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Nouveau TRAITÉ pe MÉDECINE. CANCER

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CANCER DES ESPÈCES. — CANCER EXPÉRIMENTAL. Pase V — 639

question de savoir si le développement du néoplasme par les rayons X est dû à une action biologique spécifique, ou si, au contraire, l’ulcération

b a Fig. 198. — Sarcome du rat sur radiodermite.

Même cas que figure 127; fort gross. : 550/1. a) Capillaire à parois formées de cellules sarcomateuses. — b) Cellules atypiques, noyaux monstrueux. — c) Noyau en mitose.

(4) ae Fig. 129. — Fpithélioma spiroptérien au début, dans l’estomac d’un rat pie. (D'après une préparation de Fibiger). Gr. : 43/1. a) Spiroptera neoplastica. — b) Epithélium malpighien de la poche gastrique. —

c) Globe corné.

chronique infectée a servi de porte d'entrée à l'agent hypothétique du cancer, et penche plutôt pour la DEP RUPES hypothèse. Les expériences de Clunet n'ont pas été reprises jusqu'ici, à notre connaissance, et sans

640 PU ne: LE CANCER.

vouloir en rien diminuer leur valeur, nous croyons devoir relever les critiques dont elles ont pu être l’objet. L’analogie entre le cancer des radiographes et la tumeur de Clunet ne peut être établie, puisque, dans le premier cas, il s’agit d’un épithélioma et dans le second d’un sarcome. De plus, le fait qu'il s’agit de sarcome, souvent si difficile à différencier des processus inflammatoires, doit être également pris en considération. Cependant, là tumeur de Clunet, dont nous avons pu étudier personnellement'les préparations, a tous les caractères d’un sarcome.

c) 1rritation clironique par des agents variés. — Les:essais d'irritation

Fig. 150. 22 Épithélioma spiroptérien constitué, dans l'estomac d'un rat pie.

a) Épithélium malpighien de la poche gastrique. — b) Épithélium cylindrique. — c) Globes cornés et amas épithéliaux SN ICPRÉE au-dessous de la sous- bn LE DIR d) Musculaire muqueuse. (D’après Fibiger.) (G : 26/1. )

mécanique violente, quels qu'ils soient, n’ont-pas abouti à provoquer du cancer. En effet, Ribbert obtint des réactions hyperplasiques papillomateuses en grattant fréquemment la lèvre du lapin, en ligaturant les conduits excréteurs des glandes mammaires, ou en pratiquant des déplacements mécaniques; Brosch, en frappant l’épiderme ou en y introduisant de la paraffine fondue pendant des semaines ou des mois, ne détérmina que des réactions inflammatoires chroniques. |

Production du cancer par les parasites animaux. — La théorie parasitaire des tumeurs, soutenue par Borrel et Haaland devait trouver dans les recherches de Fibiger, une confirmation des plus intéressantes.

Le point de départ des recherches de cet auteur à été la constatation

CANCER DES ESPÈCES. — CANCER EXPÉRIMENTAL. Fasc. V, — 641

faite, au cours d’autopsies de trois rats sauvages, d’une tumeur fibro- -épithéliale de la paroi de l'estomac. Les préparations microscopiques montrèrent la présence, dans le tissu tumoral, d’un nématode d’un type non encore décrit : le Spiroptera neoplastica. Ce parasite a comme hôte intermédiaire une blatte (cafard) : Periplaneta americana. Celle-ci avale les œufs embryonnés du nématôde qui, devenus libres, se dirigent dans les muscles striés du prothorax et des extrémités de la blatte où, au bout de 9 à 6 Semaines environ, on peut les voir enkystés et enroulés en spirale.

Fig. 131. — Épithélioma spiroptérien de l'estomac formant un gros nodule tumoral dans la profondeur de la muqueuse (rat pie).

(D’après une préparation de Fibiger.) Gr. : 26/1. a) Épithélium malpighien de la poche gastrique. — b) Boyaux épithéliaux en profondeur. — c) Substance cornée. — d) Musculaire muqueuse.

Quand les rats dévorent les blattes, les larves des muscles de celles-ci sont mises en liberté et vont se fixer sur l’épithélium pavimenteux de la poche gastrique du rat, quelquefois aussi au niveau de l’œsophage et de la cavité buccale. Fibiger, en nourrissant des rats avec des blattes infectées de spiroptera put reproduire expérimentalement, dans une notable proportion, la tumeur qu'il avait rencontrée chez le rat. Ces lésions consistent, le plus souvent, en une hyperplasie papillomateuse épithéliale et, dans quelques cas, en un véritable épithélioma malpighien corné, infiltrant profondément les parois de l’éstomac.

Ces tumeurs envahissent peu à peu la muqueuse et la sous-muqueuse et finissent par s’élendre jusqu’au péritoine. Fibiger a constaté dans l'œso-

GusTaAve Roussy et Maurice Wozr.

phage des altérations inflammatoires et hyperplasiques, mais Jamais de cancer, tandis que dans la langue l'invasion des spiroptères provoque une glossite desquamative et parfois (5 cas) un épithélioma lobulé absolumérnit identique-au cancer de la langue de l’homme. Fibiger a obtenu ainsi sur 116 rats pie la formation de cancer dans 53 pour 100 de Cas. |

Lés métastases du carcinome spiroptérien du rat-pie ont une tendance. marquée à se localiser dans les poumons (6 cas sur 35); elles ont ordinairement des dimensions très faibles et ne sont appréciables que sur coupes

d Fig. 152. — Épithélioma spiroplérien de la langue d’un rat pie. (D’après une préparation de Fibiger.) Gr. : 30/1. a) Épithélium lingual. — b) Substance cornée et ulcération. — c) Amas épithéliaux néoplasiques. — d) Globes cornés. LRU

microscopiques sériées. Une seule fois dans le cancer de l'estomac, deux fois dans le cancer de la langue, il y eut des métastases ganglionnaires où lympathiques. Ces métastases présentent la structure des tumeurs primitives et ne contiennent jamais de spiroptères.

En faisant ingérer à des souris blanches des spiroptères, dans les mêmes conditions que chez les rats, Fibiger observa des lésions inflammatoires el hyperplasiques très intenses, mais très rarement du cancer (5 cas sur 900 souris ayant survécu 145 à 600 jours à l’ingestion de parasites), alors que chez le rat il apparaît dans un temps variant de 2 à 10 mois. Le cancer de la souris métastase de la même façon que le cancer spiroptérien du rat. Une de ces métastases a pu être greffée en série à des souris pendant quatre générations et conservée durant un an. 1: As

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. Fibiger à oinsi mis au point un'procédé qui permet d'obtenir, dans environ la moitié des cas et dans un intervalle variant entre un mois et demi et 10 mois, un cancer absolument typique de la muqueuse épithéliale gastrique, chez le rat pie. Celui-ci présente vis-à-vis du cancer du goudron le désavantage de:ne pouvoir être suivi dans son développement chez l’animal vivant et de nécessiter le sacrifice des animaux avec étude nécropsique et histologique sur coupes microscopiques sériées.

Cette étude poursuivie par Fibiger a conduit à des constatations intéressantes concernant le problème biologique du cancer en général.

Fig. 153. — Métastasé ganglionnaire d’un épithélioma HÉAURCE de l’estomac ps du rat pie.

(D’après une préparation de Fibiger.) Gr. : 58/1.

a) Follicule Iymphoïde. — b) Amas épithélial néoplasique.

C'est d’abord le fait que l’épithélioma gastrique spiroptérien se développe simultanément en plusieurs points, séparés les uns des autres, et que ces foyers multicentriques correspondent à de petits groupes cellulaires ou même à des cellules uniques. Ceci plaide en faveur de la théorie qui

admet que le cancer s'accroît par prolifération de ses propres cellules, et

non par transformation des cellules du voisinage. C’est ensuite le fait que le cancer ne naît pas toujours sur des lésions inflammatoires préalables, car on peut le voir apparaître en des endroits où la muqueuse est saine ; enfin le développement du cancer n’est jamais en rapport avec l'intensité des réactions inflammatoires. Fibiger en conclut que le cancer est dü à un processus à part n'évoluant que dans des conditions spéciales et s'associant, comme complication indépendante et essentiellement différente, à la simple prolifération épithéliale hyperplasique et hétérotypique dont 1 ne représente nullement le point terminal. Il ne faut donc pas attribuer à l'inflamma-

GusTave Roussy et Maurice Wozr,

EN Re ERA NAT ON ETIER LÉ - Dh Au

tion une influence quelconque sur la croissance du cancer en plein développement ; au contraire il est probable que l'inflummation est plutôt un phénomèÊène secondaire, ou en tout cas coordonné à la cause ga détermine l'évolution du cancer.

Le fait que la muqueuse ne contient à peu près jamais de microbes, permet d’exelure leur rôle dans la formation du cancer. Il faut donc admettre que le parasite a un effet spécifique sur la muqueuse et y produit la transformation néoplasique. Ceci ressort des expériences de Fibiger et de Wassink qui ont constaté qu'un 9% nématode du genre Trichosoma qui vit en parasite dans l’estomac du rat, s’incrusie comme le spiroptère dans l’épithélium malpighien gastrique, mais n'y produit aucun trouble,

D'autre part, le fait que chez des souris blanches, et chez des rats d’autres espèces (rat sauvage, surmulot), le spiroptère détermine le plus souvent des modifications du type inflammatoire, rarement du type néoplasique, et que chez la souris domestique et le mulot il ne fait jamais de cancer, montre bien qu'il existe une prédisposition de race. et d'espèce à l'égard du cancer spiroptérien. L'âge et le sexe, par contre, ne jouent aucun rôle, car le cancer apparaît chez les animaux jeunes comme chez les animaux adultes ou âgés. | |

Aussi, pour Fibiger, la doctrine de l'importance jouée par l’âge dans la prédisposilion du cancer a besoin d'être revisée. Nous souscrivons pour notre part entièrement à cette affirmation. Enfin l’extirpation de la rate n’augmente pas le nombre des animaux cancéreux et vient infirmer lopinion classique du rôle protecteur de cet organe contre le cancer. |

De la série des expériences de Fibiger, tant sur le cancer spiroptérien, que sur le cancer du goudron il ressort enfin que l’agent peut avoir disparu depuis longtemps quand se fait l'apparition de la tumeur; la présence de l'agent causal n’est donc pas nécessaire une fois le cancer établi.

Il faut rapprocher des expériences de Fibiger celles de Bullock et Curtiss: ces auteurs se sont servi du cysticerque faxciolaris, parasite du foie des rongeurs, pour obtenir des tumeurs sarcomateuses du foie. En faisant

ingérer à 350 rats de 4 espèces différentes, 1 ou 2 gouttes d'émulsion con-

tenant 10 à 60 œufs du {ænia crassicollis, ils obtinrent 250 fois un sarcome fuso-cellulaire (ou à cellules polymorphes) à point de départ hépatique et toujours centré par un cysticerque. 52 fois ils constatèrent des métastases péritonéales et pleurales, une fois des métastases pulmonaires et cardiaques.

Sur 43 tumeurs transplantées, 41 donnèrent des greffes énormes dont le”

poids dépassait parfois celui de l’animal porte-greffe. Il semble donc qu'on puisse obtenir par l’ingestion de cysticerques, un sarcome du foie, comme on obtient par l’ingestion de spiroptères un épithélioma de l’estomac.

Production du cancer par des agents animés. — Nous citerons pour mémoire les tentatives infructueuses de reproduction des tumeurs au

moyen d'agents parasitaires ou microbiens: celles de San Felice avec le.

myxomycète, de Léopold avec des protozoaires, de Roncali avec des blastomycètes, de Schmidt avec le bacillus neoformans des plantes et de Doyen

avec le micrococcus neoformans. \

CANCER DES ESPÉCES. — CANCER EXPÉRIMENTAL. Fasc. V. — 645

Sarcome infectieux des oiseaux. — La théorie infectieuse du cancer a trouvé dans les travaux de Peyton Rous sur le Sarcome des poules une série d'arguments suffisamment impressionnants pour justifier les nombreuses el vives discussions soulevées par cette question. Peyton Rous eut en effet le mérite de découvrir en 1909 chez la poule l'existence d’une tumeur du type sarcome, transplantable non seulement par greffes, mais encore par inoculation de bouillie ou de filtrat de la tumeur.

Peu de temps après, ces expériences furent reprises au Japon par Fujinami ét Hayashi, puis plus tard dans d’autres pays, notamment en Italie par Pentimalh et en France par Borrel et par Peyron. Ces auteurs se servirent soit de tumeurs primitives filtrées ou desséchées; soit de poudre de tumeur envoyée par Peyton Rous. 4

C'est ainsi que bientôt, dans tous les laboratoires où l’on travaille le cancer, se poursuivirent des recherches sur cette intéressante tumeur à laquelle on donne souvent avec raison, le nom de tumeur de Peyton Rous (!).

I. Siège et caractères de la tumeur. — La tumeur spontanée est rare ; elle apparaît au niveau des muscles pectoraux pour envahir rapidement le thorax puis les viscères et tue en général l’animal en quelques semaines, Elle est facilement transplantable en série.

Macroscopiquement, la tumeur présente l'aspect typique d’un sarcome: de consistance élastique, souvent très volumineuse, elle offre à la coupe une teinte homogène, rouge-grisâtre, ou bien un aspect lardacé avec quelques formations kystiques et hémorragiques. En général sa consistance est molle et rappelle celle d’un myxome; plus rarement elle est dure, fibreuse et contient même des amas cartilagineux ou osseux, (type ostéochondro-sarcome).

Les métastases sont fréquentes et se font dans les différents viscères, notamment au niveau du foie, du poumon et des reins.

Microscopiquement l'aspect est variable suivant le moment où on examine la tumeur.

Au début, c’est-à-dire dans les 5 à 10 premiers jours, on se trouve en présence d’un tissu inflammatoire banal, composé de polynucléaires et de lymphocytes, avec néoformation vasculaire et prolifération scléro-conjonctive prononcées,

Plus tard, à des époques variant avec l’évolution de la tumeur, le tissu inflammatoire du type aigu est peu à peu remplacé par une prolifération conjonctive fibroblastique qui finit même par demeurer seule.

À ce moment le diagnostic entre une prolifération inflammatoire ou néoplasique conjonctive n’est déjà plus possible, par lPexamen histologique seul. Un examen fait 2 ou 5 jours plus tard, montre un tissu nettement et purement sarcomateux : travées de cellules fusiformes souvent orientées en

1. M. Peyton Rous a bien voulu faciliter notre travail en nous envoyant très aimablement la série de ses travaux personnels, ainsi que des préparations des différents types histologiques de sa tumeur. Nous nous faisons un plaisir et un devoir de lui adresser ici nos plus vifs remerciements.

Gusrave Roussy et Maurice Wozr.

tourbillons, avec vaisseaux du type sarcomateux ; MONSIEUR eL Aty Die cellulaires (fig. 135).

Souvent l’aspect histologique de la tumeur est complexe: aux cellules fusiformes s'ajoutent des cellules plus ou moins arrondies, polygonales et des cellules géantes. Ce type de sarcome polymorphe, associé au sarcome fibroblastique pur, peut se conserver longtemps au cours des inoculations en série.

Dans les métastases, la struc- % Lure est identique à celle des tu- | meurs primitives.

- À côté du sarcome fibroblastique qui est le type le plus fréquent (P. Rous, Pentimalli, Fujinami),. on peut retrouver l’aspect de l’ostéo-chondro-sarcome, étudié par P. Rous, Murph et Tytler et du sarcome fissuraire (P. Rous).

Deux auteurs japonais, Koon et Fuji en inoculant la tumeur de Peyton Rous à la « poule, orientale nègre », ont obtenu un sarcome mélanique. Il existe, à l’état normal, chez cet animal une grande quantité de cellules pigmentaires qui se retrouvent dans tous les viscères, dans le tissu conjonclif, (os, cartilage, derme) et même dans les centres hémopoïéliques; chez cette variété de poule le cal d’une fracture prend une coloration noire intense par imbibition mélanique. En | inoculant le chondro-sarcome et Fig. 134. — Aspect macroscopique de la tumeur ]e myxo-sarcome de la poule

de Peyton Rous chez la poule (Plymouth Rock). (Plymouth Rock) Kéon et Fuii

Tumeur transplantée ayant déterminé la mort Sn en 37 jours. ont obtenu des greffes positives

À noter, à gauche la tumeur primitive pecto- {ans 60 pour 100 des cas avec le rale et dans le poumon et le foie, les

noyaux secondairés. chondro-sarcome, dans presque

(D'après une photographie de Peyton Rous). 100 pour 100 avec le myxo-sar-

come; mais tandis que les greffes de chondro-sarcome présentaient les mêmes caractères que la tumeur primitive, celles du myxo-sarcome étaient fortement pigmentées.

Les métastases pulmonaires et médiastinales étaient de teinte grisâtre, analogue à celle de la tumeur primitive; mais au cours des transplantations successives, la pigmentation disparut progressivement et le myxome reprit finalement sa teinte originale jaune-rosé. Au microscope les cellules rondes et fusiformes contiennent de grosses granulations pigmentaires absolument amorphes, mais jamais de granulations naissantes.

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Peyron admet que la tumeur de Peyton Rous est une tumeur musculaire, un rhabdomyome. Après inoculation du filtrat de là tumeur dans le muscle pectoral de la poule, il note comme élément prédominant du processus tumoral, l'existence d’une cellule qui aurait tous les caractères de la cellule primitive du muscle strié, du myoblaste, qu'il appelle « myocyte »; cette cellule se retrouverait également dans les métastases, en particulier dans

AS ï

Li 155. — Tumeur de la poule développée dans le muscle pectoral par suite de greffe d'une tumeur semblable (11° passage). A. — Aspect de la tumeur à un faible grossissement (250/1) montrant son type sarcomateux.

a. — Cellules fusiformes avec noyaux en mitoses, b. — Fibre musculaire striée du pectoral,

ce. — Infiltrat de lymphocytes, d. — Vaisseau du type sarcomateux.

B. — Un point de la préparation précédente, à un plus fort grossissement (420/1). a. — Cellule fibroblastique avec noyau en mitose, b. — Éosinophile infiltrant la tumeur.

(D’après une préparation de Peyton Rous,.

l'ovaire. Cette opinion est loin d’être démontrée, à notre avis, et les cellules

considérées par Peyron comme des myocyles nous semblent pouvoir être

plutôt interprétées comme des cellules musculaires en voie de régression inflammatoire.

II. La cause du sarcome de la poule a été attribuée par tous les auteurs qui se sont occupés de la question (P. Rous, Pentimalli et Funk) à un virus filtrant dont on s’est efforcé en vain jusqu'ici de préciser la nature. En utilisant du sérum d’oie inoculée préalablement avec du sarcome de la poule,

Gusrave Roussy et Maurice Wor.

P. Rous a pu déterminer une immunisation positive très passagère.

Pentimalli a cherché de son côté à préciser les dimensions de cet agent et a vu que le filtrat à travers une bougie poreuse du type Berkefeld N ou V était encore actif, tandis que le dyalisat à travers une membrane de collodion, ne laissant plus passer la molécule de l’albumine, ne l’était plus. Cet auteur suppose donc que l’agent du sarcome des poules est d'un volume

intermédiaire à la molécule totale d’albumine et à la molécule de peptone.

Fig. 136. — Tumeur développée, après injection dans le muscle pectoral de la poule, d'un filtrat de tumeur sur bougie Berkefeld.

(D’après une préparation de Peyton Rous.)

A. — Aspect à un faible grossissement, montrant la structure fibroblastique de la tumeur. (Gr. : 200/1.) te a. — Cellules fusiformes en coupes perpendiculaires ou parallèles,

b. — Vaisseau contenant des globules rouges nucléés, ec. — Fibre musculaire striée du pectoral.

B. — Aspect fuso-cellulaire des cellules légèrement dissociées à un grossissement

de 420/1.

La sensibilité de l’agent vis-à-vis de la dessiccation semble peu importante, puisque la poudre obtenue par dessiccation de la tumeur (acide sulfurique dans le vide) est encore active, même après 10 mois. La résistance à la chaleur varie suivant la teneur en eau; le chauffage à 55° pendant 15 minutes rend le filtrat inactif, la dégélation et congélation plusieurs fois répétées

aboutissent aux mêmes résultats, Le radium ou les rayons X ne modifient

pas son action.

Du point de vue chimique, les désinfectants énergiques, organiques ou

minéraux le détruisent rapidement; tels le chloroforme, l’acétone, l'alcool, $ le formol à 1/120, le sublimé à 1/1000, la teinture d'iode à la concentration de

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