’autres os qu'au maxillaire supérieur. La stalistique suivante, que j'emprunte à Botreau-Roussel, HIQEAS la localisation des ostéites :

Sur 130 malades, cet auteur a observé :

Tumeurs paranasales. . . . . . . . 121 Tibia sh RON 6% Autres tumeurs du maxill. supérieur. 23 PéfOnÉ: "2 ER CRE h) Maxulaire In érTeure UP ee M eee Férmur oe 4 OS AMAIAIPE ES NE PPT TN NERO RES I Cubitus et radius . Fr ) LT ARE ESS PQ RAP NRA 2 Clavicule. 5

M D’aprésicé bé l semble que les tumeurs paranasales soient les plus fréquentes; en réalité ce sont les plus gènantes et c’est pour en être débarrassés que les indigènes viennent surtout consulter le médecin, tandis que les autres passent inaperçues. Des examens méthodiques montrent que c’est principalement le tibia qui est atteint.

Les ostéites consistent surtout.en hypertrophies, At les épiphyses et les apophyses. Les extrémités articulaires sont déformées, les mouvements de flexion et d'extension sont gênés, les os se courbent, le tibia présente la forme en lame de sabre, ‘les phalanges sont renflées en fuseau. Clapier a noté que ces manifestations, y compris le goundou paranasal, ne sont presque Jamais isolées et se montrent, sur chaque individu, suivant des groupements cliniques variés. D’après Botreau-Roussel, on les voit apparaître, soit pendant l’éruption secondaire de pian (44 pour 100 des cas), soit peu de temps après (49 pour 100), soit longtemps après (7 pour 100). Leur formation estaccompagnée de vives douleurs, avec exacerbations nocturnes.

Anatomie pathologique. — La radiographie montre, d’après Maul, une raréfaction osseuse, ovalaire, à grand axe dirigé dans le sens de l'os.

D’après Botreau-Roussel, le canal médullaire disparaît et l'os tout entier. prend un aspect spongieux. À. Léger, quia étudié les lésions de l’homme et,

du singe au point de vue histologique ('), les définit ainsi : il s’agit d'abord d'une irritation du issu médullaire, provoquant une raréfaction du tissu propre de los et caractérisée par une production active d'éléments embryon naires. Plus tard, il se forme une ostéosclérose, donnant du tissu fibreux en plus-ou moins grande quantité el une surproduction de lissu osseux, d’où l'augmentation de poids et de volume.

Étiologie. — Nous avons vu que pour Chalmers le goundot élait une manifestation pianique el que cette hypothèse avait été reprise récemment par Botreau-Roussel. Examinons impartialement le bien fondé de cette théorie et les objections qui peuvent lui être faites.

Le goundou, aussi bien que le pian, sont beaucoup plus fréquents chez l'indigène que chez l'Européen ; ce qui cadre avec l'hypothèse uniciste.

Dans certaines régions, les indigènes attribuent les deux maladies à une même cause. Au cours d’une tournée faite en septembre 1914 dans la’ cir-

. Bull. ‘Soc. path. exot., p. 210, 1911:

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CRoE RAD, L PO RCE Er UE 57 VIRE dE SE CCD, à PA EL dé S NET A, AT 7 f

ÉTIOLOGIE. Fasc. V.

conscription de Zuénoula (cercle de Bouaflé, Côte d'Ivoire), Neveux note celte croyance chez les tribus Gouros qui donnent le même nom «dougou » au pian et au goundou (Observalion inédite du D' Neveux). Clapier mentionne des faits analogues dans Oubangui.

Botreau-Roussel, par l’interrogatoire de ses malades, à presque toujours pu s’assurér que l’apparition du goundou avait été précédée par une maladie éruplive, portant un nom spécial dans le dialecte du pays. Il a eu l’occasion d'observer celle maladie plusieurs fois : c'était du pian lypique, le diagnostic ayant élé confirméau laboratoire. Deux malades attemts de goundou, qui prétendaient n'avoir jamais eu l'affection éruptive en question, ont été

inoculés avec du virus pianique:

ils sont restés réfractaires (on sait que le pian confère l’immunité).

Clapier, dans POubangui, arrive

: à des conclusions semblables, en

6 £ Fig. 1. — Goundou paranasal, avec hyperos- Fier 9

tose des phalanges. D'après une photographie à

du D' Neveux. oundou (d’après Manson).

notant cependant que la proportion des porteurs de goundou, par rapport aux malades atleints de pian (12 pour 600), est plus faible qu'à la Côte d'Ivoire. Voyons maintenant les objections. Sila répartition du pian et du goundou cadre sur la côte d'Afrique, il n’en est pas de même ailleurs. Le goundou est bien signalé à peu près dans Loutes les contrées tropicales, mais il est rare en dehors de sa région de prédilection, tandis que le pian est très commun en beaucoup d’endroits. Au Laos, d’après Jeanselme (!) le pian est endémique et le goundou totalement inconnu. E. Brumpt (ibid.) différencie le goundou proprement dit des ulcérations pianiques de la cloison nasale, qu'il propose d'appeler pseudo-goundou. Chalmers, il est vrai, attribuail la fréquence du goundou dans les races de la Côte d'Afrique, à une disposition anatomique spéciale des vaisseaux du nez qui favoriserait la formation de celle lésion. La présence du goundou chez les singes vient encore RAR PIAUEE la ques- 1. Bull.'Soc. palh. exot., 1909 , p. 219.

Cu. JOoYEUx.

GOUNDOU.

tion. De nombreux observateurs : Maclaud, Roques el Boutfard (), Marchoux el Mesnil (?} ont signalé soil les tumeurs paranasales, soit lostéite généralisée chez diverses espèces de singes d'Afrique occidentale. Peuton idendifier cette affection au goundou humain? Mesnil et Marchoux, Bouffard notent que les parois de la boîte cranienne sont hypertrophiées dans le goundou du singe, ce quin'a pas lieu pour celui de Fhommé. Cependant A. Léger, étudiant comparativement l’hislologie pathologique des deux affections, les trouve tout à fait superposables, caractérisées par 1e processus que nous avons résumé plus haut. Personnellement, pendant quatre années de pratique d’Assislance médicale en Haute-Guinée, je ne me rappelle pas avoir vu de goundou chez l’homme, entendant par là les tumeurs paranasales Lypiques. Au contraife, j'en ai observé souvent chez deux espèces de singes : le chimpanzé (Troglodytes niger E. Geoff.) et surtout lé Cynocéphale (Paso splinz E. Geoff.). On sait que les singes, surtout les Anthropoïdes, sont sensibles à linoculalion du pian. I faudrait admettre qu'ils contractent aussi la maladie dans la nature, pour accorder la théorie pianique du goundou el celle de lunicité des lésions humaines el simiesques.

in somme, l'hypothèse de Chalmers est séduisante, appuyée sur de solides arguments, néanmoins elle ne répond pas à loules les objections. H serait désirable que l’on employät la méthode expérimentale pour la vérifier. L'inoculalion de virus pianique aux singes d'Afrique occidentale permettrait peul-êlre de résoudre celle intéressante question.

Pronostic. - Le goundou paranasal, outre l'aspect disgracieux qu'il : donne au malade, peut entraîner la Himitalion du éhamp visuel et parfois la cécité. L'ostéite des os longs provoque l’impotence fonelionnelle plus ou moins grande des mouvements articulaires, 1l en résulte souvent des troubles de la marche. Clapier a remarqué qu'un grand nombre d'indigènes sont réformés au moment du recrutement, à cause de ces lésions. Cependant, d’après cel auteur, elles finissent par régresser et n'entrainent d’ infirmités permanentes que dans le vingtième des cas de pian environ.

Traitement. — Le traitement dépend du moment où le malade estsexaminé., S'il s’agit d’un sujet atteint de pian, il est évident qu'il faudra soioner celle dernière maladie avant tout. Les injections intra-veineuses de novarsénobenzol réussissent particulièrement bien dans l’éruption pianique. Mais lorsque les lésions ont commencé à se développer, il faut intervenir chirurgicalement. Depuis longtemps, les médecins des colonies pratiquent ces opérations : Strachan, Chalmers, dans les possessions anglaises, Gouzien et Roques à Kayes ont procédé à des ablations de goundou paranasal. Botreau-

. Roussel a enlevé 115 Ltumeurs par résection sous-périostée à la Côte d'Ivoire. Il a obtenu de bons résultats et n’a Jamais observé de récidive. PE

Prophylaxie. — Si l'origine pianique du goundou est définitivement démontrée, la prophylaxie des deux maladies se confondra. On sait que le pian se contracte par contact direct. C'est en évitant la promiseuilé dans laquelle vivent les indigènes, en portant des vêlements propres, en isolant les malades que l'on se préservera de l'affection. |

At Bulir Soc) palh. exot:. p. 295, 1908. Jbid., p. 216, 1909. 9, Bull. Soc. path. eæot., p. 190, 1911.

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